
Pourquoi la révolution est avant tout abstraite ?
Pourquoi la révolution que nous souhaitons est-elle avant tout abstraite ? Parce qu'elle ne peut pas se voir, ni être analysée par un observateur. Elle se loge dans l'un des derniers enclaves libres et incontrôlés du monde : l'esprit.
La révolution comme défouloir : une illusion
Sur le coup de la haine et de la rage, on souhaite voir le système actuel brûler, voir ses dirigeants rampants au sol, le sang coulant de leurs veines ouvertes. Mais cette révolution-là n'est qu'un défouloir qui ne sert qu'à libérer un trop-plein de rage. L'esprit ainsi calmé, le quotidien et son lot de contraintes reviennent inéluctablement hanter les gens. Cela revient à construire une maison sans plans, sans avoir réfléchi à sa conception. Une maison qui s'écroulera à la moindre intempérie.
Les limites d'une révolution unilatérale
Ensuite, la révolution réalisée et conçue par une seule personne ou un seul courant de pensée n'amène qu'un changement unilatéral, où le terme « révolution » décrit seulement la forme, mais pas le fond. La plupart des activistes ne sont que des suiveurs qui n'ont pas particulièrement réfléchi aux causes et aux buts d'une telle action.
Révolution personnelle : changer son esprit avant d'agir
Participer à de telles « révolutions » amène certainement à une satisfaction intense, mais elle se transforme en un cercle vicieux lorsque le temps passe. Pourquoi ? Car dans la précipitation des événements, peu nombreuses seront les personnes ayant d'abord accompli une révolution personnelle s'attaquant en premier lieu à son esprit et à sa conscience. En effet, une personne agit en fonction de ses idées et de ses sentiments, et si ces derniers n'ont pas connu une « révolution », les actions concrètes qui s'ensuivent n'auront aucun fondement réel.
Changer les mœurs avant de renverser le système
Dans notre société actuelle, beaucoup s'en prennent au système car il impose des contraintes. Mais beaucoup de gens s'attachent aussi au confort artificiel que propose la société capitaliste. Certains refusent de voir les failles et s'endorment sur une vision réduite du monde. Dans ce contexte, la première phase de la révolution consiste à changer les mœurs, sinon toute action ne servira à rien d'autre qu'à déstabiliser encore plus un peuple déjà perdu.
De la révolution abstraite à la révolution concrète
Je me positionne donc dans ce qui peut s'appeler une révolution abstraite avant de parler de révolution sur le terrain. On se rend compte que beaucoup de gens sont loin de la réalité et que trop de discours ont une teinte d'espoir en le système capitaliste. Le jour où les gens auront dans la tête autre chose que l'appât du gain et qu'ils se sentiront concernés par la tournure dramatique des événements, là nous envisagerons une révolution « concète ».
La prochaine fois, je parlerai des « nuisances financières », passage obligé de la révolution dans notre société.