
Je suis en terminale S et je passe mon bac en fin d'année. Mais ce n'est pas de cela dont je veux parler.
Une alerte incendie qui tourne au chaos
Il est 11h quand la sirène retentit. Un élève se lève avant tous les autres, part en courant de la salle, claque la porte et emprunte un escalier interdit lors des alertes incendie. Toute la classe descend au point de rassemblement. Le professeur fait l'appel : il manque UN élève — celui qui s'est « échappé ».
Le prof signale cette absence à la principale adjointe, qui commence à paniquer : « Il faut que j'aille tout de suite prévenir les pompiers ! » À partir de cet instant, c'est l'affolement. On commence à croire qu'il s'agit d'un vrai incendie, d'autant plus que les camions de pompiers arrivent en urgence, accompagnés de véhicules EDF. Au total, une dizaine de camions devant le lycée.
Tout à coup, on voit de la fumée s'échapper du bâtiment. Les rumeurs fusent : telle salle brûle, non c'est une fausse alerte... La panique s'installe. Mon professeur court dans tous les sens pour retrouver l'élève manquant — il est au bord des larmes. Une réaction compréhensible : question de responsabilité et d'humanisme envers l'élève.
La vérité enfin révélée
Au bout d'une demi-heure, on voit enfin l'élève sortir du lycée, escorté par deux pompiers. L'administration nous dit de remonter en cours. C'est là qu'on apprend qu'il s'agissait d'un exercice prévu depuis un mois, et que le fameux élève avait été « recruté » pour servir de victime pour l'exercice des pompiers.
En remontant en cours, nous croisons notre professeur dans un état de colère impressionnant. Voici ses mots à l'égard de la principale adjointe : « Je ne remettrai plus les pieds dans ce lycée tant qu'on ne m'aura pas fait d'excuses écrites. » Incontrôlable, il est parti.
Les conséquences de l'exercice mal géré
Dans l'après-midi, la principale adjointe déclare : « Je ne comprends pas pourquoi M. * m'en veut ! » Ces paroles ont déclenché une réaction immédiate : en moins d'une heure, une vingtaine d'affiches ont été collées dans tout le lycée, dénonçant le manque d'humanisme de l'équipe pédagogique.
Au final, pour un simple exercice : une élève s'est évanouie, plusieurs ont fait des crises de nerfs, et un professeur refuse de revenir. Pas mal le bilan, non ? D'autant que notre lycée avait déjà des problèmes liés à la drogue — l'an dernier, sous surveillance policière, il y a eu 40 arrestations. Les profs en avaient déjà marre du fonctionnement. Avec cette histoire, c'est bien parti pour de nouveaux problèmes.
Bac 2024 : quelles conséquences pour les terminales ?
Que va-t-il se passer pour ma classe de terminale, sans professeur de physique-chimie l'année du bac ? C'est la question qui nous taraude. Quand notre professeur reviendra-t-il ? Quelle sera l'ambiance maintenant ? Comment l'administration a-t-elle pu jouer avec les nerfs d'un membre de l'équipe pédagogique alors qu'elle aurait pu le prévenir — d'autant que les autres professeurs concernés avaient été mis dans la confidence ?
Sommes-nous en sécurité dans un tel lycée ? C'est la réaction que j'ai ce soir, et que tous les lycéens doivent avoir chez eux.