
Voilà, petit conte de vie involontaire, mais si c'est pour faire du bien à mon âme et à ma vie, faire un peu d'espace dans cette idiote de tête et à ce pauvre cœur anéanti par ces coups de larme. On se dit que ce n'est rien, que cela passera, mais hélas ça ne passe pas, ça continue. On descend dans un enfer qui est cette maladie.

Les débuts d'un enfer
C'est fou de se dire que, d'une petite erreur de ma part et d'une avancée de la sienne, j'ai pu voir ma vie devenir un enfer. On mange tranquillement comme on le fait d'habitude et puis voilà qu'on la voit « Elle », si belle, si mince, accrochée à son bras.
En rentrant le soir, on se regarde dans le moindre petit reflet, je me regarde dans le moindre petit reflet... Je me déshabille face à cette ennemie, la glace. Je me regarde nue et fais rouler mes doigts boudinés le long de cette route de graisse qui est mon ventre. Je remonte sur cette trop petite poitrine — si elle était plus grosse peut-être que je m'accepterais, mais là c'est plus possible. Je redescends sur mes cuisses de cycliste et plante mes ongles dans toute cette graisse en espérant qu'elle s'en ira, mais je n'ai eu le droit qu'à de grandes marques rouges.
Je décide d'aller prendre une douche. Je repense à mon mal, à cette plaie qui m'anéantit de jour en jour, et au lieu de planter cette lame sur mon bras, je mets mes doigts au fond de cette gorge et là c'est parti. Et c'est aussi fini : l'enfer commence. J'ai caressé ce cercle qui n'est qu'un serpent vicieux...

Le quotidien caché
Je n'ai pas envie que mes proches le sachent et pourtant cela me ferait tant de bien. Pour toutes celles qui connaissent cet enfer : on veut tellement le dire, mais on a trop peur de décevoir. On n'a pas envie d'amener la pitié ou bien les soins protecteurs de nos parents. Quand on mange trop, c'est facile : hop, un petit tour dans les toilettes et c'est fini. Mais le stress monte à chaque fois — ne plus entendre un seul bruit, attendre que tout le monde soit parti et recracher tout ce petit bonheur dans le fond de l'eau. Ressortir et finalement stresser encore plus de peur qu'on puisse lire sur notre visage ce que l'on a fait, et guetter le moindre petit reflet dans le miroir de peur d'avoir grossi ou bien de s'être taché. On se regarde pour être plus fière, paraître plus fière, mais en réalité on est anéanties dans l'âme.
Mais quand cela va-t-il s'arrêter ?
... Peut-être bien jusqu'à ma mort...
Je n'ai pas envie de mourir et pourtant c'est une seconde vie.