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Essais

Mon suicide, il y a un an

Il y a un an, j'ai sauté d'une falaise. Contre toute attente, j'ai survécu. Je raconte mon parcours à travers le chaos, la tentative de suicide et l'apprentissage de la vie.

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Il y a un an, au mois de mai 2006, j'ai posé un acte de courage qui m'a cependant permis de guérir...
En écrivant mes mémoires, j'ai laissé des traces que je relis de temps à autre pour ne pas oublier...
Ces mémoires, je les mets à votre disposition, car je pense qu'elles peuvent servir...

Quand j'ai découvert le chaos intérieur

J'ai écrit ces lignes le 16 mai 2006.

Je viens de découvrir le Chaos, peut-être existe-t-il vraiment. Les bases du Chaos sont la douleur, la souffrance, la haine et la colère. Ces quatre réunis sont liés et mènent à la destruction. Le Chaos s'exprime par des actions involontaires que vous faites, vous ne savez pas pourquoi. Le Chaos vous fait pleurer sans que vous ne sachiez les raisons, il ne se dissipe pas facilement. C'est comme s'il était derrière vous, tout au fond de votre cœur, il attend que celui-ci s'affaiblisse afin de sortir, brutalement de temps en temps.

C'est le Chaos qui vous mène à la colère, vous n'y pouvez rien, même le plus fort ne peut rien faire contre le Chaos.

Je vais vous écrire franchement mon état actuel.

J'en ai marre, je suis épuisé de tout, je ne supporte plus rien, j'ai une envie de mourir plus forte que tout, je suis complètement détruit par la différence. Cette différence, c'est elle qui m'a rendu comme ça, car dans ce monde, si on veut vivre correctement, il faut être aussi bête que les autres, il faut faire les mêmes choix. De toute manière, je peux être qui je veux, je peux prendre la personnalité qui me semble la meilleure, mais au fond, je serai différent. J'en ai marre d'imiter l'intello, le con, l'idiot, le fou, le criminel ou encore toutes les autres personnalités possibles. J'ai besoin de partir pour ne jamais revenir. Je ne veux plus rien, même ma plus grande passion, celle d'être scénariste, je l'ai laissée tomber. Dans le temps, j'aurais pu être sauvé mais maintenant j'ai passé le point de non-retour, je ne pense plus comme avant, j'ai des idées noires tout le temps, je passe ma vie à mentir à propos de mes pensées, tout simplement parce que je n'en ai aucune. Je vais le dire encore, je suis comme le grand méchant des films ou des jeux vidéo. J'étouffe, mon cœur est brisé, mon corps est foutu, mon esprit est devenu faible et fatigué, et tout le reste disparaît en laissant place au Chaos.

Pour vous tous qui lisez ces lignes, ne nourrissez jamais le Chaos qui est en vous en souffrant. Une fois assez fort, le Chaos vous mène à une réaction en chaîne jusqu'à la destruction. Le Chaos ne se dissipe jamais... Il peut s'endormir, certes, mais il ne disparaît pas !

Mon suicide : ce qui s'est vraiment passé

Après de nombreux mois, je reprends le fil des lignes... Tellement de choses se sont passées, tellement de changements. La dernière fois que j'ai écrit, c'était le 26 mai... Nous sommes le 24 septembre 2006 et j'ai décidé de continuer à écrire. Je dois bien entendu tout vous raconter de ce qui s'est passé... Presque tout...

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Ce jour où j'ai sauté

J'allais vraiment mal en mai. Ce qui m'a poussé finalement à faire ce que je prévoyais.

J'ai sauté de la falaise qui se trouvait juste près de chez moi... C'était trois jours après mon anniversaire, le 26 mai. J'ai préparé un dangereux mélange d'alcool pur, il y en avait une bouteille de deux litres entière. J'ai tout bu près du précipice de 30 mètres... J'ai longuement déliré pendant que je buvais ce breuvage mortel. C'est marrant car sans le vouloir un ami m'a sauvé la vie... D'une certaine manière car là-bas je suis quand même mort.

J'ai fini par sauter ce vendredi matin... Quand je me suis balancé dans le vide, je tenais à peine sur mes jambes tellement j'étais faible... Je me suis traîné sur les derniers mètres pour atteindre la fin. Et finalement, la branche qui se trouvait au bord a fini par céder sous mon poids, ce qui me laissa tomber librement vers la mort.

Une personne dans la maison qui se trouvait en bas a entendu du bruit... C'était moi qui étais arrivé au sol...

Cette personne, c'était une petite fille de 6 ans. Elle appela ses parents qui appelèrent je ne sais trop quel service... En tous cas, plusieurs minutes après ils sont arrivés et ont constaté que j'étais mort depuis peu... Ils m'ont réanimé avec le défibrillateur, la chose pour faire rebattre le cœur, et ça a marché... Ils m'ont emmené à l'hôpital dans les services de soins et réanimation intensifs et je me suis réveillé 13 heures plus tard... J'étais un véritable miraculé car les médecins ont dit que j'avais eu 1 chance sur 100 d'avoir survécu et 1 chance sur 100 de n'avoir eu aucune fracture. Donc, cela me ramène toujours aux petits pourcentages dont je vous parlais... J'ai eu une chance sur 10 000 de m'en être tiré de la façon dont je m'en suis tiré. Cette maudite différence...

Donc, j'avais des perfusions dans les deux bras, un respirateur, la machine qui permet de respirer sans l'aide des poumons, et les tuyaux dans les narines. C'est certainement marrant pour vous mais j'avais littéralement oublié de respirer. Plusieurs fois, quand on m'a enlevé le respirateur pour voir si j'arrivais à respirer, j'ai oublié justement de respirer. C'était horrible. C'est simple pour vous de ne pas penser à votre respiration, mais dans l'état où j'étais, si j'avais pas eu le respirateur je serais à nouveau mort.

Quoi qu'il en soit, cette machine du diable m'a sauvé mais a quand même fait extrêmement mal car en fait c'est un long tuyau qui descend jusqu'aux poumons. Vous vous voyez avec un tuyau d'arrosage à travers la gorge ?

Comment mon impatience m'a sauvé la vie

Là j'ai fait une connerie, et je me suis même rendu compte que j'avais fait plusieurs conneries d'affilée. Premièrement, mes parents, les médecins et tout le monde croyaient que la chute était accidentelle. Moi qui croyais qu'ils pensaient autrement, j'ai été con pour raconter la vérité... La deuxième connerie, c'était d'avoir été impatient. Comme je l'avais dit, un ami m'a involontairement sauvé la vie. Car quand j'ai sauté, c'était un vendredi, mais j'avais planifié de sauter le dimanche en pensant que mon ami allait venir samedi. Finalement, cet ami n'a pas pu venir donc j'ai avancé la date. Si j'avais sauté dimanche, il n'y aurait eu personne en bas de la falaise pour appeler les urgences. Donc, je serais mort si j'avais sauté dimanche comme prévu. Vous voyez comment l'impatience peut interférer sur la vie...

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Un an après : apprendre à vivre

C'est le 26 mai que je célèbrerai ma deuxième naissance, car depuis ce jour, j'ai voulu apprendre à vivre et j'ai voulu m'en sortir... J'ai fait l'erreur de croire qu'il était impossible de guérir de telles choses... C'est vrai, on ne guérit pas, mais on peut essayer d'oublier pour ne plus y penser...

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cidragon6
Cid Campeadore @cidragon6
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