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Essais

Mon licenciement abusif par les établissements E. LECLERC

Licencié abusivement par E. Leclerc pour une faute imaginaire, j'ai dû aller aux prud'hommes pour défendre mes droits. Retour sur mon combat et mes conseils pour ne pas vous laisser faire.

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J'ai été employé il y a quelques mois par les établissements E. LECLERC en tant que vendeur informatique, télé, hifi et électroménager. On m'a proposé un contrat à durée indéterminée.

Lors de mon premier entretien, j'avais bien précisé que je n'avais aucune expérience dans la vente, mais que je possédais quelques connaissances en informatique. J'ai par la suite été embauché pour vendre de l'informatique, des télévisions, des magnétoscopes, des lecteurs DVD, des machines à laver, bref un peu de tout. On m'avait affirmé que je suivrais une formation par mes supérieurs.

Comme beaucoup de vendeurs, on m'a donné un chiffre à atteindre par mois. Chiffre que j'ai largement atteint, donc on ne peut pas dire que mes supérieurs avaient à se plaindre de mes résultats.

Mon embauche en CDI : un choix étrange

Revenons à mon entretien d'embauche. On m'avait expliqué — sans que je demande la raison — qu'un vendeur devait partir en congé maladie pour une opération importante. Je me suis tout de suite demandé pourquoi je n'avais pas eu droit à un CDD jusqu'à ce que le vendeur revienne. On m'a expliqué qu'ils avaient besoin de toute façon d'un vendeur de plus, et que c'était justement la bonne occasion d'en recruter un.

Conditions de travail chez E. Leclerc

Deux mois se passent, je suis toujours vendeur. Pendant ces 2 mois, j'ai découvert comment les produits en stock (principalement l'informatique et autres produits électroménagers) étaient traités. Certains vendeurs s'amusaient à donner des coups de pied dans des piles de DVD afin de les faire tomber. Ils trouvaient cela très amusant, comme faire tomber un château de cartes. D'autres, en manipulant un chariot élévateur, faisaient tomber des cartons de télévisions, sûrement sans le faire exprès. Mais je me demande comment ils ont pu obtenir leur permis, car il faut une autorisation pour conduire ce genre de véhicule (ont-ils réellement leur permis ? Je me pose la question).

La surveillance de mes supérieurs était atroce ! Je n'avais pas le droit de parler (sauf aux clients) ! Ni de m'asseoir !!!

Lors d'une visite médicale du travail (un jour où j'avais une belle bronchite), la personne qui m'a examiné s'est aperçue, en regardant mon carnet de santé, que mon vaccin n'était plus à jour. Cette personne a décidé de l'actualiser. Je précise bien que j'avais une bronchite assez forte. Elle a répondu que ce n'était pas grave.

Je me laisse faire mon vaccin, je redescends dans mon rayon pour travailler, et là, pouf, je ne vois plus rien, je me sens hyper mal et je tombe par terre presque inconscient. Après m'être informé auprès d'étudiants en médecine, on ne fait pas de vaccin quand on a une bronchite assez forte.

La mise en scène du licenciement abusif

Un peu plus tard, notre cher collègue qui était en congé maladie revient après 2 mois d'absence. Là, je me dis que maintenant qu'il est revenu, ils ne vont peut-être plus avoir besoin de moi. Je me rassure en me disant que si c'était pour un remplacement, ils m'auraient proposé un CDD, que j'aurais de toute façon accepté.

Un jour, mon chef me demande de ranger un écran dans le stock. Je m'exécute, je prends l'écran et vais dans le stock. À mon arrivée, je m'aperçois qu'il n'y a plus de palette ni de place dans les armoires pour ranger l'écran, qui était un modèle d'expo. Je cherche le carton d'origine que je n'ai jamais trouvé. Je me vois donc forcé de le poser sur le sol, bien à l'abri entre d'autres cartons pour éviter les chocs. Je retourne en rayon et je précise à mon chef que je n'ai pas trouvé le carton vide de l'écran et qu'il n'y a plus de place dans le stock. Mon chef ne répond pas.

Quelques heures plus tard, mon chef me fait appeler et me demande de le rejoindre dans le stock. J'y vais après avoir fini avec un client, et là, mon chef, d'un air méchant et méprisant, me montre l'écran que j'avais posé, complètement foutu, comme si quelqu'un était rentré dedans avec un transpalette. Complètement explosé. Il prétend que c'est moi qui ai fait cela. Je réponds que je n'ai fait que lui obéir et j'ajoute que je lui avais bien précisé que j'avais posé l'écran ailleurs. Il me répond qu'on en reparlera plus tard.

2 ou 3 jours plus tard, je reçois un courrier avec accusé de réception, m'indiquant que les établissements E. LECLERC voulaient me licencier pour faute grave !

Un licenciement se procède de telle façon : première lettre avec accusé de réception, ensuite un entretien avec celui qui fait la demande du licenciement et le directeur, une deuxième lettre avec accusé de réception résumant l'entretien, et la dernière lettre avec accusé afin de donner la réponse si le licenciement se fait ou non.

Conséquences d'une faute grave : piège ou stratégie ?

Dans le cas d'un licenciement pour faute grave, cela annule toute indemnité de fin de contrat et il n'y a pas de préavis !

Je commençais à voir clair dans leur jeu. Le vendeur absent étant revenu, avec son CDI, il n'y avait que cette solution pour se séparer de moi. Bien sûr, ils pouvaient se séparer de moi sans prétexter la faute grave, mais dans ce cas, ils m'auraient dû mes indemnités et payé mon préavis.

Donc, cela leur coûtait beaucoup moins cher de me virer pour une faute que je n'avais pas commise.

Autre point : pendant l'entretien avec le directeur au sujet de mon accusation, j'avais le droit de me faire accompagner par un collègue, ce que j'ai fait. Mais le directeur a OBLIGÉ la personne qui m'accompagnait à ne pas parler !!! Alors que normalement j'avais le droit de me faire assister !!!

SACHEZ que pendant un entretien (obligatoire) de licenciement, vous avez LE DROIT de vous faire assister par un collègue ! Et celui-ci a le DROIT de parler !

Me voilà donc licencié pour une faute que je n'ai pas commise, sans indemnité et sans préavis payé !

Une vague de licenciements suspects

Quelques jours plus tard, j'apprends que beaucoup d'hôtesses de caisse ont elles aussi été licenciées, et aussi 3 ou 4 de mes collègues.

Quelle drôle de coïncidence, vous ne trouvez pas ?

Juste au moment où le SMIC augmentait !

Comment se défendre aux prud'hommes ?

Je décide donc de faire une démarche aux prud'hommes !

Le directeur a été mis au courant de ma démarche par des employés très cafteurs (ce qu'ils ne savaient pas, c'est que j'avais fait exprès de répandre la rumeur par ces espèces de lèche-cul).

Comme par hasard, le directeur réclame un rendez-vous avec moi, me propose un arrangement à l'amiable. Je refuse avec plaisir et lui dis que l'on verra ça aux prud'hommes. Il me répond qu'il a l'habitude.

Je lui réponds : « Tant mieux pour vous, moi aussi ».

— Vous êtes jeune, dit le directeur.

Ma dernière phrase juste avant de partir était : « Ce n'est pas parce que je suis jeune que je suis con ».

Quelques jours plus tard, le directeur me contacte pour un rendez-vous et me fait un chèque par son assistante, du montant de mes indemnités et de mon préavis !!

En ce qui me concerne, j'avais eu ce que je voulais, mais quand est-il des nombreux autres qui se sont fait licencier, eux aussi, et qui n'ont rien eu, eux !!!

Je tenais à vous faire part de cette anecdote, qui est vraie !

ET mon message est : n'hésitez SURTOUT PAS à faire appel à la loi !!!!! Nous avons des droits, que nous soyons petits par rapport à des grosses, grosses boîtes ! NOUS AVONS DES DROITS !

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fantome
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