
À tous points de vue, je suis une jeune fille ordinaire. Je vis avec ma mère et ma grand-mère dans un bel appartement, dans un petit village, je vais au collège et tout ça. Tout cela, c'est ce que vous pouvez voir à l'extérieur de moi, mais à l'intérieur se cache une grande souffrance. Mon père a eu une relation avec ma mère et ne m'a jamais reconnue. Ma mère était alcoolique et je devais la coucher tous les soirs pour qu'elle cuve son vin. Moi, je devais cacher ceci à tous mes amis. Ce lourd secret me rongeait de l'intérieur.
Un soir, alors que je regarde une émission, un reportage passe sur un jeune homme qui s'est suicidé dans la ferme de ses grands-parents. À ce moment, je décide de prendre la plus grande décision de ma vie : faire comme lui. Je vais dans la salle de bain prendre tous les médicaments que je trouve, ceux de ma mère, les miens et même ceux des chiens. J'écris une lettre à ma mère que je dépose à la porte de sa chambre.
Le lendemain, quand ma mère se réveille, elle voit ma lettre et vient dans ma chambre. Elle essaie de me réveiller mais je ne bouge pas, je n'ai aucune réaction, rien. Ma mère décide de me faire marcher, ensuite elle me couche dans la chambre de ma grand-mère et appelle notre médecin. Le médecin arrive et dit à ma mère d'appeler le SAMU. Les pompiers et le SAMU arrivent chez nous. Ils m'emmènent sur un brancard.
Voici ce que ma mère m'a raconté : je suis restée dans le coma pendant deux jours. Quand je me suis réveillée, j'étais à l'hôpital en réanimation. Beaucoup de psychologues sont venus me voir.
Ma tentative de suicide et l'hospitalisation
Cinq jours après m'être réveillée, je suis allée dans un institut pédopsychiatrique où je suis restée pendant presque deux mois. Je me suis fait beaucoup d'amis. Pendant deux mois, on m'a demandé de raconter ma vie.
Comment j'ai repris une vie normale
Après ces deux mois, je suis rentrée chez moi pendant un mois et ensuite j'ai dû aller dans un centre pour les jeunes en difficultés pour les aider à reprendre une vie « normale », où je suis restée pendant quatorze mois. Au bout de ces quatorze mois, j'ai pleuré, souri, crié, insulté et réussi à reprendre une vie normale.
Maintenant, je suis rentrée chez moi et tout se passe bien.
Comment aider les jeunes en détresse
Donc, vous voyez, ces jeunes gens qui ont voulu se suicider sont comme vous, mais ils ont une façon différente de montrer leur difficulté à vivre, leur mal-être. Il suffit pour les aider de les COMPRENDRE. C'est tout ce qu'ils demandent : qu'on les comprenne, et surtout, surtout de l'AMOUR, car ils ne seront pas aussi battants que moi et ils se laisseront peut-être mourir. Ne plus rien manger, ni boire, ni dormir… Il faut les secouer pour qu'ils reprennent goût à la vie, qu'ils se battent contre ce qui leur arrive pour que leur vie soit encore plus belle que dans leur plus beau rêve.
Moi, j'essaie de la rendre la plus belle possible.
La vie mérite toujours d'être vécue
Alors ce qu'il faut se dire, c'est que : que la vie soit belle ou moche, elle mérite toujours d'être vécue car il y a toujours une part de lumière pour nous redonner le sourire.