Image 1
Essais

La porte blanche

Un texte poignant sur la dépression et les tentatives de suicide, pour aider ceux qui ne connaissent pas cette souffrance à comprendre ceux qui la traversent.

As-tu aimé cet article ?

Image 1
Image 1

Ce texte est une œuvre de fiction, mais il s'inspire d'éléments réels qui touchent malheureusement beaucoup de personnes. C'est triste, mais c'est la vérité.

Je ne m'implique pas personnellement dans ce récit, même si certains passages font bel et bien partie de ma vie.

Si vous êtes dépressif, ne lisez pas ce texte. En revanche, si vous voulez comprendre ce que cela fait, essayez de le saisir...


⚠️ Si vous ou un proche traversez une période difficile, des ressources d'aide existent :
- Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236 (appel gratuit)
- Suicide Écoute : 01 45 39 40 00
- 3114 : Numéro national de prévention du suicide (24h/24, 7j/7)


La solution : quand la nuit devient torture

Tout seul, comme tous les soirs... Il n'y a rien qui ne vaille la peine d'exister dans ce monde sinistre et obscur. La nuit gagne les villes, les villages et les maisons, dont certaines chambres deviennent des salles de torture...

Je suis sur mon siège, je réfléchis à toutes les mauvaises raisons qui vont me pousser à faire ce que je vais faire... La déprime me gagne, augmente... Cette sensation de mal-être grandissant qui nous étouffe, qui nous pousse à commettre un crime. Toutes ces années gâchées, et au fond, sont-elles si malheureuses ? Ai-je vécu assez de choses pour juger de ma propre fin ? Tiens-je ce cutter pour réfléchir, ou pour m'en servir ? Pour me débarrasser de toute cette souffrance ?

J'ai tant fait de tentatives que je ne compte pas m'en servir, comme la plupart des personnes font des erreurs... J'ai décidé d'en finir avec quelque chose de bien plus lent... Bien plus doux...

Une façon de m'en aller sur le flot des rivières de lumières, que je suivrai jusqu'à l'ultime pensée... Jusqu'à la dernière pensée...

La dernière pensée... J'ai tellement réfléchi dans ma vie que finalement, j'ai compris bien trop de choses. Je me suis découragé de la vie... J'ai l'impression que mon existence s'est étalée sur des milliers d'années, dont certaines glorieuses, et d'autres qu'il vaudrait mieux oublier. Il y a une quantité d'événements qu'une âme peut accumuler... Je suis plein de chaos, il ne me reste plus qu'à tout éliminer.

La seule façon de réduire la pression, c'est la mort.

Vers la lumière noire : le passage à l'acte

L'arme dans la main, je contemple déjà sur mon bras gauche les innombrables cicatrices qui témoignent de cette charge. Mes yeux se mettent à flotter, puis d'un geste répété, je me coupe à plusieurs reprises le dessous du bras... Là où on voit les veines... Je fais plusieurs passages rapides, sans regarder... Et quand je regarde, il ne semble ne rien y avoir... Quelques picotements se font ressentir, et quelques secondes après, des traces apparaissent... Un liquide rouge commence à couler, comme la lave qui monte dans une des failles d'un volcan, le sang déborde et vient couler sur le reste de mon bras...

J'avais préparé depuis plusieurs mois de puissants médicaments... Tout était prêt, ils étaient sur mon bureau devant moi. J'avais pris soin de les sortir de leur boîte afin de les avaler rapidement... Une grande bouteille d'un mélange d'alcool à côté, je commençais à les avaler un par un... Gorgée après gorgée, ma gorge me brûlait, mon bras était en sang... J'agonisais déjà ! J'avalais maintenant les médicaments par groupe de dix... Les sentant rentrer en moi comme un remède empoisonné à toutes mes souffrances.

Ma tête tournait, l'alcool faisait ses effets, et il n'en fallut qu'une ou deux minutes pour que ma tête tombe sur mon bureau... Ne pouvant plus rien contrôler, je vaguais, n'étant pas conscient de ma mort, je ne faisais rien... Que pouvais-je faire ? Je regrette déjà... Pourquoi ai-je fait ça, c'est idiot ! Je vais mourir ici, sur mon bureau ! Des questions me venaient à l'esprit... Que vont dire mes parents ? Mes amis ? Y aura-t-il un mot sur ma mort dans le courrier ? Je ne pense finalement plus... Je sombre dans l'absolu...

La question qu'on se pose souvent : pourquoi survivre ?

Mes yeux s'ouvrent, tout est flou... Un tuyau dans la bouche et une machine qui me fait respirer... De l'oxygène dans le nez... Des médecins autour... J'ai des pansements sur tout mon bras gauche, je le sens à peine. Je suis couché et des personnes s'occupent de moi. J'ai la tête qui tourne, je ne comprends rien...

Je suis à l'hôpital, immobile, trop faible pour faire un seul mouvement. Je commence à pleurer en me disant... « Pourquoi ai-je survécu ? »

As-tu aimé cet article ?
cidragon6
Cid Campeadore @cidragon6
4 articles 0 abonnés

Commentaires (2)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires