
Ce texte n'engage que moi
La plume guidée par le cœur, plus qu'une ardeur à mes veines, c'est notre pensée que l'on couche délicatement sur l'innocence du papier. Je ne suis ni poète, ni écrivain, mais le fait d'écrire me procure une sensation extrême : je m'évade, mes pieds quittent la terre et je m'envole vers cet ailleurs où les mots et la pensée sont les seuls empereurs dans leurs apparats de velours. Alors je touche à ce paradis de douceurs et de saveurs immenses qui font que les mots viennent et s'en retournent, se lient et se délient, se mélangent parfois agréablement dans une danse délicate que je ne contrôle pas tout le temps.
Pourquoi écrire est une libération
Écrire devient soudain magique. Je touche avec grâce la sensation ultime du bien-être. Je deviens le fondateur d'un texte sur une feuille auparavant vide ; je donne les codes, les clés, les gestes, le style et les idées que le lecteur pourra ressentir à sa guise. Je donne, rien qu'en écrivant, une petite partie de moi ; je dévoile ma perception et ma façon de ressentir les choses. Ce sentiment infime, à la fois divin et fragile, de pouvoir révéler enfin à la face du monde ce qui se cachait à l'intérieur de moi : voilà ce qu'est écrire pour moi.

D'ailleurs, en écrivant mes pensées, elles m'échappent parfois et voilà que je parle de silences et de vides, de pleins et de nuits, de liés et de déliés, de l'inexprimable, de vertiges, de douleurs, de douceurs. Voilà que me vient la liberté de penser et de noter, selon mes propres termes que nul ne viendra remplacer, ce dont je veux évoquer. Je deviens alors à la fois l'auteur et le lecteur de ce texte, l'unique personnage qui imprimera sa vision, ses sentiments — qu'ils soient doux ou mélancoliques, heureux ou détestables — une fin plutôt tendre ou plutôt teintée de ténébres et de monstruosités, une histoire suivant le chemin que prend ma pensée.
L'écriture comme thérapie : l'avis de Marcel Proust
N'est-ce pas Monsieur Proust, grand écrivain français, qui affirmait qu'« écrire est pour l'écrivain une fonction saine et nécessaire dont l'accomplissement rend heureux » ? N'y a-t-il rien de plus agréable que de laisser la pensée nous traverser, courir au travers de nos veines, nous donner des frissons, atteindre notre cœur en sa demeure et, sans la retenir, la laisser s'étendre désinvoltement sur le papier ? Voir les mots s'enfiler sur les lignes pareil à des perles et former un texte relatant une histoire où l'on a posé nos sentiments enfin libérés.
Cela permet à notre cœur et à notre esprit de ne pas ressasser trop d'idées, mais de les déposer là, dans le coin d'une feuille sur laquelle on pourra revenir plus tard apporter quelques éléments de réponse. Écrire devient alors un espace de liberté nous aidant à nous sentir mieux.

Écrire pour aller mieux au quotidien
« Un pas, une pensée / Un rythme compensé / De troublants maux / Aux désireux mots », voilà ce qu'est écrire selon moi. C'est une façon de répondre à tout ce qui ne va pas bien dans ma vie ou autour de moi. C'est une façon de m'évader tout simplement, m'en aller dans d'autres immenses plaines, dans d'autres mondes où tout va mieux. C'est une manière d'affronter la dureté de la vie en mettant sur un morceau de papier ce qui ne va pas et ainsi de pouvoir affronter le problème devenu soudainement moins lourd et moins oppressant.
J'écris quand la nuit et ses fantômes s'en viennent et que je dois faire face à mes rêves qui jamais n'apparaissent. Écrire devient alors un médicament délicat m'attirant doucement dans le sommeil et ses songes afin que la nuit m'apparaisse enfin plus douce. Voilà pourquoi écrire, pour moi, est une façon d'aller mieux.

Ne cessez jamais d'écrire
« Ne cessez d'écrire, Femmes, Hommes, remplissez votre Univers de mots et de douceurs, de tendresse et de saveurs pour que celui-ci devienne enfin ce que vous aviez imaginé. Ne renoncez pas à ce droit d'écrire car qui mieux que des mots pour aider à se relever et à dénoncer la vérité ? »
À bientôt !