
Une enfance sans souci
J'ai 8 ans et toute mon enfance passée n'a laissé dans ma mémoire que de bons souvenirs, faits d'embrassades avec maman et de jeux avec papa. Ma sœur est très gentille et s'occupe bien de moi. J'ai plein de copains à l'école, on rigole beaucoup, je n'ai aucun problème scolaire et j'ai même une amoureuse (ainsi qu'une maîtresse !).
L'arrivée de l'ordinateur et d'Internet
Mes parents divorcent et, pour me faire plaisir et m'aider à oublier certaines choses, ma mère m'offre un... ORDINATEUR ! Super, je commence à faire des jeux, à bidouiller le dos, etc. Youpie, on invite les copains à la maison pour faire des jeux, bref, on s'amuse beaucoup.
Puis Internet arrive à la maison en 1996, en 56k. Là, je commence à créer des sites internet. J'ai 14 ans et, à cette époque, c'est vraiment quelque chose de bien : peu de gens en font, donc il y a beaucoup de sujets intéressants qui n'ont pas été traités. Je commence par faire un site sur l'émulation. Des logiciels et jeux sur ordinateur permettent de jouer aux consoles sur son PC, c'est très en vogue à l'époque et très demandé. Je compte sur mes 70 visiteurs par jour. Pour moi, adolescent, c'est vraiment très sympa.
La poursuite de mes passions et l'intégration sociale
Le temps passe, je suis au collège (une période très agréable pour ma part, alors que j'entends souvent des gens dire qu'ils ne l'ont pas aimée) et je commence à jouer dans une équipe de basket. J'enchaîne sur d'autres sites, de mieux en mieux. J'en parle à mes potes qui vont les visiter, et même à mon petit cousin. Un jour, ça m'avait marqué : j'avais fermé un site sur les Simpsons et Futurama, et il m'avait supplié de le rouvrir tellement lui et ses petits copains aimaient entendre Homer faire le guignol !
En plus de mes potes du collège, je me fais tout un tas de potes du basket (toute l'équipe) avec qui on se retrouve aux entraînements, aux matchs et pour les anniversaires, etc.
Le lycée et la découverte de Counter-Strike
Le collège arrive à sa fin et je rentre au lycée. Le lycée est très grand, mes potes du collège pour beaucoup ne prennent pas la voie générale et s'en vont loin. De plus, je déménage souvent. Mais je retrouve tous mes potes du basket qui étaient dans un autre collège, donc pas de problème.
Dans ma classe, un gars me parle de jeux vidéo en réseau. Je ne sais pas du tout ce que c'est ; moi, à part quelques jeux, je fais surtout des sites internet, donc grand mystère ! Il m'emmène avec des potes à lui dans une salle de jeu. La première fois que je suis rentré là-bas, je me suis dit : "Putain, ça schlingue", lol. Mais surtout, je trouve que les gens qui jouaient avaient des têtes d'abrutis (la bouche ouverte, le nez en avant, ready 2 kill mdr). Enfin, je me mets devant un poste et je commence à jouer : "J'y comprends rien" !
Le jeu s'appelait Counter-Strike. J'y ai joué pendant 4 ans ensuite et j'y joue toujours (quelques parties par semaine). J'ai fait beaucoup de "LANs", des tournois organisés sur les jeux où plein de joueurs amènent leurs ordinateurs et forment des mini-réseaux pendant 3-4 jours. Je ne fais plus de sites internet pour le moment.
Comment je suis devenu cyberdépendant ?
Pendant un moment, je ne sortais plus du tout, considérant que je m'amusais plus chez moi avec mes "cybers-potes" qu'avec mes vrais potes.
Or, cette pensée, comme celle de dire "Je préfère jouer à Counter-Strike (ou tout autre jeu en réseau) que de glander devant la télé", est souvent une excuse bidon utilisée par les joueurs. Au moins la télé nous "informe" (si on regarde les bonnes chaînes, je ne parle pas du 13h00 sur TF1 : "Eh wi, nous retrouvons Bernard, agriculteur dans l'ouest de la France, qui nous présente..."), et ne nous enferme pas dans un monde clos fait d'IRC (chat sur internet pour les vrais drogués, exemple le chat Wanadoo qui à la base est de l'IRC), MSN Messenger, Counter-Strike et sites parlant de Counter-Strike.
Le problème, c'est que lorsque enfin tu sors de chez toi pour faire des soirées, qu'as-tu à raconter ? Pas grand-chose. Et même moi, à la fin, comme je ne passais pas souvent de temps avec mes potes, je ratais des choses, des rumeurs, lol, des soirées, et donc je ne pouvais pas être totalement dans les conversations. Cela me rendait mal à l'aise et je me disais que je serais mieux chez moi.
Comment retrouver une vie sociale ?
Depuis que je ne joue presque plus (ça va faire environ 4 mois), je suis souvent avec mes amis et tout va carrément mieux. Attention, mon cas n'est pas extrême, car je vois encore beaucoup de mes "cybers-potes" qui font encore ce qu'ils font sans s'en rendre compte. C'est bien là le problème : quand on est cyberaddict, se rendre compte que l'on l'est est très difficile. Généralement, un article comme le mien m'aurait plutôt fait rire et m'aurait donné l'impression que je n'étais vraiment pas associé à ce genre de pratiques.
L'addiction aux jeux vidéo : mes conclusions
Pour résumer, l'important dans la passion, c'est de ne pas en abuser ; l'abus est le faible de l'homme. Oui, on peut passer du temps sur les chats, oui, on peut jouer à Counter-Strike, mais pas tous les soirs dès qu'on rentre de notre journée et pas tous les week-ends parce que "les autres ne font pas grand chose". Si, ils pratiquent une activité très importante si on ne veut pas se retrouver comme un loser à 25 ans : ils se socialisent.
Pour connaître le nombre de cyber-addicts en France, c'est très simple : il suffit de faire un sondage dans la population qui a Internet chez soi et de le comparer à un sondage sur la proportion d'internautes qui ne sont pas très heureux. Généralement, les deux vont de pair.
Peur pour les générations futures et relations virtuelles
J'ai peur pour les générations futures. Un exemple frappant est les fameux BLOGS et surtout les Skyblogs, où les gens racontent leur vie au jour le jour (oui, comme je viens de le faire, c'était mon baptême, je ne recommencerai plus, ça me plaît bof de raconter ma vie aux inconnus) et communiquent avec leurs "cyberamis" : "JTADORE KRO KRO TOI PTITE SOEUR !". Là, il faut vite s'éloigner de la personne qui a un problème important d'évaluation des sentiments.
Internet fausse les sentiments, surtout amoureux : "Je t'aime chéri, fais un bisou à la cam !". Oui, sur les rencontres sur le net, il y a tellement à écrire, mais j'ai des informations, des idées, mais un peu de mal à mettre par écrit ! Enfin, pour faire court sur les rencontres par internet : pour moi, j'en ai fait l'expérience, oui on peut en faire plus qu'en vrai, mais une rencontre en vrai vaut bien 10 000 rencontres par le net (comment expliquer à ses enfants que le premier mot dit à maman c'était "ASV" ?)...
Derniers mots
Pour moi, cet article était surtout un moyen de mettre à plat mon expérience. Il manque beaucoup de détails mais l'essentiel est là. Et c'était surtout aussi pour dire qu'en ce moment, depuis que je passe moins de temps sur le net, je vais BEAUCOUP mieux ! Donc, pour ceux qui se sentent mal en ce moment, il faut persévérer. Désolé si l'article n'est pas très cohérent, je ne suis pas quelqu'un de doué pour mettre mes idées en place, surtout quand il s'agit de ma vie !
Merci pour les futurs commentaires et bravo aux courageux qui ont lu mes phrases incompréhensibles jusqu'au bout !