
Témoignage : souffrance et espoir des jeunes en détresse
Ceci est un article sous forme d'histoire pour tous ceux en mal de vivre, en mal d'amour, et pour tous ceux qui s'en sont sortis...
Quand la dépression commence à 13 ans
« Je ne sais pas vraiment quand mon mal-être a commencé. Je me souviens seulement que je pleurais souvent pour un rien... Et puis je faisais des crises d'angoisse que je ne m'expliquais pas. Je n'étais pourtant pas à plaindre : j'avais beaucoup d'amis, je sortais, je...
Mais il y a 2 mois, ma sœur avait fait une tentative de suicide. On l'avait retrouvée les veines taillées un soir en rentrant d'un dîner. Puis les pompiers sont venus la chercher, l'ont emmenée sur un brancard... J'entendrai toute ma vie la sirène du camion si proche et puis qui s'éloignait... Peu à peu...
Elle s'était ratée. Moi j'étais à 6 pieds sous terre, je ne réalisais pas. Comment peut-on réaliser une chose pareille à 13 ans ? Je crois que c'est là, oui, c'est là que tout a commencé à... déraper. Mes notes chutaient de plus en plus, j'étais devenue agressive, je me scarifiais les bras. Pourquoi me venger ainsi sur mes pauvres bras ? Je ne sais pas. Mes parents, eux, ne s'apercevaient de rien, ils étaient occupés avec ma sœur, ce qui était normal mais moi... Je souffrais aussi...
Le point de rupture : tentative de suicide
Et puis, un vendredi soir, il pleuvait à torrents. Je regardais la pluie tomber et d'instinct j'ai couru jusqu'à la salle de bain et j'ai ouvert la porte des médicaments... J'ai pris des antidépresseurs de ma sœur et j'ai longuement regardé le paquet en me disant : comment pourrait-on croire que rien qu'en avalant ça, tu peux mourir... Tous tes soucis, envolés... Oui mais mes parents ! Ma sœur, mes amies, tous ceux auxquels je tenais...
Je ne pouvais pas les laisser comme ça...
Deux longs mois passèrent... Mon état empirait. En une semaine, on m'avait envoyé à l'infirmerie pour crise d'angoisse. Je ne me nourrissais plus, je pesais à présent 42 kg pour 1m65. C'est alors que l'infirmière de mon collège a parlé à mes parents et leur a dit que j'avais besoin de soins. Mais je ne voulais pas. Dans ma tête, je savais que j'avais mal mais je ne voulais pas qu'on le sache, c'était mon problème à moi et à moi seule...
Puis une semaine après, j'ai refusé.
Mais un soir j'en ai eu trop marre de cette vie, de ce monde que je ne comprenais pas, de tout... Et j'ai pris tous les médicaments que je pouvais trouver et j'ai avalé tout ça avec de l'alcool. Puis, tout est flou...
Je me rappelle seulement avoir pensé en voyant l'infirmière à mes côtés : "Merde, je me suis ratée..."
Sortir de la dépression : reconstruction et espoir
Et puis, aujourd'hui je vais mieux. Je passe en seconde, j'ai retrouvé peu à peu le goût de vivre, d'aimer la vie. J'ai encore des petits moments de blues mais je sais à présent me contrôler...
Je m'en suis sortie.
Une pensée à vous tous qui étiez dans mon cas. Je vous souhaite bonne chance, vous y arriverez. C'est long mais on est tellement mieux après... »