
J'ai 16 ans, et je souffre d'anorexie depuis l'âge de 8 ans, par crises. Pourquoi ? Je vais essayer d'y répondre.
Petite, j'étais déjà très mature pour mon âge. Je cherchais à me différencier des autres filles.
Aujourd'hui, je suis anorexique par périodes : à un moment de l'année, je ne me nourris plus et je décide d'être très maigre. Je fais ça pour qu'on se rende compte que j'existe, je crois. Ma famille n'est pas présente, je vis donc pratiquement toute seule.
Mais il faut savoir — et j'en suis consciente — que l'anorexie est très dangereuse pour la santé : elle entraîne de nombreux problèmes. Pour moi, des insuffisances rénales sont survenues lors de ma première crise. Je suis aussi arrivée au point de me faire vomir. C'est un calvaire dur à porter. On aimerait le crier sur les toits qu'on se fait vomir, mais le regard des autres est tellement important qu'on n'ose pas. Et c'est dommage !
Comment reconnaître les signes de l'anorexie
Les signes pour se rendre compte que quelqu'un se fait vomir sont les suivants : les pantalons deviennent dix fois trop grands très vite, le visage se creuse, le contour des yeux devient noir (ou très sombre), le teint est très pâle. La personne devient très faible, elle ne mange plus à la cantine ou ailleurs. Si elle mange, elle va aller tout de suite aux toilettes se faire vomir.
J'avoue que ce n'est pas facile de se rendre compte que quelqu'un est anorexique, mais si on fait attention, on le voit.
L'importance du soutien des proches
J'en ai parlé à mes amies. Je me faisais vomir à cette période. Elles m'ont beaucoup aidée, c'est grâce à elles que je me suis arrêtée pendant un moment. Dès que je me fais vomir, je pense à tous les gens que j'aime, à ce qu'ils diraient s'ils me voyaient pendant « ça ». Je me mets à avoir honte de moi et je prends sur ma conscience.
Sortir de l'anorexie : un parcours vers l'acceptation de soi
L'anorexie est une véritable maladie, elle témoigne d'un mal-être important. Les filles, ou les garçons, qui tombent dedans doivent absolument essayer d'en sortir vite. Sinon, ça devient une habitude et on ne s'arrête pas. C'est horrible. Je ne souhaite à personne un tel calvaire. Il faut se sentir bien dans sa peau et se dire qu'on est bien comme on est !
Ça fait un an que je ne fais plus de crises, grâce au soutien des gens que j'aime. Ils m'ont prouvé que j'ai une place importante pour eux dans ce monde...