La puéricultrice - ou infirmière spécialisée en puériculture - intervient auprès des nourrissons, des enfants en bas âge et de leurs familles. Elle exerce en maternité, en néonatologie, en crèche ou en Protection maternelle et infantile (PMI). Le métier reste porteur en 2026 : le marché du travail est structurellement tendu, et les départs à la retraite maintiennent une forte demande de professionnels qualifiés. Voici comment y accéder, de l'examen d'entrée à la perspective salariale.

Conditions d'accès au concours DEAES mention A
Le diplôme d'État d'auxiliaire de puériculture, mention A (DEAES mention A), est la voie d'accès réglementée à la profession de puéricultrice. Pour se présenter, il faut être infirmière ou infirmier titulaire du diplôme d'État - c'est-à-dire avoir préalablement validé la formation d'infirmier·e (Bac+3). Le concours est ouvert aux candidats justifiant d'une expérience professionnelle ou de stages cliniques en milieu pédiatrique, en maternité ou en puériculture, même si l'expérience préalable n'est pas toujours une condition stricte d'admission.
Les candidats doivent constituer un dossier de candidature auprès d'un institut de formation de puéricultrice (IFP). Environ 3 000 places sont ouvertes chaque année en France dans ces instituts, un nombre qui reste insuffisant face à la demande.
Les épreuves de sélection
La sélection repose sur deux étapes principales : l'examen du dossier de candidature et un entretien de motivation.
Le dossier de candidature est la première barre. Les IFP étudient le parcours académique, les expériences professionnelles et les motivations des candidats. Un dossier soigné, qui démontre un engagement concret auprès de la petite enfance et une compréhension du métier, fait la différence dans un contexte de concurrence accrue.
L'entretien de motivation suit la présélection sur dossier. Il permet au jury d'évaluer la capacité du candidat à argumenter son projet professionnel, sa connaissance du rôle de la puéricultrice et sa disponibilité pour un engagement de formation à temps plein. Certaines épreuves complémentaires (test d'aptitude ou épreuve écrite) peuvent varier selon les instituts.
La formation en institut
La formation dure 10 mois à temps plein, au sein d'un IFP habilité. Elle comporte des enseignements théoriques, des stages en milieu professionnel et un travail de fin d'études.
Contenu principal : le programme couvre la néonatologie, la petite enfance, la psychologie du développement, l'allaitement et l'alimentation du nourrisson, la prévention et la santé publique, la PMI, la relation avec les familles et le travail en équipe pluridisciplinaire.
Stages : les étudiantes effectuent plusieurs stages en milieu réel - en maternité, en unité de néonatologie, en crèche ou en consultation PMI - pour appliquer les enseignements en situation professionnelle.
Accès : l'admission se fait sur dossier et entretien. Les IFP sont implantés dans la plupart des régions, mais le nombre de places reste limité, ce qui renforce la compétitivité du processus de sélection.
Le salaire après obtention du diplôme
La rémunération dépend principalement du secteur d'exercice - public hospitalier ou secteur privé/associatif - et des indemnités complémentaires.
Dans le secteur public hospitalier
En début de carrière, le salaire brut d'une infirmière puéricultrice de classe normale se situe entre 1 820 € et 2 100 € brut par mois, hors primes. En ajoutant les indemnités de nuit, de dimanche et le RIFSEEP (Régime indemnitaire tenant compte de l'engagement professionnel), la rémunération nette effective est d'environ 1 900 € à 2 200 € net selon le service et l'établissement. Ces fourchettes restent indicatives : les grilles officielles de la fonction publique hospitalière (FPH) constituent la référence exacte, et la rémunération réelle varie en fonction des anciennetés, des gardes et des primes spécifiques.

Dans les crèches privées ou associatives
Dans les crèches privées ou associatives, la rémunération est plus variable. Elle dépend des accords internes ou des conventions collectives en vigueur. En moyenne, une puéricultrice y perçoit entre 1 900 € et 2 500 € brut par mois. L'écart s'explique par la diversité des structures : crèches d'entreprise, multi-accueils, crèches associatives, avec des responsabilités variables (direction d'équipe, coordination pédagogique).
Le marché de l'emploi
Le marché de l'emploi pour l'infirmière puéricultrice est structurellement tendu. La DREES signalait en 2022 un déficit de professionnels qualifiés en néonatologie et en PMI dans la majorité des régions, aggravé par les départs en retraite d'une génération formée dans les années 1980-1990. Le nombre de places ouvertes dans les instituts de formation de puéricultrices est limité (environ 3 000 places par an en France), ce qui maintient une pression sur l'offre de candidats.
Selon la DGAFP (Rapport annuel sur la fonction publique, 2023), 12 % des postes d'infirmiers spécialisés en fonction publique hospitalière ne sont pas pourvus, en tension chronique. Plus de 50 000 puéricultrices et infirmières spécialisées en pédiatrie exercent dans les établissements de santé publics (DREES, Panorama des personnels de santé, 2022), mais ce chiffre ne couvre pas l'intégralité du secteur privé et associatif.
Ces données, datant de 2022-2023, n'ont pas été actualisées pour 2025-2026 dans les sources disponibles, mais la tendance structurelle à la pénurie n'est pas remise en question.