Composer sous 35°C, transpirer sur sa copie de philo ou bégayer son grand oral dans une salle transformée en four : la session de juin 2026 a marqué un tournant. Entre salles surchauffées, oraux reportés et établissements fermés, l'Éducation nationale a dû bricoler en urgence. Résultat, la règle change : dès 2027, plus d'épreuves l'après-midi pour le bac et le brevet.

Juin 2026 : passer le bac dans un four
L'intense canicule qui a frappé la France entre le 17 et le 28 juin est tombée en plein bac et brevet. Et le thermomètre a vite pris le dessus sur les sujets d'examen.
Lors du pic de chaleur du 22 juin 2026, 845 établissements scolaires ont dû fermer totalement ou partiellement, selon le ministère de l'éducation nationale, faute de pouvoir garantir des conditions minimales de travail et de sécurité aux élèves comme aux personnels.
Composer malgré tout n'a pas été une partie de plaisir. La semaine du 22 juin, plus de 10 000 oraux de français et épreuves de grand oral ont été décalés. Le ministre souligne que « 700 000 jeunes » ont tout de même pu composer « à la date et à l'heure convenues », mais sur le terrain les auditions se sont souvent déroulées dans des conditions franchement dégradées par la chaleur.
Sur le terrain, les lycées ont improvisé. Déménagement en cours de journée dans les salles moins exposées au soleil, voire dans un parking souterrain à Rueil-Malmaison (Yvelines), comme l'a rapporté l'Agence France-Presse, prêts de ventilateurs par les parents d'élèves ou par les enseignants eux-mêmes... Le système D a tourné à plein.
Rien d'étonnant quand on sait que le bâti scolaire est en grande partie inadapté aux fortes chaleurs. Une enquête de 2025 conduite auprès de 9 000 agents de l'éducation nationale par l'Alliance écologique et sociale révèle que 95% des établissements scolaires déclarent souffrir de températures trop élevées en classe, et que 12% ont déjà constaté un thermomètre dépassant les 35°C dans leur salle.
Reporté ou maintenu ? Une décision au cas par cas
Face à la chaleur, pas de consigne nationale unique en 2026. Le mot d'ordre était l'adaptation locale.
Pas de décalage généralisé à l'échelle nationale : chaque académie et chaque centre d'examen pouvait ajuster son organisation selon les températures relevées sur place, avait alors expliqué l'administration en charge du dispositif.
D'après TF1 Info, les éventuels reports devaient être arbitrés localement, au cas par cas, en regardant la chaleur à l'extérieur et, surtout, celle mesurée à l'intérieur des bâtiments.
Une souplesse qui a permis de réagir vite, mais qui pose une autre question : l'équité. Selon que tu passes ton oral à Lille ou à Marseille, dans un lycée neuf ou une salle sous les toits, tu n'as pas eu la même épreuve caniculaire. Le traitement n'était pas uniforme, et la question de l'égalité entre candidats s'est invitée dans les salles des profs.
Le débat a été particulièrement vif pour le brevet. Le ministre de l'Éducation « ne regrette pas » d'avoir maintenu l'épreuve de français du brevet vendredi matin en pleine canicule, malgré des conditions jugées « objectivement difficiles » pour les plus de 850 000 collégiens concernés. « Tous les élèves ont passé leur examen ce matin avec quelques situations, comme des hypoglycémies, mais dans des proportions comparables aux éditions précédentes », a-t-il assuré, selon franceinfo.fr, alors que des syndicats d'enseignants ont dénoncé des malaises de collégiens. Deux lectures qui s'opposent sur le même arbitrage : protéger la santé ou préserver le calendrier.
2027 : fin des épreuves l'après-midi
De cette session sous haute température, un consensus est né à l'Éducation nationale : le calendrier des examens doit s'adapter aux vagues de chaleur. La phrase est claire : plus aucune épreuve « n'aura lieu l'après-midi à compter de la prochaine session ».
Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray l'a détaillé alors que l'Hexagone traversait une vague de canicule intense et inédite pour un mois de juin, selon franceinfo.fr : « Les examens 2027 ne se dérouleront que le matin, oraux et écrits », qu'il s'agisse du brevet ou du baccalauréat.
Concrètement, c'est un changement de doctrine. Exit les compos de philo à 14h sous les toits en tôle. L'objectif est de faire passer les candidats aux heures les moins chaudes, pour limiter les risques sanitaires et éviter de rejouer le bricolage de juin 2026.

Reste l'équation la plus complexe : comment caser toutes les épreuves écrites et orales sur des demi-journées seulement, sans allonger la session sur trois semaines, sans exploser la logistique des centres, la mobilisation des correcteurs et la disponibilité des salles climatisées... qui n'existent quasiment pas. Santé, équité, faisabilité : le triangle est serré.
Ce qui est acté, c'est le nouveau cap : en 2027, toutes les épreuves du bac et du brevet, écrites comme orales, se tiendront uniquement le matin. Le bac et le brevet ne pourront plus faire comme si la canicule n'était qu'un épisode.