Affiche promotionnelle de la saison 3 de Squid Game avec quatre participants.
Culture

Hwang Dong-hyuk démonte la mécanique de la violence sociale dans *Squid Game* saison 3

La saison 3 de Squid Game achève la déconstruction de la violence sociale par Hwang Dong-hyuk : après l'échec économique et politique, la série pose la question morale de l'humanité, avec un Gi-hun brisé, une réflexion sur le « Hell Joseon » et...

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Le 27 juin 2025, Netflix a mis en ligne les six derniers épisodes de Squid Game, clôturant une trilogie entamée en septembre 2021. Avec cette saison finale, Hwang Dong-hyuk pousse son projet à son terme : démonter, pièce par pièce, la mécanique de la violence sociale qui broie les individus. La série sud-coréenne, qui a cumulé 600 millions de vues pour ses deux premières saisons, n'a jamais été un simple divertissement. Elle est un diagnostic. Dans la saison 3, ce diagnostic atteint sa forme la plus radicale : quand les systèmes économique et politique ont échoué, que reste-t-il à l'humain ?Affiche promotionnelle de la saison 3 de Squid Game avec quatre participants.

Gi-hun n'est plus qu'une ombre : plongée dans le désespoir de la saison 3

Affiche promotionnelle de la saison 3 de Squid Game avec quatre participants.
Affiche promotionnelle de la saison 3 de Squid Game avec quatre participants. — (source)

La saison 3 s'ouvre sur un paysage de ruines fumantes. La rébellion que Gi-hun a menée contre les organisateurs des jeux a été écrasée. Les corps des joueurs morts pour cette cause jonchent le sol. Le Monde décrit cette ouverture comme une plongée dans la désolation la plus totale, où le jeu final n'est plus un combat pour la survie mais une question morale. La série éteint toute étincelle d'optimisme.

La rébellion brisée : un héros déconstruit

Lee Jung-jae, l'interprète de Gi-hun, confiait au Guardian que son personnage est « consumé par la culpabilité » (consumed by guilt). Il n'est plus le joueur naïf de la saison 1, découvrant avec horreur les règles du jeu. Il n'est pas non plus le vengeur déterminé de la saison 2, convaincu de pouvoir démanteler le système de l'intérieur. Il erre dans les décombres comme un fantôme.Hwang Dong-hyuk, réalisateur de Squid Game.

La mécanique de la violence a rempli son office : elle a vidé Gi-hun de sa substance. Sa tentative de renverser le système a échoué, et la série lui refuse toute renaissance héroïque. Hwang confiait au LA Times que Gi-hun tue pour la première fois dans cette saison. « Cette personne qui symbolisait le bien » franchit une ligne qu'il avait juré de ne jamais traverser. Le héros devient, malgré lui, un rouage de la machine qu'il combat.

Cette transformation n'est pas gratuite. Elle illustre la thèse centrale de Hwang : poussé à bout, n'importe qui peut basculer. Lee Jung-jae le dit lui-même : « Si quelqu'un est poussé à cette extrémité, même une bonne personne peut changer. »

Hwang Dong-hyuk, réalisateur de Squid Game.
Hwang Dong-hyuk, réalisateur de Squid Game. — (source)

Le jeu comme question ontologique : pourquoi continuer à jouer ?

Le Monde souligne que la saison 3 transforme le jeu en interrogation métaphysique. Les personnages ne luttent plus pour remporter le prix de 45,6 milliards de wons. Ils ne cherchent pas non plus à survivre coûte que coûte. Ils sont pris dans un engrenage qui les dépasse, et leur seule issue est de décider comment ils veulent mourir.Lee Jung-jae, interprète de Gi-hun, dans une photo promotionnelle de Squid Game saison 3.

Hwang expliquait au Guardian : « Le monde, tel que je l'observe, a moins d'espoir. Je voulais explorer la question : quel est le dernier recours de l'humanité ? » (The world, as I observe it, has less hope. I wanted to explore questions like, 'What is the very last resort of humankind?')

Cette question n'est pas rhétorique. Elle est le carburant dramatique de la saison. Chaque partie devient un dilemme moral. Les joueurs savent que le système est verrouillé, que l'issue est connue d'avance. Pourtant, ils continuent. Pourquoi ? Parce que, comme le dit le Front Man à Gi-hun, les gens veulent les jeux. La violence sociale est devenue si intériorisée que les victimes elles-mêmes en réclament la continuation.

Lee Jung-jae, interprète de Gi-hun, dans une photo promotionnelle de Squid Game saison 3.
Lee Jung-jae, interprète de Gi-hun, dans une photo promotionnelle de Squid Game saison 3. — (source)

Hell Joseon et le miracle brisé : le terreau sociologique de l'enfer

Pour comprendre la mécanique de la violence sociale que dénonce Squid Game, il faut remonter à ses racines. La série n'est pas née d'un imaginaire déconnecté du réel. Elle puise dans la réalité sociologique de la Corée du Sud, un pays marqué par un paradoxe saisissant entre réussite économique et précarité généralisée.

« Miracle de la rivière Han » contre « Hell Joseon » : le paradoxe coréen

La Corée du Sud a connu une industrialisation fulgurante après la guerre de Corée, surnommée le « miracle de la rivière Han ». En quelques décennies, le pays est passé de la pauvreté à la puissance économique. Mais ce miracle a un revers. Selon les analyses de Contretemps et K-World France, l'endettement privé coréen est l'un des plus élevés au monde. Près de 40 % des seniors vivent sous le seuil de pauvreté.Tournage de Squid Game : un acteur en survêtement vert à genoux sur le sable.

L'expression « Hell Joseon » (Hell Joseon) est née dans la bouche des jeunes Coréens pour décrire une société où la réussite est promise par la compétition, mais où l'échec est une condamnation sans appel. Le taux de chômage des jeunes atteignait 22 % en 2020. Le système des chaebols — ces conglomérats familiaux qui contrôlent l'économie — verrouille l'accès à la réussite pour ceux qui ne sont pas nés du bon côté.

C'est ce terreau de déception que Hwang Dong-hyuk a capté. Lui-même a connu la précarité : en 2009, il dormait chez sa mère et a dû vendre son ordinateur pour survivre. Il a perdu six dents à cause du stress pendant la production de la première saison, selon LeClaireur Fnac. Son expérience personnelle nourrit chaque scène de la série.

Tournage de Squid Game : un acteur en survêtement vert à genoux sur le sable.
Tournage de Squid Game : un acteur en survêtement vert à genoux sur le sable. — (source)

Des jeux d'enfants aux algorithmes d'élimination

Le Parisien décrivait dès 2021 la « mécanique imparable » de Squid Game. Pourquoi des jeux d'enfants ? Parce que la violence sociale n'est jamais flagrante. Elle s'habille en règles du jeu, en compétition saine, en méritocratie.Participants courant dans une salle de jeu décorée d'un carrousel dans Squid Game saison 3.

« 1, 2, 3, soleil » devient une métaphore du marché du travail : une course où il faut avancer vite, mais où le moindre mouvement de travers est sanctionné par l'élimination. Le jeu de la tirelire, où les joueurs doivent découper des formes dans du sucre sans les briser, illustre la précision exigée par un système qui ne pardonne pas l'erreur.

La violence physique des jeux n'est que la traduction littérale de la violence symbolique que subissent les « losers » du système. Dans la réalité, on ne meurt pas d'un tir de sniper quand on rate une promotion. Mais on meurt à petit feu, dans la précarité, l'isolement, la honte sociale. La série rend visible ce que la société préfère cacher.

Participants courant dans une salle de jeu décorée d'un carrousel dans Squid Game saison 3.
Participants courant dans une salle de jeu décorée d'un carrousel dans Squid Game saison 3. — (source)

Le poids de la dette : chiffres et réalités

Le livre Squid Game, les règles du jeu pour mieux comprendre la série, d'Ophélie Surcouf, analyse en détail le contexte socio-économique qui a nourri la série. L'auteure, spécialiste de la pop culture coréenne, rappelle que l'endettement des ménages coréens représentait 104 % du PIB en 2021. Les personnages de la série ne sont pas des exceptions. Ils sont le reflet d'une génération qui a grandi avec la promesse du miracle économique, mais qui se retrouve étranglée par les dettes.Reproduction du ddakji bleu et rouge de Squid Game.

Hwang Dong-hyuk a commencé à écrire Squid Game en 2009, en pleine crise financière mondiale. Il avait 38 ans, vivait chez sa mère et ne trouvait aucun producteur pour financer son projet. Il a fallu attendre 2019 pour que Netflix s'y intéresse, dans le cadre de sa stratégie d'expansion des productions non-anglophones. Le scénario est resté dix ans dans un tiroir. Dix ans pendant lesquels la mécanique de la violence sociale n'a fait que s'aggraver.

Reproduction du ddakji bleu et rouge de Squid Game.
Reproduction du ddakji bleu et rouge de Squid Game. — Onalion / CC0 / (source)

Le triptyque Hwang : de l'économie plombée à l'âme humaine en miettes

Hwang Dong-hyuk a confié au LA Times la structure narrative en trois actes de sa série. Chaque saison correspond à un système qui échoue : économique, politique, humain. C'est le plan de la « mécanique de la violence sociale » que le créateur démonte pièce par pièce.

Saison 1 – L'arène économique : la loi du plus fort

La première saison présente les joueurs comme les « déchets » du capitalisme. Endettés, exclus, rejetés par le système, ils n'ont plus rien à perdre. Le jeu est un marché où les VIP sont les actionnaires. Chaque mort rapporte de l'argent. La compétition est la seule valeur.Les VIP de Squid Game portant des masques d'animaux dorés.

Hwang dénonce le système qui transforme les humains en capital à risque. Les joueurs ne sont pas des criminels. Ce sont des gens ordinaires que la société a poussés dans leurs retranchements. Le budget de la série lui-même suit cette logique d'inflation capitaliste : 21 millions de dollars pour la saison 1, 60 millions pour la saison 2, selon LeClaireur Fnac. Comme si la série était rattrapée par son propre sujet.

Les VIP de Squid Game portant des masques d'animaux dorés.
Les VIP de Squid Game portant des masques d'animaux dorés. — (source)

Saison 2 – La faillite du politique : le Front Man incarne l'État

La saison 2 déplace le curseur de l'économie vers la politique. Les votes, les manipulations, l'infiltration de Gi-hun. Le Front Man, cet homme masqué qui supervise les jeux, n'est pas un psychopathe. Il est le produit et le gardien du système.

Quand il dit à Gi-hun que les gens veulent les jeux, il formule une critique amère de l'impuissance des mécanismes démocratiques face à la machine violente qu'ils ont créée. Le Front Man est un ancien gagnant, comme Gi-hun. Mais au lieu de se rebeller, il a intégré les règles. Il est devenu le bourreau parce qu'il était la victime.

Cette transformation est au cœur de la dialectique de la violence. Le philosophe Lucien Ayissi, dans un article publié dans la revue Ethiopiques (n°79, 2007), analyse comment la frontière entre bourreau et victime devient poreuse quand la victime s'approprie sa souffrance comme un capital pour faire souffrir ceux qu'elle considère comme ses bourreaux. Le Front Man est l'illustration parfaite de ce paradoxe.

Saison 3 – La question morale : quel dernier recours pour l'humanité ?

C'est ici que Hwang atteint son objectif final. Il confiait au LA Times : « Dans la saison 1, j'ai regardé les failles du système économique qui crée tant de perdants. Dans la saison 2, j'ai dépeint l'échec du système politique. Dans la saison 3, parce que le système économique nous a trahis, la politique nous a trahis, j'ai voulu demander : que reste-t-il ? Que pouvons-nous faire ? Que devrions-nous faire ? »VIP de Squid Game avec un masque de panthère doré.

La mécanique de la violence sociale atteint son dernier stade : elle est intériorisée. Les personnages ne luttent plus contre un système extérieur. Ils luttent contre leur propre nature. Doivent-ils renoncer à leur humanité pour survivre ? Ou la définir par leur sacrifice ?

Le sacrifice final de Gi-hun résume cette tension. Sa dernière phrase, « We are not horses… We are humans. Humans are… », reste en suspens. Selon Slate, le spectateur doit compléter lui-même la phrase. La réponse n'est pas donnée. Elle est à construire.

VIP de Squid Game avec un masque de panthère doré.
VIP de Squid Game avec un masque de panthère doré. — (source)

« Violence rose bonbon » : pourquoi notre cerveau craque pour cet enfer

Le succès de Squid Game interroge. Pourquoi des millions de personnes regardent-elles cette horreur ? Comment une série aussi pessimiste peut-elle devenir le programme le plus regardé de Netflix ?

Violence allégorique ou spectacle gratuit ? Le grand écart de Hwang

Selon Canal+, le créateur de la série insiste sur le fait que la brutalité montrée à l'écran est en grande partie symbolique. Il cherche à illustrer comment la société marginalise durement ceux qui perdent dans la course compétitive — non pas par une agression physique ouverte, mais en les confinant aux échelons les plus bas de l'échelle sociale et en les piégeant dans la pauvreté.Mise en scène théâtrale inspirée de Squid Game.

L'esthétique « rose bonbon » de la série crée un choc de dissonance cognitive. Les salopettes vert vif, les décors kitsch, les formes géométriques colorées contrastent avec la brutalité des éliminations. Ce n'est pas un film d'horreur sale et glauque. C'est un conte cruel et coloré.

Cette dissonance rend l'horreur plus visible. Le spectateur ne peut pas détourner le regard. Il est pris entre la beauté de l'image et l'horreur de ce qu'elle montre. C'est cette tension qui rend la série si efficace.

Mise en scène théâtrale inspirée de Squid Game.
Mise en scène théâtrale inspirée de Squid Game. — (source)

Coopération ou trahison : l'instinct social mis à l'épreuve

Le site Cerveau & Psycho a consacré un article aux ressorts psychologiques du succès de la série. L'article mentionne une étude chinoise sur la coopération des adolescents dans les dilemmes sociaux. Les résultats montrent que les jeunes coopèrent moins que les adultes, privilégiant les gains immédiats à la réciprocité à long terme.

Le parallèle avec Squid Game est frappant. Les alliances sont toujours provisoires. La coopération cède dès que la pression monte. Le spectateur est placé en position inconfortable : il juge les personnages qui trahissent, mais se demande « et moi, dans la même situation, est-ce que je ferais pareil ? »

La fascination pour la série vient de cette honnêteté sur la fragilité du lien social. Squid Game ne donne pas de leçon de morale. Elle montre ce que le système capitaliste fait aux individus : il les transforme en concurrents, même quand leur survie dépend de la solidarité.

Le coup de théâtre final : quand le jeu devient global

Slate révèle un coup de théâtre dans le final de la saison 3 : Cate Blanchett apparaît en recruteuse aux États-Unis, suggérant que le jeu est un système global d'exploitation capitaliste. Gi-hun n'a jamais détruit le jeu. Il a seulement sauvé un bébé. Le Front Man emmène l'enfant gagnant et le remet au frère de Jun-hee.Installation promotionnelle de Squid Game à Shibuya, Tokyo.

Cette scène finale élargit la portée de la série. Le jeu n'est pas une anomalie coréenne. Il est un système mondial d'exploitation, présent partout où le capitalisme transforme les humains en ressources jetables.

Installation promotionnelle de Squid Game à Shibuya, Tokyo.
Installation promotionnelle de Squid Game à Shibuya, Tokyo. — Syced / CC0 / (source)

De l'écran à la rue : quand la fiction éclaire nos fractures politiques réelles

La mécanique de Squid Game n'est pas une invention absurde. Elle est une extrapolation de dynamiques bien réelles. Les violences politiques, les radicalisations, les exclusions ne sont pas des phénomènes lointains. Ils sont à nos portes.

Exclusion et radicalisation : la mécanique sociale ne s'arrête pas à l'écran

Le parallèle entre l'élimination des joueurs de Squid Game et la dissolution des groupes politiques est frappant. En France, la dissolution du Bloc montpelliérain illustre la manière dont une société traite ses « éléments indésirables ». Les groupes radicaux, poussés en bas de l'échelle sociale, acceptent la violence comme seule issue.

Les violences politiques en France ne sont pas des accidents. Elles sont le symptôme d'un système qui exclut, qui rejette, qui transforme les citoyens en ennemis. La radicalisation devient un jeu dont la mise est la place dans la société. Perdre, c'est disparaître.

Bourreaux-victimes : une frontière tragiquement poreuse

Le philosophe Lucien Ayissi analyse la dialectique de la violence dans un article publié dans la revue Ethiopiques. Il montre que la frontière entre bourreau et victime est bien plus poreuse qu'on ne le croit. Dans le binôme classique, la victime est sympathique, le bourreau antipathique. Mais quand la victime s'approprie sa souffrance comme un capital, quand elle utilise son statut pour faire souffrir ceux qu'elle considère comme ses bourreaux, la donne change.

Dans Squid Game, le Front Man incarne parfaitement cette dialectique. Ancien gagnant, il est passé de l'autre côté. Il n'est pas un monstre. Il est le produit du système. Comme le montrent les enquêtes sur les 20 % d'émeutiers de 2024 signalés pour violences conjugales, les victimes d'un système peuvent en devenir les relais violents. La série nous force à regarder ce paradoxe en face.

La violence sociale comme système organisé

La zone-critique.com analyse Squid Game comme « une satire des démocraties libérales ». Le jeu construit un système de violence rigoureusement organisé, où le consentement apparent des joueurs masque la violence structurelle du système. Les participants signent un contrat, votent pour continuer, acceptent les règles. Mais ont-ils vraiment le choix ?

Cette analyse rejoint celle de l'Institut Montaigne, qui voit dans la série « une plongée dans un monde gouverné par la peur ». La compétition extrême et la précarité poussent les individus à s'entretuer pour survivre. La violence sociale est systémique, pas seulement individuelle.

Au-delà du calmar : l'héritage d'une génération désenchantée

Squid Game s'achève, mais son héritage dépasse largement le cadre de la fiction. La série est devenue un artefact culturel d'une génération qui a hérité d'un monde en crise.

Squid Game, artefact d'une génération désenchantée

Le parallèle avec la fin d'Euphoria est frappant. Ces deux séries, pourtant très différentes, partagent un point commun : elles ne cherchent pas à plaire ou à rassurer. Comme Euphoria qui prend fin avec sa saison 3, Squid Game refuse le happy end facile. Elle offre un miroir à une génération qui a grandi avec la crise climatique, les inégalités économiques, l'effondrement des idéologies.

Hwang Dong-hyuk confiait au Korea Times avoir changé la fin initialement prévue parce que le monde avait changé. « La vie devenait plus difficile économiquement, et les inégalités sociales s'aggravaient », expliquait-il. Il cite aussi le changement climatique comme source de frustration. Son message final est pourtant porteur d'une lueur : « Avant qu'il ne soit trop tard, il est temps d'appuyer sur pause, de rendre ce que nous avons pris et de faire quelque chose pour améliorer le monde. »

Quelle sorte d'humanité reste-t-il en nous ?

La question finale de Hwang, confiée au Guardian, résonne longtemps après le générique : « Après avoir regardé les trois saisons, j'espère que chacun de nous pourra se demander : 'Quelle sorte d'humanité me reste-t-il encore ?' »

La mécanique de la violence sociale a été démontée, pièce par pièce, saison après saison. Hwang a montré l'échec du système économique dans la saison 1, l'échec du système politique dans la saison 2, et dans la saison 3, il pose la question ultime : que reste-t-il quand tout a échoué ?

Il ne reste que le choix du spectateur. Accepter la fatalité de la violence systémique, ou reconstruire, en conscience, une autre forme d'humanité. La série s'arrête, mais la question, elle, reste ouverte.

Conclusion : le miroir tendu à notre humanité

La troisième saison de Squid Game n'est pas une conclusion confortable. Elle est un point d'orgue pessimiste, mais lucide, sur la mécanique de la violence sociale que Hwang Dong-hyuk a patiemment démontée depuis 2021. En trois actes — économique, politique, moral — le créateur a construit une œuvre qui dépasse le simple divertissement pour devenir un diagnostic de notre époque.

Le sacrifice final de Gi-hun, ses dernières paroles « We are not horses… We are humans. Humans are… » laissées en suspens, résument l'ambition de la série. La phrase reste inachevée parce que la réponse appartient à chaque spectateur. Sommes-nous capables de construire un monde où la compétition ne justifie pas l'élimination des plus faibles ? Pouvons-nous refuser de devenir les bourreaux que le système nous demande d'être ?

Hwang Dong-hyuk, interrogé par Forbes, rappelait que Gi-hun n'est pas un héros extraordinaire. « Il n'est pas un homme exceptionnel doté d'un pouvoir surnaturel. Il a simplement pris la meilleure décision possible pour lui. » Le message final est clair : ce monde ne peut pas être changé par quelques-uns, mais par les petites actions des gens ordinaires.

Squid Game n'offre pas de solution. Elle offre une question. Et c'est peut-être la seule réponse honnête que la fiction puisse apporter à un monde qui vacille.

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Questions fréquentes

Pourquoi Gi-hun tue-t-il dans Squid Game saison 3 ?

Gi-hun tue pour la première fois dans cette saison, franchissant une ligne qu'il avait juré de ne jamais traverser. Le réalisateur Hwang Dong-hyuk explique que cette transformation illustre sa thèse : poussé à bout, n'importe qui peut basculer, même une personne qui symbolisait le bien.

Quel est le message de la saison 3 de Squid Game ?

La saison 3 pose la question ultime : quand les systèmes économique et politique ont échoué, que reste-t-il à l'humain ? Le créateur espère que chaque spectateur se demandera « Quelle sorte d'humanité reste-t-il en moi ? », sans offrir de réponse toute faite.

Que symbolise le Front Man dans Squid Game ?

Le Front Man incarne la faillite du politique : ancien gagnant du jeu, il est devenu le bourreau après avoir été la victime. Il représente la dialectique de la violence où la frontière entre bourreau et victime devient poreuse, et il affirme que les gens veulent les jeux.

Quelle est la fin de Squid Game saison 3 ?

Gi-hun ne détruit pas le jeu mais sauve un bébé, tandis que le Front Man emmène l'enfant gagnant. Une apparition de Cate Blanchett en recruteuse aux États-Unis suggère que le jeu est un système mondial d'exploitation capitaliste. La dernière phrase de Gi-hun reste en suspens.

Sources

  1. La complexité du statut de la victime dans la dialectique de la violence - Blog du Professeur Lucien Ayissi · ayiluc.over-blog.org
  2. AnnuSeries - Squid Game - Guide des épisodes · a-suivre.org
  3. actus.sfr.fr · actus.sfr.fr
  4. Squid Game, les règles du jeu pour mieux comprendre la série : un livre pour décrypter le phénomène - · bonjour-coree.org
  5. Toujours plus macabre : la saison 3 de SQUID GAME va choquer les fans ! | CANAL+ · canalplus.com
screen-addict
Marie Barbot @screen-addict

Étudiante en histoire de l'art à Aix-en-Provence, je vois des connexions partout. Entre un tableau de la Renaissance et un clip de Beyoncé. Entre un film de Kubrick et une pub pour du parfum. La culture, pour moi, c'est un tout – pas des cases séparées. J'écris pour ceux qui pensent que « l'art, c'est pas pour moi » et qui se trompent. Tout le monde peut kiffer un musée si on lui explique bien.

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