Le 17 août, le site Konbini titre : « Le film d’horreur le mieux noté de 2026 est finalement un slasher queer très niche et très sanglant ». Il parle de Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Ce film signé Jane Schoenbrun occupe désormais la première place du classement des films d’horreur de l’année sur Rotten Tomatoes, avec un score de 98% de critiques positives. Il détrône ainsi Obsession (94%), le phénomène horrifique de 2026 qui avait capté l’attention de la Gen Z.
Le succès surprise sur Rotten Tomatoes

Ce classement est d’autant plus surprenant qu’il s’agit d’un circuit très différent. Obsession est une romance toxique à petit budget devenue virale. Teenage Sex and Death at Camp Miasma est un film d’auteur, qualifié de « méta-slasher » ultra-violent et queer. Il est sorti aux États-Unis le 7 août en distribution confidentielle, démarrant dans seulement 5 salles. Selon Variety, l’année 2026 a déjà été marquée par des succès horreur inattendus comme Obsession et Backrooms. Le triomphe critique de Camp Miasma dans ce contexte représente un scénario que personne n’attendait.
Le score de 98% sur Rotten Tomatoes est issu d’un consensus de critiques. Il indique une approbation quasi unanime. Sur Konbini, on note que le score fluctue légèrement (96% à un moment), mais la première place est maintenue. Le public général, lui, n’est pas encore massif. Sur Rotten Tomatoes, le Popcornmeter (notation du public) affiche 79%.
De Cannes au box-office : un parcours en circuit fermé
Le film a acquis sa légitimité critique bien avant sa sortie en salles. Il a été présenté en avant-première mondiale en ouverture de la section Un Certain Regard du 79e Festival de Cannes en mai 2026. Il y a remporté la Queer Palm, un prix attribué aux films abordant les thématiques LGBTQ+. Pour franceinfo, le film a été salué comme « un nouveau type de slasher ».
Après Cannes, la distribution s’est faite de manière progressive aux États-Unis. En commençant par 5 salles, le film a étendu son réseau. Selon Bloody Disgusting, il a dépassé le million de dollars de recettes en moins de 60 salles à travers le pays. Deadline a parlé d’une « excellente extension » pour un film indépendant. L’exploitation reste toutefois limitée. Le film n’est pas encore sorti en France. Sa sortie est prévue le 16 septembre 2026 via la plateforme MUBI, avec des avant-premières en salle les 17 septembre dans des cinémas comme le UGC, le Dulac et l’Utopia à Bordeaux.
Une vision queer du slasher portée par une cinéaste culte
Réalisé par Jane Schoenbrun, le film s’inscrit dans une filmographie cohérente. Jane Schoenbrun est une cinéaste non binaire et trans, devenue une figure culte de l’horreur indépendante américaine avec We’re All Going to the World’s Fair (2021) et surtout I Saw the TV Glow (2024). Teenage Sex and Death at Camp Miasma constitue le troisième volet de sa « Screen Trilogy ».
Le film met en scène Hannah Einbinder dans le rôle de Kris, une cinéaste queer engagée pour relancer une franchise slasher des années 1980. Elle part à la recherche de l’actrice recluse qui incarnait l’héroïne du premier film, jouée par Gillian Anderson. La critique a salué une œuvre « joyeuse » (The Film Stage), « drôle, étrange et élégamment stylée » (SciFiNow). En France, SensCritique l’a décrite comme « gore, érotique, méta et follement amoureux du cinéma de série B ».
Jane Schoenbrun a indiqué à Cannes que le film « honorerait et critiquerait à la fois » la « déviance de genre » souvent associée au tueur dans des classiques du genre. Cette approche meta-réflexive, qui retourne les codes du slasher, explique en partie l’enthousiasme des critiques. Elle crée un film qui commente le genre tout en le perpétuant violemment.

Le succès inattendu de Teenage Sex and Death at Camp Miasma montre qu’un film d’horreur audacieux peut atteindre le sommet des classements sans passer par les circuits grand public. Son arrivée en France en septembre pourrait lui offrir un second souffle critique.