Le phénomène horrifique né sur 4chan en 2019 débarque sur grand écran. Backrooms, réalisé par Kane Parsons, sort le 17 juin 2026 en France. Distribué par A24, le studio derrière Midsommar et The Witch, ce long-métrage mêle found footage et horreur psychologique. Avec des séances à partir de 7,50 € en tarif étudiant, c'est le plan ciné le plus flippant de l'été.

D'où viennent les Backrooms ? Histoire d'une creepypasta devenue phénomène mondial
Tout commence sur 4chan le 12 mai 2019. Un utilisateur anonyme poste sur le board /x/ — consacré au paranormal — une photo étrange : un long couloir au papier peint jaune, un sol recouvert de moquette humide, un éclairage fluorescent blafard. La légende qui l'accompagne est devenue légendaire : « Si tu ne fais pas attention et que tu noclipes hors de la réalité dans les mauvais endroits, tu finis dans les Backrooms. Il n'y a que l'odeur de la moquette humide, la folie du jaune monotone, le bruit de fond infini des néons qui bourdonnent, et environ six cents millions de kilomètres carrés de pièces vides. »
Le terme « noclip » vient des jeux vidéo : c'est la commande qui permet de traverser les murs. L'idée est glaçante : un bug de la réalité vous propulse dans un monde parallèle infini, vide, et terriblement oppressant. La photo originale a été retrouvée le 29 mai 2024 par une équipe de passionnés sur Discord. Il s'agissait d'un cliché posté en 2003 sur un blog documentant la rénovation d'un magasin HobbyTown à Oshkosh, dans le Wisconsin.
Ce qui rend les Backrooms si fascinantes, c'est leur dimension liminale. Ces espaces évoquent des lieux de transition — couloirs d'hôtel, salles d'attente, halls d'aéroport — vidés de toute présence humaine. L'angoisse vient de ce sentiment d'être coincé dans un non-lieu, sans issue, sans repères. Pour comprendre pourquoi ces images nous perturbent autant, notre article sur les Backrooms et espaces liminaux explore les mécanismes psychologiques derrière cette peur.
La naissance d'une mythologie collective
Contrairement à une œuvre écrite par un seul auteur, les Backrooms ont évolué au fil des contributions anonymes. Chaque internaute a ajouté sa couche : des niveaux supplémentaires, des créatures, des règles de survie. Cette construction participative explique en partie le succès du phénomène. Les creepypastas, ces légendes horrifiques copiées-collées sur Internet, fonctionnent comme des mythes modernes. Elles se transforment, s'enrichissent, se contredisent parfois.
Selon la page Wikipédia consacrée au phénomène, la photo originale est restée non identifiée jusqu'en mai 2024. C'est un groupe Discord qui a retrouvé sa trace, remontant à un blog de 2003 sur la rénovation d'un magasin de jouets. Cette révélation a ajouté une couche d'étrangeté à l'histoire : le lieu existait vraiment, bien avant que la légende ne s'empare de lui.

Comment Kane Parsons a créé la web-série qui a tout changé
Le 7 janvier 2022, Kane Parsons, un adolescent américain de 16 ans passionné d'effets visuels et de Blender, met en ligne une courte vidéo sur YouTube. Intitulée The Backrooms (Found Footage), elle dure moins de dix minutes et suit un caméraman qui bascule accidentellement dans cet univers parallèle. Tournée en found footage, avec un rendu volontairement granuleux et une caméra tremblotante, la vidéo accumule 20 millions de vues en deux semaines.
Parsons n'en est pas à son coup d'essai. Sur sa chaîne YouTube Kane Pixels, il maîtrise déjà l'art du suspense et de l'ambiance sonore. Les néons qui bourdonnent, les pas qui résonnent dans le vide, les créatures aux silhouettes difformes qui traquent le protagoniste : tout est conçu pour installer une tension insoutenable. La vingtaine de vidéos qu'il consacre aux Backrooms cumule aujourd'hui plus de 215 millions de vues.
Le succès est tel que les studios frappent à sa porte. « J'ai commencé à recevoir des e-mails de plein d'entreprises, raconte-t-il au Figaro. J'avais 16 ans, tout ça était très nouveau pour moi, et j'étais très sceptique à l'idée de traiter avec des gens en costume sur un sujet qui me tenait autant à cœur. » Il pose une condition non négociable : il sera le réalisateur. A24 accepte. Le tournage a lieu du 7 juillet au 14 août 2025 à Vancouver, sous le titre de travail Effigy.
Un casting qui donne de l'épaisseur au cauchemar
Le film réunit un casting impressionnant. Chiwetel Ejiofor (12 Years a Slave, Doctor Strange) incarne Clark, propriétaire d'un magasin de meubles en faillite qui découvre les Backrooms dans sa cave. Renate Reinsve (révélée par The Worst Person in the World) joue sa thérapeute, le docteur Mary Kline. Mark Duplass, Finn Bennett et Lukita Maxwell complètent la distribution. Avan Jogia fait également partie du casting.
Le scénario, écrit par Will Soodik, suit Clark alors qu'il enquête sur des factures d'électricité anormalement élevées et des lumières qui clignotent sans raison. Un électricien découvre des disjoncteurs mystérieux dans la cave, qui semblent ne mener nulle part. Une nuit, Clark suit une lueur étrange et traverse un mur. Il se retrouve dans les Backrooms.

Que raconte le film Backrooms ? Synopsis et ambiance
L'histoire alterne entre deux temporalités. En 1990, des chercheurs de l'Async Corporation visionnent les images d'un explorateur du nom de Naren Warne, qui a pénétré dans les Backrooms avant d'être tué par une créature. De nos jours, Clark lutte contre l'alcoolisme et tente de sauver son entreprise. Sa thérapeute Mary utilise des séances de jeu de rôle pour l'aider. Mais quand Clark découvre l'existence des Backrooms, Mary ne le croit pas. Il promet de rapporter des preuves.
Il recrute son employée Kat et son petit ami Bobby, étudiant en cinéma. Tous les trois pénètrent dans les Backrooms avec une caméra. Ils attachent Bobby à une corde et le descendent dans un couloir en pente. Bobby enregistre des tas de vêtements et d'ordures, puis entend quelque chose qui le poursuit. Il remonte en catastrophe, mais la créature tire sur la corde. Bobby meurt, Kat et Clark sont traînés dans les profondeurs.
Le film mêle found footage — ces séquences filmées à la première personne qui rappellent la web-série — et plans plus classiques. Kane Parsons explique que le long-métrage s'inscrit « dans la continuité directe de la série », comme il le confie au Figaro. Les fans retrouveront l'ambiance oppressante des vidéos YouTube, mais avec les moyens du cinéma.
Une horreur qui joue sur l'attente et le vide
Ce qui distingue Backrooms des films d'horreur classiques, c'est son refus des jumpscares faciles. La peur vient du vide, de l'absence, de l'attente. Les couloirs s'étirent à l'infini. Les néons clignotent. Un bruit de pas résonne au loin, mais personne n'apparaît. Le spectateur scrute l'écran, guettant une menace qui pourrait surgir de n'importe où.
Les créatures, quand elles se montrent, sont délibérément floues ou filmées de loin. Leur design évoque des corps humains déformés, allongés, aux articulations inversées. Elles rampent, courent, se cachent dans l'ombre. L'incertitude permanente rend chaque plan angoissant.
La psychologie au cœur du récit
Le film ne se contente pas d'accumuler les frissons. Il explore la fragilité psychologique de ses personnages. Clark est un homme brisé par son divorce et ses problèmes d'argent. Mary, sa thérapeute, porte elle-même des blessures liées à son enfance. Leur confrontation avec les Backrooms devient une métaphore de leurs démons intérieurs.
Kane Parsons a déclaré avoir voulu donner une épaisseur émotionnelle à son film. Les séquences d'horreur alternent avec des moments plus intimes, où les personnages tentent de comprendre ce qui leur arrive. Cette approche rappelle le travail d'Ari Aster dans Midsommar : la peur naît autant de l'état d'esprit des protagonistes que des monstres qui les traquent.
Où voir Backrooms en France ? Dates, horaires et tarifs étudiants
Le film sort le mercredi 17 juin 2026 dans toutes les salles de France. Voici les informations pratiques pour les étudiants et les petits budgets :
| Ville | Cinéma | Tarif étudiant | Séance early-bird |
|---|---|---|---|
| Paris | UGC Ciné Cité Les Halles | 7,50 € | 6,50 € avant 12h |
| Lyon | Pathé Bellecour | 7,90 € | 6,90 € avant 13h |
| Marseille | Pathé La Joliette | 7,50 € | 6,50 € avant 12h |
| Lille | UGC Lille | 7,20 € | 6,20 € avant 12h |
| Bordeaux | UGC Ciné Cité Bordeaux | 7,50 € | 6,50 € avant 12h |
| Toulouse | Pathé Wilson | 7,90 € | 6,90 € avant 13h |
La plupart des cinémas proposent des cartes d'abonnement : la carte UGC Illimité (21,90 €/mois) ou la carte Pathé Gaumont (19,90 €/mois) permettent de voir le film sans supplément. Pour les non-abonnés, les séances du matin restent l'option la plus économique.
Avant-premières et événements spéciaux
Plusieurs cinémas organisent des avant-premières les 16 et 17 juin. À Paris, le Grand Rex propose une séance spéciale à 20h30 le 16 juin, avec une introduction en vidéo de Kane Parsons. Tarif : 12 € plein tarif, 9 € pour les moins de 26 ans. À Lyon, l'Institut Lumière programme une projection le 17 juin à 19h, suivie d'un débat sur le phénomène creepypasta.
Pour les étudiants, certaines UGC offrent une réduction supplémentaire sur présentation de la carte d'étudiant. Renseignez-vous directement en caisse ou sur les applications des cinémas.
Pourquoi Backrooms est le film parfait pour un été pas cher
L'été 2026 s'annonce chaud. Les budgets vacances sont serrés. Entre les locations Airbnb qui flambent et les terrasses qui facturent le verre d'eau, sortir au cinéma reste l'un des loisirs les plus accessibles. Backrooms coche toutes les cases : un film d'horreur qui fait son effet en salle climatisée, une durée estimée autour d'1h45, et un tarif étudiant qui ne dépasse pas 8 €.
Comparé à une soirée en boîte de nuit (entrée + consommation = 25 € minimum) ou à un concert (40 € la place), le cinéma offre un rapport qualité-prix imbattable. Ajoutez à cela l'effet groupe : voir Backrooms entre amis, dans une salle plongée dans le noir, amplifie l'expérience. Les frissons collectifs, les sursauts partagés, les discussions à la sortie — tout ça fait partie du plaisir.
Un film qui parle à la génération Internet
Ce qui rend Backrooms unique, c'est son lien direct avec la culture Internet. Les moins de 30 ans ont grandi avec les creepypastas, les forums anonymes, les vidéos YouTube angoissantes. Ils reconnaîtront les codes : le found footage, l'esthétique lo-fi, l'humour noir des mèmes. Le film ne prend pas son public de haut. Il prolonge une conversation déjà entamée en ligne.
Pour les plus jeunes, c'est aussi une occasion de découvrir l'histoire derrière le mème. Beaucoup ont vu passer l'image du couloir jaune sans connaître son origine. Le film offre un contexte, une mythologie, une explication — ou plutôt, il ne répond pas à toutes les questions, ce qui est encore mieux.
Critiques de Backrooms : que faut-il en attendre ?
Les premières critiques américaines, après l'avant-première du 7 mai 2026 à l'Aero Theatre de Los Angeles, sont positives. La mise en scène de Parsons est saluée pour sa maîtrise du suspense et son utilisation intelligente du format found footage. Chiwetel Ejiofor livre une performance habitée, passant de la fragilité à la détermination avec une justesse remarquable.
Certains critiques comparent Backrooms à The Blair Witch Project pour son utilisation de la caméra subjective, et à Cube pour son labyrinthe angoissant. Mais le film a sa propre identité. Là où Blair Witch jouait sur l'isolement dans la nature, Backrooms exploite la peur des espaces clos et artificiels — ces couloirs de bureaux, ces salles d'attente, ces entrepôts vides qui peuplent nos cauchemars quotidiens.
Points forts et limites du film
Le principal atout du film, c'est son atmosphère. La bande-son, co-composée par Parsons lui-même, utilise des bruits ambiants oppressants : bourdonnements, grésillements, échos lointains. Les lumières fluorescentes vacillent sans cesse, créant une sensation de malaise permanent. La photographie, volontairement délavée, renforce l'impression d'être dans un monde dénué de couleurs et de vie.
Côté limites, certains spectateurs pourraient trouver le rythme lent. Backrooms prend son temps. Les scènes d'exploration s'étirent, les silences durent. Ceux qui cherchent une horreur frénétique à la Conjuring risquent d'être déçus. Mais pour les amateurs d'ambiance et de tension psychologique, c'est un régal.
Comment prolonger l'expérience Backrooms après la séance
Le film ne marque pas la fin de l'aventure. Plusieurs options s'offrent à vous pour continuer à explorer cet univers angoissant.
Revoir la web-série originale sur YouTube
La chaîne Kane Pixels reste accessible gratuitement. Les vidéos, d'une durée de 5 à 15 minutes chacune, complètent le film sans le répéter. Certaines racontent des histoires parallèles, d'autres dévoilent des créatures différentes. Visionner la série après le film permet de repérer les clins d'œil et les références disséminés dans le long-métrage.
Explorer les espaces liminaux près de chez vous
Le phénomène des Backrooms a popularisé l'esthétique des espaces liminaux — ces lieux de transition qui semblent figés dans le temps. Gares désaffectées, centres commerciaux abandonnés, couloirs d'hôpitaux vides : partout en France, des lieux réels évoquent cette atmosphère étrange. Attention toutefois : pénétrer dans des bâtiments abandonnés est interdit et dangereux. Préférez les visites autorisées ou la photographie urbaine dans les espaces publics.
Les jeux vidéo inspirés des Backrooms
Plusieurs jeux indépendants reprennent le concept. Sur la plateforme Steam, on trouve The Backrooms: Escape qui propose une exploration en vue subjective. Poolrooms joue sur l'angoisse des piscines vides et des carrelages blancs. Comptez entre 5 € et 15 € pour ces expériences courtes mais intenses. D'autres titres comme The Backrooms: Exploration ou Backrooms: The Game offrent des variations sur le même thème.
Conclusion : le plan ciné immanquable de juin 2026
Backrooms n'est pas un simple film d'horreur. C'est la rencontre entre une légende Internet, un réalisateur prodige et un public qui a grandi avec les creepypastas. Kane Parsons prouve qu'on peut passer de YouTube au grand écran sans trahir son univers. Son film respecte l'esprit d'origine tout en offrant une expérience cinématographique aboutie.
Avec des tarifs accessibles, une sortie en plein été et une ambiance glaciale qui contraste avec les températures extérieures, Backrooms est le plan idéal pour les soirées entre amis. Que vous soyez fan de la première heure ou simple curieux, laissez-vous tenter. Mais prévenez vos amis : après la séance, les couloirs jaunes vous sembleront peut-être un peu moins anodins.