Le remake du film culte d'Andrzej Żuławski n'est pas encore sorti, mais il est déjà devenu un événement sur les réseaux sociaux. Depuis l'annonce de la date de sortie en août 2026, la photo virale de Margaret Qualley en Isabelle Adjani, les débats enflammés sur X et l'héritage TikTok de la scène du métro ont transformé le projet en phénomène internet — avant même la projection du premier teaser.

La photo de tournage qui a enflammé les réseaux
Tout a commencé le 24 juillet 2026. Un compte fan dédié à Margaret Qualley poste une simple photo de tournage prise à Jersey City, dans le New Jersey, où le film est tourné à l'été 2026. On y voit l'actrice dans un look qui rappelle immédiatement celui d'Isabelle Adjani dans le film original de 1981 : cheveux bruns courts, regard intense, expression tourmentée. Le post explose : 6,28 millions de vues, plus de 2 500 quote-tweets et des milliers de réactions en quelques jours.

Sur X, les réactions oscillent entre excitation et indignation. Beaucoup s'interrogent sur la ressemblance volontaire avec l'actrice originale : faut-il y voir un hommage respectueux ou une tentative maladroite de copier ce qui a fait le génie de l'original ? D'autres estiment que le remake est tout simplement inutile, considérant que l'œuvre de Żuławski ne peut pas être reproduite.
Certains fans du film de 1981 pointent un problème plus profond : le contexte de la Guerre froide et du Mur de Berlin est central dans l'original, et son ancrage historique et géographique semble impossible à transposer dans une Amérique contemporaine. « Le thème de Possession n'est pas sur une femme qui perd la raison, mais sur la Guerre froide et en particulier le Mur de Berlin », résume l'argument qui revient en boucle dans les discussions.
Une théorie plus audacieuse circule également : et si le remake était un « méta-remake » ? Selon cette hypothèse, les acteurs incarneraient un couple d'acteurs en crise qui refont Possession — une façon de justifier la recréation littérale du look d'Adjani tout en offrant une distance critique. Pour certains internautes, c'est la seule justification possible pour recréer aussi fidèlement l'apparence de l'actrice originale.
Pourquoi la scène du métro est déjà un phénomène TikTok
Si le remake fait déjà parler de lui, c'est aussi parce que l'original a connu une seconde vie sur les réseaux sociaux. La scène du métro de Possession — celle où le personnage d'Adjani, Anna, s'effondre dans une crise de convulsions et de hurlements au milieu d'une rame de métro berlinoise — est devenue une véritable icône de la culture internet.
Sur TikTok, les edits de la scène se multiplient sur les pages « discover », permettant à des milliers de jeunes utilisateurs de découvrir le film des décennies après sa sortie. La séquence a de quoi marquer les esprits : tournée à 5 heures du matin dans une station fermée, elle est considérée par beaucoup de cinéphiles comme l'une des plus grandes performances d'actrice jamais filmées. Adjani elle-même a confié qu'il lui avait fallu des années pour s'en remettre. Sam Neill, son partenaire à l'écran, résume : « C'est le film le plus extrême que j'aie jamais tourné, dans tous les sens du terme. »

Le film original, présenté à Cannes en 1981, avait valu à Isabelle Adjani le Prix d'interprétation féminine — une double récompense, puisqu'elle avait également été honorée pour Quartet la même année. Une consécration qui a contribué à faire de Possession un film culte, longtemps difficile à voir en raison de sa diffusion limitée et de sa réputation de « video nasty » aux États-Unis.
Margaret Qualley, l'héritière idéale pour un remake traumatisant ?
Le choix de Margaret Qualley pour reprendre le rôle d'Anna n'a rien d'anodin. Après The Substance de Coralie Fargeat (2024), l'actrice s'est imposée comme l'une des rares comédiennes de sa génération prêtes à aller loin dans l'horreur corporelle, sans jamais « lisser la laideur », comme le souligne The Playlist. Une qualité essentielle pour un film qui repose en grande partie sur la performance physique et émotionnelle de son actrice principale.
Le reste du casting impressionne également : Paul Dano, Diego Calva, Madeline Brewer, Emory Cohen et Nicholas Alexander Chavez complètent la distribution. Robert Pattinson, initialement pressenti pour jouer dans le film, produit finalement le projet via sa société Icki Eneo Arlo.
La bénédiction d'Adjani
L'actrice originale a d'ailleurs donné sa bénédiction à sa successeure. Dans une interview rapportée par la presse française, Isabelle Adjani raconte avoir rencontré Margaret Qualley lors d'un dîner il y a quelques années, et que la jeune actrice lui avait dit qu'elle lui ressemblait plus qu'elle ne ressemblait à sa propre mère. Une ressemblance qui, selon Adjani, aurait déterminé le choix du réalisateur — une déclaration qui a valeur de passation de témoin.

Comme le rappelle Konbini, l'« extrémisme cinématographique » d'Adjani est devenu une référence tendance dans le cinéma d'horreur contemporain, et Qualley semble être l'héritière naturelle de cette tradition.
Ce que Parker Finn promet (et ce que les fans redoutent)
Parker Finn, le réalisateur, a déjà esquissé sa vision du projet. Interrogé lors de la promotion de Smile 2 en 2025, il décrit son remake comme un film avec « des dents et de la férocité », affirmant vouloir honorer l'original d'Andrzej Żuławski « sans l'embaumer ». Une formule qui rassure ceux qui craignaient une adaptation aseptisée, mais qui laisse planer le doute sur la capacité du réalisateur à capturer l'essence d'un film aussi singulier.
Car le défi est immense. Possession n'est pas un simple film d'horreur : c'est un film de divorce, un film de monstre, une allégorie politique sur la Guerre froide et un portrait de la folie féminine, le tout dans un mélange unique qui doit beaucoup au contexte de sa création. Le scénario a été écrit pendant le divorce douloureux de Żuławski, et cette dimension profondément personnelle imprègne chaque plan du film.
Les puristes le savent : un remake de Possession ne peut pas simplement reproduire les scènes cultes. Il doit recréer la même intensité, la même folie, la même sensation d'étouffement. Et c'est précisément là que les craintes se concentrent. Comment recréer la tension de la Guerre froide dans une Amérique contemporaine ? Comment reproduire l'énergie destructrice d'Adjani sans tomber dans la simple imitation ?
La réponse viendra le 11 juin 2027, date annoncée par Paramount. En attendant, le buzz autour du remake a déjà accompli quelque chose d'inespéré : il a remis Possession sous les projecteurs, et fait découvrir à toute une génération un film qu'elle n'aurait peut-être jamais vu autrement. La promesse de traumatiser une nouvelle génération est peut-être en train de se réaliser — pas comme le remake le prévoyait, mais comme l'original le méritait.