Il est facile de confondre The Bride ! avec un phénomène Netflix. D'autant plus que le projet y a presque été fait pour y rester. Annoncé en 2023 comme un futur film de la plateforme, The Bride ! a fini par quitter Netflix pour rejoindre les salles de cinéma sous l'égide de Warner Bros. Résultat : un flop commercial et une critique divisée, loin du statut de culte escompté.

Un raccordement initial à Netflix, puis un départ
En août 2023, The Bride ! est officiellement lié à Netflix, avec Maggie Gyllenhaal à la réalisation et un casting alléchant : Christian Bale, Jake Gyllenhaal, Jessie Buckley, Annette Bening, Penélope Cruz... Le projet semble scellé. Mais Netflix se retire rapidement, préférant miser sur le Frankenstein de Guillermo del Toro, déjà en développement. En novembre 2023, c'est Warner Bros. qui reprend le flambeau, transformant un film destiné au streaming en une sortie théâtrale.
Un retournement de date et un box-office décevant
Initialement prévu pour octobre 2025, le film est repoussé au 6 mars 2026 aux États-Unis, et au 4 mars 2026 en France. Malgré un budget colossal - estimé entre 80 et 90 millions de dollars - The Bride ! n'a récolté que 13,6 millions de dollars dans le monde, dont 7,3 millions aux États-Unis. En France, le film a ouvert à 41 000 entrées sur 354 écrans, un score en deçà des espérances pour un film d'auteur à gros budget.
Le public a voté avec ses pochettes : un CinemaScore de C+ et seulement 43 % de "recommandation ferme" selon PostTrak, un indicateur de bouche-à-oreille particulièrement faible. Autant de signaux d'un malentendu entre les ambitions du film et l'attente du public.
Des critiques qui clivent, des voix qui défendent
La presse est partagée, et c'est sans doute là l'un des points les plus marquants du film. Télérama le juge "prétentieux et fourre-tout", "dispensable", tandis que d'autres médias francophones comme horreur.quebec ou Ouest-France soulignent la complexité émotionnelle de la héroïne, décrivant le film comme "un film punk partant dans tous les sens" ou "derrière le chaos, le miroir d'une héroïne brisée".

Aux États-Unis, The Guardian salue une "relecture sombrement comique et joyeusement bizarre", mettant en avant la performance d'Jessie Buckley. Mais d'autres voix anglophones sont plus critiques : Kevin Maher, dans The Times, qualitifie le film de "howling misfire". La comparaison avec le Frankenstein de del Toro est fréquente : si celui-ci est décrit comme "plus intricément tasteful", The Bride ! se définit comme une "punk rock monster movie", un mélange de gangsters des années 1920 et d'hommages à Young Frankenstein.
Un échec circonscrit, mais pas une fin
Pourtant, malgré le flop, Warner Bros. semble soutenir Maggie Gyllenhaal. Le studio lui a confié un nouveau projet : l'adaptation du roman best-seller Creation Lake de Rachel Kushner. Un signal clair : le box-office n'est pas le dernier mot.
The Bride ! incarne un paradoxe du cinéma contemporain : un film ambitieux, porté par une réalisatrice engagée, qui échoue à trouver son public, mais qui pourrait, avec le temps, trouver sa place dans les salles des esprits. Entre confusion avec Netflix et saturation du thème Frankenstein, le film reste un cas à suivre - peut-être pas pour son succès immédiat, mais pour ce qu'il dit du risque que prend une oeuvre dans un paysage trop saturé.