Réunion d'affaires illustrant le contexte financier de la reprise.
Cinéma

En redressement judiciaire, qui paie les salaires chez Bac Films ? La reprise par une banque d'affaires

Bac Films, distributeur légendaire de 550 films et dix Palme d’Or, a été cédé à une banque d’affaires pour 130 004 euros. En redressement judiciaire, qui paie les salaires ?

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Le 22 juillet 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a validé la cession de Bac Films à HLM Conseil, une banque d'affaires dirigée par Jérémy Langlois. Pour 130 004 euros, l'un des plus célèbres distributeurs indépendants français, qui a porté dix Palme d'Or et plus de 550 films depuis 1986, change de mains. Mais derrière l'annonce officielle se cache une question brutale pour les salariés, les créanciers et tout l'écosystème du cinéma d'auteur : en redressement judiciaire qui paie les salaires, et plus largement, qui paie la facture de cette chute vertigineuse ? 

Réunion d'affaires illustrant le contexte financier de la reprise.
Réunion d'affaires illustrant le contexte financier de la reprise. — (source)

En redressement judiciaire, c'est quoi, la chute de Bac Films ?

Le redressement judiciaire est une procédure collective ouverte par un tribunal lorsqu'une entreprise est en cessation des paiements mais que son activité peut encore être sauvée. Contrairement à la liquidation judiciaire, qui signifie la mort de l'entreprise, le redressement vise à élaborer un plan de continuation ou, comme dans le cas de Bac Films, un plan de cession. Ce dernier consiste à vendre tout ou partie de l'entreprise à un repreneur, qui en reprend certains actifs et une partie des salariés.

Bac Films a été placé en redressement judiciaire le 29 avril 2025 par le Tribunal des Activités Économiques de Paris. La date de cessation des paiements, elle, remonte au 15 août 2024. Cela signifie que depuis près de deux ans, le distributeur vivait à crédit, accumulant des dettes sans pouvoir payer ses fournisseurs, ses partenaires ou l'État. La nouvelle de la cession à HLM Conseil est un séisme pour le cinéma d'auteur français, car Bac Films n'était pas un distributeur comme les autres.

130 004 euros, 5 salariés repris : l'addition d'un géant déchu

Les termes financiers validés par le tribunal donnent le vertige. Pour 130 004 euros, HLM Conseil reprend les trois entités du groupe : Bac Films Distribution, Bac Films France et Mediavore. À ce prix s'ajoute un investissement supplémentaire annoncé de 300 000 euros. Cinq salariés sur seize sont repris. Le choc psychologique est immense : pour le prix d'une petite voiture de luxe, on rachète un nom qui a distribué des films oscarisés, des Palme d'Or, des chefs-d'œuvre du cinéma mondial.

Le contraste entre la valeur symbolique de Bac Films et le montant de la reprise interroge. Comment une entreprise qui a pesé des millions d'euros de chiffre d'affaires et qui portait des films primés à Cannes, Venise et Berlin peut-elle valoir si peu ? La réponse tient en un chiffre : 94 millions d'euros de dettes.

94 millions d'euros de dettes, dont 25,5 millions dus au public

Évolution du logo de Bac Films.
Évolution du logo de Bac Films. — (source)

La dette du groupe Bac Films atteint 94 millions d'euros. Sur cette somme, 25,5 millions d'euros sont dus aux pouvoirs publics : le Centre national du cinéma (CNC), le Trésor public, les organismes sociaux. C'est un gouffre. Le chiffre d'affaires 2025 de l'entreprise n'était plus que de 4,6 millions d'euros, en chute de 40 % sur un an. Les pertes cumulées entre 2023 et 2025 atteignent 2 millions d'euros.

La composition de cette dette raconte l'histoire d'un modèle économique qui s'est effondré. Les dettes publiques, notamment celles envers le CNC, sont particulièrement préoccupantes. Le CNC finance le cinéma français via des avances sur recettes et des mécanismes de soutien. Quand un distributeur comme Bac Films fait faillite, c'est l'argent public qui s'évapore. La date de cessation des paiements, fixée au 15 août 2024, montre que l'agonie a duré près d'un an avant que le tribunal n'intervienne.

Redressement judiciaire : mode d'emploi d'une procédure qui sonne le glas de l'indépendance

Pour comprendre ce qui s'est passé, il faut distinguer le redressement de la liquidation. Le redressement judiciaire est une procédure qui vise à sauver l'entreprise. Le tribunal examine les offres de reprise et choisit celle qui préserve le mieux l'emploi et l'activité. Dans le cas de Bac Films, deux candidats étaient en lice : HLM Conseil et le groupe Hildegarde. Ce dernier ne visait qu'un seul actif de la société. Le tribunal a choisi HLM Conseil, qui reprenait l'ensemble du groupe.

Le plan de cession implique une hiérarchie des créanciers. Les salariés sont prioritaires, suivis par les créanciers publics (CNC, Impôts, Urssaf), puis les créanciers privés. Le repreneur, lui, bénéficie d'un privilège : il n'hérite pas des dettes antérieures. Il reprend l'activité et les actifs, mais pas le passif. C'est ce qui rend la reprise possible, mais aussi ce qui laisse les créanciers sur le carreau.

Me Farid Fatah, legal representative for the Bac Films group, remarked: “This judicial restructuring, culminating in a transfer plan, marks a significant milestone for the independent film sector during a year that has seen an unusually high number of business failures.” He also highlighted the intricacy of the process, which was characterized by “a range of issues, tight deadlines, and numerous parties involved.”

De La Zone d'Intérêt à Sans Filtre : les films Bac Films que vous ne verrez plus en salles

Bac Films n'était pas un distributeur comme les autres. C'était celui qui prenait des risques sur des styles, des réalisateurs et des œuvres que personne d'autre ne voulait toucher. Pour les jeunes cinéphiles, Bac Films était souvent le logo qui apparaissait avant les films les plus marquants vus en salle. Sa disparition, ou plutôt sa métamorphose entre les mains d'une banque d'affaires, est une perte culturelle immense.

Des Palmes d'Or aux séances de minuit : le catalogue qui défiait les majors

Le catalogue de Bac Films est une anthologie du cinéma mondial. Depuis sa création en 1986, la société a distribué plus de 550 films, dont dix Palme d'Or. Parmi les récents : Sans Filtre (Ruben Östlund, Palme d'Or 2022), La Zone d'Intérêt (Jonathan Glazer, Grand Prix Cannes 2023 et Oscar du meilleur film international 2024), Decision to Leave (Park Chan-wook, Prix de la mise en scène Cannes 2022), Chien de la casse (Jean-Baptiste Durand, César du meilleur premier film 2024), Alice et le maire (Nicolas Pariser), et les films de Kirill Serebrennikov.

Mais attention aux amalgames. Titane, Palme d'Or 2021 de Julia Ducournau, était distribué par Diaphana, pas par Bac Films. The Whale de Darren Aronofsky était chez Universal Pictures International France. The Florida Project de Sean Baker était distribué par Le Pacte. Aftersun de Charlotte Wells était chez Ad Vitam. Cette précision est importante : elle montre que Bac Films n'était pas le seul distributeur indépendant, mais qu'il occupait une niche spécifique, celle des films de festival exigeants, souvent coréens, russes ou nordiques, qui ne trouvaient pas preneur ailleurs.

Alexis Hofmann : « Nous faisions des tournées en régions pour redonner le goût de la salle »

In 2022, Alexis Hofmann, who oversees acquisitions at Bac Films, detailed the company’s distinctive approach. The distributor would release between eight and ten movies annually, relying on digital channels for promotional efforts. More notably, he stated: “We organize tours across the regions to connect with audiences, featuring screenings attended by directors and actors. The aim is to reignite people’s enthusiasm for cinemas by turning releases into special events.”

Ce n'était pas qu'un distributeur passif. Bac Films créait des événements autour des films, organisait des avant-premières, des rencontres, des ciné-débats. C'était un artisan du bouche-à-oreille, qui allait chercher le public là où il se trouvait. Cet engagement humain, cette capacité à tisser des liens entre les œuvres et les spectateurs, est le premier à disparaître dans une reprise par une banque d'affaires. HLM Conseil ne va pas organiser des tournées en régions. Il va gérer un catalogue.

En redressement judiciaire, qui paie les salaires ? Les vrais perdants de la cession à HLM Conseil

La question posée dans le titre est brutale, mais nécessaire : en redressement judiciaire qui paie les salaires ? La réponse, dans le cas de Bac Films, est simple : pas tout le monde. Sur seize salariés, seuls cinq sont repris par HLM Conseil. Les onze autres sont licenciés pour motif économique dans le cadre de la procédure collective. Ce sont eux les premiers perdants.

11 salariés sur 16 licenciés : l'impact humain d'une faillite industrielle

Cinq salariés conservés sur seize. Ce chiffre froid raconte une perte d'expertise irremplaçable. Les profils concernés sont ceux des équipes d'acquisition, de marketing, de juridique, de distribution physique. Ces métiers sont très spécialisés. Le marché de l'emploi dans la distribution indépendante est minuscule en France. Une poignée de sociétés se partagent les talents. Quand Bac Films licencie, ces onze personnes ne retrouveront pas forcément un poste équivalent ailleurs. Certaines quitteront le secteur, d'autres devront se reconvertir.

L'impact humain est d'autant plus fort que Bac Films était une entreprise où l'on restait longtemps. Les équipes étaient soudées, passionnées, souvent prêtes à accepter des salaires plus bas que dans les majors en échange de la liberté de travailler sur des films qui les passionnaient. Cette passion ne paie pas les factures, et elle ne protège pas du licenciement.

25,5 millions d'euros aux pouvoirs publics : qui doit payer la facture du cinéma indépendant ?

La dette publique de 25,5 millions d'euros est le deuxième grand perdant de cette affaire. Le CNC, via ses avances sur recettes et ses mécanismes de soutien, est un créancier majeur. Le Trésor public aussi. Derrière ces sigles, c'est le contribuable qui paie. Le public paie deux fois : d'abord en finançant les films via le CNC (les avances sur recettes sont remboursées sur les entrées en salles, mais si le distributeur fait faillite, l'argent ne rentre pas), ensuite en perdant les impôts et cotisations que l'entreprise devait.

Cette situation pose une question économique réaliste : l'efficacité des aides publiques dans un marché qui se contracte. Le CNC a soutenu Bac Films pendant des années. Ce soutien a permis de distribuer des films exigeants, mais il n'a pas empêché la faillite. Faut-il revoir les mécanismes de contrôle ? Faut-il exiger des garanties plus solides ? La question est délicate, car personne ne veut tuer la poule aux œufs d'or du cinéma d'auteur.

Banque d'affaires contre distributeur : que va devenir le métier de Bac Films ?

HLM Conseil reprend le nom, mais pas le métier. Une banque d'affaires n'a pas vocation à prendre des risques éditoriaux sur des premiers films ou des œuvres de genre. Son métier, c'est la gestion d'actifs, l'optimisation de portefeuilles, la recherche de rentabilité. Le métier de « preneur de risques » qui caractérisait Bac Films disparaît purement et simplement.

Le distributeur indépendant est celui qui achète les droits d'un film avant qu'il ne soit terminé, parfois avant qu'il ne soit tourné. Il mise sur le talent du réalisateur, sur le bouche-à-oreille, sur les festivals. Il prend des risques que les majors ne prennent pas. Ce métier repose sur une connaissance intime du cinéma, sur des relations de confiance avec les producteurs et les réalisateurs, sur une intuition. Rien de tout cela n'est compatible avec une gestion de portefeuille.

Société en redressement judiciaire : Bac Films n'est pas un cas isolé, Wild Bunch vacille aussi

Bac Films n'est pas un accident. C'est le symptôme d'une crise systémique qui frappe l'ensemble de la distribution indépendante en France. Plusieurs concurrents sont dans la même situation, et les chiffres montrent une tendance lourde qui inquiète toute la profession.

20% des entrées en première semaine : l'asphyxie programmée des distributeurs indépendants

Selon une étude de l'ADRC (Agence pour le développement régional du cinéma), les distributeurs indépendants réalisaient seulement 20% des entrées en première semaine en 2021, contre 44% en 2019. Pourtant, ils représentaient 72% des sorties. Le paradoxe est saisissant : les indépendants sortent énormément de films, mais le public ne va pas les voir en salles. La fréquentation se concentre sur les blockbusters américains et les grosses productions françaises.

Parmi les « gros » indépendants, la baisse des entrées atteignait 70% par rapport à 2019. C'est une asphyxie programmée. Les distributeurs indépendants sortent des films qui trouvent leur public, mais ce public est de plus en plus petit. Le modèle économique ne tient plus.

Wild Bunch, Mars Films : la chronique d'une mort annoncée du cinéma de genre français ?

Wild Bunch, autre distributeur indépendant majeur, est également en redressement judiciaire depuis janvier 2026. Son chiffre d'affaires 2025 était de 15 millions d'euros, en baisse de 60% sur un an. Les deux candidats à la reprise de Bac Films, HLM Conseil et le groupe Hildegarde, pourraient se retrouver sur le dossier Wild Bunch.

Par le passé, Mars Films avait aussi connu des difficultés. En 2003, il avait été racheté par StudioCanal. Aujourd'hui, Mars Films n'existe plus en tant que distributeur indépendant. La tendance est claire : le « middle market » du cinéma indépendant est écrasé entre les plateformes et les superproductions. Les films à budget moyen, ceux qui font la diversité du cinéma français, ne trouvent plus leur public en salles.

Plateformes contre salles : qui tue réellement le distributeur indépendant ?

La concurrence des plateformes est un facteur majeur de cette crise. Netflix, Disney+, Max captent les budgets marketing et l'attention du public. Elles rachètent aussi les catalogues. Bac Films survivait grâce à une relation forte avec la salle : les cinémas de quartier, les salles Art et Essai, les festivals. La perte de ce relais est fatale sans le levier du streaming.

Les plateformes proposent des catalogues immenses pour un abonnement mensuel. Pourquoi payer 12 euros une place de cinéma pour voir un film d'auteur quand on peut le regarder chez soi ? La question est simple, mais la réponse est complexe. L'expérience collective de la salle, la découverte, l'émotion partagée restent irremplaçables. Mais encore faut-il que le public ait envie de se déplacer.

HLM Conseil, la banque d'affaires qui mise sur la gestion de catalogue : nouvelle vie ou enterrement de seconde classe ?

Le repreneur de Bac Films, HLM Conseil, est une banque d'affaires dirigée par Jérémy Langlois. Pour un jeune public, le nom « banque d'affaires » sonne comme un oxymore dans le monde du cinéma. Comment une institution financière peut-elle comprendre les enjeux artistiques et culturels de la distribution ?

Jérémy Langlois, l'homme qui a racheté un bout du cinéma français pour 130 000 euros

Jérémy Langlois est un banquier d'affaires. Sa légitimité culturelle est quasi inexistante. Son plan ? Reprendre le catalogue de Bac Films (environ 150 films) et le gérer comme un portefeuille d'actifs. Le prix de la reprise est tellement bas que la question se pose : s'agit-il d'un investisseur opportuniste ou d'un passionné de cinéma ? L'incertitude est le maître-mot.

Langlois a annoncé vouloir « proposer une solution de gestion optimisée des catalogues de films » et acquérir de nouveaux catalogues au-delà de celui de Bac Films. L'objectif est de « développer le nombre de films exploités par des nouveaux mandats, des accords de coproduction et de distribution ». En clair, il veut maximiser les revenus des films existants.

« Optimiser la gestion des catalogues » : traductions d'une stratégie qui inquiète les cinéphiles

La communication d'HLM Conseil parle de « solution de gestion optimisée des catalogues ». Traduisons : maximiser les revenus des 150 films existants via des accords de licensing avec les plateformes, des ressorties événementielles, des mandats de distribution tiers. La peur des cinéphiles est que cela se fasse au détriment de la prise de risque sur de nouveaux films.

Une banque d'affaires ne va pas financer l'acquisition d'un premier film coréen ou d'une œuvre de genre expérimentale. Elle va exploiter les films qui marchent déjà. Le Pianiste, Indochine, La Leçon de piano : ces films continueront à générer des revenus. Mais les découvertes, les coups de cœur, les paris sur de jeunes réalisateurs ? C'est fini.

Sans Bac Films, quel avenir pour le cinéma d'auteur que vous aimez ?

La disparition de Bac Films laisse un vide immense dans le paysage du cinéma indépendant. Mais d'autres distributeurs tiennent encore, et le public a un rôle à jouer pour les soutenir.

Le Pacte, Diaphana, Haut et Court : les survivants que vous devez connaître

Trois distributeurs indépendants majeurs tiennent encore : Le Pacte, Diaphana et Haut et Court. L'ironie de l'histoire : Le Pacte a été fondé en 2007 par Anne-Laure Labadie, fille de Jean Labadie, fondateur de Bac Films. Diaphana a distribué Titane, Palme d'Or 2021. Haut et Court a distribué The Artist, Oscar du meilleur film 2012.

Ces trois sociétés sont aujourd'hui les porte-drapeaux du cinéma d'auteur en France. Elles continuent à prendre des risques, à acheter des films de festivals, à défendre des œuvres exigeantes. Mais leur fragilité est réelle. La concentration du marché et la baisse de fréquentation les menacent aussi.

Les films de festivals : qui les distribuera demain sans Bac Films ?

Le vide spécifique laissé par Bac Films concerne les films de genre, les œuvres coréennes, les découvertes cannoises. Bac Films était spécialisé dans l'acquisition de films asiatiques, russes, nordiques. Il avait un réseau unique de relations avec les producteurs internationaux.

Le risque est que ces films, sans distributeur aguerri, atterrissent directement sur les plateformes sans passer par la salle. Pour un jeune public, c'est la perte de l'expérience collective de la découverte. Voir Decision to Leave sur Netflix chez soi n'est pas la même chose que le voir dans une salle obscure, entouré d'autres spectateurs, avec le son du cinéma.

Comment soutenir le cinéma indépendant quand votre distributeur préféré disparaît ?

Il existe des pistes concrètes pour continuer à soutenir le cinéma indépendant. Aller en salles la première semaine : les entrées déclenchent les aides du CNC. Regarder le logo du distributeur au début du film : savoir qui distribue ce qu'on regarde permet de faire des choix éclairés. Suivre les comptes réseaux du Pacte, de Diaphana, de Haut et Court : ils annoncent les sorties et les avant-premières.

Boycotter les majors un samedi sur deux peut sembler extrême, mais c'est un geste symbolique fort. Chaque euro dépensé pour un billet de cinéma est un vote pour le type de films que l'on veut voir. Si le public ne va voir que des blockbusters, les distributeurs indépendants mourront. Si le public continue à se déplacer pour les films d'auteur, ils survivront.

Conclusion : de la faillite à la cession, le cinéma français peut-il perdre ses distributeurs sans perdre son âme ?

La chute de Bac Films est un signal d'alarme sur la financiarisation du cinéma. Comme Duralex ou les Girondins de Bordeaux, Bac Films illustre un phénomène plus large de destruction du tissu économique et culturel français. Des entreprises qui portaient une histoire, une identité, une mission, sont réduites à des actifs financiers gérés par des banques d'affaires.

La question finale est ouverte : sommes-nous prêts à perdre la diversité culturelle au nom de la rentabilité ? Le cinéma d'auteur, les films de festivals, les découvertes venues d'ailleurs ont un coût. Ce coût, c'est le public qui le paie en allant en salles, et l'État qui le paie via le CNC. Mais ce coût est aussi un investissement dans la diversité culturelle, dans l'ouverture au monde, dans l'émotion partagée.

Bac Films est mort, vive Bac Films ? Le nom survivra, mais l'âme risque de disparaître. À nous, spectateurs, de décider si nous voulons un cinéma qui ne soit qu'un produit financier parmi d'autres.

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Questions fréquentes

Qui paie les salaires en redressement judiciaire ?

Sur 16 salariés de Bac Films, seuls 5 sont repris par HLM Conseil. Les 11 autres sont licenciés pour motif économique dans le cadre de la procédure collective. Les salariés sont prioritaires dans la hiérarchie des créanciers, mais le repreneur n'hérite pas des dettes antérieures.

Combien de dettes avait Bac Films ?

Le groupe Bac Films cumulait 94 millions d'euros de dettes, dont 25,5 millions dus aux pouvoirs publics (CNC, Trésor public, organismes sociaux). Son chiffre d'affaires 2025 n'était plus que de 4,6 millions d'euros, en chute de 40 % sur un an.

Pourquoi Bac Films a-t-il été racheté si peu cher ?

Le groupe a été cédé pour 130 004 euros à HLM Conseil, avec un investissement supplémentaire de 300 000 euros. Ce prix très bas s'explique par l'énorme passif de 94 millions d'euros de dettes et par le fait que le repreneur n'hérite pas des dettes antérieures.

Quels films Bac Films a-t-il distribués ?

Bac Films a distribué plus de 550 films depuis 1986, dont dix Palme d'Or comme Sans Filtre (2022), La Zone d'Intérêt (2023), Decision to Leave (2022) et Chien de la casse (2024). La société était spécialisée dans les films de festival exigeants, souvent asiatiques, russes ou nordiques.

Qui sont les concurrents de Bac Films encore actifs ?

Les trois distributeurs indépendants majeurs qui tiennent encore sont Le Pacte, Diaphana et Haut et Court. Wild Bunch est également en redressement judiciaire depuis janvier 2026, tandis que Mars Films a disparu en tant qu'indépendant après son rachat par StudioCanal en 2003.

Sources

  1. 20minutes.fr · 20minutes.fr
  2. allocine.fr · allocine.fr
  3. boxofficepro.fr · boxofficepro.fr
  4. boxofficepro.fr · boxofficepro.fr
  5. cnews.fr · cnews.fr
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Sophie Alibot @making-of

Ce qui m'intéresse, ce n'est pas juste le film : c'est comment il a été fait. Monteuse vidéo freelance à Paris, je suis obsédée par les coulisses du cinéma. Les anecdotes de tournage, les cascades ratées, les acteurs qui ont failli avoir le rôle, les effets spéciaux avant/après – tout ça me passionne autant que le résultat final. Je crois que connaître la fabrication d'un film le rend encore plus magique.

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