Une ouverture qui surprend tout le monde
Les estimations pré-sortie tablaient sur 18 à 20 crores pour la journée d'ouverture. Mirzapur : The Movie a balayé ces pronostics avec 25,75 crores le premier jour, devançant des succès récents comme Saiyaara (22 crores) et Awarapan 2 (21,50 crores). Le film s'est hissé au rang de quatrième plus grosse ouverture de 2026, derrière Dhurandhar 2, Toxic et Border 2.

La croissance n'a fait que s'accélérer : 32 crores le samedi, puis 36 crores le dimanche - portant le week-end d'ouverture à 93 crores sur 11 344 séances le troisième jour. En six jours, le cumul net en Inde atteint 137,65 crores, dépassant déjà la recette lifetime d'un autre grand succès Bollywood comme Welcome To The Jungle d'Akshay Kumar (134 crores). Le cumul mondial brut s'établit à 193,43 crores, dont seulement 29 crores provenant de l'outre-mer.
Une domination écrasante du marché domestique
C'est ici que le puzzle se prend. Sur les 193,43 crores mondiaux, le brut total outre-mer est de 29 crores. La part domestique brute, obtenue par différence, s'élève donc à environ 164,43 crores. Le sixième jour, les recettes internationales n'ont été que de 2 crores - un rythme qui confirme l'essoufflement de l'exploitation hors frontières.
Autrement dit, environ 85 % du box-office mondial brut est d'origine domestique. Le fonctionne comme un blockbuster indien pur, dont le succès repose quasi intégralement sur la force du public local.
Le poids d'une franchise construite sur Amazon Prime
Le film prolonge l'univers de la série Mirzapur, phénomène streaming en Inde sur Amazon Prime. Réalisé par Gurmeet Singh et produit par Excel Entertainment (Ritesh Sidhwani, Farhan Akhtar) sous Amazon MGM Studios, il réunit les figures emblématiques de la série : Pankaj Tripathi, Ali Fazal, Divyenndu, auxquels s'ajoutent Jitendra Kumar - qui remplace Vikrant Massey dans le rôle de Bablu Pandit - et Ravi Kishan dans un nouveau personnage. De nombreux acteurs secondaires reprennent leurs rôles respectifs.
Le film se situe en 2018, proposant un chapitre inédit lié à la première saison. Ce choix narratif ancre le projet dans la mythologie établie par la série plutôt que dans une continuité linéaire, un moyen de capitaliser sur la nostalgie et la familiarité du public sans imposer d'obligation de visionnage complet de toutes les saisons.
Un rebond stratégique pour Excel Entertainment
Au-delà des chiffres bruts, le succès de Mirzapur : The Movie marque un tournant pour Excel Entertainment. La maison de production traversait une phase où ses films peinaient à atteindre les ouvertures et l'impact qu'on leur connaissait. Les plus de 25 crores du premier jour ont redonné un coup de fouet à une structure qui avait besoin d'un hit franc et massif pour retrouver sa position sur le marché.
Pourquoi le film cartonne en Inde et peine à rayonner ailleurs
L'analyse des données disponibles permet d'identifier des facteurs concrets du déséquilibre géographique.
Le facteur franchise. Mirzapur, en tant que série, a construit une base de fans massive principalement en Inde. Le film récupère cette audience préexistante et la convertit en achats de billets. C'est un modèle éprouvé - pensons à Baahubali 2 ou KGF Chapter 2 - où le film prolonge un univers déjà aimé.
Le facteur casting. Pankaj Tripathi, Ali Fazal et Divyenndu sont des noms qui mobilisent le public hindiophone. En dehors de l'Inde et de la diaspora, leur notoriété est incomparablement moindre.

Le facteur distribution. Les chiffres extérieurs modestes (29 crores sur six jours) suggèrent une exploitation internationale limitée en nombre de salles et en ampleur, ce qui est cohérent avec un positionnement éditorial qui vise d'abord le marché domestique.
Le facteur langue et culture. L'histoire de Mirzapur - luttes de pouvoir, criminalité, rivalités sanglantes dans l'Uttar Pradesh - parle directement aux codes narratifs du public indien. Le film ne cherche pas à se traduire universellement ; il parle avec force à ceux qui connaissent cet univers.
Un modèle économique assumé
Mirzapur : The Movie n'est pas un blockbuster qui échoue à l'international. C'est un blockbuster conçu pour l'Inde. Son ratio très déséquilibré entre le marché domestique et l'international n'est pas une surprise - c'est le reflet d'une stratégie de production et d'exploitation qui mise tout sur la puissance d'un public local déjà conquis par la franchise. Avec 137,65 crores nets en Inde et un marché domestique brut représentant environ 85 % du cumul mondial brut, le film a prouvé qu'un attachement profond à une marque peut suffire à construire un hit massif.