
Chev Chelios (Jason Statham) est tueur à gages. Lors d'un contrat important, il rate sa cible. Le lendemain, Chev se réveille et ressent des symptômes bizarres. Il découvre qu'il a été drogué à son insu durant son sommeil.
Mais la drogue qu'on lui a injectée n'est pas n'importe laquelle : c'est le fameux « cocktail de Pékin » qui se fixe sur l'adrénaline de la victime afin de lui arrêter le cœur. S'il veut rester en vie, Chev est obligé de produire de l'adrénaline et donc de rester en perpétuel mouvement. Chelios veut profiter de ce moment pour régler ses comptes...

Le cinéma d'action en quête de renouveau
Le cinéma d'action est en déclin. Ayant connu ses heures de gloire dans les années 80 et 90, sa renommée commence à s'essouffler peu à peu. Il y a eu au début du 21ème siècle des tentatives vaines pour relancer le genre. Pensons aux films de The Rock (Bienvenue dans la jungle, Tolérance zéro). Puis arrive Jason Statham, acteur fétiche de Guy Ritchie. Cette arrivée improbable dans les films d'action est une source de renouveau. Ainsi, Le Transporteur et sa suite font mouche aux yeux du public. Mais le genre continue à s'enfoncer dans l'oubli. Tony Scott tente de le relancer mais ses deux films (Domino, Man on Fire) sont tellement gerbants que le public déserte les salles. La vaine tentative de Bruce Willis avec 16 Blocs est tellement décevante que l'on pensait même à la mort prématurée du genre. Hyper tension veut mettre les choses au point.

Une réalisation tonique et innovante
Comment donner une nouvelle impulsion à un genre usé jusqu'à la moelle ? En créant un mix de tout ce qui a été fait jusqu'alors et en ajoutant sa touche personnelle. En partant de ce postulat, Mark Neveldine et Brian Taylor, les deux réalisateurs, ne font pas les choses à moitié. Reprenant la tension de Speed et remplaçant le bus par un homme qui ne peut s'arrêter sous peine de mourir, la tension est déjà présente dès le début du film à grand coup de caméra à la première personne et de plans originaux. Car il faut le dire : la réalisation tonique est de rigueur. À l'inverse d'un Tony Scott incapable de tenir un plan de caméra plus de 2 secondes, Hyper tension s'offre le luxe d'être regardable tout en étant monté sur ressorts. Les plans de caméra s'enchaînent au fil des déplacements du héros qui, dès lors, devient un personnage de jeu vidéo.

L'influence du jeu vidéo
En effet, à la manière d'un jeu vidéo, la caméra passe de la vue à la première personne à la troisième personne tout en suivant le personnage de dos. D'ailleurs, le générique de début annonce la couleur en montrant sur un fond vert un cœur et le titre du film pixélisé. Une dominante que les réalisateurs expliquent par leur culture personnelle. Baignant dans l'atmosphère vidéoludique depuis leurs plus jeunes années, les deux comparses voulaient reproduire un jeu vidéo à l'écran. Ce motif revient à plusieurs reprises dans le film.
Un scénario mince mais efficace
Mais le scénario reste très mince : un poison dans les veines, deux heures pour régler ses comptes. L'intérêt du film ne vient pas de là, mais bel et bien de la réalisation très dynamique qui multiplie les scènes d'action, de poursuites et de cascades avec une grande aisance, tout en restant agréable à regarder. Par ailleurs, le choix des acteurs est très pertinent, surtout pour Jason Statham dont on ne peut que constater l'allure de Steve McQueen, restant sérieux et gardant son sang-froid en toute circonstance. Amy Smart donne une performance d'actrice courte et superficielle.

Verdict : une claque pour 2007
Voilà la claque de l'année 2007 en matière de film d'action. Nerveux, spectaculaire et stressant, on se laisse vite prendre au jeu pour s'adonner à un plaisir coupable et régressif. Un bon film d'action rondement mené qui offre une alternative intéressante avant la sortie de Die Hard 4 avec Bruce Willis.