
Film français (2002) • Comédie • Durée : 1h 35mn
Date de sortie : 10 septembre 2002
Avec : Amira Casar, Marina Foïs, Olivia Bonamy, Charles Berling, Sergi Lopez
Réalisé par : Claude Duty
De quoi parle Filles perdues, cheveux gras ?
Si ce film est inqualifiable, ce n'est pas pour autant qu'il est mauvais... Je ne veux pas vous en dire plus pour l'instant ; penchons-nous d'abord sur l'histoire, si histoire il y a :
Élodie, jeune maniaco-dépressive dans la fleur de l'âge, veut retrouver sa fille placée en famille d'accueil. Natasha, coiffeuse visagiste gnan-gnan édulcorée, veut elle retrouver son chat, Nikita. Marianne veut quant à elle retrouver sa fierté, perdue à cause de son petit-ami en dessous de tout. Quand les trois femmes se rencontrent, c'est leur vie qui bascule...
Marina Foïs : l'atout majeur du film

C'est sur ce scénario pour le moins... original que débute le film. Vous savez, Filles perdues, cheveux gras ! Bref, je ne vous cacherai pas que c'est pour la présence de Marina Foïs que je suis allé voir ce film. Connaissant son parcours détonnant avec les Robins des Bois, on ne savait pas dans quel rôle on pouvait la trouver.
Eh bien dans un rôle fait pour elle, qui ne la change pas vraiment de répertoire. Toujours aussi paumée et naïve, ne vivant que pour son chat et espérant que son amant chéri l'aime.
Claude Duty : un premier film audacieux
Il faut savoir que c'est le premier long métrage de Claude Duty, qui n'avait pour l'instant tourné que des courts métrages. Je ne connais absolument pas ses réalisations, mais pour un non-initié, le style peut surprendre... On ne parle même plus de second degré, c'est là du quatrième degré minimum !
Et c'est aussi cette gymnastique cérébrale que se doit de faire le spectateur : jongler entre le premier degré et le quatrième du réalisateur. C'est sans doute ce qui rend le film si peu accessible au grand public, hormis le sujet...
« Depuis toujours le théâtre puis le cinéma se sont penchés sur le sort de jeunes femmes à problème, pauvres filles confrontées à la rudesse d'un monde inhumain. Chaque époque a ses "filles perdues, cheveux gras" : Fantine dans Les Misérables, La Porteuse de pain, Les Deux Orphelines, Gervaise ou autre Sans toit ni loi incarnés à l'écran par des coméniennes souvent inoubliables : Lilian Gish, Danièle Delorme, Sandrine Bonnaire... C'est un genre de mélo récurrent et je me suis dit "Pourquoi ne pas m'y risquer à mon tour". »
Une comédie qui fait rire... jusqu'à un certain point
Mais le film reste une comédie, et il réussit, si on est bon public, à faire rire. Mais c'est là que le film pêche peut-être ; au début le rire est naturel, franc et de bon cœur, mais il finit par devenir forcé. On ne rit plus que par l'absurdité de ce que l'on voit à l'écran, par obligation.
Comment ne pas rire, lorsque l'on voit Natasha, complètement saoule, ramasser un sanglier mort et le prendre pour une peluche !
Une comédie musicale française inattendue

Ah, j'ai oublié de vous dire que le film est une comédie MUSICALE ! Je sais, on ne s'y attend pas, et ça ne clarifie en aucun cas le film : on a déjà du mal à cerner toute l'histoire, alors là... Mais ne vous affolez pas, il n'y a que quelques chansons, reprises par-ci par-là plus tard dans le film.
Elles sont pour la plupart grotesques et sans intérêt, parce qu'elles se veulent au premier degré ! Ça ne marche pas... Mais une est à part : c'est la chanson que Natasha chante quand elle est bourrée ! L'un des meilleurs moments du film.
Le casting : des apparitions notables
Quoi d'autre... Je ne sais pas. Ah si ! On peut apprécier à juste titre l'apparition de Charles Berling, très au point dans son rôle de pervers je-m'en-foutiste, et la très brève entrevue de Romain Duris, du génial L'Auberge espagnole.
Verdict final : un film culte inclassable
Ce film ne restera surtout pas dans les annales du cinéma, il rentre en revanche facilement dans la catégorie des « inqualifiables ». Il n'est pas mauvais, mais le cocktail « chansons-quatrième degré-n'importe quoi » a du mal à prendre, et ça en devient un vrai bordel ! Je vais prendre un Doliprane moi...