Affiche officielle du film « La Bola Negra » : un jeune garçon se tient debout au-dessus d'un corps gisant transpercé de flèches, dans un décor architectural en ruine
Cinéma

"La bola negra" : l'épopée gay des Javis sur trois époques, acclamée et contestée

"La bola negra" de Javier Calvo et Javier Ambrossi, prix de la mise en scène à Cannes en 2026, entrelace trois histoires d'hommes gay en 1932, 1937 et 2017 autour du manuscrit inachevé de Federico García Lorca. Le film est largement acclamé, mais son ampleur baroque a divisé la critique, le panel cannois lui ayant attribué l'une des trois plus mauvaises notes de la compétition officielle, et une minorité idéologique le rejette en bloc.

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Un prix de la mise en scène à Cannes, une ovation debout, 91 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes et l'un des meilleurs démarrages espagnols de la décennie. Sur le papier, "La bola negra" fait l'unanimité. Dans les faits, c'est aussi l'un des films les plus disputés de l'année : le panel de critiques du Festival de Cannes l'a classé parmi les trois plus mauvais de sa compétition officielle, quand la presse espagnole, majoritairement favorable, l'a rarement défendu sans réserve.

Affiche officielle du film « La Bola Negra » : un jeune garçon se tient debout au-dessus d'un corps gisant transpercé de flèches, dans un décor architectural en ruine
Affiche officielle du film « La Bola Negra » : un jeune garçon se tient debout au-dessus d'un corps gisant transpercé de flèches, dans un décor architectural en ruine - (source)

Le film, signé Javier Calvo et Javier Ambrossi - les Javis, passés par les séries "La Mesías" et "Veneno" -, a été présenté en compétition officielle du 79e Festival de Cannes le 21 mai 2026. Il raconte trois histoires d'hommes homosexuels à trois moments de l'histoire espagnole, reliées par un manuscrit inachevé de Federico García Lorca. Sa promotion, relayée par le Hollywood Reporter à l'occasion du passage du film à Telluride, tenait en une formule : "Let's Make the Gayest War Movie Ever" - faire le film de guerre le plus gay de tous les temps. Il sort en France le 16 décembre 2026, distribué par Le Pacte.

Trois hommes, trois époques, un manuscrit

Attention, spoilers : la suite dévoile l'intrigue et le dénouement.

Le film est construit en triptyque, et chaque époque met face à face un homme gay et un monde qui le refuse.

1932, à Grenade. Carlos (Milo Quifes), fils d'une famille aisée, se voit refuser son entrée au Casino, un cercle select de la ville, parce que ses membres ont voté contre lui à la boule - la "bola negra" qui donne son titre au film, une boule noire valant un non. Des rumeurs sur son homosexualité ont suffi. Son père, Vicente, le presse de démentir ; sa soeur, Valentina, lui décrit les entraves faites aux femmes ; sa mère lui conseille Madrid. Une nuit, dans un club, Carlos danse une seguiriya et croise une vieille femme en deuil qui le prend pour son fils disparu. Il finit par nier devant le comité. Puis, au lendemain de la Sanjurjada - le coup de force manqué du général Sanjurjo, en août 1932 -, le Casino est mis à sac par une foule. Sous la neige, dans le bâtiment détruit, Carlos s'échappe par l'échafaudage des peintres et gravit une montagne où il croise un enfant, des skieurs et la neige personnifiée, qui parle avec la voix de la vieille dame.

1937, en pleine guerre civile. Sebastián (Guitarricadelafuente, chanteur, pour son premier rôle au cinéma), jeune trompettiste de village, survit à l'attaque de l'aviation italienne contre une communauté qui s'apprêtait à accueillir les Italiens ; sa mère est tuée. Enrôlé de force dans les troupes nationalistes, il est chargé de monter la garde auprès de Rafael Rodríguez Rapún (Miguel Bernardeau), prisonnier républicain blessé, et de le faire parler. Rafael a appartenu à La Barraca, la troupe de théâtre de Lorca, et a été l'amant du poète. Au contact du prisonnier, le désir de Sebastián s'éveille. Avant d'être emmené pour un "paseo", une exécution sommaire, Rafael lui demande une dernière chose : récupérer au 96 de la rue Alcalá le manuscrit de "La bola negra" et le préserver. Sebastián, versé dans le peloton d'exécution, abat Rafael. Il survivra à la guerre et retrouvera le manuscrit, laissant tomber quelques pages en chemin.

Guitarricadelafuente dans « La Bola Negra » : gros plan sur un jeune homme aux cheveux bruns ondulés portant une chemise de style militaire et fixant l'objectif d'un air sérieux
Guitarricadelafuente dans « La Bola Negra » : gros plan sur un jeune homme aux cheveux bruns ondulés portant une chemise de style militaire et fixant l'objectif d'un air sérieux - (source)

2017, entre Athènes et Madrid. Alberto (Carlos González), historien et ancien dramaturge, travaille sur la dissidence homosexuelle dans la musique de Roza Eskenazi. La mort d'un grand-père maternel dont il était éloigné lui laisse un héritage, à condition de rencontrer un notaire en Cantabrie. À Madrid, il vit avec Juan Pablo et communique mal avec sa mère, Teresa (Lola Dueñas), qui reproche à son père de l'avoir abandonnée. L'héritage est le manuscrit restant de "La bola negra", que l'on croyait perdu. Alberto enquête, avec l'aide d'une spécialiste de Lorca, et découvre que son grand-père n'était autre que Sebastián - lequel a fini sa vie à la campagne avec un autre homme, en laissant croire qu'ils étaient cousins, et a suivi de loin la carrière théâtrale de son petit-fils.

Un Lorca inachevé, des blancs à combler

Le point de départ est réel. De "La bola negra" de Lorca, il ne subsiste que quatre pages, écrites avant que le poète soit fusillé en 1936 par les nationalistes. Le titre renvoie au vote à la boule noire qui exclut un jeune homosexuel d'un club grenadin.

Le film ne part pas seulement de cette esquisse. Il emprunte aussi, et surtout pour sa partie de 1937, à "La piedra oscura", la pièce d'Alberto Conejero, coscénariste du film aux côtés des Javis. Le personnage de 2017 lui doit beaucoup : Conejero a reconnu qu'il n'était pas fortuit que son héros soit un écrivain nommé Alberto, travaillant sur la littérature grecque. Le film relie donc trois fictions - dont l'une vient d'un auteur vivant - autour d'un texte que Lorca n'a jamais achevé. Les Javis vont jusqu'à écrire du Lorca neuf pour boucher les trous ; le Hollywood Reporter y voit une audace payante, quand d'autres y verraient de la présomption.

Le propos, lui, est clair. Comme le dit une hispaniste américaine du film, incarnée par Glenn Close, l'idée qu'"aucun Espagnol n'a jamais désiré" est un mensonge cathédral : il faut "gratter la terre" pour retrouver ceux qui sont restés dans les fossés. C'est tout le programme du film - rendre une histoire, une lignée, une continuité à des vies que la répression et l'oubli avaient effacées.

Un triomphe qui ne va pas sans débat

À Cannes, le film a valu aux deux réalisateurs le prix de la mise en scène. Il est ensuite passé par Toronto, Saint-Sébastien et Telluride, et a déclenché, selon la presse spécialisée, une guerre d'offres entre distributeurs. En Espagne, sa sortie du 25 septembre 2026 a pris la tête du box-office dès le premier jour, avec environ 1,3 million d'euros et 175 000 spectateurs - le deuxième meilleur démarrage d'un film espagnol en une journée depuis dix ans. Il est le candidat de l'Espagne à l'Oscar du meilleur film international. Aux États-Unis, la sortie démarre le 16 octobre à New York et à Los Angeles.

Le tournage s'est déroulé à partir de l'été 2025, notamment à Castil de Carrias, un village abandonné de la province de Burgos, à Comillas, à Grenade, à Sigüenza, à Madrid et à Athènes. Il a été marqué par un drame : un homme engagé comme figurant est mort après une chute dans un escalier, à Comillas. Selon El País, la séparation du couple que formaient Calvo et Ambrossi, survenue pendant le tournage, n'a pas interrompu le film.

Les chiffres de la réception vont dans le même sens : 91 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes (sur 68 critiques), 84/100 sur Metacritic, qui parle d'"acclamation universelle", 8,1/10 sur IMDb, 8,0/10 sur FilmAffinity et 4,4/5 sur Letterboxd, sur plus de 160 000 votes.

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Los Javis componen la gran película española del año, una epopeya bélica ‘queer’ tan impactante como necesaria

✍ Por @BeatrizMartnezG
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Pourquoi tant de réserves ?

L'écart le plus net est cannois. Dans la salle, le film a été porté ; dans les carnets, beaucoup moins. Le panel de critiques du festival lui a attribué l'une des trois plus mauvaises notes de toute la compétition officielle. Quatre mois plus tard, au moment de la sortie espagnole, ce fossé entre l'ovation et les notes est revenu hanter les discussions.

En Espagne, la presse a majoritairement aimé, mais rarement sans réserve. "Le débordant plaidoyer pour Lorca des Javis a du mal à respirer", écrivait 20 minutos. Pour la revue Rubik, ce "style baroque, bousculé et grandiloquent" peut "entraver le lien affectif avec la vérité du récit". D'autres parlent d'un "mélodrame grandiloquent et démesuré qui finit par s'effondrer sous le poids de ses propres ambitions", d'un film "handicapé par son incapacité à s'arrêter, à suggérer et à se taire à temps" - le tout résumé par Variety en un titre : "ambitieux mais distendu".

Même les défenseurs fixent des limites. Carlos Boyero, dans El País, lâche : "Ce n'est pas parfait, mais il y a là quelque chose d'émouvant." Le critique de The Objective y voit "le long-métrage le plus ambitieux et monumental du cinéma espagnol depuis des années". Fotogramas, enthousiaste, lui donne quatre étoiles et parle d'"oeuvre majeure", tout en concédant un troisième acte qui frôle la mièvrerie.

Deux désaccords, pas un

Il faut distinguer deux clivages, souvent confondus.

Le premier est esthétique. "La bola negra" revendique le trop-plein : 2 h 35, une photographie somptueuse, un tournage en 35 mm, un budget d'environ 15 millions d'euros, des scènes d'anthologie et des ruptures de ton permanentes - un bain nocturne de soldats qui se termine sur un cadavre, des numéros musicaux de cabaret, une Penélope Cruz "pharaonique" en chanteuse de revista. Ce baroque assumé est exactement ce que certains adorent et que d'autres ne supportent pas. La querelle porte sur la mesure, pas sur le fond.

Le second est idéologique, plus minoritaire mais très sonore. Pour une partie de la droite espagnole, le film est de trop : sous la plume du critique Rodrigo Quesada, relayé par le compte Terreno Viral, il devient "une daube idéologique", symptôme d'un cinéma espagnol "totalement séquestré par la gauche", où le leitmotiv se résumerait à "être rouge et homosexuel". Une version plus posée du même reproche distingue la qualité esthétique du film des "biais habituels" dans sa manière de raconter la guerre. Ce n'est pas un débat sur deux heures et demie de cinéma : c'est un débat sur la mémoire.

Un événement, et ce qu'il dit

Le reste est une affaire de public. Le film est devenu un phénomène viral : fils de discussion interminables, comptes de fans, notes élevées sur Letterboxd bien au-delà du cercle des cinéphiles. Un spectateur venu par simple curiosité, sans goût a priori pour l'univers des Javis, y a vu "une oeuvre immense" et une "viralisation de manuel", saluant la photographie, les décors et l'écriture des personnages.

Des jeunes hommes vêtus de maillots de corps blancs et de pantalons clairs posent ensemble dans l'embrasure d'une porte, l'un d'eux portant un ballon de football
Des jeunes hommes vêtus de maillots de corps blancs et de pantalons clairs posent ensemble dans l'embrasure d'une porte, l'un d'eux portant un ballon de football - (source)

R E P L I C A N T@Roybattyforever·FollowMI OPINIÓN DE “LA BOLA NEGRA”
Os aviso cuando empiece con spoilers.

Os pongo en contexto. Acudí a ver “La bola negra” por todo el interés mediático que está generando. No por querer estar en la conversación sino fruto de una genuina curiosidad por saber si es tan buena como dicen. Nunca me ha interesado la obra de los Javis y nunca había visto nada de ellos. Tenía los habituales prejuicios por temas e iconografía que, sinceramente y con todo el respeto, no me atraen. En cuanto a la historia y trasfondo de la película, sabía lo justo, o casi nada. Tampoco había escuchado a Guitarricadelafuente ni sabía de la existencia de ninguno de los protagonistas, y sabiendo de quien viene, ya esperaba que la temática Queer sería predominante, lo cual no es algo que me condicione ni positiva ni negativamente para valorar una película, de hecho “Brokeback mountain” es una de mis películas favoritas.

La película está creada con el propósito de trascender. Fotografía maravillosa, diseño de producción de alto presupuesto, música majestuosa, momentos genuinamente icónicos, una gran historia de amor y mucho sufrimiento. La narración fragmentada añade epicidad a la historia, y el interés va más allá de saber cómo confluyen las tramas, porque los personajes principales son muy potentes. Si tengo que comparar las sensaciones que viví al verla, mencionaría “Magnolia” o “El brutalista” en cuanto a epicidad intimista, aunque éstas dos sean superiores.

Me asombra lo bien que parece captar la película el costumbrismo de la época, gracias al excelente diseño de vestuario, pero también las interpretaciones, los actores, algunos incluso son amateurs o al menos lo parecen. Esto te mete tan dentro de la trama que no puedes luchar, aunque es cierto que hubo momentos que parecían más un anuncio de Jean Paul Gaultier, excesivamente preciosistas y con una estética más idealista que real, pero son concesiones que acaban teniendo sentido a medida que se va desgranando la trama (lo comento más adelante cuando hablo con spoilers).

Pero lo que más me ganó fue el desarrollo y estudio de personajes, que es complejo y muy pensado, sin casualidades. Si no la has visto todavía, te reto a que cuando la vayas a ver, te hagas la siguiente pregunta al salir del cine: ¿He sentido lo mismo por los personajes al principio y al final de la película? Seguramente la respuesta sea “no” pero lo interesante realmente es analizar cómo se ha producido esa evolución. Uno de los personajes me produjo rechazo extremo al inicio, incluso me llegó a sacar de la película en algún momento, mientras que a Guitarricadelafuente te dan ganas de darle un abrazo durante todo el metraje. Ahí es cuando te das cuenta de lo bien que juegan los Javis con la construcción de personajes. Mi rechazo inicial era precisamente lo que querían, y caí como un iluso.

Los actores de reparto se ganan la película cuando aparecen. No haré mención especial a ninguno/a para no espoilear, pero son la guinda del pastel. Una salvajada de actuaciones. No descartaría alguna nominación al Oscar, sería algo completamente merecido.

Mi recomendación, quítate los prejuicios y ve a ver la película sin saber demasiado y dispuesto a entrar en ella desnudo y a pelo. Si te gusta bien, y si no, también, pero cuando se habla tanto de una película desde que se estrena en festivales, ya sabes que va a haber tela que cortar. Nos empeñamos en inventar la rueda, descubrir lo que nadie descubrió antes o defenestrar obras que todo el mundo aclama, pero la verdad es que el pueblo habla muy alto cuando está delante de algo relevante, aunque los ignorantes se empeñen en ladrar por algo que ni han visto. Esto es lo que está pasando con “La bola negra”, una viralización de manual de una inmensa obra.

EMPIEZO CON LOS SPOILERS

Por dios bendito, ¡cómo están los actores de reparto! Alberto Cortés es INCREÍBLE como Lorca. El aura que desprende, lo que dice, ese “hay que vivir” que tanto sentido tiene. Es para darle el Goya, el Oscar y ponerle un piso. Me dejó impactado. Un actor de teatro, semidesconocido que se mimetiza completamente en el autor granadino. Penélope Cruz te deja absorto con su personaje de reina del vodevil, con una fuerza y sensualidad increíbles. Y Glenn Close hace un papel comedido pero que dice mucho con muy poco, y que ayuda a desvelar el trasfondo de la trama de la obra perdida de Lorca y las conexiones entre las tres líneas temporales, dos reales y una ficticia (lo siento, eso es de genios).

Lo de las tres líneas temporales, y que una de ellas sea ficticia, es de genios absolutos. Es un spoiler en sí mismo si no sabes de la existencia de esas cuatro páginas de la obra inacabada de Lorca. La trama ficticia permite a los Javis evadirse de la realidad y crear una realidad alternativa llena de buenos y malos, de idealismo y arcaísmo y de blancos y negros. Es una especie de alivio en la película que permite dar rienda suelta a lo bucólico, como la escena de la montaña nevada.

El personaje de Alberto, interpretado por Carlos González, es una persona rota, que como he comentado antes, sin spoilers, me resulta despreciable, infiel, amargado y poco cuidado físicamente, pero todo esto se va desvelando como causal cuando conocemos su trasfondo familiar, su madre, también rota y la necesidad de saber. Alberto no cambia al final, pero cierra una etapa y tiene paz. ¿Cambiará? eso nunca lo sabremos. Me parece el personaje más interesante de la película y con una evolución más trabajada.

Sebastián, interpretado por Guitarricadelafuente, tampoco cambia. Solo descubre lo que realmente era, cuando conoce a Rafael. En la guerra elige un bando, sin saber muy bien lo que elige o lo que quiere, pero tampoco cambia de bando, simplemente se esconde. Es valiente hacia Rafael (pone en riesgo su vida) pero cobarde a lo largo del resto de su vida, pero tampoco podría haber hecho otra cosa en los tiempos en los que vivió. El momento en que conocemos a la pareja de Sebastián después de la guerra es muy emotivo, y nos dice mucho de cómo fue a lo largo de su vida.

En la linea temporal de Carlos (Milo Quifes) tenemos esos momentos más idealizados visualmente, y una de las escenas más potentes de la película, el plano secuencia flamenco en el Sacromonte, que me recordó al “I lied to you” de “Sinners”, y que incluso me gustó más.

Hay tanto que comentar que lo dejaré aquí. Sigo pensando en ella. Y cuanto más pienso más me gusta.
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Il y a, dans cette ferveur, une part de génération : un public jeune et connecté s'est reconnu dans une épopée qui assume pleinement son homosexualité, là où une partie de la critique institutionnelle juge la démonstration excessive - même si le jury cannois, lui, a récompensé la mise en scène. Les deux lectures sont défendables. L'honnêteté oblige seulement à le dire : "La bola negra" n'est pas un film également partagé entre partisans et adversaires. C'est un film largement acclamé, dont l'ampleur baroque a divisé la critique et qu'une minorité idéologique rejette en bloc. Le clivage est réel ; il n'est pas symétrique.

Reste un film qui, en retrouvant un manuscrit perdu et en le prolongeant, fait ce que Lorca n'a pas pu faire, et relie trois époques par ce qu'elles ont de plus intime : le désir, la peur et la transmission. Qu'on y voie une oeuvre majeure ou un excès, la discussion qui l'entoure en dit long sur ce que l'Espagne continue de régler avec son passé. En France, il faudra attendre le 16 décembre 2026 pour se faire une idée.

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Questions fréquentes

Que raconte "La bola negra" ?

Le film des Javis entrelace trois histoires d'hommes homosexuels : Carlos à Grenade en 1932, Sebastián pendant la guerre civile en 1937, et Alberto entre Athènes et Madrid en 2017, reliées par un manuscrit inachevé de Federico García Lorca, "La bola negra".

Pourquoi le film divise-t-il malgré son succès ?

Le clivage n'est pas symétrique. Le film est largement acclamé, porté par un public enthousiaste, mais son ampleur baroque a divisé la critique - le panel de critiques du Festival de Cannes lui a attribué l'une des trois plus mauvaises notes de la compétition officielle - et une minorité idéologique le rejette en bloc.

Quelle part du film repose sur des faits réels ?

De "La bola negra" de Lorca, il ne subsiste que quatre pages, écrites avant qu'il soit fusillé en 1936. Le film s'inspire aussi de "La piedra oscura", la pièce d'Alberto Conejero, coscénariste, surtout pour la partie de 1937 ; les Javis ont écrit du Lorca neuf pour combler les blancs du texte.

Quand "La bola negra" sort-il en France ?

La sortie française est prévue le 16 décembre 2026, distribuée par Le Pacte. En Espagne, le film est sorti le 25 septembre 2026.

Quels résultats et distinctions le film a-t-il obtenus ?

Il a valu à Javier Calvo et Javier Ambrossi le prix de la mise en scène à Cannes en 2026, il est le candidat de l'Espagne à l'Oscar du meilleur film international, et il a pris la tête du box-office espagnol dès son premier jour, avec environ 1,3 million d'euros et 175 000 spectateurs.

Sources

  1. ¡Es mejor que la peli! Lee la reseña del libro: ‘Call me by your name’ · elclosetlgbt.com
  2. Margot Robbie no entiende por qué la gente odia esta película en la que apareció hace 2 años: está disponible en Netflix · elconfidencial.com
  3. LA BOLA NEGRA Drama - El Día de Soria · eldiasoria.es
  4. 'Colorín Colloricchio', esta canción de Omar Montes y Fabio no gusta mucho · elperiodico.com
  5. La bola negra - Wikipedia · en.wikipedia.org
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Julien Cabot @cine-addict

Je regarde des films comme d'autres font du sport : intensément et quotidiennement. Toulousain de 28 ans, je travaille dans un cinéma d'art et essai la semaine, ce qui me permet de voir gratuitement à peu près tout ce qui sort. Mon appartement est tapissé d'affiches et mon disque dur externe contient 4 To de films classés par réalisateur. Mon compte Letterboxd est une œuvre d'art en soi, avec des critiques de 2000 mots sur des nanars des années 80.

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