
Je me promenais sur cette rue, voyez-vous (rue que je ne nommerai point), une canicule y régnait à un point tel que mes idées en étaient débalancées.
Je me mis à imaginer un tout autre monde complexe et dépourvu de sens propre. Cela me perturba, mais je ne m'en rendis pas compte à l'instant. Voilà bien le drame ! Car, plus le temps passait, plus mon esprit se métamorphosait en un chancre dégoûtant prêt à m'anéantir une fois que j'aurais réalisé tout ce qui s'était détruit en moi. Mais avant de passer aux choses sérieuses, je dois vous avouer ceci.
Pour tout vous dire, ce n'est malheureusement pas moi qui tape cet article, mais bien mon pote encore pris au piège dans ce monde et dans cette dimension rationnelle dont je ne fais (heureusement ?) plus partie.
En effet, cela me prit quelques années, voire quelques siècles, afin d'accepter cette situation pour le moins pénible une fois habitué. Alors mon pote, se surnommant « Antoine Le spécial », reçoit mes dires et les retranscrit sur ce site (site franchement bien, d'ailleurs).
Bon, bon, bon, les vérités avouées sont à demi-pardonnées. Je peux désormais continuer ma trépidante histoire vers l'au-delà, si je peux qualifier cet endroit ainsi, car aucun mot ne peut l'exprimer. Car voyez-vous, la vie sur Terre est pourvue de rationalité concrète, mais une fois arrivé là-bas, le temps ne se calcule plus. Nous ne sommes qu'émotion et, désolé d'avoir à être si cru, mais c'est carrément le néant où je suis, putain. L'imperceptible néant, celui qui vous gruge jusqu'au point de non-retour, celui qui déchire de l'intérieur. Bref, c'est bien perturbant, mais je me construis peu à peu des boucliers pour contrer cette force intangible et audacieuse qu'est le rien.
Pourquoi ce témoignage depuis l'au-delà ?
Eh bien, au temps de ma vie dans ce monde, il m'arrivait de venir ici lire et répondre à bien des gens, sans toutefois avoir écrit un seul article, quel qu'il soit. Je viens donc par la voie de la « pensée » — merci Antoine, c'est le mot le plus juste que je pouvais employer — pour écrire ne serait-ce qu'un article. Que j'ai bien du plaisir à écrire, d'ailleurs, car ce sera un moyen pour moi d'entrer en contact avec des gens encore « humains ». Car ce n'est pas rose tous les jours d'être dans une telle situation.
Ici où je suis, les âmes se communiquent par le biais de... (écoute Antoine, je ne peux exprimer cette idée car elle est présentement inconnue pour vous). Ah et puis zut, vous ne comprenez rien. Vous ne pourriez même pas comprendre. La vie est une abstraction, qu'un songe, et je viens de me réveiller de ce rêve et/ou cauchemar, et je ne peux m'empêcher de vous confier ceci même si c'est sans espoir, car votre cerveau n'est pas développé pour croire à de telles « idioties » (c'est ce que vous croyez)... Mais ce n'est pas de votre faute ni de la tienne, Antoine. Pardonnez-moi, j'ai manqué de sang-froid.
Mais je reviendrai, soyez aux aguets...