Image 1
Buzz

Emballe moi !

Des yaourts aux bouteilles de soda, en passant par les CD et les rasoirs, les emballages sont mal conçus et sources de frustrations quotidiennes. Un tour d'horizon humoristique de nos combats avec le packaging moderne.

As-tu aimé cet article ?

Il faut bien le reconnaître : sûrement issus des plus grandes écoles d'ingénierie d'emballage, de jeunes hommes et femmes pleins de bonnes volontés voient leurs espoirs tomber en désuétude face aux conjonctures actuelles. Ça se ressent dans le conditionnement de ces merveilleux produits que nous achetons tous les jours, censés nous émerveiller. Ces produits sont certes alléchants, tentants, voire pratiques la plupart du temps, mais vous l'avez compris : leurs emballages laissent souvent à désirer.

J'avoue, j'adore me promener dans les supermarchés. C'est nettement moins joli que le Champ-de-Mars, mais les arbres et les touristes ne sont pas à vendre. Et puis, qu'est-ce que je ferais chez moi d'un touriste japonais ? Mais à ce plaisir d'acheter ces chers produits de consommation s'ajoute souvent le défi de les sortir de leur prison, sans se blesser, ni endommager le contenu, ni blesser aucun être vivant aux alentours.

Produits laitiers : premiers victimes des emballages

Commençons par les consommables, les produits alimentaires. Un bon yaourt est un apport de plein de choses dont j'ai oublié le nom. Mais servi dans un ravissant pot en verre, il est malheureusement recouvert d'une fine feuille d'aluminium sûrement collée à très haute température. Car lorsqu'on essaie de l'ouvrir, cette fameuse feuille ne vient jamais d'un seul coup. Il est fort à parier qu'on se retrouvera avec la moitié en main. À moins de se passer de cette envie de faire des dessins dans le lait fermenté, on pourra par exemple poser le menton sur la table, fermer un œil et retirer doucement cette fine feuille, au risque de se payer un torticolis ou de voir votre partenaire appeler votre médecin traitant pour un pronostic de dysfonctionnement mental.

Bouteilles de lait et pièges à esquiver

Dans la catégorie des produits laitiers, n'oublions pas les bouteilles de lait qui, elles aussi, ont leurs protections collées à haute température. Certes, celle-ci dans le cas d'un bol de Corn Flakes peut très bien rester ouverte à moitié et verser son contenu sans incident. Mais lorsqu'il s'agit de remplir un verre de cacao, dont la circonférence est nettement inférieure à celle d'un bol de céréales, le lait viendra se répandre avec amour sur votre costume trois pièces. Heureusement que nous n'avons pas pour coutume de remplir les tasses de cacao en haut des placards.

Fromage râpé : la « fermeture facile » qui ment

Les nouveaux emballages de fromages râpés ne sont pas mieux lotis. Dernièrement dans mon supermarché, toujours à l'affût d'un emballage pratique digne de ce nom, je tombe sur une grosse publicité : « fermeture facile ». Hop, illico presto dans le caddie. Rentré à la maison, fier de ma découverte, je reste désemparé devant l'impossibilité de l'ouvrir. Car il faut savoir qu'il n'est nullement indiqué comment l'ouvrir.

Pour le fermer, aucun problème : un système de glissière permet, comme votre braguette, de mettre le contenu à l'abri des bactéries et que sais-je d'autre. Mais pour l'ouvrir ? Au risque de tirer très fort sur les parties larges (je parle ici de l'emballage), vous avez toutes les chances de vous retrouver avec une gerbe d'emmental sur le sol, au pire un œil poché suivant la position de vos mains.

Céleri rémoulade et fermeture à ressort

Lors d'une de mes dernières visites au supermarché, j'achète un plat tout préparé de 250 g de céleri rémoulade à 1€42. Je trouve cela un peu cher. En fait, tout vient d'un système de fermeture à ressort. Et à l'inverse de son collègue l'emmental, celui-ci ne se referme qu'avec les deux mains, une fois votre sandwich bloqué entre vos dents, sinon le contenu de ce dernier viendra décorer le haut de vos chaussures italiennes.

Bouteilles de soda : championnes de la traîtrise

Enfin, le grand gagnant de la traîtrise des emballages alimentaires reste les bouteilles de soda. Commençons par le bouchon, auquel je soupçonne une organisation secrète anti-mondialisation d'avoir placé des ouvriers aux chaînes de serrage, avec l'ordre bien précis de serrer plus fort toutes les X bouteilles.

Surtout sur les versions dites familiales, genre 2 litres, dont les parois sont un peu plus épaisses que trois couches de condoms enfilés. Une fois s'être foulé le poignet, au pire cassé une molaire, on essaiera avec sa chemise. Mais cela finira par donner comme résultats désastreux une agitation de votre système nerveux proportionnelle à celle des molécules de gaz carbonique, libérant ainsi un jet de soda sucré et agglutinant aspergeant votre cuisine, et par la même occasion votre personne, qui, il faut le reconnaître, est digne des arrosages des champs de tournesol en été.

Papier toilette et rasoirs : fragilité et forteresses

Au-delà de l'alimentaire, il y a bien sûr les autres produits. L'exemple du papier toilette, qui, au contraire de ses homologues alimentaires, est d'une fragilité des plus déconcertantes. Comme la plupart des hommes, et malgré les remarques répétitives, je n'ai toujours pas eu le réflexe de baisser la cuvette des WC. Mais à cela s'ajoute cette manie de déchirer violemment l'emballage des rouleaux hygiéniques, ce qui a pour effet de les envoyer partout dans la salle de bain, mais spécialement au fond de la cuvette des WC, les rendant complètement inutilisables.

La solution serait d'aller sonner chez votre voisin de palier, lui demandant poliment de pouvoir ouvrir ce contenu dans un acte bestial au milieu de son salon. Car comme tout bon consommateur, nous n'installons pas nos toilettes entre la télé et le canapé. Chez le voisin, on est sûr qu'il y a au moins trois portes distantes du trou de la putréfaction. Cette solution ne s'applique évidemment pas si vous êtes à plus de trois kilomètres de toute civilisation.

Tant que nous sommes dans la salle d'eau, autant parler aussi des rasoirs. Il y a des rayons remplis de tous types de rasoirs, pour tous sexes confondus, à rendre presque jaloux le rayon des spiritueux. Mais pas, encore une fois, dans son emballage. Lorsque j'achète un rasoir, c'est que j'ai oublié l'ancien quelque part, et à mon désarroi, me voici revenu à l'épreuve de force de déballer ma nouvelle acquisition. Il faut le reconnaître : ces instruments épilatoires sont conditionnés de la même façon que les virus de niveau 4. Et à chaque fois, je me demande ce qu'ils attendent pour nous offrir la combinaison N.B.C. ad hoc.

CD audio et le supplice de la cellophane

Toutes catégories confondues, nous pouvons placer très haut dans la barre de la stupidité de l'emballage : les CD audio. Si comme moi vous avez la vilaine habitude de vous ronger les ongles, il faut le reconnaître, ouvrir un CD dans son éternelle cellophane démoniaque sans aucun objet tranchant relève de la sainte patience.

Étant curieux de nature, c'est pour moi un supplice lorsque, après avoir fait mon ravitaillement de CD, je me retrouve dans l'incapacité d'ouvrir mes nouvelles acquisitions sur le chemin du retour, et particulièrement dans le métro, ne fut-ce que pour pouvoir admirer les feuillets intérieurs.

Disons que le problème des CD peut être résolu par l'utilisation non abusive de cutter, outil ô combien approprié pour cet exercice, mais malheureusement déconseillé dans les transports en commun, au risque de se retrouver amputé de ses phalanges.

L'anecdote Pink Floyd et l'antivol destructeur

Mais qu'en est-il des pochettes de disque un peu underground ? Je trouve un jour un album de Pink Floyd en série limitée, recouvert lui d'une pochette de plastique noir. Nos braves combattants de l'antivol n'avaient rien trouvé de mieux que d'apposer sur ledit plastique noir la fameuse puce : « tu ne sortiras point sans payer ».

Quelle ne fut pas ma tête lorsque cette étudiante à la caisse, impassible et pensant bien faire, l'arrache ainsi que la moitié du plastique noir ! Je crois qu'elle a bien cru, ce jour-là, qu'elle rentrerait chez elle avec de sérieux problèmes de digestion pour ingurgitation forcée de caisse enregistreuse.

Cadeaux d'anniversaire et autres surprises

Il est enfin un packaging un peu différent dont j'aimerais vous parler. Ce sont les cadeaux chers et affectueux que nous offrent nos parents. Par exemple, cette couverture chauffante avec régulateur électrique que ma mère, pour un an passé de plus dans ma vie, trouva original de m'offrir, m'expliquant qu'elle en avait elle-même acheté une.

Cet objet original permet de chauffer les épaules et d'avoir l'aine au frais, le tout dans une parfaite harmonie thermique. Oui mais si, comme moi, le soir de votre anniversaire en famille, vous avez pris rendez-vous avec des amis pour continuer la fête dans le bistrot local, pensez bien que vous ne rentrerez pas dans le même état lors de votre sortie de la maison familiale.

Et là, je me retrouvais dans de beaux draps, car j'eus l'idée, dans des vapeurs d'alcool, d'honorer ce présent. Mauvaise idée : je pris le présent à l'envers, ce qui eut pour effet de me cramer les roubignolles et de me réveiller avec un rhume. Cette invention, je trouve, devrait être revue. Malheureusement, je soupçonne l'inventeur d'être mort carbonisé.

As-tu aimé cet article ?
xflr88
Ced Dec @xflr88
3 articles 0 abonnés

Commentaires (7)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...