Le train Velvet, nouveau concurrent de la SNCF prévu pour 2028, devant un bâtiment industriel.
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TGV Velvet intérieur : vers une guerre des prix ou un service luxe ?

Le nouvel acteur ferroviaire Velvet arrive en 2028. Entre design luxueux, enjeux de prix pour les étudiants et concurrence avec la SNCF, découvrez comment ce projet va transformer vos voyages vers l'Ouest.

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L'arrivée d'un nouvel acteur sur les rails français n'est plus un simple projet sur papier. Avec le dévoilement du premier train de la compagnie Velvet, le paysage ferroviaire s'apprête à changer radicalement d'ici 2028. Entre promesses de confort et enjeux de pouvoir d'achat, on peut se demander si le TGV Velvet intérieur et ses services seront accessibles au plus grand nombre ou réservés à une élite. 

Le train Velvet, nouveau concurrent de la SNCF prévu pour 2028, devant un bâtiment industriel.
Le train Velvet, nouveau concurrent de la SNCF prévu pour 2028, devant un bâtiment industriel. — (source)

Le lancement du nouveau TGV Velvet en 2028

Le calendrier est désormais fixé. La compagnie privée Velvet a officialisé son entrée en scène en présentant sa première rame sortie des ateliers Alstom de La Rochelle. Ce projet, porté par Rachel Picard et Timothy Jackson, ne vise pas à remplacer la SNCF, mais à combler un manque de capacité criant sur certaines lignes.

Un déploiement progressif sur la façade atlantique

Le déploiement ne se fera pas partout en même temps. La priorité est donnée à l'Ouest. La ligne Paris-Bordeaux sera la première à accueillir ces trains dès la mi-2028. Par la suite, les axes Paris-Angers-Nantes et Paris-Rennes seront ouverts l'année suivante. Cette stratégie permet à l'entreprise de tester son modèle sur des trajets où la demande est saturée.

Une flotte moderne et écologique

Pour assurer ce service, Velvet a commandé 12 rames de type Avelia Horizon. Ces trains, reconnaissables à leur livrée vert foncé et rose lilas, sont conçus pour transporter plus de passagers que les modèles actuels. Un point technique majeur réside dans leur consommation énergétique, puisque le modèle Velvet réalise des économies de 20 % par rapport au TGV M. 

Détail de la rame Velvet, futur concurrent de la SNCF, accompagnée d'un agent de sécurité.
Détail de la rame Velvet, futur concurrent de la SNCF, accompagnée d'un agent de sécurité. — (source)

L'objectif des 10 millions de places

L'ambition est chiffrée : apporter 10 millions de places supplémentaires par an. Selon la direction de Velvet, environ 15 % des voyageurs souhaitant utiliser la grande vitesse restent actuellement à quai faute de places disponibles. En augmentant l'offre, la compagnie espère capter une clientèle qui ne trouve plus de solutions de voyage satisfaisantes.

L'expérience à bord du TGV Velvet intérieur

Le nom « Velvet », qui signifie velours en anglais, suggère d'emblée une volonté de douceur et de confort. Si les détails précis de l'aménagement ne sont pas encore tous publics, la philosophie de la marque se dessine autour de la simplification et du plaisir de voyager.

Un design pensé pour la reconnaissance

Le choix des couleurs n'est pas anodin. Le vert Bentley et le rose lilas visent à rendre le train immédiatement identifiable en gare. À l'intérieur, l'idée est de rompre avec la standardisation des rames actuelles pour proposer une atmosphère plus chaleureuse. L'objectif est de transformer le trajet en une expérience positive plutôt qu'en une simple contrainte de transport. 

Le premier TGV de Velvet, dont le lancement vers l'ouest de la France est prévu pour 2028.
Le premier TGV de Velvet, dont le lancement vers l'ouest de la France est prévu pour 2028. — (source)

Digitalisation et services aux passagers

L'expérience utilisateur sera au cœur du projet. Rachel Picard, ancienne dirigeante de voyages-sncf.com, mise sur une digitalisation fluide. On peut s'attendre à une gestion des billets et des services à bord totalement intégrée, visant à réduire les frictions rencontrées lors des voyages classiques. Le confort acoustique et la qualité du Wi-Fi seront des points de différenciation majeurs pour attirer les jeunes actifs.

Capacité et ergonomie des espaces

Le modèle Avelia Horizon permet d'optimiser l'espace pour accueillir plus de monde sans pour autant sacrifier le confort. La question reste de savoir comment cet espace sera réparti. Aurons-nous droit à des sièges plus larges ou à des zones de travail mieux équipées ? La compagnie promet une offre efficace qui répond aux besoins réels des voyageurs modernes.

L'impact sur le prix des billets pour les étudiants

C'est la question qui brûle les lèvres de tous les budgets serrés. L'arrivée d'un concurrent privé peut-elle réellement faire baisser le prix d'un trajet Paris-Bordeaux ? L'histoire récente des transports montre que la concurrence a souvent un effet mécanique sur les tarifs.

L'exemple de Trenitalia et l'effet de concurrence

L'expérience avec l'Italien Trenitalia sur la ligne Paris-Lyon est révélatrice. Selon l'Autorité de régulation des transports, le prix moyen des billets a chuté de 10 % depuis l'arrivée des trains rouges. Ce phénomène s'explique par la nécessité pour le nouvel entrant d'attirer des clients et pour l'opérateur historique de défendre ses parts de marché. 

Un train OUIGO de la SNCF et un train blanc à quai, illustrant la concurrence sur le marché du TGV.
Un train OUIGO de la SNCF et un train blanc à quai, illustrant la concurrence sur le marché du TGV. — (source)

Stratégie de prix : entrer à perte pour gagner

La direction de Velvet a été honnête sur sa stratégie financière initiale. La compagnie a admis qu'elle dépenserait à perte au début de son exploitation. Cette phase de « conquête » est classique pour les start-ups : on propose des tarifs très attractifs, voire agressifs, pour habituer le public à la marque avant de stabiliser les prix.

Un risque de segmentation luxe vs mass market

Toutefois, un doute subsiste. Si Velvet se positionne trop sur le segment « premium », les étudiants et les précaires ne verront aucun bénéfice. Si l'offre devient un service de luxe inaccessible, la baisse des prix sur les billets standards sera limitée. Le défi pour Velvet sera de maintenir un équilibre entre une image haut de gamme et une accessibilité tarifaire réelle.

Les enjeux économiques du modèle Velvet

Lancer une compagnie ferroviaire demande des moyens colossaux. Contrairement à une application mobile, le matériel roulant coûte des centaines de millions d'euros. Le montage financier de Velvet est donc un indicateur de sa viabilité à long terme.

Un financement massif par fonds d'investissement

Le projet est soutenu par Antin Infrastructure Partners, qui a levé 1 milliard d'euros. Cette somme finance l'acquisition des 12 rames Alstom, dont le coût est estimé à plus de 850 millions d'euros. Ce n'est pas un coup financier rapide, mais un investissement sur le temps long, typique des infrastructures de transport.

La comparaison avec le Velvet TGV M

Il est intéressant de noter que Velvet s'est inspirée du TGV M, la nouvelle génération de la SNCF, pour concevoir ses rames. Cette approche permet de bénéficier des dernières innovations technologiques tout en y ajoutant une couche de service différenciante. La compétition ne se jouera pas seulement sur la vitesse, mais sur l'efficacité énergétique et l'optimisation des coûts.

Le risque pour les lignes non rentables

Une crainte persiste chez certains observateurs : celle d'un déséquilibre territorial. En se concentrant sur les lignes ultra-lucratives comme Paris-Bordeaux, les opérateurs privés pourraient pousser l'État à délaisser davantage les TER ou les petites lignes. Si les investissements se concentrent uniquement sur les axes « diamants », la fracture territoriale pourrait s'accentuer.

Vers une mutation du marché ferroviaire français

L'arrivée de Velvet marque la fin d'une époque. Le monopole de la SNCF s'effrite, et c'est un processus qui s'accélère. On le voit déjà avec la multiplication des acteurs européens sur le sol français.

Une dynamique européenne de libéralisation

La France suit une tendance observée ailleurs en Europe. L'Espagne a également ouvert son marché, même si certains projets comme le TGV Madrid-Andalousie restent sous surveillance étroite. Cette libéralisation force les opérateurs historiques à se moderniser et à être plus attentifs à la satisfaction client.

La réaction attendue de la SNCF

Face à l'arrivée de Velvet, la SNCF ne restera pas immobile. On peut s'attendre à une accélération du déploiement des TGV M et à une refonte des offres tarifaires. Alors que les bénéfices SNCF 2025 s'élèvent à 1,8 milliard d'euros, la pression sociale pour une baisse des prix est forte. La concurrence pourrait être le levier nécessaire pour forcer cette évolution.

L'importance de la qualité de service

Le voyageur ne cherche pas seulement un prix bas, il cherche de la fiabilité. Les incidents répétés, comme ce TGV bloqué 8h30 à Marseille, montrent que la capacité technique ne fait pas tout. Velvet devra prouver qu'elle peut gérer la ponctualité et les aléas du réseau aussi bien, sinon mieux, que l'opérateur historique.

Velvet TGV recrutement : les métiers de demain

Le lancement d'une telle compagnie crée naturellement des besoins en main-d'œuvre. Le recrutement pour Velvet ne concernera pas seulement des conducteurs de train, mais tout un écosystème de services.

Des profils hybrides entre transport et hôtellerie

Pour incarner son positionnement « velours », Velvet devra recruter du personnel de bord avec une culture du service client très poussée. On ne parle plus seulement de contrôle de billets, mais d'accompagnement du voyageur. Les profils issus de l'hôtellerie ou du luxe pourraient être privilégiés pour garantir l'expérience promise.

L'innovation technologique au cœur des embauches

La digitalisation étant un pilier du projet, les besoins en ingénieurs logiciels et en experts de l'expérience utilisateur (UX) seront importants. La gestion des flux de passagers et l'optimisation des réservations demandent des compétences pointues pour éviter les bugs rencontrés par d'autres plateformes de transport.

La maintenance, un enjeu local

La maintenance des trains sera assurée à Marcheprime, près de Bordeaux, via le partenaire Liséa. Cela signifie que le projet Velvet aura un impact économique direct sur les territoires desservis, en créant des emplois techniques et industriels non délocalisables dans le Sud-Ouest.

Conclusion

Le lancement de Velvet en 2028 représente un tournant pour le transport ferroviaire en France. Si l'aspect visuel du TGV Velvet intérieur et ses promesses de confort sont séduisantes, le véritable test sera tarifaire. Pour les étudiants et les jeunes actifs, l'espoir d'une baisse des prix est réel, portée par l'exemple de Trenitalia. Cependant, la vigilance reste de mise pour éviter que le train à grande vitesse ne devienne un produit de luxe, laissant les lignes régionales dans l'oubli. L'arrivée de ce concurrent privé pourrait être l'électrochoc nécessaire pour moderniser l'ensemble du réseau et remettre le voyageur, et non plus seulement le profit, au centre des priorités.

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Questions fréquentes

Quand le TGV Velvet sera-t-il lancé ?

Le lancement officiel est prévu pour la mi-2028. La ligne Paris-Bordeaux sera la première desservie, suivie des axes Paris-Angers-Nantes et Paris-Rennes l'année suivante.

Quelles lignes le TGV Velvet desservira-t-il ?

La compagnie se concentrera d'abord sur la façade atlantique. Elle débutera par le trajet Paris-Bordeaux avant de s'étendre vers Nantes et Rennes.

Le TGV Velvet fera-t-il baisser le prix des billets ?

L'arrivée de la concurrence pourrait réduire les tarifs, comme l'a montré l'exemple de Trenitalia. Velvet a d'ailleurs admis qu'elle pourrait vendre des billets à perte au début pour attirer les clients.

Quelles sont les caractéristiques des trains Velvet ?

Velvet utilisera 12 rames Avelia Horizon reconnaissables à leurs couleurs vert foncé et rose lilas. Ces trains sont plus économes en énergie et offrent une capacité d'accueil accrue.

Sources

  1. TGV Velvet : approuvez-vous le lancement dès 2028 d'un nouveau concurrent de la SNCF ? · lefigaro.fr
  2. "Un grand défi, on est les seuls pour l'instant à l'avoir relevé": parti d'une simple idée en 2020, Velvet dévoile son premier TGV et confirme le lancement de ses offres vers l'ouest de la France en 2028 · bfmtv.com
  3. Velvet : le nouveau concurrent privé de la SNCF se lance sur les rails · capital.fr
  4. Velvet dévoile son premier TGV pour concurrencer la SNCF · franceinfo.fr
  5. Ce TGV Velvet est le vrai rival de la SNCF : les 5 villes où il circulera ... · journaldugeek.com
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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