Sarah Knafo Portrait Session
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Sarah Knafo : de l'ENA à Reconquête, le parcours fascinant d'une femme qui dérange

De son enfance en Seine-Saint-Denis à l'ENA, Sarah Knafo incarne une méritocratie paradoxale. Magistrate devenue cheville ouvrière d'Éric Zemmour, elle est aujourd'hui députée européenne et candidate à Paris. Portrait d'une femme qui trouble les...

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Dans le paysage politique français, peu de trajectoires suscitent autant d'interrogations que celle de Sarah Knafo. À seulement 32 ans, cette magistrate de formation, issue d'une famille juive marocaine, s'est imposée comme l'une des figures les plus en vue du parti Reconquête. Élue députée européenne en 2024 et désormais candidate aux municipales parisiennes, elle incarne un paradoxe qui trouble les clivages traditionnels. Comment une femme ayant réussi le parcours méritocratique le plus prestigieux de France en vient-elle à diriger la campagne d'Éric Zemmour ? Retour sur un destin politique pas comme les autres.

Sarah Knafo Portrait Session
Sarah Knafo Portrait Session — (source)

Pavillons-sous-Bois, 1993 : les racines d'une ambition

L'histoire de Sarah Knafo commence dans la banlieue nord-est de Paris, aux Pavillons-sous-Bois. C'est là, dans ce quartier modeste de Seine-Saint-Denis, qu'elle voit le jour le 24 avril 1993. Son parcours illustre parfaitement ces trajectoires d'ascension sociale qui font la particularité du 93, ce département souvent stigmatisé mais qui a vu naître tant de réussites exceptionnelles.

Une famille juive marocaine exilée en 1967

Le récit familial de Sarah Knafo est celui d'un double arrachement. Ses grands-parents ont quitté le Maroc pour la France en 1967, dans le sillage de la guerre des Six Jours. Ce conflit a profondément bouleversé les communautés juives d'Afrique du Nord, poussant des milliers de familles à chercher refuge en France. L'immigration nord-africaine juive des années 1960-1970 constitue un chapitre particulier de l'histoire de l'immigration en France, marqué par la volonté d'une intégration réussie et d'une reconnaissance envers le pays d'accueil.

Cette origine marque profondément l'identité politique de Sarah Knafo. Elle grandit avec le récit d'une famille qui a tout quitté pour refaire sa vie en France, qui a travaillé dur pour s'intégrer et réussir. Dans ses prises de position, on retrouve fréquemment cette thématique de l'amour de la France et de la reconnaissance envers un pays qui a offert asile et opportunités. C'est peut-être là que se noue une partie de son rapport à l'identité nationale et à ce qu'elle considère comme les devoirs de l'intégration.

Grandir en Seine-Saint-Denis dans les années 2000

La jeunesse de Sarah Knafo se déroule dans un département en pleine mutation. La Seine-Saint-Denis des années 2000 est celle des tensions, des stigmatisations, mais aussi des parcours d'excellence qui démentent tous les clichés. Elle fréquente un établissement privé juif sous contrat, appartenant au réseau de l'Alliance israélite universelle, où elle obtient son baccalauréat en 2011.

Cet environnement contrasté façonne sa vision du monde. Elle grandit dans un département où coexistent des populations d'origines très diverses, où les inégalités sont criantes, mais où l'école reste perçue comme le levier principal de l'ascension sociale. Cette expérience de la diversité et des fractures sociales alimente probablement sa réflexion politique et sa conviction que la République doit être forte pour assurer la cohésion nationale.

Sciences Po, la Sorbonne, l'ENA : le triptyque de la réussite française

Si les origines de Sarah Knafo sont modestes, son parcours académique est tout simplement brillant. Elle incarne cette méritocratie républicaine tant célébrée, celle qui permet aux enfants d'immigrés d'accéder aux formations les plus prestigieuses. Mais ce cursus d'excellence interroge aussi : comment celle qui a bénéficié de ce système en vient-elle à le critiquer ?

Double licence économie et science politique : les armes du combat

Après une classe préparatoire en économie, méthodes quantitatives et gestion, Sarah Knafo intègre Sciences Po Paris en 2012. En parallèle, elle obtient une double licence d'économie et de science politique à l'université Panthéon-Sorbonne en 2015. Cette double compétence lui offre une maîtrise des mécanismes économiques et politiques qui servira son parcours ultérieur.

C'est durant ces années qu'elle commence à forger ses convictions politiques. Elle rejoint l'Union nationale inter-universitaire (UNI), un syndicat étudiant de droite, ainsi que l'association Critique de la raison européenne, qui défend des positions souverainistes et eurosceptiques. Elle y rencontre des personnalités comme Hubert Védrine, Jean-Pierre Chevènement, Régis Debray, Alain Finkielkraut ou encore Marie-France Garaud. Autant de figures qui, chacune à leur manière, incarnent une certaine idée de la France et de son indépendance.

L'ENA et la Cour des comptes : entrer par la grande porte

Après une première tentative infructueuse, Sarah Knafo intègre l'École nationale d'administration en 2017, dans la promotion Molière. L'ENA, c'est la porte d'entrée de la haute fonction publique française, l'institution qui forme les futurs dirigeants de l'État. Y accéder représente l'aboutissement d'un parcours méritocratique exemplaire.

À sa sortie, elle devient magistrate à la Cour des comptes. Cette institution, chargée de vérifier l'utilisation de l'argent public, occupe une place centrale dans le dispositif de contrôle de l'État. C'est une position privilégiée pour observer les rouages de l'administration et comprendre ses dysfonctionnements. Sarah Knafo fait alors partie de l'establishment qu'elle critiquera plus tard avec véhémence. Cette tension entre son statut de membre de l'élite et son discours anti-système constitue l'un des paradoxes les plus fascinants de son parcours.

Éric Zemmour : la rencontre qui bascule tout

Le basculement s'opère progressivement. Comment une magistrate de la Cour des comptes en vient-elle à diriger la campagne présidentielle d'un polémiste d'extrême droite ? Cette question hante tous ceux qui s'intéressent au parcours de Sarah Knafo. La rencontre avec Éric Zemmour change tout.

De conseillère à cheville de campagne présidentielle

La relation entre Sarah Knafo et Éric Zemmour se noue bien avant la campagne de 2022. Selon les témoignages, c'est le polémiste lui-même qui l'encourage à tenter le concours de l'ENA. Une relation de confiance s'installe, faite d'échanges intellectuels et d'une vision commune de la France.

Lorsqu'Éric Zemmour décide de se lancer dans la course présidentielle, Sarah Knafo ne se contente pas de le soutenir : elle dirige sa campagne. À seulement 28 ans, elle se retrouve à la tête d'une opération politique d'envergure, gérant les stratégies, les rendez-vous, les déplacements. C'est une responsabilité considérable pour une femme aussi jeune, qui n'avait jamais exercé de mandat politique. Son rôle dépasse celui d'une simple conseillère : elle devient l'une des architectes du projet zemmourien, traduisant en propositions concrètes les intuitions du polémiste.

Sarah Knafo le 25 novembre 2025, à Paris ( AFP / Thibaud MORITZ )
Sarah Knafo le 25 novembre 2025, à Paris ( AFP / Thibaud MORITZ ) — (source)

Une relation personnelle et politique indissociable

Il est impossible de comprendre le parcours de Sarah Knafo sans évoquer sa relation de couple avec Éric Zemmour. Cette dimension personnelle alimente les critiques et les interrogations. Ses détracteurs y voient une confusion des genres, une dépendance qui discrédite son autonomie politique. Ses partisans, au contraire, y voient une complicité intellectuelle et un engagement total.

Cette relation interroge aussi sur la place des femmes dans les appareils politiques. Sarah Knafo est-elle perçue comme une femme politique à part entière ou comme l'ombre d'Éric Zemmour ? La question revient constamment dans les médias, parfois avec une condescendance qui en dit long sur le sexisme persistant du monde politique. Pourtant, ceux qui observent son parcours remarquent sa capacité à exister par elle-même, à tenir tête dans les débats télévisés, à porter la voix de Reconquête avec une assurance qui n'emprunte rien à son compagnon.

2024 : le Parlement européen comme nouvelle arène

L'élection européenne de juin 2024 marque une nouvelle étape dans l'ascension de Sarah Knafo. Élue députée européenne sur la liste Reconquête conduite par Marion Maréchal, elle accède à une tribune internationale et s'affirme comme une figure majeure de son parti.

Élue sur la liste Marion Maréchal : une alliance stratégique

Le choix de Marion Maréchal comme tête de liste pour les européennes de 2024 a suscité de nombreuses questions. Pourquoi pas Sarah Knafo ? Pourquoi pas Éric Zemmour lui-même ? La stratégie de Reconquête était claire : faire campagne avec une figure qui incarne la nouvelle génération de l'extrême droite, celle qui a rompu avec le Front national familial pour construire une alternative.

Sarah Knafo obtient une place éligible sur cette liste et est largement élue. Ce résultat confirme son ancrage dans le parti et sa capacité à mobiliser au-delà de la seule figure d'Éric Zemmour. Son élection révèle aussi les rapports de force internes : Marion Maréchal incarne l'aile droit-libérale du mouvement, quand Sarah Knafo représente plutôt le pôle souverainiste et conservateur.

Le groupe L'Europe des nations souveraines : quelles batailles ?

Au Parlement européen, Sarah Knafo siège au sein du groupe L'Europe des nations souveraines. Ce regroupement de partis eurosceptiques constitue une force d'opposition à la construction européenne telle qu'elle existe aujourd'hui. Les dossiers prioritaires de l'élue française : l'immigration, la souveraineté nationale, la défense des identités culturelles.

Son activité parlementaire reflète ses convictions. Elle s'investit sur les questions de contrôle des frontières, dénonce ce qu'elle considère comme une immigration incontrôlée, critique les directives européennes qu'elle juge contraignantes pour les États membres. À Strasbourg comme à Bruxelles, elle porte la voix d'une Europe des nations plutôt qu'une Europe fédérale, refusant ce qu'elle perçoit comme une uniformisation bureaucratique du continent.

Paris 2026 : l'audace d'une candidature symbolique

En ce début d'année 2026, Sarah Knafo s'engage dans une nouvelle bataille : les élections municipales parisiennes. Une candidature audacieuse, presque provocatrice, pour une femme de l'extrême droite dans une ville qui vote traditionnellement à gauche.

Les enjeux de cette élection sont considérables, comme l'explique cette analyse des dynamiques politiques en jeu :

Après 25 ans de gauche : Paris peut-il basculer ?

Paris n'a plus connu de maire de droite depuis 2001. Vingt-cinq ans de socialisme, d'abord avec Bertrand Delanoë, puis avec Anne Hidalgo, ont profondément transformé la capitale. L'heure est au changement : Anne Hidalgo ne se représente pas, laissant le champ ouvert à une bataille tous azimuths.

Du côté du Parti socialiste, Emmanuel Grégoire tente d'incarner la continuité. Du côté de La France Insoumise, Sophia Chikirou espère imposer une vision plus radicale. À droite, Rachida Dati fait figure de favorite, mais elle doit composer avec la concurrence de Pierre-Yves Bournazel. Et puis il y a les candidats d'extrême droite : Thierry Mariani pour le Rassemblement National et Sarah Knafo pour Reconquête. Deux candidatures qui, selon les analystes, ont peu de chances de l'emporter mais qui poursuivent des objectifs stratégiques différents.

Le soutien surprise d'Aurélie Assouline : la normalisation en marche

C'est l'un des faits marquants de cette campagne : Aurélie Assouline, élue Les Républicains du 17e arrondissement de Paris, a rejoint l'équipe de campagne de Sarah Knafo. Un ralliement symbolique qui illustre le rapprochement en cours entre la droite traditionnelle et l'extrême droite.

Ce phénomène dépasse largement Paris. À Nice, un élu LR soutient Eric Ciotti. À Colmar, le président d'une fédération locale LR apporte son appui au Rassemblement National. Ces alliances, encore sporadiques, révèlent l'évolution profonde du paysage politique français. Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, les dirigeants de la droite, ont adopté une stratégie explicite : « Tout sauf LFI ». En clair, mieux vaut l'extrême droite que la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon. Un renversement de perspective qui aurait été inconcevable il y a encore dix ans.

Une candidature sans victoire attendue : alors, pourquoi ?

Les sondages ne donnent aucune chance à Sarah Knafo. Alors pourquoi se lancer dans cette bataille perdue d'avance ? La réponse tient en plusieurs éléments stratégiques. D'abord, l'ancrage local : Reconquête a besoin de s'implanter dans les territoires, de construire des réseaux, de former des militants. Ensuite, la visibilité médiatique : une campagne municipale à Paris, c'est une exposition nationale considérable. Enfin, la préparation de l'après-Zemmour : Éric Zemmour ne sera pas éternellement à la tête du parti, et Sarah Knafo construit patiemment son propre capital politique.

Comme l'écrit Le Monde à propos des candidats d'extrême droite : ils voient cette élection comme « une chance de renforcer leur parti et de s'ancrer dans la politique locale parisienne ». La victoire n'est pas toujours l'objectif immédiat. Parfois, il s'agit de poser des jalons, d'occuper l'espace médiatique, de préparer le terrain pour les batailles futures.

La nouvelle figure médiatique de Reconquête : que représente Sarah Knafo ?

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En 2025, le journal La Croix qualifie Sarah Knafo de « principale figure médiatique du parti Reconquête ». Un titre significatif pour une femme de 32 ans, qui a supplanté dans les médias son propre compagnon. Mais que représente vraiment Sarah Knafo pour son parti et au-delà ?

Son style tranchant dans les débats télévisés a contribué à forger sa réputation, comme en témoigne cet échange tendu avec Manon Aubry sur le thème de l'immigration :

Jeune, femme, diplômée : l'antithèse du militant traditionnel

Le profil de Sarah Knafo tranche radicalement avec l'image traditionnelle des cadres de l'extrême droite. Elle est jeune, femme, issue de l'immigration, diplômée des meilleures écoles de France. Tout, dans son parcours, devrait la destiner à une carrière dans la haute administration ou dans les think tanks de la droite modérée.

Pourtant, c'est du côté de Reconquête qu'elle a choisi de s'engager. Ce paradoxe fascine et interroge. Pour une partie de l'électorat, elle incarne la preuve que l'extrême droite n'est plus réservée aux perdants de la mondialisation. Elle montre qu'on peut réussir le parcours méritocratique par excellence et choisir de rejoindre les rangs de la contestation nationale. Pour ses détracteurs, elle est la preuve vivante que les diplômes ne protègent ni des errements idéologiques ni de l'ambition démesurée.

Pour Reconquête, elle représente un atout communicationnel majeur. Elle permet de toucher un électorat qu'Éric Zemmour ne séduit pas naturellement : les jeunes, les femmes, les diplômés. Elle incarne une modernisation de l'extrême droite, un renouvellement des figures et des discours.

L'après-Zemmour : un avenir en solo ?

À 32 ans, Sarah Knafo a une longueur d'avance sur beaucoup de ses concurrents dans la course aux responsabilités politiques. Élue députée européenne, candidate dans la plus médiatique des municipales, elle accumule les expériences et les expositions. Mais son avenir reste indissociable de celui d'Éric Zemmour et de Reconquête.

Que se passera-t-il si le parti s'essouffle ? Si Éric Zemmour se retire de la vie politique ? Sarah Knafo a-t-elle les moyens d'une carrière solo ? Ces questions hantent les observateurs. Certains voient en elle la dauphine naturelle du polémiste, celle qui poursuivra son œuvre. D'autres doutent de sa capacité à exister sans le soutien de son mentor.

L'avenir le dira. En attendant, Sarah Knafo continue de tracer son sillon, cultivant son image de femme libre et déterminée, refusant les étiquettes simplificatrices, assumant ses choix jusque dans leurs contradictions apparentes.

Conclusion : Sarah Knafo, symptôme d'une France qui change

Le parcours de Sarah Knafo en dit long sur l'état de la France contemporaine. Il révèle les failles d'une méritocratie qui tient ses promesses mais n'empêche pas les choix politiques radicaux. Il montre l'attractivité de l'extrême droite pour une jeunesse diplômée qui ne se reconnaît plus dans les clivages traditionnels. Il illustre enfin la recomposition en cours du paysage politique, où les frontières entre droite et extrême droite s'estompent progressivement.

Un parcours qui interroge les clivages traditionnels

Sarah Knafo défie les catégories habituelles. Elle est issue de l'immigration et porte un discours sur l'identité nationale. Elle a réussi le parcours méritocratique le plus prestigieux et critique le système qu'elle a emprunté. Elle est magistrate à la Cour des comptes et milite pour la destruction des élites. Ces contradictions ne sont pas que personnelles : elles reflètent les tensions qui traversent toute la société française.

Son parcours nous apprend que les trajectoires politiques contemporaines sont complexes, que les héritages ne déterminent pas les engagements, que la réussite sociale n'immunise pas contre les révoltes. Il nous rappelle aussi que l'extrême droite a su se renouveler, séduire de nouveaux électorats, s'adapter aux évolutions de la société.

2026 et après : vers quel avenir ?

La candidature de Sarah Knafo à la mairie de Paris constitue un test grandeur nature. Même si la victoire semble inaccessible, cette campagne lui permet de se positionner pour l'avenir, de construire son réseau, d'affirmer sa voix propre. Les mois qui viendront seront décisifs pour Reconquête comme pour elle.

Plus largement, l'ascension de Sarah Knafo interroge sur l'évolution de la droite et de l'extrême droite en France. Le rapprochement entre les deux familles politiques semble inéluctable, comme l'illustre le ralliement d'Aurélie Assouline. Dans ce paysage en pleine mutation, quelle place Sarah Knafo occupera-t-elle ? Sera-t-elle la continuatrice d'Éric Zemmour ou parviendra-t-elle à s'émanciper pour construire son propre chemin ? L'histoire politique s'écrit au jour le jour, et Sarah Knafo a encore de nombreuses pages à noircir.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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