L'annonce est tombée ce lundi 24 février 2026 : le laboratoire Opella Healthcare procède au rappel de plusieurs lots de Doliprane 2,4 % suspension buvable, ce médicament incontournable que tous les parents gardent précieusement dans leur armoire à pharmacie. La raison de cette mesure inédite ? Les graduations des pipettes fournies avec certains flacons peuvent s'effacer progressivement, créant un risque d'erreur de dosage potentiellement dangereux pour les tout-petits. Une situation qui interpelle d'autant plus qu'elle touche directement les gestes du quotidien recommandés aux jeunes parents.

Doliprane bébé : un geste d'hygiène quotidien à l'origine d'un rappel inédit
Le paradoxe est saisissant : c'est précisément en suivant les recommandations d'hygiène que les parents peuvent se retrouver confrontés à ce problème. Le rinçage de la pipette après chaque utilisation, ce réflexe salutaire pour éviter la prolifération de bactéries entre le flacon et la bouche de l'enfant, se révèle être la cause directe de l'effacement des graduations sur les lots concernés. Le laboratoire Opella Healthcare et l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont donc décidé d'agir rapidement en lançant ce rappel à titre de précaution.
Cette annonce touche particulièrement les jeunes parents et les baby-sitters qui, par souci de protéger les enfants, nettoient méticuleusement le matériel médical. Il est essentiel de comprendre que personne n'est en faute dans cette affaire. Le problème provient d'un défaut de fabrication sur la sérigraphie des pipettes, qui n'a pas été conçue pour résister à l'eau tiède ou chaude utilisée lors du nettoyage. Les utilisateurs ont simplement appliqué les bonnes pratiques d'hygiène recommandées par ailleurs.
La nouvelle prend d'autant plus d'importance qu'elle survient dans un contexte où les familles françaises sont particulièrement attentives à la sécurité sanitaire de leurs enfants. Entre les préoccupations environnementales et les interrogations sur la qualité des produits de santé, ce rappel vient rappeler que la vigilance reste de mise, même pour les médicaments les plus courants.
Quand le rinçage de la pipette devient un risque pour le dosage
Le mécanisme du défaut est désormais bien documenté : les graduations imprimées sur les pipettes des lots concernés se dissolvent progressivement sous l'effet de l'eau tiède ou chaude. Ce phénomène, invisible lors de la première utilisation, s'aggrave au fur et à mesure des rinçages successifs. Les repères de dosage – ces petites lignes indiquant les poids de l'enfant comme 5 kg, 8 kg ou 10 kg – finissent par disparaître complètement, rendant tout mesurage précis impossible.
Ce qui rend la situation particulièrement insidieuse, c'est que le parent ou la personne gardant l'enfant ne se rend pas forcément compte de l'effacement au début. La première graduation à s'effacer est souvent celle du haut, correspondant aux doses les plus fortes. La tentation est alors grande de remplir la pipette approximativement, en se fiant à la mémoire ou à une estimation visuelle. Or, comme l'a souligné l'ANSM, ce risque d'erreur de dosage, bien que faible, existe bel et bien chez les bébés et les jeunes enfants dont le foie est plus vulnérable que celui d'un adulte.
Une mesure de précaution qui mobilise 27 lots de Doliprane 2,4 %
L'ampleur du rappel est significative puisque ce sont pas moins de 27 lots qui sont concernés, identifiés par les numéros L033 à L062. Tous correspondent au produit « Doliprane 2,4 % suspension buvable » portant le code CIP 3400934615467, ce flacon rose de 100 ml spécifiquement conçu pour les nourrissons et jeunes enfants de 3 à 26 kg. Il est important de souligner que le médicament lui-même – le sirop de paracétamol – n'est absolument pas contaminé ni défectueux. Seul l'outil de mesure pose problème.
L'ANSM et le laboratoire ont qualifié cette opération de « mesure de précaution », ce qui signifie que l'action est motivée par la prévention d'un risque potentiel plutôt que par la constatation d'accidents avérés. Cette terminologie, habituelle dans le domaine pharmaceutique, vise à inciter à la prudence sans créer de panique injustifiée. Le rappel permet de retirer du marché les lots présentant ce défaut de fabrication avant que des situations à risque ne se multiplient.
Vérifier votre armoire à pharmacie : guide visuel pour repérer les lots dangereux

Si vous êtes parent d'un jeune enfant ou si vous gardez régulièrement des petits-enfants, il est fort probable que vous ayez ce flacon rose emblématique dans votre armoire à pharmacie. La première réaction face à cette annonce doit être de vérifier méthodiquement le numéro de lot inscrit sur votre boîte. Cette étape est cruciale car elle seule permet de déterminer si votre flacon est concerné par le rappel ou s'il peut être utilisé normalement.
Pour ceux qui découvrent cet article avec un flacon à la main, sachez que l'identification du numéro de lot est relativement simple. Il ne s'agit pas de confondre le code-barres avec le numéro de lot : ce dernier est généralement imprimé en caractères noirs sur fond blanc, dans un encadré distinct. La manipulation prend moins d'une minute et permet d'avoir l'esprit tranquille ou, le cas échéant, de prendre les mesures nécessaires rapidement.
Il est également utile de se remémorer la date d'achat de votre flacon. Si vous l'avez acheté entre novembre 2025 et février 2026, il y a plus de chances qu'il fasse partie des lots concernés. Cette information chronologique peut aider à cibler votre vérification si vous avez conservé plusieurs boîtes à la maison, comme cela arrive fréquemment dans les familles avec plusieurs enfants en bas âge. Pour les familles jonglant entre de multiples responsabilités, un peu comme celles qui cherchent à concilier pratiques spirituelles et vie moderne pendant le Ramadan 2026, la gestion de l'armoire à pharmacie fait partie de ces préoccupations quotidiennes.
Où trouver le numéro de lot sur votre boîte de Doliprane rose
Le numéro de lot figure à deux endroits sur l'emballage que vous possédez. En premier lieu, regardez au dos de la boîte en carton : vous y trouverez un encadré blanc contenant plusieurs informations, dont le numéro de lot précédé de la mention « Lot » ou simplement « N° ». Ce code alphanumérique commence par la lettre L suivie de trois chiffres. Si votre numéro se situe entre L033 et L062 inclusivement, votre flacon est concerné par le rappel.
La deuxième localisation possible est directement sur l'étiquette du flacon en plastique. Cette information est utile si vous avez déjà jeté l'emballage carton, ce qui arrive souvent après l'achat. Le numéro de lot y est imprimé dans une zone dédiée, généralement vers le bas de l'étiquette, à proximité de la date de péremption. Prenez le temps de bien déchiffrer les caractères car une erreur de lecture pourrait vous faire croire à tort que votre flacon est ou n'est pas concerné.
Il est important de noter que seuls les flacons de 100 ml de Doliprane 2,4 % suspension buvable sont visés par ce rappel. Les autres présentations du Doliprane – comprimés, suppositoires, ou encore le Doliprane 3 % pour les enfants plus âgés – ne sont absolument pas concernés. De même, si votre flacon porte un numéro de lot inférieur à L033 ou supérieur à L062, vous pouvez continuer à l'utiliser en toute sécurité.
La liste précise des numéros de lot à ne pas utiliser
Pour lever toute ambiguïté, voici les lots précisément concernés par ce rappel national. La plage s'étend du lot L033 au lot L062, ce qui représente exactement 27 lots différents. Ces flacons portent des dates de péremption comprises entre août 2027 et octobre 2027, ce qui signifie qu'ils étaient considérés comme valides pour une utilisation pendant encore plus d'un an au moment du rappel.
La période de distribution en pharmacies s'est étalée du 12 novembre 2025 au 3 février 2026. Cette information temporelle peut vous aider à cibler votre vérification si vous avez acheté un flacon durant ces trois mois. Les pharmacies de ville sont les seules concernées par cette distribution, ce qui exclut les établissements hospitaliers et les dispensaires qui disposent de circuits d'approvisionnement différents.
Si vous avez un doute sur votre capacité à identifier correctement le numéro de lot, n'hésitez pas à emporter votre flacon chez votre pharmacien. Ce professionnel de santé saura rapidement déterminer si votre médicament fait partie des lots rappelés et procèdera à l'échange si nécessaire. Mieux vaut une minute de vérification supplémentaire qu'un risque de dosage approximatif.
Comprendre le risque : pourquoi une pipette effacée peut nuire au foie des enfants
La question que se posent légitimement de nombreux parents est : pourquoi un tel battage pour des graduations effacées ? La réponse réside dans la particularité du paracétamol, cette molécule active du Doliprane qui, si elle est extrêmement sûre aux doses recommandées, peut devenir toxique en cas de surdosage. Le foie des jeunes enfants, bien que fonctionnel, n'a pas encore la capacité de traitement d'un organe adulte, ce qui le rend plus vulnérable à une accumulation de la substance.
Le système de graduation de la pipette Doliprane a été spécifiquement conçu pour adapter la dose au poids de l'enfant. Chaque tranche de poids correspond à une quantité précise de paracétamol, calculée pour être efficace contre la douleur et la fièvre tout en restant parfaitement sécuritaire. Lorsque les graduations disparaissent, ce système de sécurité visuelle s'effondre, laissant place à l'approximation et potentiellement à l'erreur.
Il faut comprendre que le surdosage en paracétamol n'est pas qu'une question de quantité absorbée en une seule prise. Le risque se multiplie lorsque des doses légèrement excessives sont administrées de façon répétée sur plusieurs jours, par exemple lors d'une fièvre persistante. L'accumulation progressive de la substance dans l'organisme peut alors dépasser les capacités de détoxification du foie, créant des lésions potentiellement graves.
Le paradoxe du surdosage : des graduations invisibles, une dose trop élevée
Le mécanisme du surdosage accidentel est parfaitement compréhensible une fois exposé. Sans repères visuels fiables, le parent ou la personne s'occupant de l'enfant tend naturellement à remplir la pipette jusqu'à un niveau qui lui semble approprié. Or, l'œil humain a tendance à surestimer les volumes liquides, particulièrement dans un tube étroit comme celui d'une pipette. Le risque est donc de donner systématiquement une dose supérieure à celle prévue.
L'ANSM a souligné que ce risque, bien que faible, existe bel et bien chez les bébés et les jeunes enfants. La citation officielle précise que « chez les bébés et les jeunes enfants, une atteinte du foie peut survenir en cas de prises répétées à des doses trop élevées ». Cette mise en garde médicale explique pourquoi les autorités sanitaires ont préféré agir rapidement plutôt que d'attendre la survenue d'incidents avérés.
Le problème est d'autant plus pernicieux que les premiers effets d'un surdosage modéré peuvent passer inaperçus. Un enfant un peu plus fatigué que d'habitude, moins d'appétit, des nausées discrètes : autant de symptômes qui peuvent être attribués à la maladie initiale plutôt qu'à un problème de dosage. C'est ce décalage entre la cause et l'effet qui rend la prévention si importante dans ce type de situation.
Zéro effet indésirable signalé : pourquoi il ne faut pas paniquer pour autant
Le rassurant dans cette affaire, c'est qu'aucun cas d'enfant malade consécutif à ce défaut de fabrication n'a été signalé à ce jour. Cette information, confirmée par plusieurs sources officielles, permet de relativiser l'inquiétude légitime que peut susciter l'annonce d'un rappel de médicament pédiatrique. Le défaut a été identifié lors de contrôles qualité internes, avant que des situations à risque ne se produisent effectivement.
Le laboratoire Opella Healthcare a précisé que l'origine du défaut avait été identifiée sur un site de production spécifique et que des mesures correctives avaient été immédiatement mises en place. Ce qui signifie que les flacons actuellement en production ne présentent plus ce problème de sérigraphie défectueuse. La réactivité du fabricant témoigne d'une prise en charge sérieuse de l'incident.
Il n'en reste pas moins que l'absence d'incidents déclarés ne doit pas servir d'excuse pour négliger le rappel. La vigilance des parents et des personnes s'occupant d'enfants reste essentielle pour s'assurer que cette situation perdure. Un rappel n'a d'efficacité que si les personnes concernées prennent le temps de vérifier leurs médicaments et de procéder aux échanges nécessaires.
Symptômes de surdosage : quand faut-il consulter un médecin en urgence ?

Pour les parents qui ont utilisé un flacon potentiellement concerné par le rappel, une question brûlante persiste : comment savoir si mon enfant a reçu une dose excessive ? La réponse n'est pas toujours simple car les symptômes d'un surdosage en paracétamol peuvent être trompeurs, ressemblant parfois à ceux de la maladie pour laquelle le médicament a été administré. Néanmoins, certains signes doivent alerter et justifier une consultation médicale rapide.
Les symptômes classiques d'un surdosage en paracétamol comprennent les nausées, les vomissements, une perte d'appétit marquée (appelée anorexie dans le vocabulaire médical), une pâleur inhabituelle et des douleurs abdominales. Ces manifestations peuvent apparaître dans les heures suivant l'ingestion mais aussi se décaler de plusieurs jours dans le cas d'un surdosage répété modéré.
La vigilance est d'autant plus importante que les jeunes enfants n'ont pas toujours la capacité d'exprimer clairement ce qu'ils ressentent. Un bébé qui refuse de s'alimenter, qui pleure de façon inhabituelle ou qui semble particulièrement abattu doit faire l'objet d'une attention particulière si vous avez utilisé un flacon du lot rappelé. Dans ce genre de situation, tout comme lorsque surviennent des événements inquiétants comme des cas de fugue chez de jeunes enfants, la réactivité des adultes est cruciale.
Les signes d'alerte d'une ingestion accidentelle de paracétamol
La liste des symptômes à surveiller mérite d'être détaillée pour permettre aux parents d'agir en connaissance de cause. Les nausées et vomissements sont souvent les premiers signes visibles, mais ils peuvent être interprétés à tort comme une aggravation de la gastro-entérite ou de la maladie virale initiale. Si ces symptômes apparaissent alors que l'enfant semblait aller mieux, cela doit retenir l'attention.
La pâleur est un autre indicateur important. Un teint grisâtre, des lèvres décolorées ou une fatigue intense et soudaine peuvent traduire une réaction de l'organisme face à une substance qu'il n'arrive pas à métaboliser correctement. Les douleurs abdominales, particulièrement si elles sont localisées du côté droit (zone du foie), constituent un signal d'alarme qui ne doit pas être négligé.
Il est important de noter que l'absence de symptômes ne signifie pas forcément l'absence de problème. Certaines atteintes hépatiques peuvent être silencieuses dans un premier temps et ne se manifester que tardivement. Si vous avez un doute sérieux sur le dosage administré à votre enfant, la consultation médicale s'impose même en l'absence de signes apparents.
La conduite à tenir en cas de doute sur un dosage passé
Si vous avez utilisé une pipette dont les graduations étaient effacées et que votre enfant présente l'un des symptômes décrits, la première étape est de contacter rapidement un médecin. En dehors des heures ouvrables, les services d'urgence hospitaliers ou le centre antipoison de votre région sont à votre disposition. Notez bien le numéro de lot du flacon utilisé et les doses approximativement administrées pour pouvoir fournir ces informations aux professionnels de santé.
Une mise en garde importante : ne remplacez jamais la pipette défectueuse par celle d'un autre médicament. Les systèmes de dosage varient considérablement d'un produit à l'autre, et une pipette conçue pour un sirop différent peut aboutir à des erreurs de dosage encore plus graves. Si vous devez administrer du paracétamol à votre enfant avant d'avoir pu échanger votre flacon, rendez-vous en pharmacie pour obtenir un produit de remplacement immédiat.
Enfin, conservez le flacon concerné et ne le jetez surtout pas. Il pourra être utile aux professionnels de santé pour identifier précisément le lot et contribuer au suivi sanitaire de ce rappel. Votre pharmacien vous indiquera la procédure à suivre pour l'échange, qui s'effectue gratuitement et sans condition particulière.
Rendez-vous en pharmacie : la procédure simple pour échanger les flacons rappelés
Une fois l'identification effectuée et la confirmation que votre flacon appartient aux lots L033 à L062, la démarche à suivre est relativement simple. Le laboratoire Opella Healthcare et l'ANSM ont mis en place une procédure d'échange gratuite accessible dans toutes les pharmacies de ville. L'objectif est de permettre aux familles de récupérer rapidement un produit sain sans frais ni complication administrative.
La première chose à retenir est qu'il faut rapporter la boîte complète, c'est-à-dire le flacon accompagné de sa pipette, même si ce dernier a déjà été entamé. Le pharmacien effectuera l'échange contre un flacon d'un lot non concerné par le défaut, garantissant ainsi la sécurité d'utilisation pour les prochains traitements. Il n'est pas nécessaire d'avoir conservé le ticket de caisse ou la preuve d'achat.
Cette démarche entre dans le cadre normal des rappels de produits de santé et ne devrait pas prendre plus de quelques minutes une fois arrivé au comptoir de la pharmacie. Les professionnels de santé ont été informés de la procédure et sont prêts à accueillir les demandes d'échange des patients concernés.
Ne jetez pas votre flacon : ramenez-le tout à votre pharmacien
La consigne officielle est formelle : ne jetez surtout pas votre flacon de Doliprane à la poubelle. Les médicaments doivent toujours être rapportés en pharmacie pour être éliminés de manière appropriée, mais dans le cas présent, cela revêt une importance particulière. Le retour du produit permet non seulement l'échange, mais aussi le suivi statistique du rappel et l'identification d'éventuels problèmes similaires.
Le fait de conserver le flacon jusqu'à la visite en pharmacie évite également tout risque de consommation accidentelle par l'enfant. Un flacon de sirop abandonné dans une poubelle de cuisine pourrait représenter une tentation pour un tout-petit curieux. La sécurité des enfants passe aussi par ces gestes simples de prévention domestique.
Si vous avez plusieurs flacons à la maison, vérifiez-les tous et rapportez l'ensemble des produits concernés. Les familles nombreuses ou celles qui ont constitué un stock préventif peuvent très bien posséder plusieurs lots différents, certains étant peut-être concernés et d'autres non. Une vérification systématique reste la meilleure approche.