Elon Musk lors d'une audience, affichant une expression grave.
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Procès Musk contre OpenAI : révélations sur DeepMind, Hassabis et l'hébergement chez Elon Musk

Le procès Musk contre OpenAI révèle comment Elon a hébergé Demis Hassabis sans loyer pour le contrôler, ses tentatives avortées pour dominer l'IA, et les guerres d'ego qui façonnent l'avenir de la technologie.

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Le tribunal d'Oakland est devenu depuis avril 2026 le théâtre d'une confrontation qui révèle les coulisses de l'industrie de l'intelligence artificielle. Elon Musk poursuit OpenAI pour rupture de contrat et trahison de sa mission initiale. Mais ce sont les témoignages sur les relations personnelles entre les géants de la tech qui captivent l'attention. Greg Brockman, ancien président d'OpenAI, a livré une phrase qui résume à elle seule l'obsession du milliardaire : « L'architecte de l'IA de Google vivait sans loyer dans la tête d'Elon Musk ». Derrière ce jeu de mots se cache une histoire bien réelle, celle de Demis Hassabis, cofondateur de DeepMind, qui aurait effectivement séjourné chez Musk sans payer de loyer pendant plusieurs mois en 2012-2013. Ce détail anecdotique éclaire surtout la stratégie de contrôle que Musk a tenté d'imposer à l'ensemble du secteur de l'IA.

Elon Musk lors d'une audience, affichant une expression grave.
Elon Musk lors d'une audience, affichant une expression grave. — (source)

L'hébergement de Demis Hassabis chez Elon Musk : les faits du procès

Des mois sans loyer chez le patron de Tesla

Les transcriptions du procès Musk contre OpenAI ont mis en lumière des détails surprenants sur les relations entre les figures majeures de la tech. Demis Hassabis, le chercheur britannique à la tête de DeepMind, aurait passé plusieurs mois chez Elon Musk sans verser un centime de loyer. L'arrangement remonte à 2012-2013, juste après leur rencontre lors d'une conférence. Les deux hommes avaient découvert une passion commune pour l'IA et ses dangers potentiels.

Hassabis, qui venait régulièrement dans la Silicon Valley pour lever des fonds et recruter des talents, aurait profité de l'hospitalité de Musk. Ce dernier possédait déjà plusieurs propriétés dans la région et proposait volontiers un toit à ses alliés stratégiques. Mais ce qui ressemblait à un geste amical cachait une stratégie bien plus calculée. En hébergeant Hassabis, Musk s'assurait une proximité quotidienne avec l'un des esprits les plus brillants de sa génération.

Portrait de l'architecte de l'IA de Google qui vivait sans loyer dans la tête d'Elon Musk.
Portrait de l'architecte de l'IA de Google qui vivait sans loyer dans la tête d'Elon Musk. — (source)

La fixation documentée de Musk pour Hassabis

Le témoignage de Greg Brockman a été particulièrement éclairant sur ce point. Selon lui, Musk mentionnait Hassabis « de très nombreuses fois » lors des premières années d'OpenAI. Lors d'un dîner consacré à l'IA en 2015, Musk avait même demandé à ses interlocuteurs : « Est-ce que Demis Hassabis est malveillant ? » Cette question, rapportée par plusieurs médias dont The Verge, résume le mélange de fascination et de paranoïa que le patron de Tesla éprouvait pour le chercheur britannique.

Musk voyait en Hassabis à la fois un allié potentiel et une menace existentielle. Il avait investi 5 millions de dollars dans DeepMind dès 2012, officiellement pour « surveiller ce que l'entreprise fabriquait ». Mais quand Google a racheté DeepMind en 2014 pour 500 millions de dollars, Musk a tenté par tous les moyens d'empêcher l'opération. Depuis une fête, il avait passé un appel Skype d'une heure avec Hassabis, caché dans un placard, pour le supplier : « L'avenir de l'IA ne doit pas être contrôlé par Larry. »

Pourquoi Musk voulait contrôler Hassabis et DeepMind

La peur d'une intelligence artificielle générale incontrôlée

Pour comprendre l'obsession de Musk, il faut remonter à 2012. Lors de leur première rencontre, Hassabis avait longuement expliqué à Musk les risques existentiels liés au développement d'une intelligence artificielle générale (AGI). Contrairement à d'autres entrepreneurs de la Silicon Valley qui voyaient dans l'IA une simple opportunité commerciale, Musk a pris ces avertissements très au sérieux.

Il a développé une stratégie d'encerclement : investir dans toutes les startups prometteuses d'IA, placer ses hommes de confiance dans les conseils d'administration, et surtout garder un œil sur les chercheurs les plus brillants. Hassabis était le Graal : non seulement il dirigeait DeepMind, mais il incarnait cette génération de scientifiques capables de faire basculer l'équilibre mondial. Musk voulait être certain que personne d'autre ne contrôle cette technologie avant lui.

La tentative de recrutement avortée

Les e-mails dévoilés lors du procès montrent que Musk n'a jamais abandonné l'idée de récupérer Hassabis. En février 2018, Shivon Zilis, alors conseillère de Musk, lui avait envoyé un message avec plusieurs scénarios pour contrer Google DeepMind. L'un d'eux proposait de confier un laboratoire d'IA chez Tesla à Sam Altman. Un autre, plus direct, disait simplement : « Trouve un moyen d'avoir Demis. Sérieusement. »

Elon Musk dans un cadre intérieur, lors d'une déposition.
Elon Musk dans un cadre intérieur, lors d'une déposition. — (source)

Cette obsession a eu des conséquences directes sur la création d'OpenAI. Musk voulait une structure capable de rivaliser avec Google et DeepMind, mais aussi de servir de contre-pouvoir. Le problème, c'est que Musk n'arrivait pas à se résoudre à laisser les rênes à d'autres. En 2018, alors qu'il était submergé par les problèmes de production de la Tesla Model 3 et les premiers lancements de SpaceX, il a perdu le fil d'OpenAI. Sam Altman et Greg Brockman en ont profité pour prendre le contrôle effectif de l'organisation.

La rivalité personnelle qui a façonné l'industrie de l'IA

De l'amitié à la guerre ouverte

Les relations entre Musk et les fondateurs d'OpenAI ont connu une dégradation spectaculaire. Au début, tout le monde s'entendait. Musk avait recruté Ilya Sutskever, un chercheur star de Google, pour rejoindre OpenAI. Cette décision avait tellement fâché Larry Page que les deux milliardaires avaient cessé de se parler pendant des mois.

Mais très vite, les tensions sont apparues. Musk voyait OpenAI comme une extension de son empire, une organisation qu'il pourrait contrôler depuis les coulisses. Sam Altman, de son côté, voulait une structure indépendante capable de lever des fonds sans dépendre du bon vouloir d'un seul milliardaire. Le clash était inévitable.

Le témoignage choc de Greg Brockman

L'ancien président d'OpenAI a livré lors du procès des détails accablants sur le comportement de Musk. En 2016, lors d'une réunion, Musk avait publiquement humilié un jeune ingénieur nommé Alec Radford, traitant son travail de « stupide ». Radford avait failli démissionner, et Brockman avait dû le convaincre de rester. Ironie de l'histoire : Radford est devenu quelques années plus tard l'un des architectes principaux de ChatGPT.

Brockman a résumé la situation en une phrase cinglante : « Elon Musk est bon pour les fusées et les voitures électriques, mais pas pour l'intelligence artificielle. » Cette déclaration, rapportée par Libération, a dû faire mal à l'ego du milliardaire.

Le procès Musk contre OpenAI : une guerre d'ego à 800 milliards

« J'ai été un idiot »

Pendant les trois jours de son témoignage, Musk a alterné entre arrogance et victimisation. Il a défini OpenAI comme une « organisation caritative », affirmant avoir eu l'idée, trouvé le nom, recruté les personnes clés, et fourni tout le financement initial. Selon lui, « la seule personne capable d'appeler Satya Nadella et d'obtenir une réponse, c'était moi ».

Mais le moment le plus frappant reste sa déclaration : « J'ai été l'idiot qui les a financés gratuitement pour créer une startup. Je leur ai donné 38 millions de dollars en financement essentiellement gratuit pour créer ce qui allait devenir une entreprise de 800 milliards de dollars. » Cette amertume transparaît dans chaque intervention de Musk au tribunal.

La défense agressive de Musk

Face aux avocats d'OpenAI, Musk s'est montré particulièrement irritable. Il a accusé la partie adverse de poser des questions « conçues pour le piéger », comparant l'interrogatoire à la question piège classique « Avez-vous arrêté de battre votre femme ? ». Le juge a dû intervenir à plusieurs reprises pour calmer le milliardaire.

Elon Musk quittant une audience judiciaire, accompagné de son équipe.
Elon Musk quittant une audience judiciaire, accompagné de son équipe. — (source)

Musk affirme aujourd'hui qu'OpenAI a trahi sa mission initiale. L'organisation devait être une force bénéfique pour l'humanité, pas une entreprise commerciale cherchant à maximiser ses profits. Mais les faits sont têtus : Musk lui-même a utilisé les technologies développées par OpenAI pour former son propre modèle d'IA chez xAI, la société qu'il a fondée en 2023.

Les arrangements personnels dans la Silicon Valley

Un écosystème de privilèges

L'histoire de Hassabis dormant chez Musk n'est pas un cas isolé. Dans la Silicon Valley, les arrangements informels entre fondateurs et investisseurs sont monnaie courante. Peter Thiel, cofondateur de PayPal, a longtemps hébergé des entrepreneurs prometteurs dans ses propriétés. Sam Altman lui-même a vécu chez plusieurs mentors avant de lancer ses propres projets.

Ces pratiques créent un réseau d'obligations et de loyautés qui dépasse le simple cadre professionnel. Quand on dort sous le toit de quelqu'un, on lui doit une certaine forme de reconnaissance. Musk l'avait bien compris : en hébergeant Hassabis, il s'assurait une influence personnelle sur l'un des esprits les plus brillants de sa génération.

Les limites éthiques de ces arrangements

Cette proximité pose des questions éthiques évidentes. Jusqu'où peut-on mélanger relations personnelles et enjeux industriels ? Quand Musk hébergeait Hassabis, savait-il déjà que Google allait racheter DeepMind ? Essayait-il d'influencer les décisions du chercheur britannique ?

Aujourd'hui, alors que l'IA générative bouleverse des industries entières, ces questions prennent une importance cruciale. Les décisions prises dans des dîners entre milliardaires ou des nuits passées sur un canapé ont des conséquences sur la vie de milliards de personnes. La transparence devient une exigence démocratique, pas un simple luxe.

Les architectes de l'IA désignés personnalités de l'année 2025

Une reconnaissance paradoxale

En décembre 2025, le magazine Time a désigné les « architectes de l'intelligence artificielle » comme personnalités de l'année. Sam Altman, Elon Musk, Demis Hassabis, Jensen Huang, Mark Zuckerberg, Dario Amodei, Lisa Su et Fei-Fei Li apparaissent sur une photo les montrant assis sur une poutre métallique, clin d'œil aux ouvriers construisant les gratte-ciel new-yorkais.

Time justifie ce choix en expliquant que 2025 a été « l'année où tout le potentiel de l'intelligence artificielle s'est révélé au grand jour ». Le magazine salue ces huit figures qui « ont pris les rênes de l'histoire, développé des technologies et pris des décisions qui redessinent le paysage de l'information, le climat et nos moyens de subsistance ».

Le paradoxe Musk

Voir Elon Musk figurer aux côtés de Sam Altman et Demis Hassabis sur cette couverture a quelque chose d'ironique. L'homme qui poursuit aujourd'hui OpenAI en justice, qui accuse ses anciens partenaires de trahison, qui a tenté par tous les moyens de contrôler le développement de l'IA, se retrouve célébré comme l'un de ses principaux architectes.

Mais c'est aussi le signe que la Silicon Valley fonctionne comme une petite famille, où les rancœurs personnelles n'empêchent pas les reconnaissances mutuelles. Musk, Altman et Hassabis partagent un même objectif : dominer la prochaine révolution technologique. Leurs querelles ne sont que des péripéties dans une course bien plus vaste.

Ce que l'affaire révèle sur l'avenir de l'IA

Des décisions prises dans l'opacité

L'affaire Hassabis-Musk illustre un problème structurel de l'industrie technologique. Les décisions les plus importantes concernant l'avenir de l'IA sont prises par un petit groupe d'individus, dans des cercles fermés, sans aucun contrôle démocratique. Quand Musk investissait dans DeepMind, quand Google rachetait la startup, quand OpenAI passait du statut d'organisation à but non lucratif à celui d'entreprise commerciale, personne n'a eu leur mot à dire.

Ce manque de transparence devient problématique à mesure que l'IA s'immisce dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Les chatbots, les assistants vocaux, les systèmes de recommandation, les algorithmes de recrutement ou de crédit : toutes ces technologies sont conçues par des entreprises dont les dirigeants entretiennent des relations personnelles complexes.

La nécessité d'une régulation

Les révélations du procès Musk contre OpenAI renforcent l'argument de ceux qui réclament une régulation plus stricte du secteur. Si les relations entre les acteurs majeurs de l'IA sont aussi opaques, comment garantir que leurs décisions servent l'intérêt général plutôt que leurs intérêts personnels ou leurs rancœurs ?

Plusieurs pays réfléchissent à des cadres juridiques pour encadrer le développement de l'IA. La France a adopté une stratégie nationale, l'Union européenne a voté l'AI Act, et les États-Unis multiplient les auditions parlementaires. Mais ces régulations restent largement insuffisantes face à la vitesse à laquelle la technologie évolue.

Conclusion : l'avenir de l'IA entre guerres d'ego et arrangements privés

L'histoire de Demis Hassabis dormant chez Elon Musk sans payer de loyer pourrait n'être qu'une anecdote amusante dans les annales de la Silicon Valley. Mais elle révèle quelque chose de plus profond : la façon dont les relations personnelles, les obsessions et les rivalités entre quelques individus façonnent une technologie qui va transformer la vie de l'humanité entière.

Musk a perdu la bataille pour le contrôle de DeepMind, puis celle d'OpenAI. Aujourd'hui, il tente de rattraper son retard avec xAI, sa propre entreprise d'intelligence artificielle. Mais son obsession pour Hassabis ne s'est jamais éteinte. Comme le dit Brockman, l'architecte de l'IA de Google continue de vivre sans loyer dans la tête d'Elon Musk.

Pendant ce temps, les enjeux réels — la sécurité des systèmes d'IA, la protection des données personnelles, l'impact sur l'emploi, les biais algorithmiques — restent largement débattus en dehors des cercles fermés des milliardaires de la tech. Le procès Musk contre OpenAI, avec ses révélations sur les arrangements personnels et les guerres d'ego, nous rappelle que l'avenir de l'IA ne se joue pas seulement dans les laboratoires, mais aussi dans les chambres d'amis des millionnaires de la Silicon Valley.

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Questions fréquentes

Pourquoi Musk hébergeait-il Hassabis sans loyer ?

Elon Musk a hébergé Demis Hassabis chez lui en 2012-2013 sans lui demander de loyer. Cette hospitalité cachait une stratégie de contrôle : Musk voulait une proximité quotidienne avec l'un des esprits les plus brillants de l'IA pour surveiller ses travaux et s'assurer que personne d'autre ne contrôle cette technologie avant lui.

Quel témoignage choc Greg Brockman a-t-il livré ?

Greg Brockman, ancien président d'OpenAI, a déclaré lors du procès qu'Elon Musk est « bon pour les fusées et les voitures électriques, mais pas pour l'intelligence artificielle ». Il a aussi révélé que Musk avait publiquement humilié un jeune ingénieur, Alec Radford, qui deviendrait plus tard un architecte clé de ChatGPT.

Comment Musk a-t-il tenté d'empêcher le rachat de DeepMind ?

Quand Google a racheté DeepMind en 2014 pour 500 millions de dollars, Musk a supplié Demis Hassabis lors d'un appel Skype d'une heure, caché dans un placard lors d'une fête. Il lui a dit : « L'avenir de l'IA ne doit pas être contrôlé par Larry », faisant référence à Larry Page.

Pourquoi Elon Musk poursuit-il OpenAI en justice ?

Musk poursuit OpenAI pour rupture de contrat et trahison de sa mission initiale. Il accuse l'organisation d'être devenue une entreprise commerciale de 800 milliards de dollars alors qu'elle devait être une force bénéfique pour l'humanité. Il affirme avoir financé gratuitement sa création avec 38 millions de dollars.

Qui sont les architectes de l'IA désignés personnalités 2025 ?

Le magazine Time a désigné huit figures de l'IA comme personnalités de l'année 2025 : Sam Altman, Elon Musk, Demis Hassabis, Jensen Huang, Mark Zuckerberg, Dario Amodei, Lisa Su et Fei-Fei Li. La couverture les montre assis sur une poutre métallique, clin d'œil aux ouvriers new-yorkais.

Sources

  1. Les « architectes de l'IA » désignés personnalités de l'année par « · 20minutes.fr
  2. boursorama.com · boursorama.com
  3. briefia.fr · briefia.fr
  4. challenges.fr · challenges.fr
  5. Les grands patrons de l’IA désignés personnalités de l’année 2025 par le magazine « Time » · lemonde.fr
pro-gamer
Théo Verbot @pro-gamer

L'esport, c'est ma vie. Je suis tous les tournois, je connais les rosters par cœur, je peux t'expliquer la méta actuelle de n'importe quel jeu compétitif. Étudiant en marketing du sport à Paris, je rêve de devenir commentateur esport professionnel. En attendant, je cast des tournois amateurs sur Twitch et j'analyse les matchs comme d'autres analysent le foot. Le gaming, c'est du sport. Point.

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