Le 13 juillet 2026, les procureurs du Minnesota ont annoncé une victoire juridique majeure : après six mois de blocage, les autorités fédérales ont enfin remis des disques durs contenant des heures de vidéo de caméras corporelles, les déclarations des agents impliqués et le véhicule de Renee Good, un Honda Pilot criblé de balles. Cette rupture dans l'enquête intervient alors que l'administration Trump avait tout fait pour enterrer ces preuves, allant jusqu'à qualifier les deux victimes de terroristes. Retour sur un polar judiciaire qui oppose l'État du Minnesota au gouvernement fédéral, et qui pourrait redéfinir l'équilibre des pouvoirs aux États-Unis.

Le trésor de guerre des procureurs : les preuves enfin dévoilées
Le 13 juillet 2026, Mary Moriarty, procureure du comté de Hennepin, et Keith Ellison, procureur général du Minnesota, ont annoncé avoir mis la main sur des preuves retenues pendant plus de six mois par les autorités fédérales. Ces éléments incluent des disques durs contenant des heures de vidéo de caméras corporelles, les déclarations des agents impliqués dans les deux fusillades, et le véhicule de Renee Good, un Honda Pilot toujours scellé sous film plastique dans un entrepôt du FBI à Brooklyn Center.

« C'est un jour important pour la justice dans le Minnesota », a déclaré Mary Moriarty. « Nous avons maintenant les outils pour déterminer ce qui s'est réellement passé le 7 janvier et le 24 janvier. » La procureure a précisé que l'évaluation des charges pénales possibles contre les agents fédéraux prendrait plusieurs semaines, le temps d'analyser l'ensemble des éléments transmis.
Les disques durs du silence : six mois d'obstruction fédérale
Le bras de fer juridique entre l'État du Minnesota et l'administration Trump a commencé dès le lendemain de la mort d'Alex Pretti, le 24 janvier 2026. Le FBI refusait catégoriquement de transmettre les éléments aux enquêteurs locaux. Le département de la Justice (DOJ) avait annoncé ne pas enquêter sur la mort de Renee Good, tout en ouvrant une enquête sur sa veuve, Becca Good. Six responsables du parquet du comté de Hennepin ont démissionné pour protester contre l'absence totale de coopération fédérale.
Keith Ellison n'a pas mâché ses mots : « Je suis profondément troublé que le gouvernement fédéral ait passé plus de six mois à tenter de cacher ces preuves aux enquêteurs de l'État. Cela n'aurait jamais dû prendre autant de temps. » Le procureur général a rappelé que les demandes formelles (Touhy requests) étaient restées sans réponse du DOJ pendant des mois, forçant le Minnesota à intenter un procès fédéral en mars 2026.

Mary Moriarty et Keith Ellison : le duo qui a fait plier le DOJ
Mary Moriarty, procureure du comté de Hennepin, est connue pour ses positions progressistes sur la réforme de la justice pénale. Ancienne avocate de la défense publique, elle a été élue en 2022 sur un programme de réduction de la surpopulation carcérale et de transparence policière. Keith Ellison, procureur général du Minnesota, est une figure de la gauche américaine, ancien membre du Congrès et premier Afro-Américain élu à ce poste dans l'État.
Leur alliance a été décisive. Le procès commun intenté en mars 2026 invoquait le 10e amendement (souveraineté des États) et l'APA (Administrative Procedure Act) pour contester le refus illégal de communiquer des informations. Le juge fédéral Eric Tostrud a donné raison aux procureurs du Minnesota, ordonnant la transmission des preuves sous peine de sanctions. Sans cette décision, les preuves livrées en juillet auraient peut-être disparu ou été altérées.
Le calendrier de la transmission : deux semaines de coopération forcée
La remise effective des preuves a commencé fin juin 2026, soit près de deux semaines avant l'annonce officielle du 13 juillet. Les procureurs ont dû organiser la réception et la sécurisation de volumes considérables de données numériques, ainsi que le transport du véhicule de Renee Good depuis l'entrepôt fédéral de Brooklyn Center. Chaque disque dur a été scellé et inventorié sous supervision judiciaire, garantissant la chaîne de possession des éléments.
Renee Good : l'observatrice légale devenue cible
Avant d'être un nom dans un dossier juridique, Renee Good était une citoyenne de 37 ans, mère de trois enfants, écrivaine et poétesse. Le 7 janvier 2026, elle avait déposé son fils à l'école et rentrait chez elle lorsqu'elle a croisé un groupe d'agents de l'ICE sur Portland Avenue, à Minneapolis. Elle s'est arrêtée pour observer, comme elle le faisait souvent en tant que bénévole pour un réseau de surveillance citoyenne.

Les images de vidéosurveillance et les enregistrements des téléphones portables montrent une femme calme, souriante, qui échange quelques mots avec les agents. « C'est bon mec, je ne t'en veux pas », dit-elle à Jonathan Ross, l'agent masqué qui allait la tuer quelques secondes plus tard.
Une poétesse de 37 ans, mère de trois enfants, tuée en citoyenne libre
Renee Good était observatrice légale bénévole (legal observer), un rôle crucial dans les opérations de maintien de l'ordre aux États-Unis. Ces citoyens documentent les interventions policières pour garantir le respect des droits constitutionnels. Selon son ex-époux, elle venait de déposer son fils à l'école et rentrait chez elle lorsqu'elle a croisé un groupe d'agents de l'ICE.
Les faits sont désormais établis par les vidéos. Alors que Renee Good manœuvrait son véhicule pour s'éloigner des agents, Jonathan Ross a tiré à travers le pare-brise. Selon l'autopsie commandée par la famille, la balle a traversé le côté de la tête de la victime. Les images montrent qu'elle ne représentait aucune menace : l'agent se trouvait sur le côté gauche du véhicule, en dehors de sa trajectoire directe, et le véhicule s'éloignait de lui.

Le violent retournement de narrative : de bénévole à terroriste
L'administration Trump a immédiatement lancé une campagne de désinformation. Sur Truth Social, Donald Trump a qualifié Renee Good de « terroriste » et affirmé que l'agent avait été heurté par le véhicule. Cette version a été démentie par Human Rights Watch, qui a analysé les vidéos : « L'agent se trouvait sur le côté gauche du véhicule, en dehors de sa trajectoire directe, et le véhicule s'éloignait de lui. Le récit des faits présenté par le gouvernement est totalement incompatible avec toute analyse raisonnable des images vidéo. »
La guerre de communication ne s'est pas arrêtée là. Le DOJ a annoncé qu'il n'enquêterait pas sur la mort de Renee Good, mais qu'il ouvrait une enquête sur sa veuve, Becca Good, pour « obstruction à la justice ». Cette décision a provoqué la démission de six procureurs fédéraux et une vague d'indignation nationale.
Les six minutes qui ont coûté la vie à Renee Good

Un détail macabre émerge des témoignages recueillis par les enquêteurs. Renee Good n'est pas morte instantanément. Aucun des agents de l'ICE présents n'a tenté de lui prodiguer les premiers secours. Pire encore, ils ont empêché un médecin témoin de la scène d'intervenir. Lorsque les secours locaux sont arrivés six minutes plus tard, la victime avait encore un pouls. Mais le temps perdu était irrattrapable. Ce refus d'assistance a été qualifié de « violation flagrante des droits humains » par les organisations de défense des droits civiques.
Alex Pretti : l'infirmier abattu de dix balles
Dix-sept jours après la mort de Renee Good, à moins de 3 kilomètres du même lieu, Alex Pretti, 37 ans, infirmier en réanimation à l'hôpital des anciens combattants de Minneapolis, est abattu par des agents de la CBP (patrouille frontalière). Le second acte du drame se déroule dans des conditions tout aussi choquantes, avec une violence disproportionnée et une campagne de désinformation encore plus agressive.
Alex Pretti filmait les agents de la CBP lorsqu'il est intervenu pour protéger une femme bousculée par les forces de l'ordre. Il a été gazé, plaqué au sol, désarmé (il possédait une arme légalement, qui lui a été retirée par un agent), puis abattu d'au moins dix balles, dont la plupart alors qu'il était déjà au sol.
Le tir à travers le pare-brise : la version de l'ICE contestée par la vidéo
Jonathan E. Ross, l'agent de l'ICE qui a tué Renee Good, est un vétéran de 43 ans. Ancien artilleur de la garde nationale en Irak (2004-2005), il a rejoint la patrouille frontalière en 2007 puis l'ICE en 2013. Six mois avant la fusillade, il avait été gravement blessé lors d'une interpellation. Les vidéos montrent qu'il a tiré à travers le pare-brise alors que le véhicule s'éloignait de lui.
Un détail glaçant a été capté par les micros des téléphones portables présents sur les lieux. Après le troisième coup de feu, une voix masculine se fait entendre : « fucking bitch ». Cet enregistrement, diffusé par Alpha News, contredit frontalement la thèse de la légitime défense avancée par l'administration Trump.
Dix balles sur un homme désarmé : la mort d'Alex Pretti minute par minute
Le 24 janvier 2026, Alex Pretti filmait les agents de la CBP déployés dans son quartier. Lorsqu'il a vu une femme être bousculée par les forces de l'ordre, il est intervenu. Les agents l'ont immédiatement gazé, plaqué au sol et désarmé. Son arme, qu'il possédait légalement, a été retirée par un agent.

Malgré cela, Jesus Ochoa et Raymundo Gutierrez ont ouvert le feu. Alex Pretti a reçu au moins dix balles, dont la plupart alors qu'il était déjà au sol, incapable de se défendre. Le DHS a publié une photo de l'arme sur un siège de voiture, pas dans un sac sous scellés, compromettant les preuves (empreintes, ADN) mais surtout suggérant qu'il représentait une menace. L'enquête de Bellingcat a confirmé que l'arme avait été retirée par un agent avant les tirs.
Jesus Ochoa et Raymundo Gutierrez : des agents venus du Texas
Jesus Ochoa, 43 ans, a rejoint la CBP en 2018 comme agent de la Border Patrol. Raymundo Gutierrez, 35 ans, travaille pour la CBP depuis 2014, dans l'Office of Field Operations, et est membre d'une équipe spéciale d'intervention (SWAT). Tous deux sont originaires du sud du Texas, une région marquée par des décennies de militarisation de la frontière.
Placés en congé administratif après les tirs, ils n'ont pas été suspendus mais simplement mutés hors de Minneapolis. Cette origine géographique ajoute une couche au récit : des agents formés à la frontière sud, habitués à des méthodes de contrôle musclées, ont été déployés dans le Midwest, avec des conséquences tragiques. Leur présence dans le Minnesota s'inscrit dans l'opération Metro Surge, la plus vaste opération de contrôle migratoire jamais menée dans la région.
Metro Surge : les dessous d'une opération choc

Le 5 janvier 2026, le département de la Sécurité intérieure (DHS) lance « Metro Surge », la plus vaste opération de contrôle migratoire jamais menée dans la région, avec environ 2 000 agents de l'ICE mobilisés dans l'aire métropolitaine de Minneapolis-Saint Paul. Cette opération, annoncée à l'approche de la passation de pouvoir, visait officiellement à lutter contre la fraude sociale massive liée au détournement de l'aide aux réfugiés somaliens.
Mais sur le terrain, les habitants ont décrit une véritable occupation paramilitaire. Des agents masqués et armés ont procédé à des arrestations massives, souvent sans mandat, dans une atmosphère de terreur.
2000 agents de l'ICE déployés : l'état de choc à Minneapolis
Les abus recensés par Amnesty International France sont accablants. Liam, 5 ans, a été arrêté avec son père et utilisé comme appât pour forcer la reddition d'autres membres de la famille. ChongLy Scott Thao, citoyen américain, a été arrêté chez lui sans mandat et traîné en sous-vêtements sous la neige. Julio Sosa-Celis, un Vénézuélien demandeur d'asile, a été abattu par l'agent Christian Castro, qui a depuis été inculpé par le comté de Hennepin.
Molly Coleman, membre du conseil municipal de Saint Paul, a qualifié la première journée de cette opération d'« absolument inédite ». Keith Ellison, procureur général du Minnesota, a décrit le sentiment des habitants : « Les gens ont eu l'impression d'avoir à faire face à un groupe paramilitaire hostile qui maltraite, insulte et terrorise leurs voisins. » En réponse, les communautés ont organisé des comités de vigilance de quartier, utilisant des sifflets et des systèmes d'alerte pour signaler la présence des agents fédéraux.
C'est dans ce climat de choc que Renee Good et Alex Pretti ont été tués. Tous deux étaient des citoyens américains qui tentaient de documenter les abus. Leur mort a transformé l'indignation locale en crise nationale.
Tim Walz face à Trump : la guerre des gouverneurs
Le gouverneur démocrate Tim Walz a qualifié la première fusillade d'« écœurante » et demandé à Donald Trump de mettre fin à l'opération. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a fait de même. La réponse de Trump sur Truth Social a été cinglante : il a accusé Walz d'être « crooked » (corrompu) et a ordonné l'intensification des opérations.
Cette escalade politique a alimenté l'obstruction fédérale. Le Minnesota a même mobilisé sa Garde nationale pour tenter de reprendre le contrôle des opérations sur son territoire. Mais l'administration Trump a refusé toute coopération, bloquant l'accès aux preuves et empêchant les enquêteurs locaux d'interroger les agents fédéraux.
La machine à désinformation de l'administration Trump
Au-delà de l'obstruction judiciaire, l'administration Trump a mené une guerre d'information contre les victimes. Kristi Noem, secrétaire au DHS, a affirmé qu'Alex Pretti « était là pour se livrer à la violence ». Stephen Miller, conseiller de Trump, l'a qualifié d'« assassin ». J.D. Vance, sénateur de l'Ohio, a relayé ces accusations sur les réseaux sociaux.
La famille d'Alex Pretti a qualifié ces déclarations de « mensonges odieux ». Son frère, dans une déclaration publique, a rappelé que l'infirmier était un vétéran décoré, père de deux enfants, qui filmait simplement les abus de l'ICE.
Bellingcat contre la machine : la photo truquée de l'arme
L'enquête de Bellingcat a joué un rôle crucial dans la déconstruction du récit officiel. Les analystes ont confirmé que l'arme d'Alex Pretti avait été retirée par un agent avant les tirs. Le DHS avait pourtant publié une photo de l'arme sur un siège de voiture, pas dans un sac sous scellés, compromettant les preuves (empreintes, ADN) mais surtout suggérant qu'il représentait une menace.
La manipulation de la scène de crime est un fait grave, presque inédit dans l'histoire récente des États-Unis. Les enquêteurs du Minnesota ont découvert que les agents avaient déplacé l'arme après les tirs pour la photographier dans une position suggérant qu'Alex Pretti pouvait l'atteindre. Cette falsification des preuves pourrait constituer un délit fédéral.
Kristi Noem et Stephen Miller : l'accusation sans preuve
Les déclarations de Kristi Noem et Stephen Miller ont été diffusées dans les heures suivant la mort d'Alex Pretti, avant même que les premières analyses balistiques ne soient disponibles. « Il était là pour se livrer à la violence », a affirmé Noem, sans fournir la moindre preuve. Stephen Miller l'a qualifié d'« assassin » sur Fox News.
Cette campagne de désinformation a eu des conséquences concrètes. Le DOJ a refusé d'enquêter sur les agents impliqués, tandis que la veuve de Renee Good faisait l'objet d'une enquête pour « obstruction à la justice ». Les procureurs locaux, dépassés, ont démissionné en masse.
Le 10e amendement contre Washington : le bras de fer juridique
Comment l'État du Minnesota a-t-il juridiquement forcé l'administration fédérale à lâcher les preuves ? La réponse tient en deux mots : le 10e amendement. Ce texte, qui garantit la souveraineté des États face au gouvernement fédéral, a été le fondement juridique du procès intenté par le Minnesota en mars 2026.
Le Minnesota attaquait le fédéral en invoquant également l'APA (Administrative Procedure Act), qui oblige les agences fédérales à répondre aux demandes d'information dans un délai raisonnable. Le DOJ n'avait même pas répondu aux demandes formelles (Touhy requests) pendant des mois.
Un procès inédit : le 10e amendement pour sauver la transparence
Le procès intenté par le Minnesota est inédit à plusieurs égards. Jamais un État n'avait attaqué le gouvernement fédéral pour obtenir des preuves dans une enquête pour homicide impliquant des agents fédéraux. Le fondement juridique repose sur le 10e amendement, qui stipule que les pouvoirs non délégués aux États-Unis par la Constitution, ni interdits par elle aux États, sont réservés aux États respectivement ou au peuple.
« Le gouvernement fédéral ne peut pas se cacher derrière le secret pour empêcher un État d'enquêter sur des meurtres commis sur son sol », a déclaré Keith Ellison. « C'est une question de souveraineté. » Les juges fédéraux ont donné raison au Minnesota, ordonnant la transmission des preuves sous peine de sanctions.
Eric Tostrud : le juge qui a gelé la destruction des preuves
Le juge fédéral Eric Tostrud a joué un rôle crucial dans cette affaire. Dès le 26 janvier 2026, il a bloqué l'administration Trump de « détruire ou modifier » les preuves liées à la mort d'Alex Pretti, via une injonction temporaire. Le DHS a qualifié la requête de « ridicule », mais le juge a maintenu sa décision.
Sans cette injonction, les preuves livrées en juillet auraient peut-être disparu. Les procureurs du Minnesota ont découvert que le FBI avait déjà commencé à « nettoyer » les lieux des fusillades avant l'injonction, effaçant des traces potentielles. Le juge Tostrud a également ordonné la conservation de tous les enregistrements des communications entre les agents fédéraux et leur hiérarchie.
Conclusion : ce que l'affaire Good-Pretti dit de l'Amérique de 2026
L'affaire Good-Pretti dépasse largement le cadre d'un simple fait divers. Elle révèle les fractures profondes de la société américaine de 2026 : la rupture de confiance entre les États et le gouvernement fédéral, la violence institutionnelle comme révélateur politique, et la question des armes et de l'immigration.
Le conflit entre le Minnesota et Washington a mis en lumière l'absence de mécanismes de contrôle efficaces sur les opérations fédérales. Pendant six mois, l'administration Trump a pu bloquer l'accès aux preuves sans aucune conséquence, jusqu'à ce que le Minnesota intente un procès. « C'est un précédent dangereux », analyse Harry Litman, ancien procureur fédéral. « Si le gouvernement fédéral peut cacher des preuves de meurtre commis par ses agents, alors l'État de droit est menacé. »
Les vidéos des téléphones portables ont changé la donne. Comme le note The New Republic, « les morts de Good et Pretti illustrent comment les affaires de violence policière ont complètement changé à l'ère de l'iPhone, où presque tout le monde sur les lieux a une bonne caméra vidéo. » Ces images ont contredit le récit officiel et forcé la main du DOJ.
Mary Moriarty doit maintenant décider des inculpations contre les agents fédéraux. Une décision sans précédent qui pourrait aller jusqu'en Cour suprême. Comme dans l'affaire Colin Gray, la question de la responsabilité pénale des auteurs de fusillades reste au cœur du débat américain.
Le Minnesota a déjà montré sa détermination en inculpant Christian Castro pour la fusillade de Julio Sosa-Celis. Mais les agents fédéraux bénéficient d'une immunité relative qui complique les poursuites. Si Mary Moriarty décide d'inculper Jonathan Ross, Jesus Ochoa et Raymundo Gutierrez, elle ouvrira une brèche juridique majeure.
Au-delà des procès, l'affaire Good-Pretti restera comme un symbole des excès de l'administration Trump et de la résistance des États. Le Minnesota a prouvé qu'un État pouvait faire plier Washington, même dans les circonstances les plus difficiles. Mais le prix à payer a été lourd : deux citoyens américains tués par des agents fédéraux, six procureurs démissionnaires, et une confiance brisée entre les institutions et le peuple américain.