La candidature commune entre Les Républicains et Renaissance pour 2027 n'aura pas lieu. Les deux camps courent séparés, et les procédures internes de LR ont fermé la porte à toute fusion.

Février 2026 : des candidats séparés avant toute fusion
Bruno Retailleau a déclaré sa candidature le 12 février 2026. Edouard Philippe, à la tête d'Horizons, était déjà en campagne. Gabriel Attal, alors secrétaire général de Renaissance, prévoyait de se lancer après les municipales. Le 25 février, les partis du centre et de la droite ne se projetaient pas ensemble pour 2027.
Attal avait pourtant alerté sur le risque d'éclatement. Sur RTL le 15 février, il a déclaré : "Si on est plusieurs candidats de la droite et du centre, nous ne serons pas à l'élection présidentielle au second tour, et donc nous laisserons nos électeurs choisir entre deux extrêmes et ils nous en voudront."

Dans le camp présidentiel, l'absence d'héritier naturel pousse les députés élus depuis 2017 à chercher un recours. Lors d'un dîner à Matignon le 4 février, une dizaine d'entre eux ont pressé Sébastien Lecornu, Premier ministre, de se déclarer. Il a esquivé : "prudent comme un sioux" et "je n'ai pas le virus de la présidentielle". Jean Castex est aussi cité comme recours. Attal a résumé la tentation : "Dès qu'on met un pied sur le perron de Matignon, on pense au perron de l'Elysée."
Le verrou procédural de LR enterre la primaire commune
Fin mars 2026, les instances de LR, où siègent des proches de Retailleau, ont écarté la primaire ouverte incluant des candidats d'autres partis pour un candidat unique de la droite. David Lisnard a quitté le parti. La direction a souligné : "Rien n'est changé".
Les adhérents ont confirmé cette autonomie les 18 et 19 avril. Ils choisissaient entre trois options : désignation directe de Retailleau, primaire fermée aux adhérents, ou primaire ouverte aux sympathisants. Le 19 avril, Retailleau a été désigné candidat à 73,8 % (participation 60,01 %, environ 46 000 votants sur 76 000). La primaire fermée recueillait 12,2 % et la primaire aux sympathisants 14 %. Une primaire LR-only devait avoir lieu en juin au plus tard.
Un proche de Laurent Wauquiez s'est désespéré d'un "score nord-coréen en faveur de Retailleau" lors de cette consultation.
Retailleau parti pour incarner LR seul, la question de son accès au second tour devient centrale. L'analyse de Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau peut-il vraiment atteindre le second tour ? détaille cette dynamique.
Le camp présidentiel cherche son champion
Renaissance a verrouillé sa propre piste en mai. Le 12 mai, le conseil national a adopté une motion appelant Attal à être candidat : 221 voix (91 %) contre 22 pour une primaire interne. Attal a jusqu'au 1er octobre pour annoncer sa décision. Gabriel Attal candidat à la présidentielle 2027 : annonce attendue dans l'Aveyron revient sur cette séquence.
En août 2026, l'Elysée a agité l'hypothèse d'une candidature de Lecornu. Frédéric Dabi, directeur de l'IFOP, anticipe que "Emmanuel Macron ne sera pas le Mitterrand de 1995 ou le Chirac de 2007 durant cette campagne... il sera omniprésent". Le président serait donc un acteur de la campagne, sans que cela résolve l'absence de champion consensuel du centre.
La dispersion condamne le centre-droite au premier tour
Les sondages montrent que la division empêche le camp central d'accéder au second tour. Selon Ifop-Fiducial publié le 4 mars 2026, Jordan Bardella recueille 36 % au premier tour, Marine Le Pen 34-35 %, Edouard Philippe 16 % comme unique candidat du bloc central, Gabriel Attal 10-11 %, et Lecornu ou Darmanin moins de 10 %.
Un sondage OpinionWay pour Les Échos et Radio Classique publié le 9 juillet 2026 donne Marine Le Pen à 34-36 %. Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay, explique qu'il n'y a pas eu d'effet négatif de sa condamnation. Les conséquences d'une victoire de la candidate RN sont traitées dans Présidentielle 2027 : si Marine Le Pen gagne, ça change quoi pour nous ?.

La mécanique est claire : avec Retailleau candidat propre et Renaissance sur sa propre ligne, le RN capte l'essentiel de l'électorat de droite et le centre s'effrite sous les 10-16 %.