Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public
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Photos volées et « méthodes mafieuses » : le duel Alloncle-Niel secoue l’Assemblée

Le député UDR Charles Alloncle accuse Xavier Niel d'avoir organisé une filature et la publication de photos volées dans Paris Match pour l'intimider avant un vote crucial sur l'audiovisuel public.

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Le 7 juin 2026, Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a posté sur X une accusation qui a fait l’effet d’une bombe. « Ma traque dans Paris jusqu’à la porte de mon domicile puis la diffusion illégale de photos portant atteinte à ma vie privée auraient donc été organisées, financées et relayées par Xavier Niel », écrit l’élu. L’affaire mêle photos volées, agence de paparazzi, millions d’euros et un vote parlementaire qui décidera du sort d’un rapport explosif.

Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public
Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public — (source)

Cette accusation intervient dans un contexte déjà surchauffé. Depuis novembre 2025, la commission d’enquête pilotée par Alloncle dissèque les dérives de l’audiovisuel public. Xavier Niel et Matthieu Pigasse, copropriétaires de Mediawan, y ont été auditionnés dans une atmosphère de pugilat. Aujourd’hui, l’affaire franchit un nouveau palier. L’élu accuse le milliardaire d’avoir utilisé ses ressources financières et médiatiques pour le piéger, le photographier à son insu, puis publier les clichés dans Paris Match. Le duel n’est plus politique. Il est devenu personnel, judiciaire et existentiel.

L’audition qui a mis le feu aux poudres : Niel contre Alloncle à l’Assemblée

Pour comprendre l’escalade, il faut revenir au printemps 2026. La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, créée à l’initiative du groupe UDR, auditionne les acteurs majeurs du secteur. Xavier Niel et Matthieu Pigasse sont convoqués en tant que copropriétaires de Mediawan, société de production audiovisuelle qui travaille régulièrement avec France Télévisions. Ce qui devait être une audition technique se transforme en champ de bataille.

Dès les premières minutes, le ton dérape. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, tente de demander à Niel pourquoi il ne s’était pas présenté à une première convocation en février. « Vous n’êtes pas procureur », lui rétorque sèchement l’homme d’affaires. Très vite, les regards se tournent vers Charles Alloncle, le rapporteur, qui a multiplié les posts sur X pour dénoncer les pratiques de Mediawan. Niel ne décolère pas.

« Cirque », « mensonges », « fake news » : la charge frontale de Xavier Niel contre le rapporteur UDR

Charles Alloncle prenant la parole à l'Assemblée nationale.
Charles Alloncle prenant la parole à l'Assemblée nationale. — (source)

L’audition du 8 avril 2026 restera dans les annales des commissions parlementaires. Xavier Niel accuse Alloncle d’avoir « transformé la commission en cirque ». « Merci pour l’invitation, et je ne suis pas un clown », lance-t-il, le visage fermé. Il reproche au député d’avoir diffusé des « mensonges » et des « fake news » sur les réseaux sociaux, notamment un post affirmant que les dirigeants de Mediawan auraient privatisé un restaurant pour fêter la reconduction de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions.

Niel ne s’arrête pas là. Il pointe le coût des auditions — « des dizaines de millions d’euros » selon lui — et ironise : « Cela fait cher l’émission de télé. » Il menace même de quitter la salle. Le président de la commission suspend la séance pour tenter de calmer les esprits. Matthieu Pigasse, lui aussi copropriétaire de Mediawan, prend la parole et critique Alloncle : « Je m’étonne qu’un rapporteur de commission d’enquête puisse mettre en cause des personnes sans même les avoir auditionnées. Vous nous avez couverts de boue, Xavier Niel et moi. »

Cette audition est le point de bascule. Les deux hommes ne se contentent plus de s’opposer sur le fond. La guerre est déclarée.

Quand le vote du 27 avril devient l’enjeu de tous les dangers

Derrière l’affrontement verbal, un enjeu institutionnel majeur se profile. La commission d’enquête doit rendre son rapport. Les 31 parlementaires qui la composent voteront le 27 avril pour ou contre sa publication. Si le vote est négatif, le rapport, les vidéos des auditions et les comptes rendus disparaîtront du site de l’Assemblée nationale. C’est un mécanisme prévu par le règlement, mais rarement utilisé.

Alloncle agite ce spectre. Il accuse Niel et Pigasse de « déchaîner » leurs médias pour obtenir un vote défavorable. « Vous pouvez voir une bonne partie de la presse publique, subventionnée et aux ordres de M. Niel et M. Pigasse, se déchaîner contre moi », déclare-t-il sur RMC. Le rapport, qui compile 70 auditions et près de 300 témoignages, pourrait donc ne jamais voir le jour. Pour Alloncle, c’est la preuve que les milliardaires veulent enterrer les révélations qui les gênent.

Ce contexte est essentiel pour comprendre la suite. Les photos volées ne sont pas un accident. Elles interviennent au moment où le rapporteur achève la rédaction de ses conclusions, quelques semaines avant le vote décisif.

Des photos volées dans Paris Match : le piège médiatique qui visait Charles Alloncle

Le 21 mai 2026, Paris Match publie un article qui fait l’effet d’une bombe. Sous le titre « Moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et sa compagne », le magazine people montre des photos du député en compagnie d’une jeune femme brune. Les clichés, pris devant un immeuble parisien, montrent les deux personnes marchant côte à côte, souriantes. L’article est rapidement modifié : le mot « compagne » devient « une amie ». Mais le mal est fait.

Portrait de Charles Alloncle, député de l'Hérault.
Portrait de Charles Alloncle, député de l'Hérault. — (source)

Les photos tombent au pire moment pour Alloncle. Il est en pleine rédaction de son rapport sur l’audiovisuel public, un travail qui vise notamment à dénoncer les conflits d’intérêts entre France Télévisions et les sociétés de production privée. La publication de ces images, dans un média contrôlé par Xavier Niel via le groupe Lagardère, ressemble à une opération de déstabilisation.

Shéhérazade Khandani, la collaboratrice devenue « compagne » sous les objectifs

La femme photographiée avec Alloncle s’appelle Shéhérazade Khandani. Elle est son assistante parlementaire. L’article de Paris Match la présente d’abord comme sa « compagne », avant de rectifier. Alloncle dément formellement toute relation amoureuse. « Nous ne sommes ni mariés, ni pacsés, ni concubins », précise-t-il.

Le problème est politique et juridique. Depuis la loi « pour la confiance dans la vie politique » votée en 2017 après l’affaire Fillon, les parlementaires ne peuvent plus employer leur conjoint, leur partenaire de Pacs ou leur concubin comme collaborateur. Si les photos prouvaient une relation amoureuse, Alloncle serait en infraction. Le député UDR le sait. Il nie donc catégoriquement.

Mais l’ambiguïté est savamment entretenue. Le titre initial de Paris Match, la proximité des deux personnes sur les clichés, la publication en pleine guerre politique : tout semble calculé pour mettre l’élu en difficulté. L’opposition pourrait saisir la balle au bond et demander une enquête.

Une guerre des mots et des images : comment un « moment de détente » devient une arme électorale

Pourquoi ces photos maintenant ? La chronologie est troublante. Alloncle vient d’auditionner Xavier Niel dans des conditions conflictuelles. Il s’apprête à publier un rapport qui pourrait être accablant pour Mediawan et, plus largement, pour les relations entre l’audiovisuel public et les sociétés de production privées. Paris Match, qui appartient au groupe Lagardère, lui-même contrôlé par Xavier Niel, publie des photos volées du député.

Le caractère intrusif des images est frappant. Alloncle a été suivi dans Paris, jusqu’à la porte de son domicile. Les photos ont été prises sans son consentement, dans un lieu privé. C’est ce qui distingue cette affaire d’un simple paparazzi de célébrité. Il ne s’agit pas d’un homme politique en meeting ou en sortie officielle. Il s’agit d’un élu traqué chez lui, dans sa vie privée, pour le discréditer.

Alloncle ne s’y trompe pas. Il voit dans cette publication une tentative de le faire taire. Le 7 juin, il porte l’accusation sur la place publique.

« Méthodes mafieuses » : l’accusation choc d’Alloncle contre Xavier Niel sur X

Le 7 juin 2026, Charles Alloncle publie un message sur X qui fait l’effet d’une déflagration. « Ma traque dans Paris jusqu’à la porte de mon domicile puis la diffusion illégale de photos portant atteinte à ma vie privée auraient donc été organisées, financées et relayées par Xavier Niel », écrit-il. Le post est accompagné d’une question qui résume le scandale : « De quel droit un milliardaire mécontent d’avoir eu à rendre des comptes peut-il utiliser ses ressources pour intimider un élu ? »

Le terme « méthodes mafieuses » n’est pas prononcé par Alloncle lui-même, mais il est repris en chœur par ses soutiens et par les commentateurs politiques. Il résume parfaitement la gravité de l’accusation.

Traqué jusqu’au pas de sa porte : le récit glaçant du député UDR

Dans son message, Alloncle décrit une filature organisée. Il affirme avoir été suivi « dans Paris jusqu’à la porte de son domicile ». Les photos, prises à son insu, ont ensuite été « diffusées illégalement », violant sa vie privée. Il accuse formellement Xavier Niel d’avoir « organisé, financé et relayé » l’opération.

Xavier Niel et Matthieu Pigasse lors de leur audition à l'Assemblée nationale
Xavier Niel et Matthieu Pigasse lors de leur audition à l'Assemblée nationale — (source)

L’accusation est précise. Alloncle ne se contente pas d’évoquer des soupçons. Il nomme le commanditaire présumé, le mode opératoire et le vecteur de diffusion. Il s’appuie sur une enquête de Mediapart qui, selon Le Figaro, détaille le rôle de l’agence Bestimage, rachetée par Niel en 2024, dans la production et la circulation des clichés.

Le post d’Alloncle est partagé des milliers de fois. Les réactions sont immédiates. Certains soutiennent le député, d’autres lui rappellent que la loi de 2017 le met en danger. Mais une chose est certaine : l’affaire a changé de nature. Ce n’est plus un simple conflit politique. C’est une accusation de harcèlement et d’intimidation, portée par un élu de la République contre le propriétaire d’un empire médiatique.

De quel droit ? La question qui fâche sur le pouvoir des milliardaires

La question posée par Alloncle dépasse son cas personnel. « De quel droit un milliardaire, mécontent de devoir répondre à des questions, peut-il utiliser ses ressources financières et médiatiques pour intimider un élu ? » Cette interrogation touche au cœur du débat démocratique.

En France, la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires est un sujet récurrent. Xavier Niel possède Free, Le Monde, Le Nouvel Obs, Paris Match, Europe 1, et bien d’autres titres. Matthieu Pigasse contrôle Radio Nova, Les Inrocks, et une partie de Mediawan. Ensemble, ils représentent un pouvoir médiatique considérable.

Alloncle pose une question simple : ce pouvoir peut-il être utilisé pour protéger des intérêts économiques face à une enquête parlementaire ? La réponse, si l’accusation se vérifie, serait un séisme pour la démocratie française. Un élu ne peut pas enquêter sereinement si le propriétaire des médias peut le faire suivre, le photographier et publier les clichés pour le discréditer.

Bestimage, Mimi et les 3,7 millions d’euros : l’enquête Mediapart qui accable Niel

L’accusation d’Alloncle n’est pas une simple déclaration politique. Elle s’appuie sur une enquête fouillée de Mediapart, reprise par Le Figaro, qui détaille le rôle de l’agence de paparazzi Bestimage dans cette affaire. C’est le chaînon manquant entre Xavier Niel et les photos volées.

Bestimage n’est pas une agence comme les autres. Fondée par Michèle Marchand, surnommée « Mimi », elle est spécialisée dans les photos volées de célébrités, les paparazzi et les scoops people. Pendant des années, Mimi a régné sur ce marché, avant de se retrouver au cœur de plusieurs affaires judiciaires.

Michèle Marchand, alias « Mimi », et la vente de l’agence Bestimage

En 2024, Xavier Niel rachète Bestimage à Michèle Marchand. L’opération est discrète, mais Mediapart la révèle dans le détail. Pourquoi un patron de presse, propriétaire de quotidiens, de magazines et de radios, achète-t-il une agence de paparazzi ? La question est au cœur du scandale.

Bestimage dispose d’un réseau de photographes capables de suivre des personnalités, de les photographier à leur insu, et de revendre les clichés à la presse people. En rachetant cette agence, Niel met la main sur un outil de surveillance potentiellement très efficace. Le conflit d’intérêts est flagrant : un propriétaire de médias peut, via Bestimage, produire des photos compromettantes et les diffuser dans ses propres titres.

Mediapart affirme que c’est exactement ce qui s’est passé avec Alloncle. Les photos du député UDR auraient été prises par des photographes de Bestimage, puis auraient transité par l’agence avant d’atterrir dans Paris Match, propriété du groupe Lagardère, lui-même contrôlé par Niel.

3,7 millions d’euros : le circuit opaque de l’argent et des photos compromettantes

Xavier Niel au Salon des entrepreneurs de Paris en 2011.
Xavier Niel au Salon des entrepreneurs de Paris en 2011. — Copyleft / CC BY-SA 3.0 / (source)

L’enquête de Mediapart révèle un autre élément troublant. Xavier Niel aurait injecté 3,7 millions d’euros dans Bestimage après son rachat. Cette somme, selon les journalistes, aurait servi à financer les opérations de l’agence, y compris la production de photos compromettantes.

Le circuit est opaque. L’argent transite par des sociétés écrans, des comptes offshore, des montages financiers complexes. Mais Mediapart affirme avoir retrouvé la trace des 3,7 millions d’euros, et les relie directement à la production des photos d’Alloncle.

Si ces informations se confirment, l’affaire prend une dimension judiciaire majeure. Xavier Niel ne serait pas seulement le propriétaire du média qui a publié les photos. Il serait le commanditaire de la filature, le financeur de l’opération, et le bénéficiaire de la publication. L’accusation de « méthodes mafieuses » prend alors tout son sens.

Le rapport qui peut tout faire basculer : le vote décisif sur l’audiovisuel public

Au cœur de cette affaire, il y a un enjeu politique majeur : le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Les photos volées, l’accusation de méthodes mafieuses, la guerre des mots sur X : tout cela tourne autour du vote du 27 avril. Si le rapport est publié, il pourrait entraîner des réformes profondes. S’il est enterré, ce sera une victoire pour ceux qui le redoutent.

Alloncle en est convaincu. Les photos publiées par Paris Match visent à le discréditer pour faire échouer le vote. « La ficelle est quand même très grosse », déclare-t-il. « Ils vont tous se déchaîner pour essayer d’obtenir un vote défavorable. »

70 auditions, 300 personnes entendues : l’héritage fragile de la commission

Le travail de la commission est colossal. Pendant quatre mois, Alloncle et ses collègues ont auditionné plus de 70 personnes, recueilli près de 300 témoignages. Ils ont disséqué les comptes de France Télévisions, les relations avec les sociétés de production privée, les conflits d’intérêts, les dérives financières.

Le rapport, intitulé Rapport Alloncle sur l'audiovisuel public : luxe, opacité et dérives financières, promet d’être explosif. Il dénonce notamment les « conflits d’intérêts entre France Télévisions et les sociétés de production privée ». France Télévisions attribue près d’un milliard d’euros d’argent public chaque année à des sociétés privées, alors que le groupe dispose de 9 000 salariés bien payés.

Xavier Niel, lors de son audition, a ironisé sur le coût des auditions : « Cela a coûté des fortunes aux Français. » L’argument est habile : il retourne contre la commission l’argent public qu’elle a dépensé. Mais Alloncle rétorque que cet argent a permis de mettre au jour des pratiques qui coûtent bien plus cher aux contribuables.

La menace de la disparition : un électrochoc ou un coup d’État médiatique ?

Si le vote du 27 avril est négatif, le rapport, les vidéos des auditions et les comptes rendus disparaissent du site de l’Assemblée nationale. C’est une procédure prévue par le règlement, mais rarement utilisée. Alloncle agite ce chiffon rouge pour mobiliser ses troupes.

L’opposition dénonce un « coup d’État médiatique ». Selon elle, les milliardaires propriétaires de médias utilisent leur pouvoir pour influencer le vote et enterrer un rapport qui les gêne. La question est posée : un rapport parlementaire peut-il être censuré par des intérêts privés ?

Le débat sur la censure au Parlement et le cas du rapport Alloncle est désormais lancé. Il dépasse le simple cadre de l’audiovisuel public. Il interroge la capacité des institutions à résister aux pressions des puissances économiques.

Conséquences judiciaires et politiques : qui prend le risque de la plainte ?

L’affaire n’en est qu’à ses débuts. Les deux camps pourraient se retrouver devant les tribunaux. Alloncle menace de porter plainte pour atteinte à la vie privée, violation de domicile et filature illégale. Mais lui-même n’est pas à l’abri d’une plainte pour emploi fictif ou détournement de fonds publics, si la relation avec sa collaboratrice est avérée.

Le terrain judiciaire est dangereux pour les deux parties.

Droit à l’image, vie privée et violation de domicile : le volet pénal pour Niel

Alloncle dispose d’arguments juridiques solides. La filature, la prise de photos sans consentement, la diffusion non autorisée : tout cela constitue des infractions pénales. La loi française est stricte sur la protection de la vie privée. Prendre des photos d’une personne chez elle, sans son accord, et les publier, c’est violer l’article 9 du code civil et l’article 226-1 du code pénal.

Si Alloncle porte plainte, une enquête sera ouverte. Les juges pourront remonter la filière : qui a commandité la filature ? Qui a pris les photos ? Qui les a transmises à Paris Match ? Si l’enquête confirme le rôle de Xavier Niel, l’homme d’affaires pourrait être mis en examen pour complicité d’atteinte à la vie privée.

L’affaire rappelle d’autres scandales récents, comme le vol de 30 000 photos privées chez Meta par un ingénieur. La frontière entre vie privée et vie publique est de plus en plus poreuse, et les outils de surveillance se multiplient.

La loi de 2017 sur la moralisation de la vie politique : le talon d’Achille d’Alloncle

Mais Alloncle n’est pas à l’abri. La loi « pour la confiance dans la vie politique », votée après l’affaire Fillon en 2017, interdit aux parlementaires d’employer leur conjoint, leur partenaire de Pacs ou leur concubin comme collaborateur. Si les photos de Paris Match prouvent une relation amoureuse entre Alloncle et Shéhérazade Khandani, le député serait en infraction.

Alloncle nie toute relation. Il affirme que Khandani est une collaboratrice comme une autre, embauchée selon les règles. Mais les photos, le titre initial de Paris Match, et les rumeurs qui circulent dans les couloirs de l’Assemblée créent un doute.

L’opposition pourrait saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Une enquête serait ouverte. Si elle conclut à une infraction, Alloncle risquerait une peine d’inéligibilité et une amende. Le député marche sur une corde raide.

Un précédent qui inquiète : quand le pouvoir des milliardaires défie la représentation nationale

Cette affaire dépasse largement le duel personnel entre Alloncle et Niel. Elle pose une question de fond sur l’équilibre des pouvoirs en France. Un élu de la République peut-il enquêter sereinement sur les médias quand leur propriétaire dispose des moyens de le faire suivre, de le photographier et de le ridiculiser ?

Le précédent est inquiétant. Si l’accusation d’Alloncle se vérifie, cela signifie qu’un milliardaire a utilisé ses ressources financières et médiatiques pour intimider un parlementaire en pleine mission d’enquête. C’est une atteinte grave à la séparation des pouvoirs et à la démocratie.

De l’affaire Fillon au duel Alloncle-Niel : la vie privée des élus, un champ de bataille permanent

L’histoire politique française est jalonnée d’affaires où la vie privée des élus a été utilisée comme une arme. L’affaire Fillon, en 2017, a conduit à la loi sur la moralisation de la vie politique. Ironie du sort, cette même loi fragilise aujourd’hui Alloncle.

La vie privée des élus est devenue un champ de bataille permanent. Les médias, les réseaux sociaux, les agences de paparazzi : tout un écosystème s’est développé autour de la traque des personnalités politiques. Les élus sont suivis, photographiés, filmés, parfois chez eux, dans leur intimité. La frontière entre information légitime et voyeurisme malsain est de plus en plus floue.

Le débat sur la parole des journalistes sur les réseaux sociaux est au cœur de cette problématique. Les journalistes peuvent-ils relayer des photos volées ? Doivent-ils vérifier leur origine ? La déontologie est mise à rude épreuve.

Démocratie, transparence et milliardaires : quel garde-fou face aux « méthodes mafieuses » ?

L’affaire Alloncle-Niel est un test de résistance pour les institutions françaises. Elle pose la question du rapport de force entre la République et ses oligarques. Les milliardaires propriétaires de médias disposent d’un pouvoir considérable. Ils peuvent orienter l’opinion, influencer les votes, et, semble-t-il, intimider les élus.

Quels sont les garde-fous ? La loi protège la vie privée, mais elle est difficile à appliquer face à des réseaux opaques de filature et de diffusion. Les commissions d’enquête parlementaires sont des outils puissants, mais elles sont vulnérables aux pressions. Les tribunaux peuvent trancher, mais les procédures sont longues.

La réponse viendra du vote du 27 avril et des décisions de justice. Si le rapport est publié, si les juges confirment les accusations d’Alloncle, ce sera un avertissement pour tous ceux qui seraient tentés d’utiliser leur pouvoir économique pour entraver le travail parlementaire. Si, au contraire, le rapport disparaît et que l’affaire est classée, ce sera un signal inquiétant pour la démocratie française.

Conclusion : une affaire qui interroge l’équilibre des pouvoirs en France

L’affaire des photos volées n’est pas un simple fait divers people. C’est le symptôme d’un déséquilibre profond entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique. Charles Alloncle et Xavier Niel ne sont que les acteurs d’une pièce plus grande, qui interroge la capacité de la République à se défendre contre ceux qui voudraient la réduire au silence.

Le duel entre le député UDR et le milliardaire a mis en lumière des pratiques qui, si elles se confirment, constituent une menace directe pour la démocratie. La filature d’un élu, la publication de photos volées, l’utilisation d’une agence de paparazzi pour discréditer un rapporteur parlementaire : tout cela dépasse le cadre d’une simple rivalité politique.

Le vote du 27 avril sera un premier test. Si le rapport Alloncle est publié, ce sera une victoire pour la transparence. S’il disparaît, ce sera un signal alarmant. Mais au-delà de ce vote, c’est toute la question du pouvoir des milliardaires sur les médias et sur les institutions qui est posée. Les Français méritent de savoir si leurs élus peuvent enquêter librement, sans craindre les représailles de ceux qui possèdent les journaux, les radios et les magazines. La réponse à cette question déterminera l’avenir de la démocratie en France.

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Questions fréquentes

Qui a accusé Xavier Niel de méthodes mafieuses ?

Le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, a accusé Xavier Niel d'avoir organisé et financé une filature et la publication de photos volées de lui dans Paris Match pour l'intimider.

Pourquoi les photos d'Alloncle dans Paris Match posent problème ?

Les photos montrent le député avec son assistante parlementaire, Shéhérazade Khandani, présentée d'abord comme sa « compagne ». Si une relation amoureuse était prouvée, cela violerait la loi de 2017 interdisant aux parlementaires d'employer leur conjoint.

Quel est le lien entre Xavier Niel et l'agence Bestimage ?

Xavier Niel a racheté l'agence de paparazzi Bestimage en 2024. Selon une enquête de Mediapart, cette agence aurait produit les photos volées d'Alloncle, qui ont ensuite été publiées dans Paris Match, un média contrôlé par Niel.

Que risque le rapport Alloncle sur l'audiovisuel public ?

Le rapport, qui compile 70 auditions et 300 témoignages, doit être soumis au vote des 31 parlementaires de la commission le 27 avril. Si le vote est négatif, le rapport et toutes ses pièces seront supprimés du site de l'Assemblée nationale.

Qu'est-ce que la loi de 2017 sur la moralisation politique ?

Cette loi, votée après l'affaire Fillon, interdit aux parlementaires d'employer leur conjoint, partenaire de Pacs ou concubin comme collaborateur. Charles Alloncle risque une enquête si les photos de Paris Match prouvent une relation amoureuse avec son assistante.

Sources

  1. Audiovisuel public: Xavier Niel accuse Charles Alloncle d'avoir "transformé" la commission d'enquête en "cirque" | LCP - Assemblée nationale · lcp.fr
  2. Xavier Niel — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  3. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  4. lefigaro.fr · lefigaro.fr
  5. lefigaro.fr · lefigaro.fr
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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