La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a vérifié les déclarations de patrimoine des membres du gouvernement Lecornu. Elle a contrôlé le "caractère exhaustif, exact et sincère" des informations déclarées, plusieurs intéressés ayant dû corriger des "erreurs" ou des "inexactitudes". Cet exercice de transparence obligatoire révèle des écarts patrimoniaux significatifs et déclenche des mesures contraignantes pour prévenir les conflits d'intérêts.

Un patrimoine dominé par le chef des PME
Serge Papin, ministre des PME, du commerce et du pouvoir d'achat, est de loin le membre le plus fortuné du gouvernement. Sa déclaration fait état d'un patrimoine total supérieur à 8,5 millions d'euros. L'essentiel de cette fortune est détenu via sa holding personnelle Finapa.
La HATVP précise avoir vérifié que l'ensemble des informations transmises était "exhaustif, exact et sincère", et confirme que certains intéressés ont dû corriger des "erreurs" ou des "inexactitudes".

Quatorze ministres soumis à des décrets de déport
Au-delà du constat patrimonial, la publication de ces déclarations a des conséquences concrètes sur l'exercice du pouvoir. Quatorze membres du gouvernement ont fait l'objet de décrets de déport : ils sont tenus de s'abstenir de traiter certains dossiers en lien avec leur parcours personnel ou professionnel.
Serge Papin en est l'exemple le plus emblématique. En raison de ses anciennes fonctions, il ne pourra pas intervenir sur les affaires liées au groupe Auchan, dont il a été président non exécutif.
D'autres cas illustrent cette mécanique de prévention. Catherine Chabaud, ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, s'est mise en retrait sur tout ce qui concerne le Yacht-Club de France, qu'elle a présidé.
Ces décrets de déport visent à préserver l'intégrité de l'action publique en imposant une séparation stricte entre les intérêts privés et les responsabilités ministérielles.
La publication des patrimoines et l'application des mesures de déport rappellent que la transparence n'est pas une formalité, mais un pilier de la légitimité gouvernementale. Elle permet d'identifier les potentiels conflits d'intérêts et de poser des garde-fous vérifiables.