Vue en plongée d'un bureau de ministre avec une pile de documents fiscaux officiels, un surligneur jaune posé sur une page révélant le chiffon 13 335 entouré, éclairage dramatique de bureau, dossiers étiquetés « Bercy » et « Impôt sur le revenu »
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Millionnaires sans impôt : comment 13 000 riches échappent légalement à l'IR

Ils possèdent plus de 1,3 million d'euros de patrimoine, mais ne paient pas un centime d'impôt sur le revenu. Grâce aux déficits fonciers et aux 467 niches fiscales légales, 13 335 foyiers fiscaux ont réduit leur contribution à zéro. Une enquête qui...

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L'information a fait l'effet d'une bombe dans le paysage politique français. En février 2026, le ministère de l'Économie a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient sans pouvoir le prouver : au moins 13 335 foyers fiscaux disposant d'un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros ne paient aucun impôt sur le revenu. Ce chiffre, révélé par des documents transmis au Sénat, relance le débat sur la justice fiscale dans un pays où le pouvoir d'achat reste une préoccupation centrale pour les jeunes générations. Comment est-ce possible ? S'agit-il d'une fraude massive ou simplement d'une optimisation fiscale parfaitement légale ? Plongeons dans les mécanismes qui permettent à cette situation d'exister.

Une révélation qui change la donne

Vue en plongée d'un bureau de ministre avec une pile de documents fiscaux officiels, un surligneur jaune posé sur une page révélant le chiffon 13 335 entouré, éclairage dramatique de bureau, dossiers étiquetés « Bercy » et « Impôt sur le revenu »
Vue en plongée d'un bureau de ministre avec une pile de documents fiscaux officiels, un surligneur jaune posé sur une page révélant le chiffon 13 335 entouré, éclairage dramatique de bureau, dossiers étiquetés « Bercy » et « Impôt sur le revenu »

Des chiffres enfin officiels

Pendant longtemps, cette question restait dans le flou artistique le plus total. Les associations de lutte contre les inégalités évoquaient des « milliers » de riches ne payant pas d'impôt, sans pouvoir avancer de chiffres précis. L'ancien ministre de l'Économie Éric Lombard avait lancé la polémique en janvier 2026, affirmant dans les colonnes de Libération que « des milliers » de grandes fortunes françaises n'acquittaient pas d'impôt sur le revenu parce qu'elles avaient « un revenu fiscal de référence de zéro ».

Sa déclaration avait été immédiatement contestée par la ministre des Comptes publics de l'époque, Amélie de Montchalin, qui avait assuré qu'« aucun document de Bercy ne montre une telle chose ». Le problème, c'est que les documents existaient bel et bien. Ils viennent d'être transmis aux sénateurs Claude Raynal (Parti socialiste) et Jean-François Husson (Les Républicains), respectivement président et rapporteur général de la commission des finances du Sénat.

Les chiffres sont désormais publics et parlent d'eux-mêmes. En 2024, on compte 18 525 foyers disposant d'un patrimoine immobilier d'au moins 1,3 million d'euros qui n'ont payé aucun impôt sur le revenu. En excluant les personnes qui ne résident pas fiscalement en France et celles décédées en cours d'année, le nombre reste étonnamment élevé : 13 335 foyers fiscaux. Parmi eux, 3 373 résident à Paris, ce qui en fait la ville la plus concernée par ce phénomène.

La définition exacte de « millionnaire »

Il est important de préciser ce que l'on entend par « millionnaire » dans cette affaire. Les 13 335 foyers concernés sont tous redevables de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), ce qui signifie qu'ils disposent d'un patrimoine net supérieur à 1,3 million d'euros. Pour rappel, le patrimoine net correspond à la différence entre le patrimoine brut et les déductions autorisées : abattement sur la résidence principale, dettes afférentes au patrimoine immobilier et exonérations diverses.

En comparaison, le patrimoine brut moyen des ménages français s'élève à 374 900 euros en 2024, dont 61 % d'immobilier, soit environ 228 689 euros. Le seuil d'entrée dans l'IFI est donc très nettement supérieur au patrimoine moyen de la population. Ces foyers ne sont pas simplement « aisés » : ils font partie des 3 % les plus riches de France en termes de patrimoine.

Plus frappant encore : plus le patrimoine est élevé, plus la proportion de foyers ne payant pas d'impôt sur le revenu augmente. Au sein des 0,1 % des foyers disposant des plus importants patrimoines immobiliers, la proportion de ceux qui ne paient pas d'IR atteint 10,2 %, soit près de 2 500 foyers. Pour les 0,01 % les plus riches, avec un patrimoine moyen de 14 millions d'euros, ce chiffre grimpe à 14,9 %, soit environ 300 foyers. Autrement dit, plus on est riche, plus on a de chances d'échapper à l'impôt sur le revenu.

Les mécanismes légaux en cause

L'art de réduire son revenu imposable

La première chose à comprendre, c'est que ces 13 335 foyers ne frauderaient pas nécessairement le fisc. Ils utilisent des dispositifs parfaitement légaux pour réduire drastiquement, voire annuler, leur impôt sur le revenu. Le cabinet de la ministre des Comptes publics le reconnaît d'ailleurs implicitement : « Le fait de ne pas être imposable à l'IR ne signifie pas l'absence de déclaration de revenus, ni l'absence totale de revenus. »

Les mécanismes sont nombreux et parfois complexes. Parmi les plus utilisés, on trouve les déficits fonciers, les niches fiscales diverses, les investissements outre-mer et certains régimes d'amortissement. Tous ces dispositifs ont été créés par les gouvernements successifs pour encourager certains comportements : investir dans l'immobilier, rénover des logements anciens, développer les territoires d'outre-mer… Mais leur accumulation peut aboutir à des situations où des personnes très riches ne paient finalement aucun impôt sur le revenu.

Le déficit foncier, arme favorite des investisseurs

Le déficit foncier constitue l'un des outils les plus puissants pour réduire son imposition. Le principe est simple : un propriétaire bailleur peut déduire ses charges (travaux de rénovation, intérêts d'emprunt, frais de gestion) de ses revenus fonciers. Si les charges dépassent les revenus, le déficit peut être imputé sur le revenu global du foyer fiscal, dans la limite de 10 700 euros par an.

Ce plafond peut même être porté à 21 400 euros pour certains travaux énergétiques réalisés jusqu'au 31 décembre 2025, et à 15 300 euros pour le déficit dit « Périssol ». L'excédent non déduit est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Et contrairement à la plupart des autres dispositifs, le déficit foncier n'est pas soumis au plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par an.

Concrètement, un contribuable qui possède plusieurs biens immobiliers et réalise d'importants travaux de rénovation peut ainsi faire disparaître une partie substantielle de ses revenus imposables pendant plusieurs années. Le mécanisme est légal, prévu par la loi, mais son utilisation intensive par les plus fortunés pose question.

Les niches fiscales qui coûtent des milliards

La France compte officiellement 467 niches fiscales, pour un coût évalué à 85 milliards d'euros en 2025. Selon la Cour des comptes, ce montant serait même sous-évalué. Pour donner un ordre de grandeur, ces « dépenses fiscales » représentent environ la moitié du déficit public de 2024.

Les associations comme Attac estiment que l'ensemble des dispositifs dérogatoires et niches fiscales représente un manque à gagner bien au-delà de 100 milliards d'euros par an pour le budget de l'État. L'organisation propose d'ailleurs des réformes ciblées permettant de récupérer jusqu'à 19 milliards d'euros.

Parmi les niches les plus coûteuses, on trouve les dispositifs en faveur de l'investissement outre-mer, les réductions d'impôt pour emploi à domicile, les exonérations sur les plus-values mobilières, ou encore les régimes spéciaux pour certaines professions. Chaque dispositif a sa logique propre, mais leur accumulation crée un système où les contribuables les plus aisés, ceux qui peuvent s'offrir les conseils d'experts en optimisation fiscale, parviennent à réduire drastiquement leur facture fiscale.

L'argument des retraités modestes

La thèse du gouvernement

Face à la polémique, le ministère de l'Économie avance une explication : une partie de ces 13 335 foyers serait constituée de retraités disposant de revenus modestes mais ayant connu une forte revalorisation de leur patrimoine immobilier. Le profil type serait celui d'une personne âgée, propriétaire de sa résidence principale dans une grande ville après avoir remboursé son prêt, et ayant éventuellement hérité d'un appartement.

Cette personne se retrouverait imposée à l'IFI en raison de la valeur de son patrimoine, tout en ayant des revenus trop faibles pour être imposable à l'IR. Le seuil d'imposition à l'IR pour une personne retraitée seule s'élève à environ 20 000 euros par an en 2025. En dessous de ce montant, le foyer ne paie effectivement pas d'impôt sur le revenu.

L'argument n'est pas totalement absurde. Des retraités parisiens propriétaires de leur logement depuis plusieurs décennies peuvent très bien disposer d'un patrimoine immobilier dépassant le seuil de l'IFI, tout en percevant une pension de retraite modeste. La hausse des prix de l'immobilier dans certaines zones — Paris, l'île de Ré, certaines stations alpines — a mécaniquement enrichi des propriétaires qui n'ont pas pour autant des revenus élevés.

Pourquoi cette explication ne suffit pas

Cependant, selon l'Observatoire de la justice fiscale, ce « narratif ne résiste pas aux faits ». Si l'on examine les données plus en détail, on s'aperçoit que le phénomène touche surtout les patrimoines les plus importants. Les retraités modestes propriétaires de leur logement existent certainement, mais ils ne représentent qu'une fraction des 13 335 foyers concernés.

Les chiffres de la Cour des comptes sont éloquents. Le revenu fiscal de référence des redevables déclarant plus de 10 millions d'euros de patrimoine net s'élève en moyenne à 2,7 millions d'euros. Pour ceux déclarant un patrimoine net entre 1,3 et 10 millions d'euros, le revenu moyen atteint 211 200 euros. En comparaison, pour les 40 millions de foyers fiscaux français, le revenu annuel moyen s'élève à 31 000 euros.

Ces données montrent que les redevables de l'IFI perçoivent des revenus « largement plus élevés et plus diversifiés » que les autres contribuables, comme le confirme une étude de la DGFiP sur l'IFI. Difficile dans ces conditions d'expliquer que 13 335 d'entre eux ne paient aucun impôt sur le revenu simplement parce qu'ils seraient des retraités modestes.

Jeunes et millionnaires face à l'impôt

Les jeunes paient-ils plus que les riches ?

La révélation sur les 13 335 millionnaires sans impôt prend tout son sens quand on la compare à la situation des jeunes contribuables français. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2025, 5,27 millions de jeunes de 18-25 ans ont déposé une déclaration de revenus en 2022. Parmi eux, seul un quart des jeunes imposés indépendamment de leurs parents acquittent effectivement l'impôt sur le revenu.

Au total, environ 16 % de la classe d'âge des 18-25 ans paie l'impôt sur le revenu. Les autres sont soit non imposables en raison de revenus trop faibles, soit rattachés au foyer fiscal de leurs parents — c'est le cas de 36,7 % des 18-25 ans. Pour les jeunes qui commencent à travailler et gagnent un salaire, même modeste, l'entrée dans l'impôt sur le revenu peut être brutale.

D'autant que les jeunes actifs ont souvent accès à beaucoup moins de dispositifs de réduction d'impôt que les contribuables fortunés. Pas de déficit foncier pour ceux qui ne sont pas propriétaires, pas de niches complexes pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer des conseillers fiscaux. Le contraste est saisissant entre un jeune actif qui paie l'impôt sur son salaire au SMIC et un millionnaire qui utilise les dispositifs légaux pour ramener son impôt à zéro.

L'entrée dans la vie active et la découverte de l'impôt

Pour beaucoup de jeunes, la première déclaration d'impôt sur le revenu constitue un moment clé de l'entrée dans la vie adulte. C'est aussi l'occasion de découvrir un système fiscal complexe, parfois frustrant, où l'on a l'impression que tout le monde ne joue pas avec les mêmes cartes.

Les dispositifs d'exonération et d'aide existent pour les jeunes, mais ils sont souvent méconnus. Si tu veux en savoir plus sur les exonérations auxquelles tu as droit et comment déclarer facilement tes revenus, ce guide sur les impôts des 18-25 ans te sera utile. Connaître ses droits, c'est aussi mieux comprendre le système dans son ensemble.

La question de la justice fiscale intergénérationnelle se pose avec acuité. Les jeunes d'aujourd'hui financeront-ils les retraites et la dette accumulée par les générations précédentes, pendant qu'une partie des plus fortunés échappe à l'impôt sur le revenu ? Le débat dépasse largement le cas des 13 335 millionnaires concernés par la révélation de Bercy.

Les réactions politiques et associatives

La commission d'enquête de l'Assemblée nationale

L'affaire des 13 335 millionnaires sans impôt arrive dans un contexte politique déjà tendu sur les questions fiscales. Une commission d'enquête sur l'imposition des plus riches et leur contribution au financement des services publics doit bientôt commencer ses travaux à l'Assemblée nationale. Elle a été initiée par le groupe Liot, dont l'une des motivations est justement de faire la lumière sur cette affaire.

Les données fiables manquent, et c'est tout le problème. Le secret fiscal empêche normalement la diffusion d'informations précises sur la situation fiscale des contribuables. Mais les transmissions de données au Sénat, dans le cadre du contrôle parlementaire, permettent de contourner partiellement cet obstacle.

Les sénateurs Claude Raynal et Jean-François Husson ont dû insister pour obtenir les tableaux de données complets. Leur demande du 14 janvier 2026 n'a abouti que le 30 janvier, les premiers documents envoyés le 17 janvier étant « largement couverts par le secret fiscal ». Cette résistance administrative interroge : pourquoi tant de réticence à rendre publics des données agrégées, anonymisées, mais politiquement sensibles ?

Les associations montent au créneau

L'Observatoire de la justice fiscale, lié à l'association Attac, a réagi rapidement à la publication de ces chiffres. Pour l'organisation, deux phénomènes peuvent expliquer que des milliers de redevables de l'IFI ne paient pas d'impôt sur le revenu : « la fraude et l'optimisation, la frontière entre les deux étant parfois difficile à définir en raison de l'ingénierie financière et fiscale particulièrement complexe, voire opaque, de certains montages ».

L'Observatoire rappelle que si la fraude doit être « débusquée et sanctionnée », on ne peut ignorer « les nombreux mécanismes légaux qui permettent de réduire drastiquement l'IR ». Le problème n'est pas seulement celui de quelques fraudeurs, mais bien celui d'un système fiscal conçu pour permettre aux plus aisés de réduire leur contribution.

Oxfam France et d'autres organisations de lutte contre les inégalités devraient également s'emparer du sujet dans les prochaines semaines. Le chiffre de 13 335 millionnaires sans impôt devient un argument de poids dans le débat sur la réforme de la fiscalité du patrimoine.

Le manque à gagner pour le budget de l'État

Combien coûte cette situation ?

Difficile de chiffrer précisément le manque à gagner représenté par ces 13 335 foyers qui ne paient pas d'impôt sur le revenu. Tout dépend des revenus qu'ils déclarent et des niches qu'ils utilisent. Mais on peut faire quelques estimations.

Si l'on considère que les redevables de l'IFI déclarant un patrimoine entre 1,3 et 10 millions d'euros ont un revenu fiscal de référence moyen de 211 200 euros, et que ceux déclarant plus de 10 millions ont un revenu moyen de 2,7 millions d'euros, le potentiel fiscal est considérable. Même en tenant compte des abattements et déductions normaux, ces foyers devraient logiquement payer un impôt substantiel.

À titre de comparaison, un célibataire sans enfant percevant 50 000 euros de revenus annuels paie environ 7 500 euros d'impôt sur le revenu. Pour des revenus dix fois supérieurs, l'impôt devrait être multiplié d'autant, sauf utilisation massive de dispositifs dérogatoires.

Que pourrait financer cet argent ?

Les 85 milliards d'euros de niches fiscales représentent une manne considérable pour l'État. En théorie, cet argent pourrait financer des politiques publiques ambitieuses : construction de logements sociaux, investissement dans l'éducation, transition écologique, soutien au pouvoir d'achat…

Le débat n'est pas seulement technique, il est politique. Faut-il maintenir des dispositifs qui permettent à une minorité de très riches d'échapper à l'impôt, au nom de l'encouragement à l'investissement et à l'initiative ? Ou faut-il prioriser la justice fiscale et le financement des services publics ? La question traverse le spectre politique et divise même les majorités successives.

Vers une réforme de la fiscalité des plus riches ?

Les pistes évoquées

Plusieurs pistes de réforme sont régulièrement évoquées par les économistes et les politiques. La première consisterait à plafonner plus strictement les niches fiscales, en abaissant le plafond global de 10 000 euros ou en intégrant le déficit foncier dans ce plafonnement. Cette mesure serait relativement simple à mettre en œuvre et toucherait surtout les contribuables les plus aisés.

Une deuxième piste serait de réformer l'IFI pour le transformer en un impôt sur le patrimoine global, et non plus uniquement immobilier. L'ancien ISF (impôt de solidarité sur la fortune) avait été supprimé en 2018 et remplacé par l'IFI, beaucoup plus étroit. Son rétablissement ou sa réforme permettraient de taxer la richesse sous toutes ses formes, y compris les actifs financiers.

Enfin, certains proposent de créer un prélèvement forfaitaire minimum pour les redevables de l'IFI, afin de garantir que tout foyer disposant d'un patrimoine important contribue au moins à un niveau minimal au financement des services publics. Cette idée d'un « plancher d'imposition » pourrait recueillir un large soutien politique.

Les obstacles politiques

Toute réforme de la fiscalité des plus riches se heurte à des obstacles politiques importants. Les gouvernements successifs craignent que des mesures jugées trop « hostiles » aux riches n'accélèrent l'exil fiscal des contribuables les plus fortunés. L'argument est régulièrement avancé, même si les études économiques sur le sujet sont contrastées.

Par ailleurs, les dispositifs fiscaux en question ont tous été créés avec des objectifs précis : encourager la rénovation énergétique des logements, développer l'outre-mer, soutenir l'emploi à domicile… Les supprimer ou les réduire revient à renoncer à ces objectifs, du moins sous leur forme actuelle.

Le débat sur les 13 335 millionnaires sans impôt s'inscrit donc dans une discussion plus large sur le modèle fiscal français. Faut-il un système simple avec peu d'exonérations, ou un système complexe avec des incitations multiples ? La réponse dépend de la vision que l'on a de l'État, de l'économie et de la solidarité nationale.

Conclusion

La révélation faite par Bercy concernant les 13 335 millionnaires ne payant pas d'impôt sur le revenu jette une lumière crue sur les dysfonctionnements du système fiscal français. Ces foyers, tous redevables de l'IFI avec un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros, utilisent des dispositifs parfaitement légaux pour réduire leur contribution à zéro. Déficits fonciers, niches fiscales, investissements défiscalisants : les outils ne manquent pas pour ceux qui peuvent s'offrir les conseils d'experts.

L'argument avancé par le gouvernement selon lequel ces foyers seraient principalement des retraités modestes propriétaires de leur logement ne résiste pas à l'analyse détaillée des données. Plus le patrimoine est élevé, plus la proportion de non-imposés augmente. Chez les 0,01 % les plus riches, avec un patrimoine moyen de 14 millions d'euros, près de 15 % ne paient aucun impôt sur le revenu.

Cette situation pose une question de justice fiscale, mais aussi de solidarité intergénérationnelle. Alors que les jeunes actifs entrent massivement dans l'impôt sur le revenu dès leurs premiers salaires, une fraction des plus fortunés échappe totalement à cette contribution. La commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur l'imposition des plus riches devra faire la lumière sur ces pratiques et proposer des solutions. Le débat ne fait que commencer.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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