Guillaume Pley en veste sombre et col roulé noir, sur un fond sombre texturé.
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Guillaume Pley menacé de mort : sketch NRJ, arrestation et verdict

Traqué pendant des années à cause du sketch « Alphonse le pervers », Guillaume Pley a vu son harceleur interdit de séjour à Paris. Le verdict du 4 juin 2026 testera la protection des créateurs.

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Portrait de Guillaume Pley (Le Parisien)

Les menaces de mort contre Guillaume Pley ne ressemblent à rien de connu dans le petit monde des people français. Pas un conflit d'ego, pas une histoire de concours, pas un fan déçu. Un homme de 33 ans a traqué l'animateur pendant des années, s'est filmé avec des armes factices, et tout ça à cause d'un prénom de fiction né sur NRJ il y a quinze ans. L'affaire, révélée fin mars 2026, soulève une question vertigineuse : quand le second degré d'un sketch se transforme en obsession mortifère, qui est responsable — le créateur, la plateforme, ou le délire d'un individu fragile ?

Guillaume Pley en veste sombre et col roulé noir, sur un fond sombre texturé.
Guillaume Pley en veste sombre et col roulé noir, sur un fond sombre texturé. — (source)

Quelles menaces ont poussé la justice à agir ?

Le parquet de Paris a rendu public le contenu des messages adressés à Guillaume Pley, et le moins qu'on puisse dire, c'est que la justice n'a pas eu besoin de chercher l'ambiguïté. Selon les éléments rapportés par Le Figaro et Midi Libre, les formulations employées ne laissent aucune place à l'interprétation métaphorique. On est en plein délit, pas dans le registre de l'exagération verbale.

Un harcèlement prolongé sur plusieurs années, pas un simple dérapage

Ce qui frappe en premier lieu dans ce dossier, c'est la durée. Le parquet de Paris précise que les menaces se sont étalées sur plusieurs années. On ne parle pas d'un message envoyé sous l'emporte-pièce un soir de mars, puis oublié. On parle d'une pression continue, répétée, calculée, visant à instaurer un climat de terreur chez la victime et ses proches. Cette dimension temporelle est cruciale sur le plan pénal : elle transforme un délit ponctuel en un harcèlement caractérisé, et elle invalide d'emblée la défense classique du dérapage isolé. Le suspect n'a pas glissé une fois. Il a construit une entreprise de menace.

Guillaume Pley en col roulé et veste sombre, devant un fond coloré avec inscriptions.
Guillaume Pley en col roulé et veste sombre, devant un fond coloré avec inscriptions. — (source)

Qui est l'homme de 33 ans interpellé fin mars par la BRDP ?

Le 27 mars 2026, l'auteur présumé est interpellé par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, puis placé en garde à vue. Un homme de 33 ans, originaire de la région lyonnaise, arrêté à des centaines de kilomètres de sa cible. Le choix de la BRDP n'est pas anodin : cette brigade est spécifiquement chargée des infractions commises contre les personnalités publiques, ce qui signifie que le dossier a été traité en priorité dès le dépôt de plainte. Le mobile, à ce stade de l'enquête, reste encore dans l'ombre. Et c'est précisément ce suspense qui donne à l'affaire toute sa dimension incongrue.

Pourquoi le suspect est-il interdit de séjour à Paris ?

En attendant son jugement, le suspect n'a pas été remis en liberté sans conditions. Le tribunal a imposé un contrôle judiciaire incluant une mesure précise et lourde de sens : l'interdiction de se rendre à Paris, là où réside Guillaume Pley. Cette restriction géographique n'est pas un détail procédural banal. Elle traduit l'appréciation concrète du danger par la justice : les menaces étaient suffisamment explicites et contextualisées pour que le juge estime nécessaire de créer une barrière physique entre l'auteur présumé et sa cible. Une décision qui protège la victime tout en signalant au suspect que la justice prend ses actes au sérieux.

Guillaume Pley en chemise bleue souriant devant un fond orange.
Guillaume Pley en chemise bleue souriant devant un fond orange. — (source)

De NRJ au podcast Legend : qui est Guillaume Pley ?

Pour saisir la portée de cette affaire, il faut comprendre qui est Guillaume Pley en 2026. Pas un animateur radio en fin de carrière, pas un ancien de la télé qui survit via des apparitions reality. L'homme qui se retrouve aujourd'hui sous protection est devenu l'un des poids lourds du podcast en France, avec une audience qui ferait pâlir des émissions de prime time.

Sarkozy, Youn, Dechavanne : le podcast Legend comme nouvelle cour des grands

Selon Voici, Guillaume Pley cumule plus de trois millions d'abonnés sur sa chaîne YouTube. Son émission « Legend » est décrite comme l'un des podcasts les plus écoutés de France. Le format ? Des entretiens longs, décontractés, parfois déstabilisants, avec des invités qui ne fréquentent pas n'importe quel micro. Nicolas Sarkozy s'est assis face à lui. Édouard Philippe aussi. Philippe Lacheau, Michaël Youn, Christophe Dechavanne : le casting de Legend ressemble à un état des lieux de l'audiovisuel et de la politique hexagonaux. Pley n'est plus le blagueur provocateur des années NRJ. C'est un intervieweur installé, dont l'audience dépasse largement celle de nombreuses émissions télévisées traditionnelles.

De NRJ à YouTube : un style bâti sur la provocation maîtrisée

Pendant sept ans, Pley a été la voix de « Guillaume 2.0 » puis « Guillaume Radio » sur NRJ. Le concept reposait sur des canulars téléphoniques, des sketchs provocateurs, un ton qui ne demandait jamais pardon. Il poussait les interlocuteurs dans leurs retranchements, jouait sur le malaise, exploitait la naïveté de certains pour en tirer un divertissement cru. Un style qui a divisé mais qui a aussi défini une génération d'animation radio. Aujourd'hui, avec le recul, ce positionnement pose les rails d'un paradoxe cruel : un homme dont le métier consistait à brouiller les frontières entre fiction et réalité se retrouve confronté à quelqu'un qui a totalement effacé ces mêmes frontières. Le phénomène de violence dans l'espace public n'est malheureusement pas isolé, comme l'a récemment illustré la menace à la bombe au siège de LFI, rappelant que la verbalisation violente finit souvent par chercher une sortie physique.

Guillaume Pley en studio avec son casque et l'affiche 'GUILLAUME RADIO 2.0'.
Guillaume Pley en studio avec son casque et l'affiche 'GUILLAUME RADIO 2.0'. — (source)

La visibilité comme facteur de vulnérabilité structurelle

Les trois millions d'abonnés de Pley sur YouTube ne sont pas qu'un chiffre de vanité. C'est autant de portes d'entrée potentielles vers son existence privée. Les réseaux sociaux ont effacé la distance qui séparait autrefois les personnalités publiques de leur audience. Un abonné peut retrouver l'adresse d'un créateur, le suivre dans la rue, lui envoyer des messages directs en contournant les filtres de modération. La visibilité, autrefois graal absolu de toute carrière médiatique, est devenue un facteur de vulnérabilité structurel. Plus on est vu, plus on est exposé. C'est le prix caché d'une industrie où l'intimité est monétisée et où la séparation entre l'homme public et l'homme privé n'existe quasiment plus.

Comment le sketch « Alphonse le pervers » a nourri quinze ans de haine

C'est ici que l'histoire quitte les rails du fait divers classique pour basculer dans un scénario que personne n'aurait imaginé. Le mobile de l'obsession de l'homme de 33 ans n'a rien à voir avec un différend personnel, une jalousie amoureuse ou un contentieux financier. Il tient en un seul mot : Alphonse.

Alphonse le pervers : un personnage de 2011 devenu fatal

Il y a environ quinze ans, Guillaume Pley invente un personnage récurrent pour ses canulars téléphoniques sur NRJ. Ce personnage s'appelle « Alphonse le pervers ». Le concept est simple : Pley adopte la voix d'un certain Alphonse, un dragueur lourd et maladroit, pour piéger des personnes dans des situations liées aux rencontres amoureuses. Un sketch classique d'émission matinale. Sauf que le suspect, originaire de la région lyonnaise, porte ce même prénom. Selon Le Figaro, il aurait pris personnellement l'utilisation de son prénom dans ces sketchs, nourrissant dès lors une haine tenace à l'égard de Pley. Le quotidien précise que l'homme est « connu pour souffrir de troubles schizophréniques » — information rapportée par le parquet, pas par un diagnostic médical privé, ce qui éclaire la mécanique de la fixation sans l'excuser pour autant.

Guillaume Pley lors du 63e Festival de Télévision de Monte-Carlo, vêtu d'une veste beige sur une chemise rayée.
Guillaume Pley lors du 63e Festival de Télévision de Monte-Carlo, vêtu d'une veste beige sur une chemise rayée. — (source)

Des armes factices filmées et retrouvées au domicile

L'obsession ne restait pas cantonnée aux pensées. Entre 2025 et 2026, le suspect a publié de très nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux, en se mettant en scène avec des armes de poing et d'épaule factices, selon les éléments transmis par le parquet. Le passage à l'image change tout. Une menace écrite, on peut encore tenter de la relativiser. Mais quand un individu se filme en manipulant ce qui ressemble à des armes à feu, en pointant l'objectif, le message devient viscéral. Lors de la perquisition à son domicile, plusieurs armes factices ont été retrouvées par les enquêteurs. La mise en scène n'était pas qu'un fantasme numérique : elle s'appuyait sur un véritable arsenal de reproduction, conçu pour maximiser l'effet d'intimidation. C'est cette matérialisation qui a fait basculer l'affaire du cyberharcèlement vers la menace de mort aggravée.

Les replays et compilations comme machines à obsession

Un détail souvent négligé dans ce type d'affaire : la longévité numérique des contenus. Un sketch diffusé sur NRJ en 2011 n'a pas disparu avec la fin de l'émission. Il a été repris, monté, partagé, compilé sur YouTube, TikTok, Facebook, pendant plus d'une décennie. Pour le suspect, chaque visionnage pouvait constituer une réactivation de la blessure perçue. Là où un auditeur lambda entendait un canular sans conséquence, lui revivait ce qu'il interprétait comme une agression personnelle. La dimension éternelle d'internet, ce qui fait sa richesse en termes d'archive, devient ici un mécanisme toxique. Le contenu n'est plus un moment isolé dans le temps : c'est une boucle potentiellement infinie, alimentée par les algorithmes de recommandation.

Guillaume Pley en sweat-shirt gris GANT devant un fond doré.
Guillaume Pley en sweat-shirt gris GANT devant un fond doré. — (source)

Du dépôt de plainte à l'interdiction de Paris : le parcours judiciaire

Quand une personnalité publique reçoit des menaces de mort, que se passe-t-il concrètement ? L'affaire Pley offre un cas d'école pour comprendre la machinerie judiciaire française face aux violences en ligne. De la plainte initiale au contrôle judiciaire, chaque étape obéit à un protocole précis. Plateforme Pharos

Comment s'est déroulée l'interpellation du 27 mars ?

Le 27 mars 2026, Guillaume Pley dépose plainte à Paris. La réaction de la justice est immédiate : les investigations sont confiées à la BRDP, la brigade spécialisée dans le traitement des infractions commises contre les personnalités publiques. Le suspect est interpellé le jour même, puis placé en garde à vue. Cette rapidité illustre un principe fondamental : les menaces de mort contre des figures publiques ne sont pas traitées comme des délits de seconde zone. Elles bénéficient d'un circuit prioritaire. C'est tout le sens de la plateforme Pharos, qui permet à tout citoyen de signaler des contenus illicites en ligne directement auprès de policiers et gendarmes spécialisés.

Pourquoi le renvoi du 30 mars au 4 juin 2026 ?

Le suspect devait comparaître en comparution immédiate le 30 mars 2026, soit trois jours après son interpellation. C'est le circuit classique pour les délits flagrants. Sauf que dans ce dossier, la comparution immédiate a été écartée au profit d'un renvoi au 4 juin 2026. Plusieurs éléments expliquent ce décalage. D'abord, la complexité de l'affaire : des menaces étalées sur plusieurs années, des vidéos à analyser, des armes factices à expertiser. Ensuite, la question de l'état de santé mentale du suspect, les « troubles schizophréniques » mentionnés par le parquet rendant quasi incontournable une expertise psychiatrique pour évaluer le discernement au moment des faits. Impossible de mener cette expertise en 48 heures, d'où le renvoi vers une audience de fond.

L'article 222-17 du Code pénal face aux menaces réitérées

Le cadre légal est sans ambiguïté. L'article 222-17 du Code pénal dispose que la menace de mort est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. Mais le texte prévoit des circonstances aggravantes majeures, et elles s'appliquent presque mot pour mot à l'affaire Pley. La peine est alourdie lorsque la menace est réitérée — ce qui est le cas ici sur plusieurs années. Elle l'est également lorsque la menace est matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet. Les vidéos avec armes factices constituent précisément cette matérialisation par l'image. Le suspect encourt donc la peine maximale, voire au-delà si le tribunal retient les aggravantes. C'est tout le sens de la définition du cyberharcèlement telle qu'elle est précisée sur service-public.gouv.fr : la répétition des faits et l'atteinte à la dignité constituent les deux piliers de la qualification pénale.

Menaces de mort : l'affaire Pley dans une vague inquiétante

On pourrait lire l'affaire Guillaume Pley comme une anomalie : un individu fragile, un mobile absurde, une dérive sans rapport avec les dynamiques générales du paysage médiatique. Ce serait une erreur. Les menaces de mort contre les personnalités publiques en France suivent un pattern inquiétant, et l'affaire Pley s'inscrit dans une séquence plus large. Illustration violence des réseaux sociaux

Vingt-huit condamnations dans l'affaire Berdah : le cyberharcèlement en meute

Le précédent le plus frappant est celui de l'affaire Magali Berdah, jugée en mars 2024. L'agent d'influenceurs avait fait l'objet d'un déluge de menaces en ligne, dont certaines formulations d'une violence extrême. Vingt-huit personnes ont été condamnées pour cyberharcèlement en meute. Les peines allaient de quatre à dix-huit mois de prison, dont quatorze avec prison ferme. Plus de 54 000 euros de dommages et intérêts ont été alloués à la victime. Les prévenus, lors de leur procès, ont eux-mêmes cité le rappeur Booba comme déclencheur de leur passage à l'acte. La chaîne de responsabilité est terrifiante : une personnalité médiatique lance une campagne de démolition, et des individus se transforment en exécutants volontaires, persuadés d'agir avec une forme de légitimité.

Le tournant judiciaire de 2024 : l'espace numérique n'est plus une zone de non-droit

Lors du jugement de l'affaire Berdah, le tribunal a prononcé une phrase qui résonne encore : « L'espace numérique n'est pas une zone de non-droit. » Les avocats de Magali Berdah ont qualifié la sévérité des peines de « sans précédent dans une affaire de cyberharcèlement ». Ce tournant est essentiel pour contextualiser le traitement de l'affaire Pley. La justice française, longtemps perçue comme impuissante face aux violences numériques, a changé de braquet. Les condamnations ne sont plus symboliques. Les peines de prison ferme sont réelles. Ce changement de paradigme explique pourquoi la BRDP a été mobilisée si rapidement dans le dossier Pley, et pourquoi le parquet a choisi de poursuivre avec l'arsenal le plus lourd possible.

Le quotidien des victimes avant l'intervention de la justice

Ce que les condamnations ne montrent pas, c'est le quotidien des victimes avant que la justice n'intervienne. Recevoir des menaces de mort en ligne n'est pas une expérience abstraite. C'est une angoisse qui s'installe dans le corps, qui modifie les trajets domicile-travail, qui transforme chaque notification en un choc émotionnel. Les personnalités publiques visées décrivent toutes le même schéma : l'hypervigilance, le sentiment d'insécurité permanent, l'impact sur la vie familiale. Magali Berdah a porté le poids de vingt-huit harceleurs simultanés. Guillaume Pley a supporté des menaces pendant des années avant de déposer plainte. Ce délai illustre un problème structurel : les victimes tardent souvent à franchir le pas, par méconnaissance de leurs droits, par peur de ne pas être prises au sérieux, ou par fatalisme.

Guillaume Pley souriant en pull beige tricoté, devant un public flou et un luminaire circulaire.
Guillaume Pley souriant en pull beige tricoté, devant un public flou et un luminaire circulaire. — (source)

Quand la culture du clash bascule dans la violence réelle

Voici la dimension la plus troublante de cette affaire, celle qui dépasse le fait divers pour interroger un écosystème entier. Guillaume Pley a construit sa carrière sur la provocation. Le personnage d'« Alphonse le pervers » n'était pas un sketch diplomatique. C'était du provoc' pur, assumé, conçu pour faire réagir. Est-ce que cela justifie de recevoir des menaces de mort quinze ans plus tard ? Évidemment non. Mais comprendre ce paradoxe est indispensable pour saisir pourquoi la violence se déplace si facilement du virtuel vers le réel.

Un passé marqué par la violence physique

Guillaume Pley n'en est pas à sa première confrontation avec la violence réelle. Comme le rappelle Télé 7 Jours, l'animateur a été victime par le passé d'un home-jacking, un cambriolage avec violence à son domicile, incident lors duquel il a raconté avoir eu un flingue sur la tête en présence de son bébé. Cette antériorité change la lecture de l'affaire actuelle. Quand Pley reçoit des messages évoquant une intrusion chez lui, ce n'est pas pour lui une menace abstraite. Il a déjà vécu le scénario. Le passage de la menace verbale à l'intrusion armée n'est pas une hypothèse théorique dans son esprit : c'est un souvenir vécu. Cette expérience traumatique a très probablement joué un rôle dans sa décision de déposer plainte sans attendre en mars 2026.

La porosité toxique entre personnage de sketch et homme privé

Quand Pley inventait « Alphonse le pervers » en 2011, il créait un personnage de fiction. Un archétype comique, pas un individu réel. Le suspect, lui, n'a jamais fait la distinction. Pour lui, le prénom Alphonse utilisé dans un contexte dégradant n'était pas un sketch : c'était une agression permanente, rendue accessible à tout moment grâce aux replays et aux compilations sur YouTube. Cette confusion entre le personnage médiatique et l'homme privé est le nœud du problème. Dans la culture du clash et de la provoc', les créateurs naviguent constamment sur cette ligne fine. Le public moyen comprend le code : c'est du spectacle. Mais les individus dont le rapport à la réalité est déjà fracturé ne décryptent pas le second degré. Ils reçoivent le message au premier degré, comme une violence personnelle.

Distinguer le second degré de la délinquance : des repères concrets

Pour le public de Legend, majoritairement des 16-25 ans baignant dans la culture des réseaux, la frontière entre le troll et le délit peut sembler floue. Elle ne l'est pas. Le cyberharcèlement, tel que défini par le service-public.gouv.fr, nécessite deux conditions : une répétition des faits et une atteinte à la dignité de la victime. Railler un sketch, critiquer un animateur, lancer un débat : c'est du libre exercice de la parole. Menacer de mort quelqu'un en le nommant, en filmant des armes factices en guise d'illustration, en répétant ces menaces pendant des années : c'est un crime. Pas une opinion, pas du dark humor. La loi n'évalue pas si l'auteur pensait vraiment ce qu'il disait. Elle évalue les faits matériels : les mots prononcés, les images publiées, la répétition dans le temps.

Verdict du 4 juin 2026 : un test pour les créateurs menacés

Le 4 juin 2026, le tribunal de Paris rendra son jugement. Cette date n'intéresse pas que Guillaume Pley et son harceleur présumé. Elle intéresse tous les créateurs de contenu, tous les journalistes, tous les élus qui hésitent encore à porter plainte quand ils reçoivent des menaces en ligne.

Ce que le verdict dira sur la protection des créateurs

Le suspect encourt trois ans de prison avec circonstances aggravantes. Le renvoi de la comparution immédiate vers une audience de fond suggère que le dossier nécessite une appréciation approfondie, ce qui pourrait jouer dans les deux sens. Si le tribunal estime que les troubles schizophréniques ont altéré le discernement, la peine pourrait être sensiblement réduite. Si, au contraire, il retient que l'auteur avait pleinement conscience de ses actes, notamment au vu de la mise en scène calculée des vidéos avec armes factices, le signal envoyé sera puissant. La sévérité du verdict enverra un message clair à tous ceux qui pensent, encore en 2026, que menacer une personnalité publique sur internet reste un acte sans conséquence.

La santé mentale comme variable d'ajustement judiciaire

L'état psychiatrique du suspect va dominer les débats du 4 juin. Le parquet a évoqué des « troubles schizophréniques » connus, ce qui ouvre la porte à une évaluation du discernement au moment des faits. En droit français, l'abolition du discernement entraîne l'irresponsabilité pénale. L'altération du discernement, plus probable dans ce dossier, permet d'atténuer la peine sans l'annuler. C'est un équilibre délicat : le tribunal doit tenir compte de la pathologie sans dédouaner l'auteur de la réalité matérielle de ses actes. Les vidéos avec armes factices, publiées sur une période de deux ans, suggèrent une mise en scène réfléchie qui pourrait contredire la thèse d'une perte totale de contact avec la réalité.

Conclusion

Le jugement du 4 juin 2026 ne réglera pas tout. Il punira peut-être un homme, il protégera peut-être Guillaume Pley, mais il ne résoudra pas le problème structurel que cette affaire met en lumière. Un sketch de canular téléphonique diffusé il y a quinze ans a suffi à nourrir une obsession mortifère, parce qu'un individu fragile n'a jamais su séparer la fiction de la réalité. C'est cette porosité, entretenue par un écosystème médiatique qui valorise la provocation à tout prix et par des algorithmes qui ressuscitent sans fin les contenus du passé, qui rend le phénomène récurrent.

La justice française a fait un pas en avant avec les condamnations de l'affaire Berdah et la mobilisation rapide dans le dossier Pley. Mais le véritable enjeu est culturel. Tant que les jeunes consommateurs de contenus normaliseront la menace de mort comme une forme d'expression acceptable, tant que la frontière entre le second degré et le délit restera floue dans les représentations collectives, les affaires similaires continueront de se multiplier. Le 4 juin, la justice parlera. Mais c'est à la communauté en ligne, dans son ensemble, de déconstruire cette normalisation toxique. Un sketch ne mérite jamais des menaces de mort. La sentence devrait être évidente. Elle ne l'est pas encore, et c'est exactement le problème.

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Questions fréquentes

Pourquoi Guillaume Pley a-t-il été menacé de mort ?

L'auteur des menaces, un homme de 33 ans souffrant de troubles schizophréniques, s'est pris au premier degré le personnage fictif « Alphonse le pervers » créé par l'animateur lors de canulars sur NRJ il y a quinze ans. Portant ce même prénom, il a nourri une haine tenace envers Guillaume Pley.

Quelles armes ont été retrouvées chez le suspect ?

Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont retrouvé plusieurs armes factices. Le suspect s'était également filmé à de multiples reprises entre 2025 et 2026 en manipulant ces armes de poing et d'épaule pour maximiser l'intimidation.

Quelle peine encourt le harceleur de Guillaume Pley ?

Il risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour menace de mort aggravée. Les circonstances aggravantes retenues sont la réitération des menaces sur plusieurs années et leur matérialisation par des images.

Pourquoi le jugement a-t-il été repoussé au 4 juin 2026 ?

La comparution immédiate a été écartée en raison de la complexité du dossier et de la nécessité de réaliser une expertise psychiatrique. Cette expertise permettra d'évaluer le discernement du suspect au moment des faits, compte tenu de ses troubles schizophréniques.

Sources

  1. "Je vais tuer Guillaume Pley" : l’animateur du podcast Legend a été visé par plusieurs menaces de mort | Télé 7 Jours · programme-television.org
  2. 20minutes.fr · 20minutes.fr
  3. cbnews.fr · cbnews.fr
  4. editorial_brief · editorial_brief
  5. la-croix.com · la-croix.com
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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ». Réponse en moins de 10 secondes, toujours.

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