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Ce mercredi 18 février 2026, le siège national de La France Insoumise, situé dans le 10e arrondissement de Paris, a été évacué en urgence après une menace à la bombe annoncée publiquement par Manuel Bompard sur les réseaux sociaux. L'événement survient dans un contexte politique extrêmement tendu, cinq jours après la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon, une affaire qui place plusieurs collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault au cœur des investigations judiciaires. Si l'alerte s'est révélée être un canular, elle révèle un climat délétère où les tensions politiques basculent vers des actes d'intimidation qui inquiètent au-delà du seul parti de Jean-Luc Mélenchon.

Une évacuation en urgence au cœur de Paris
Les événements se sont déroulés en milieu de matinée ce mercredi 18 février. Peu après 11 heures, Manuel Bompard, coordinateur du mouvement La France Insoumise, a publié un message alarmant sur le réseau social X : « Le siège national de la France insoumise vient d'être évacué suite à une menace à la bombe. Les services de police sont sur place. L'ensemble des salariés et des militants sont en sécurité. »
L'alerte avait été déclenchée après la réception d'un courriel adressé à la mairie du 10e arrondissement de Paris. Le message, dont le contenu a été partiellement rendu public, affirmait que des explosifs avaient été déposés dans les locaux du parti politique, accusant LFI de jouer un rôle dans la mort récente de Quentin Deranque à Lyon. La mairie a immédiatement alerté les forces de l'ordre, déclenchant le protocole de sécurité habituel dans ce type de situation.

Le déploiement des forces de l'ordre
Dès 10h30, un périmètre de sécurité a été établi autour de l'immeuble abritant le siège national des Insoumis. Les rues adjacentes ont été bouclées, empêchant toute circulation dans un secteur relativement dense de la capitale. Les habitations voisines ainsi qu'une école située à proximité ont également été évacuées par mesure de précaution, les autorités préférant ne prendre aucun risque face à une menace dont la crédibilité n'était pas encore établie.
L'opération de vérification a été confiée à quatre équipages de la brigade cynophile, des unités spécialisées dans la détection d'explosifs. Ces équipes, accompagnées de chiens entraînés à repérer les substances explosives, ont méthodiquement fouillé l'ensemble des locaux du siège insoumis. La recherche s'est étendue de 11h25 à 11h55, soit une demi-heure durant laquelle les forces de l'ordre ont passé au crible chaque bureau, chaque couloir et chaque recoin potentiellement suspect.

Un canular mais des conséquences réelles
Finalement, aucune trace d'explosif ni aucun élément suspect n'ont été découverts lors de cette inspection approfondie. Vers midi, les salariés et collaborateurs de LFI ont pu réintégrer les lieux, et le périmètre de sécurité a été levé progressivement dans le courant de l'après-midi. Si le danger était absent, l'impact psychologique et organisationnel reste réel pour les personnes concernées par cette évacuation forcée.

La direction de La France Insoumise a rapidement annoncé son intention de déposer plainte contre X, c'est-à-dire contre l'auteur de la menace resté anonyme à ce stade. Cette démarche judiciaire vise à identifier l'expéditeur du courriel mensonger et à le poursuivre pour les délits de dénonciation d'un fait imaginaire et de mise en danger de la vie d'autrui. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour déterminer les circonstances exactes de cet acte.
La vidéo ci-dessous revient sur le déroulement de cette évacuation et le contexte politique particulièrement tendu dans lequel elle s'inscrit.
Un contexte politique explosif
Cette menace à la bombe ne survient pas dans un vide politique. Elle s'inscrit dans une séquence particulièrement agitée pour La France Insoumise, directement mise en cause dans l'affaire de la mort de Quentin Deranque, un militant nationaliste de 23 ans décédé à Lyon la semaine précédente. Les répercussions de cette affaire se font sentir à tous les niveaux du paysage politique français, alimentant un climat de tensions inédit.
L'affaire Quentin Deranque : les liens avec LFI
Le drame s'est produit en marge d'une conférence organisée par l'eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Quentin Deranque, venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis, a été agressé par plusieurs individus cagoulés dans ce qui a été décrit comme une « bataille rangée » entre membres de l'ultragauche et de l'ultradroite. Le jeune homme s'est retrouvé isolé avant d'être violemment frappé, décédant des suites de ses blessures.
L'enquête a rapidement conduit à l'interpellation de onze personnes, parmi lesquelles figurent plusieurs individus liés au député LFI Raphaël Arnault. Ce dernier, fondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde dissous en juin 2025, se trouve aujourd'hui au centre d'une tempête médiatique et politique. Son assistant parlementaire Jacques-Élie Favrot a été arrêté, tout comme un ancien stagiaire Adrian B., soupçonné d'avoir participé directement aux violences. Un deuxième collaborateur, Robin C., est quant à lui suspecté d'avoir aidé l'un des mis en cause à se soustraire aux forces de l'ordre.
Les réactions politiques en chaîne
L'implication de collaborateurs d'un élu LFI dans cette affaire a déclenché une vague de condamnations venant de l'ensemble du spectre politique. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a appelé La France Insoumise à « exclure » Raphaël Arnault de son groupe parlementaire. Du côté du Rassemblement national, Jordan Bardella a estimé sur Europe 1 et CNews que le député devrait démissionner de son mandat.
Face à ces pressions, Manuel Bompard a contre-attaqué en accusant le gouvernement de faire preuve d'un « mépris absolu de la séparation des pouvoirs ». Sur X, le coordinateur de LFI a affirmé que Raphaël Arnault n'était « absolument pas concerné par l'enquête en cours », soulignant que les mises en cause visaient des collaborateurs et non l'élu lui-même. Une distinction qui ne suffit pas à calmer les critiques, nombreuses à reprocher au mouvement insoumis son ambiguïté vis-à-vis des mouvements radicaux.
La réponse immédiate de la direction insoumise
Devant le siège évacué, Manuel Bompard a tenu une intervention brève mais ferme face aux journalistes présents. Le député des Bouches-du-Rhône a profité de cette sortie médiatique pour appeler les « pouvoirs publics » à « garantir un débat démocratique digne et sain ». Une formule qui résonne comme un appel à la responsabilité politique dans un moment où les tensions semblent hors de contrôle.

Les accusations qui selon LFI nourrissent la violence
Le coordinateur insoumis a pointé du doigt les responsabilités qu'il attribue aux adversaires politiques de son mouvement. « Je demande maintenant que les accusations contre LFI s'arrêtent, parce que, comme on l'a vu ce matin et comme on le voit depuis plusieurs jours, ces accusations ont ensuite des conséquences », a-t-il déclaré devant la presse. Selon lui, ces mises en cause répétées « conduisent un certain nombre de militants extrêmement dangereux à proférer des menaces, des intimidations, des attaques de permanences et de locaux ».
Cette argumentation suggère un lien direct entre le traitement médiatique et politique de l'affaire Deranque et les actes de violence dont LFI fait l'objet. Manuel Bompard nie toute responsabilité collective de son mouvement dans les événements de Lyon tout en dénonçant une forme d'amalgame qui exposerait ses militants et ses collaborateurs à des représailles injustifiées.
Clémence Guetté et Paul Vannier montent au créneau
D'autres figures insoumises ont pris la parole pour dénoncer cette menace à la bombe. La vice-présidente de l'Assemblée nationale, Clémence Guetté, a fustigé ceux qui « utilisent le drame et la mort d'un jeune homme pour s'en prendre à la France insoumise ». « Un cap est franchi », a-t-elle estimé, appelant à mettre fin à ce qu'elle qualifie d'« abjectes manœuvres ».
Plus virulent encore, l'élu Paul Vannier a directement nommé les responsables politiques qu'il considère comme complices de ce climat délétère. « Toutes celles et ceux qui par abjection politicienne dirigent sur LFI leurs calomnies, les Lecornu, Darmanin, Hollande, Bardella et Le Pen sont responsables du déferlement de la violence dont nous sommes les victimes », a-t-il écrit sur X. Une liste qui va du ministre des Armées à l'ancien président en passant par les dirigeants du Rassemblement national, témoignant de l'isolement ressenti par le mouvement insoumis.
Pour comprendre les rouages internes de La France Insoumise et la place centrale qu'y occupe Jean-Luc Mélenchon, on peut se référer à cette analyse approfondie sur La Meute : plongée au cœur de LFI et du système Mélenchon.
Une série d'actes hostiles contre LFI
La menace à la bombe contre le siège parisien n'est pas un acte isolé. Ces derniers jours, plusieurs permanences de La France Insoumise ont été ciblées par des dégradations et des actes d'intimidation à travers le territoire national. Une recrudescence de violences qui s'inscrit manifestement dans le sillage de l'affaire Deranque et de la médiatisation des liens entre certains collaborateurs insoumis et les événements de Lyon.
Des permanences prises pour cible
À Metz comme à Lille, les locaux de LFI ont fait l'objet de tags, de jets de projectiles ou d'intrusions ces derniers jours. Des actes qui ont été signalés et dénoncés par les responsables locaux du mouvement, sans pour autant faire l'objet d'une couverture médiatique équivalente à celle de l'évacuation du siège national. Ces incidents témoignent néanmoins d'un climat dégradé où les représentations physiques du parti deviennent des cibles pour des individus ou des groupes hostiles.
Les permanences parlementaires, généralement situées en centre-ville et facilement accessibles, constituent des cibles vulnérables pour ce type d'actions. Leur présence dans l'espace public en fait des symboles visibles de l'engagement politique, mais aussi des points de fixation potentiels pour les tensions qui parcourent la société française. La question de leur protection devient dès lors un enjeu de sécurité autant que de démocratie.
La protection des élus et des militants en question
Au-delà des locaux, c'est la sécurité des personnes qui interroge. Les collaborateurs parlementaires, les permanents et les bénévoles qui fréquentent ces lieux se retrouvent exposés à des menaces potentiellement graves. L'évacuation de ce mercredi a concerné plusieurs dizaines de personnes, salariés et militants confondus, toutes contraintes de quitter précipitamment leur lieu de travail pour une raison qui s'est révélée fictive mais qui aurait pu être réelle.
Cette situation pose la question des moyens de protection dont disposent les partis politiques en France. Si les élus bénéficient de mesures de sécurité spécifiques, notamment les députés et les ministres, les permanences et les collaborateurs ne font pas l'objet d'une protection systématique. La menace à la bombe du 18 février pourrait conduire à une réévaluation de ces dispositifs, au moins pour les sièges nationaux des principales formations politiques.
Le fonctionnement d'une alerte à la bombe
L'évacuation du siège de LFI permet de mieux comprendre le protocole mis en œuvre par les autorités face à ce type de menace. Si la France n'est pas épargnée par les faux avis d'explosifs, les services de sécurité traitent chaque signalement avec la même rigueur, ne pouvant se permettre de négliger une alerte qui se révélerait fondée.
La procédure de levée de doute
Lorsqu'une menace à la bombe est signalée, les autorités déclenchent ce que l'on appelle une « inspection des locaux pour levée de doute ». Cette procédure vise à vérifier l'absence d'explosif sans pour autant paralyser inutilement un quartier entier. Dans le cas du siège de LFI, c'est la brigade cynophile qui a été mobilisée, ces unités spécialisées disposant de chiens entraînés à détecter les odeurs caractéristiques des substances explosives.
La recherche s'effectue méthodiquement, pièce par pièce, en suivant un protocole précis qui permet de couvrir l'ensemble des espaces potentiellement concernés. Les équipes vérifient également les abords immédiats du bâtiment, les zones de stationnement et les locaux techniques où un engin pourrait avoir été dissimulé. Dans le cas présent, l'inspection a duré une trentaine de minutes, un délai relativement court qui témoigne de l'efficacité des équipes engagées.
Les conséquences judiciaires pour les auteurs
L'auteur d'une fausse alerte à la bombe s'expose à des poursuites pénales sévères. Le délit de dénonciation d'un fait imaginaire peut être puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Si l'alerte est qualifiée de mise en danger de la vie d'autrui, les sanctions peuvent être aggravées. L'objectif est de dissuader ce type d'actes qui mobilisent inutilement les forces de l'ordre et créent un climat d'insécurité.
Dans le cas présent, l'enquête confiée au parquet de Paris devra remonter jusqu'à l'expéditeur du courriel mensonger. Les traces numériques laissées par ce type de message permettent généralement d'identifier son auteur, sauf si ce dernier a pris des mesures sophistiquées pour masquer son identité. La plainte déposée par LFI facilitera le déroulement de la procédure en donnant un cadre judiciaire clair aux investigations.
L'impact sur le débat démocratique
Au-delà de l'événement lui-même, c'est la question plus large du climat politique français qui se pose. Les menaces, les intimidations et les violences contre les représentants politiques ou leurs locaux constituent une atteinte au fonctionnement normal de la démocratie. Lorsque la peur s'installe, le débat d'idées risque d'être remplacé par des rapports de force qui n'ont pas leur place dans un État de droit.
La responsabilité des acteurs politiques
Manuel Bompard a appelé les « pouvoirs publics » à garantir un débat « digne et sain ». Cette demande soulève la question de la responsabilité collective des acteurs politiques dans la montée des tensions. Les propos tenus, les accusations portées, les amalgames effectués peuvent tous contribuer à créer un climat où la violence verbale pave la voie à des actions physiques.
De ce point de vue, l'affaire Deranque et ses suites révèlent une polarisation extrême du paysage politique français. D'un côté, ceux qui voient dans LFI un mouvement complice de violences politiques ; de l'autre, ceux qui dénoncent une manipulation politicienne visant à discréditer l'opposition radicale. Entre ces deux positions, le risque est grand de voir disparaître l'espace du dialogue et du compromis démocratique.
Les jeunes face à ce climat tendu
Pour les jeunes qui s'intéressent à la politique ou qui souhaitent s'engager, ce type d'événement peut être décourageant. La perspective de voir son lieu d'engagement évacué pour une menace à la bombe, ou de subir des intimidations pour ses opinions, n'incite pas à la participation citoyenne. Pourtant, c'est précisément dans les moments de tension que l'engagement démocratique est le plus nécessaire.
Les jeunes militants de tous bords font face à un défi : comment maintenir un engagement passionné sans tomber dans le piège de la radicalisation ? Comment défendre ses convictions sans se rendre complice d'un climat de violence ? Ces questions traversent l'ensemble des mouvements politiques, de la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par les formations plus modérées.
La vidéo suivante propose un retour sur les événements de ce mercredi matin et les réactions qu'ils ont suscitées.
Conclusion
La menace à la bombe qui a entraîné l'évacuation du siège de La France Insoumise ce 18 février 2026 s'est révélée être un canular. Pourtant, l'événement met en lumière un phénomène préoccupant : la montée des tensions politiques en France et leur traduction en actes d'intimidation, voire de violence. Dans un contexte marqué par l'affaire Deranque et les accusations portées contre des collaborateurs du député Raphaël Arnault, les lignes de fracture se creusent entre des camps qui peinent à dialoguer.
Les Insoumis dénoncent une campagne de calomnie qui exposerait leurs militants à des représailles injustifiées. Leurs adversaires politiques pointent la responsabilité d'un mouvement qui, selon eux, entretient des liens troubles avec des groupes radicaux. Entre ces deux narratifs, une certitude s'impose : la démocratie française traverse une période de turbulences qui appelle à la responsabilité de tous les acteurs, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition. Pour les jeunes générations qui observent cette séquence, l'enjeu est de comprendre que le débat politique, aussi vif soit-il, ne doit jamais céder la place à la peur et à l'intimidation.