Sous les bâches vertes des marchés parisiens, une logistique discrète conditionne le quotidien des étals : monter les tentes à l'aube, placer les commerçants, entretenir le matériel, collecter les déchets en fin de vente. À Paris, ces tâches ne sont pas assurées directement par la Ville : elles relèvent d'une délégation de service public en place depuis 1992, dont le renouvellement pour six ans figurait à l'ordre du jour du Conseil de Paris de juin.

Ce que la Ville délègue vraiment
Sur le papier, le partage est simple : la Ville garde la compétence et le contrôle, tandis que des prestataires privés assurent le quotidien des 71 marchés découverts alimentaires.
Deux lots à plus de 73 millions d'euros
Selon l'avis de concession 2025 publié sur cdn.paris.fr, la gestion est découpée en deux lots pour 72 mois, d'environ 35,4 et 37,8 millions d'euros hors TVA. Le texte précise qu'un seul lot au maximum peut être attribué à un même soumissionnaire.
Le règlement exclut donc qu'un seul groupe remporte l'ensemble du dispositif, avec deux blocs équilibrés et deux attributaires potentiels.
Dadoun et Bensidoun, les deux familles au centre du jeu
Depuis trente-cinq ans, deux entreprises familiales apparentées se partagent ce secteur dans des conditions qui soulèvent des questions, y compris dans une partie de la majorité municipale.
La mieux documentée est la Semaco Bensidoun : elle gère 34 des 71 marchés découverts de la capitale, dans sept arrondissements, notamment ceux d'Alésia, Bastille, Belleville, Ledru-Rollin, Père Lachaise ou Salpêtrière.

Face à elle, le groupe Dadoun met en avant son ancrage local. Sur son site groupedadoun.com, il se présente comme trois générations au service des collectivités locales, fort de plus de 80 ans d'expérience d'intervention quotidienne pour le compte des communes d'Île-de-France.
Une prolongation de six ans malgré les contestations
Les deux sociétés déjà titulaires de ces missions ont obtenu la reconduction de leurs contrats pour six ans. Le vote ne s'est pas déroulé sans accrocs, avec une forte opposition de la droite comme de l'extrême gauche, ainsi que des réserves au sein de la majorité.
Pour les Parisiens qui font leurs courses en plein air, rien ne change en apparence : mêmes lieux, mêmes tentes, mêmes allées bondées. La logistique reste tenue par des opérateurs privés, sous le contrôle de la Ville.