Les Français ont retiré 5 milliards d’euros de leur Livret A entre janvier et mai 2026, une hémorragie sans précédent depuis la crise financière de 2009. Jamais le célèbre livret d’épargne n’avait connu une décollecte aussi longue et aussi violente sur un premier semestre. Pourtant, avec 444,6 milliards d’euros encore placés, le Livret A reste un mastodonte de l’épargne française. Mais les signaux sont clairs : les épargnants, et surtout les jeunes, tournent la page d’un placement qui a perdu son attrait.

5 milliards retirés en six mois : la chronique d’une hémorragie historique
Le choc est d’autant plus violent qu’il intervient après des années de collecte record. De janvier à mai 2026, les retraits nets cumulés atteignent 5 milliards d’euros. Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut regarder mois par mois : janvier a enregistré une décollecte de 1,87 milliard d’euros, soit le pire mois de janvier depuis 2009. Février a suivi avec 740 millions d’euros de retraits, mars avec 490 millions, avril avec 1,28 milliard et mai avec 630 millions. Cinq mois consécutifs de décollecte, du jamais-vu depuis le printemps 2009.
Ce qui frappe les observateurs, c’est la rupture avec les habitudes des ménages français. Traditionnellement, le premier semestre est une période de remplissage du Livret A : les Français y déposent une partie de leurs primes, de leurs remboursements d’impôts ou de leurs économies. En 2026, c’est l’inverse qui se produit. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, parle d’« une année de rupture ». Pour donner un ordre de grandeur, la collecte moyenne en avril sur les dix dernières années était de 1,8 milliard d’euros positifs. En avril 2026, nous sommes à -1,28 milliard, soit un écart de plus de 3 milliards d’euros.
De -1,87 milliard en janvier à -630 millions en mai : le pire semestre depuis 2009
Les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts dessinent une courbe inquiétante. Janvier 2026 ouvre le bal avec une décollecte de 1,87 milliard d’euros. C’est le pire mois de janvier depuis 2009, année où la crise financière mondiale avait provoqué une défiance généralisée. Février enregistre 740 millions d’euros de retraits nets, mars 490 millions, avril 1,28 milliard et mai 630 millions. Au total, ce sont 5 milliards d’euros qui ont quitté le Livret A en seulement cinq mois.
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut comparer avec les années précédentes. En 2025, la décollecte était déjà présente mais moins massive : sur l’ensemble de l’année, les retraits nets avaient atteint environ 8 milliards d’euros. En 2026, le rythme s’accélère. Le Cercle de l’Épargne souligne que ce mouvement est inédit depuis le début des statistiques de la Caisse des Dépôts en 2009. Même pendant la crise des dettes souveraines de 2011-2012, le Livret A avait mieux résisté.
Le LDDS, livret complémentaire, n’est pas en reste. Il enregistre une décollecte de 250 millions d’euros en avril 2026, contre une moyenne de +700 millions sur les dix dernières années. Le LEP, lui, subit une décollecte de 320 millions d’euros en avril, en partie due aux régularisations fiscales des banques. Le mouvement est donc généralisé à l’ensemble des livrets réglementés.
Un encours total de 444,6 milliards : l’alerte est réelle, la panique ne l’est pas
Il faut néanmoins relativiser. Malgré cette hémorragie, l’encours total du Livret A atteint encore 444,6 milliards d’euros fin mai 2026. Si on ajoute les 164,9 milliards d’euros placés sur le LDDS, ce sont 609,5 milliards d’euros qui dorment sur les livrets réglementés. Le Livret A reste donc un placement massif, loin d’être abandonné.
Mais ce chiffre cache une réalité préoccupante : 15 % des Livrets A sont au plafond de 22 950 euros. Ces ménages, qui ont maximisé leur épargne de précaution, subissent la baisse du taux sans pouvoir retirer davantage. Ils sont prisonniers d’un placement dont le rendement fond. Pour eux, le Livret A est devenu un matelas de sécurité coûteux plutôt qu’un placement dynamique.
Cette situation a des conséquences macroéconomiques. Le Livret A finance le logement social via la Caisse des Dépôts, mais aussi des projets industriels comme les réacteurs EPR2. La baisse des encours réduit la capacité de financement de l’économie française. Comme nous l’expliquons dans notre article sur le lien entre Livret A et nucléaire, chaque euro retiré du Livret A est un euro qui ne finance plus les infrastructures du pays.
Taux divisé par deux, inflation qui flambe : le piège du rendement réel
La première cause de cette décollecte massive est mathématique : le taux du Livret A a été divisé par deux en un an, passant de 3 % à 1,5 %. Pendant ce temps, l’inflation est remontée à 2,4 % en mai 2026. Le résultat est implacable : le rendement réel du Livret A est devenu négatif. Concrètement, l’argent placé sur un Livret A perd du pouvoir d’achat chaque mois.
Ce phénomène n’est pas nouveau dans l’histoire économique. Mais il prend une ampleur particulière parce que les épargnants ont eu un avant-goût de ce que pouvait rapporter un Livret A à 3 %. Entre février 2023 et février 2025, le taux a été gelé à 3 %, offrant un rendement réel positif pendant une période d’inflation modérée. La redescente à 1,5 % est vécue comme une amputation brutale.
De 3 % à 1,5 % : l’historique de la baisse en trois étapes
Le calendrier de la baisse est implacable. Après deux ans de gel à 3 % (février 2023 - février 2025), la première baisse intervient le 1er février 2025, avec un passage à 2,4 %. Le 1er août 2025, nouvelle baisse à 1,7 %. Enfin, le 1er février 2026, le taux tombe à 1,5 %, son plus bas niveau depuis février 2022.
Chaque baisse a provoqué une vague de retraits. Les épargnants, anticipant une dégradation supplémentaire, ont préféré retirer leur argent avant que le rendement ne baisse encore. Ce comportement est typique des marchés financiers : quand un actif perd de sa valeur, les investisseurs le vendent. Le Livret A, pourtant considéré comme un placement refuge, n’échappe pas à cette logique.
La rapidité de la baisse est sans précédent. En un an, le taux a été divisé par deux. Pour trouver une chute aussi brutale, il faut remonter à 2020, quand le taux était passé de 0,75 % à 0,50 % en un semestre. Mais à l’époque, l’inflation était quasiment nulle. Aujourd’hui, la combinaison baisse du taux et hausse de l’inflation crée une tempête parfaite.
Rendement réel négatif : l’inflation à 2,4 % mange les intérêts

Le calcul est simple mais brutal. Avec un Livret A à 1,5 % et une inflation à 2,4 %, le rendement réel est de -0,9 %. Autrement dit, chaque euro placé perd 0,9 centime de pouvoir d’achat par an. Prenons un exemple concret : un Livret A rempli à 22 950 euros rapportait 390 euros d’intérêts par an quand le taux était à 1,7 %. Avec le passage à 1,5 %, il ne rapporte plus que 344 euros par an. Soit 46 euros de moins, et un pouvoir d’achat qui fond quand l’inflation repart.
Cette remontée de l’inflation n’est pas un hasard. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont provoqué une poussée des prix de l’énergie. En mai 2026, l’inflation atteint 2,4 % sur un an, après être tombée à 0,8 % en décembre 2025. Bercy avait justifié la baisse du taux en février 2026 en s’appuyant sur l’inflation de décembre 2025, mais les chiffres ont depuis largement dépassé ce niveau.
Le résultat, c’est que le Livret A, officiellement présenté comme « supérieur à l’inflation » par le gouvernement, ne l’est plus dans la réalité. Les épargnants le constatent chaque mois sur leur relevé de compte. Et ils réagissent en conséquence.
Assurance-vie, Livret Jeune, LEP : les placements qui volent la vedette au Livret A
Face à un Livret A qui ne rapporte plus rien, les épargnants se tournent vers des alternatives mieux rémunérées. Le mouvement est massif et structuré : l’assurance-vie en fonds euros a enregistré une collecte record de 50 milliards d’euros en 2025, tandis que le Livret Jeune et le LEP attirent les jeunes et les ménages modestes.
La logique est simple : quand un placement perd de son attrait, les capitaux se déplacent vers ceux qui offrent un meilleur rendement. C’est exactement ce qui se passe en 2026. Les épargnants, et surtout les jeunes, arbitrent rationnellement entre sécurité et rendement. Et ils découvrent que des alternatives existent, sans risque supplémentaire significatif.
Fonds euros à 2,7 % : pourquoi l’assurance-vie a siphonné 50 milliards en 2025
Philippe Crevel résume bien la situation : « La baisse du taux du Livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance-vie. » Les chiffres lui donnent raison. En 2025, l’assurance-vie a enregistré une collecte nette record de 50 milliards d’euros, dont une part importante provient des fonds euros.
Le rendement moyen des fonds euros atteint 2,65 % à 2,7 % selon l’ACPR, soit presque le double du Livret A. Pour un épargnant qui place 10 000 euros, la différence est de 120 euros par an. Sur un horizon de 5 ans, cela représente 600 euros de gain supplémentaire.
Il faut nuancer : l’assurance-vie est moins liquide que le Livret A. Les rachats peuvent prendre plusieurs jours, et des frais de sortie existent dans certains contrats. Mais le gap de rendement est devenu trop grand pour que les épargnants l’ignorent. Comme nous l’expliquions dans notre analyse de la décollecte d'avril, les transferts du Livret A vers l’assurance-vie sont devenus un phénomène de masse.
Livret Jeune à 3,5 % et LEP à 2,5 % : les armes secrètes des moins de 25 ans
Pour les jeunes, les alternatives sont encore plus intéressantes. Le Livret Jeune, accessible de 12 à 25 ans, offre un taux minimum de 1,5 % mais peut atteindre 3,5 % dans certaines banques. LCL, Société Générale et BNP proposent des taux attractifs, souvent autour de 3 %. Avec un plafond de 1 600 euros, c’est un placement idéal pour un premier argent de poche ou un petit boulot.
Le LEP, sous conditions de revenus, offre un taux garanti de 2,5 % avec un plafond de 7 700 euros. Pour un étudiant ou un jeune actif avec des revenus modestes, c’est le placement le plus rentable sans risque. Le taux est supérieur à celui du Livret A, et la fiscalité est nulle.
Pourtant, ces placements restent sous-utilisés. Beaucoup de jeunes ignorent qu’ils peuvent ouvrir un Livret Jeune, ou pensent que le LEP est réservé aux plus précaires. En réalité, le LEP est accessible à tous ceux dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains plafonds, ce qui inclut une grande partie des étudiants et des jeunes actifs.
Génération Z : ces 18-25 ans qui tournent la page du Livret A
La décollecte est particulièrement visible chez les jeunes. Une étude menée par AG2R La Mondiale, Amphitéa et le Cercle de l’Épargne en 2025 révèle un paradoxe intéressant : 70 % des 18-24 ans jugent le Livret A intéressant, mais leur comportement réel montre une forte rotation. Les jeunes mettent de l’argent sur leur Livret A, mais ils le retirent aussi vite pour consommer, voyager ou investir ailleurs.
Cette génération a un rapport à l’épargne différent de celui de leurs parents. Nés avec un Livret A à 0,50 % pendant la période Covid, ils ont découvert les taux d’intérêt avec le gel à 3 % en 2023-2025. La redescente à 1,5 % est perçue comme une pénalité, une perte sèche. Le Livret A devient un simple sas de trésorerie, un compte courant bis plutôt qu’un véritable placement.
70 % des 18-24 ans trouvent le Livret A intéressant… mais ils le retirent vite
L’étude de 2025 montre que 70 % des 18-24 ans estiment intéressant de placer sur le Livret A. C’est un chiffre élevé, qui témoigne de la notoriété et de la confiance dans ce produit. Mais en parallèle, 63 % des 18-24 ans sont séduits par l’assurance-vie, 58 % par la bourse et 35 % par les cryptomonnaies.
Le paradoxe est frappant : l’intérêt pour le Livret A est fort, mais le comportement réel montre une forte rotation. Les jeunes utilisent le Livret A comme un compte courant bis, où ils déposent leur argent avant de le retirer pour un achat ou un investissement. Le Livret A n’est plus un placement de long terme, mais un simple outil de gestion de trésorerie.
Cette génération est aussi la plus financièrement éduquée de l’histoire. Les jeunes comparent, calculent et arbitrent. Ils savent que le Livret A à 1,5 % ne rapporte rien, et ils cherchent des alternatives. Les cryptomonnaies, malgré leur volatilité, attirent 35 % des 18-24 ans, contre seulement 11 % des plus de 65 ans.
Le taux à 3 % est devenu la référence psychologique
Philippe Crevel, interrogé par Le Revenu, explique que « la sensibilité au taux est plus forte que dans le passé. Le taux de 3 % est devenu la référence psychologique. » Cette analyse éclaire le comportement des jeunes épargnants.
Pour les moins de 25 ans, le Livret A à 3 % était la norme. C’est le taux qu’ils ont connu pendant leurs premières années d’épargne active. La redescente à 1,5 % est perçue comme une régression, une perte de pouvoir d’achat. Ce n’est pas que le Livret A soit mauvais en valeur absolue, c’est qu’il a cessé d’être un bon plan par rapport à ce qu’il était.
Cette référence psychologique explique pourquoi les jeunes sont les premiers à retirer leur argent. Ils n’ont pas l’expérience des taux bas des années 2010-2020, où le Livret A oscillait entre 0,50 % et 1 %. Pour eux, 1,5 % est un taux bas, presque insultant. Ils préfèrent placer leur argent ailleurs, quitte à prendre un peu plus de risque.
Livret Jeune, LEP, fonds euros : le guide pratique des placements rentables pour les moins de 25 ans
Face à cette situation, comment un jeune peut-il optimiser son épargne en 2026 ? La réponse est simple : il faut diversifier. Le Livret A reste indispensable pour l’épargne de précaution, mais il ne doit plus être le seul placement. Le Livret Jeune, le LEP et l’assurance-vie en fonds euros offrent des rendements bien supérieurs pour un risque équivalent.
L’idée est de construire une stratégie en plusieurs étages, en fonction de l’horizon de placement et des objectifs. Le Livret A pour l’urgence, le Livret Jeune pour le rendement immédiat, le LEP si les revenus le permettent, et l’assurance-vie pour les projets à moyen terme.
Garder le Livret A pour l’urgence : le matelas de sécurité indispensable
Malgré la baisse du taux, il ne faut pas vider son Livret A. C’est le seul placement totalement liquide, sans frais, sans fiscalité, garanti par l’État. En cas de coup dur (panne de voiture, facture imprévue, perte d’emploi), c’est le premier recours.
La règle des 3 à 6 mois de dépenses reste valable. Si tu gagnes 1 500 euros par mois, garde entre 4 500 et 9 000 euros sur ton Livret A. Le reste peut être investi ailleurs. L’objectif n’est pas de remplir le Livret A à 22 950 euros, mais de conserver un fonds d’urgence suffisant.
Pour ceux qui ont du mal à épargner, notre guide sur l'ouverture et la gestion du Livret A donne des astuces concrètes pour mettre de l’argent de côté même avec un petit budget.
Le Livret Jeune, le placement le plus rentable pour les 12-25 ans
Le Livret Jeune est le placement le plus rentable pour les moins de 25 ans. Avec un taux pouvant atteindre 3,5 % dans certaines banques (LCL, Société Générale, BNP), il offre un rendement plus de deux fois supérieur à celui du Livret A. Et pour un risque identique : zéro.
Prenons un exemple concret. Avec 1 600 euros placés sur un Livret Jeune à 3,5 %, tu gagnes 56 euros d’intérêts par an. Sur un Livret A au même montant, tu n’aurais que 24 euros. Soit un gain de 32 euros pour zéro risque supplémentaire. Sur 5 ans, cela représente 160 euros de plus.
Pour ouvrir un Livret Jeune, il suffit de se rendre dans une banque avec une pièce d’identité et, pour les mineurs, un justificatif de revenus des parents. Le plafond de 1 600 euros est modeste, mais il permet de se constituer un premier capital sans risque.
Assurance-vie fonds euros et PEA jeunes : les options pour les projets à moyen et long terme
Le Livret A et le Livret Jeune sont parfaits pour le court terme (moins de 2 ans). Pour un projet à 3-7 ans (achat d’une voiture, voyage, apport pour un logement), l’assurance-vie en fonds euros est plus rentable. Avec un rendement moyen de 2,7 %, elle offre un gain net par rapport au Livret A.
Attention : l’assurance-vie est moins liquide. Les rachats prennent quelques jours, et des frais de sortie peuvent s’appliquer. Mais pour un projet à horizon défini, c’est un excellent compromis entre sécurité et rendement.
Pour les plus de 18 ans avec un horizon de 8-10 ans, le PEA (ou PEA jeunes) permet d’investir en bourse et de défiscaliser après 5 ans. C’est plus risqué, mais le potentiel de rendement est bien supérieur. L’important est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : une partie en Livret A pour l’urgence, une partie en Livret Jeune pour le rendement immédiat, une partie en assurance-vie pour le moyen terme, et éventuellement un peu en bourse pour le long terme.
Vers une remontée du taux en août 2026 ? Les signaux qui changent la donne
La prochaine révision du taux du Livret A est prévue pour le 1er août 2026. Et les économistes anticipent une hausse. Avec l’inflation à 2,4 % et le taux €STR autour de 1,9 %, la formule de calcul donnerait un taux « juste » autour de 2,15 %. Bercy a laissé filer à 1,5 % pour alléger le coût de la dette, mais l’écart devient intenable.
Le mode de calcul du taux du Livret A est simple : il est censé suivre la formule (inflation + taux €STR) / 2, arrondi au quart de point supérieur. Avec l’inflation à 2,4 % et l’€STR à 1,9 %, le résultat est de 2,15 %. Le taux actuel de 1,5 % est donc très en dessous de ce que prévoit la règle.
Inflation à 2,4 % et taux €STR à 1,9 % : la pression monte sur Bercy
Bercy a choisi de ne pas appliquer strictement la formule pour ne pas alourdir le coût de la dette. Car le Livret A finance une partie de la dette publique via la Caisse des Dépôts. Un taux plus élevé signifie un coût plus élevé pour l’État, donc un déficit plus important.
Mais cette situation devient intenable. Les épargnants ne sont pas dupes : ils voient que le Livret A ne suit pas l’inflation, et ils retirent leur argent. La pression monte sur Bercy pour une remontée du taux au 1er août 2026. Les économistes anticipent une hausse à 1,8 % voire 2 %. Certains parlent même d’un retour à 2,5 % si l’inflation continue de grimper.
Le Livret A retrouvera-t-il sa superbe ? La concurrence est structurelle
Même avec un taux à 2 %, le Livret A restera moins rémunérateur que le Livret Jeune (3,5 %) ou les fonds euros (2,7 %). La concurrence est structurelle, pas conjoncturelle. Les épargnants ont découvert qu’il existe des alternatives sans risque, et ils ne reviendront pas en arrière.
Le Livret A a perdu son monopole psychologique. Les jeunes comparent, calculent et arbitrent. Cette génération est la plus financièrement éduquée de l’histoire. Il n’y aura pas de retour en arrière. Le Livret A restera un placement refuge pour l’urgence, mais il ne sera plus le placement roi qu’il a été pendant des décennies.
Conclusion : le Livret A en 2026, un placement sûr qui n’est plus un placement roi
La décollecte de 5 milliards d’euros en six mois est historique, mais elle n’est pas une surprise. Elle est le résultat logique d’une combinaison de facteurs : baisse du taux, remontée de l’inflation, concurrence accrue des autres placements. Les épargnants, et surtout les jeunes, ont rationnellement arbitré en faveur de placements mieux rémunérés.
Le Livret A reste un placement sûr, liquide et sans fiscalité. C’est un outil indispensable pour l’épargne de précaution. Mais il n’est plus un placement d’avenir. Son rendement réel est négatif, et il ne permet plus de faire fructifier son épargne. Les jeunes qui veulent un rendement positif sans prendre de risque inconsidéré doivent diversifier.
Pour un jeune en 2026, la règle d’or est la diversification
La bonne stratégie pour un jeune en 2026 est simple : garder un fonds d’urgence sur le Livret A (3 à 6 mois de dépenses), remplir le Livret Jeune (jusqu’à 3,5 %) en priorité, ouvrir un LEP (2,5 %) si les revenus le permettent, et placer le reste sur une assurance-vie en fonds euros (2,7 %) pour les projets à moyen terme. Pour les plus ambitieux, un PEA jeunes permet d’investir en bourse avec une fiscalité avantageuse après 5 ans.
Ne videz pas votre Livret A, mais ne le prenez pas non plus pour un placement d’avenir. Il n’est plus qu’un outil parmi d’autres. La diversification est devenue indispensable pour les 18-25 ans qui veulent un rendement positif sans prendre de risque inconsidéré. Le Livret A a perdu son statut de placement roi, mais il reste un excellent matelas de sécurité.