
Quelles sont les réformes contestées ?
D'après les déclarations du gouvernement actuel, plusieurs réformes devraient être proposées à l'Assemblée Nationale :
- La réforme des retraites dans le public : pour pallier le nombre croissant de retraités, le gouvernement souhaite reculer le départ à la retraite, actuellement fixé à 37,5 ans de service, à 40 ans.
- La décentralisation : l'objectif est de rattacher le personnel ATOS à la Région. Cela signifierait dépendre du bon vouloir des élus, transformant ces postes en emplois soumis à des « préférences » politiques.
Pourquoi cette grève à l'Éducation Nationale ?
Tous les syndicats du département refusent de se laisser dicter la conduite par l'État. Être gréviste dans ce mouvement consiste à montrer au gouvernement que personne ne s'inclinera face à toutes les propositions et aux souhaits des élus. De plus, ils ne veulent pas que les difficultés financières de l'État pèsent sur l'Éducation Nationale.
Un autre argument majeur est celui de l'égalité des chances. Une décentralisation de l'éducation, passant de gestion nationale à régionale, signifierait que les élèves n'auraient pas les mêmes chances de réussite. Les programmes dépendraient de chaque région et, inévitablement, des moyens financiers dont elle dispose.
Sachez que l'État français a le droit de dépasser le budget national de plus de 3 %. Certes, nous sommes peut-être dans le rouge, mais l'éducation de la jeunesse française ainsi que la santé doivent rester des priorités et non être sacrifiées. Pour le moment, rien n'a été clairement dit sur une menace directe concernant les fonctionnaires (professeurs, instituteurs, CPE), mais il vaut mieux prévenir que guérir !
Quelle est la situation en métropole ?
Il est difficile d'évaluer précisément la situation dans les autres académies : certaines sont en vacances, d'autres non. Quelques-unes sont également en grève, mais pas avec une telle ampleur. À titre de comparaison, une manifestation a rassemblé 20 000 personnes (parents, agents, professeurs, étudiants) le mardi 15 avril 2003 au Jardin de l'État de Saint-Denis de la Réunion. Le mouvement dure depuis une semaine et semble vouloir se prolonger jusqu'à la semaine prochaine, prenant alors une nouvelle envergure nationale. Mais sera-t-il aussi important ailleurs ?
Quelles conséquences pour les élèves ?
Il faut savoir que 90 établissements sur 105 sont fermés dans l'Académie. Les quelques établissements ouverts ne le sont que partiellement, avec seulement 4 ou 5 professeurs présents. Dans ces conditions, certains enseignants se retrouvent face à des classes désertées (les classes de secondes et premières profitent ainsi d'un peu de repos, comme moi !), tandis que d'autres ne donnent cours qu'aux classes « d'examen » (Terminales S, ES, L, STT...), bien que ces élèves manquent tout de même de cours.
C'est pourquoi certains parents manifestent aux côtés des professeurs, pour demander une reprise rapide du service. Certains enseignants vont même jusqu'à affirmer qu'ils seront prêts, après les mouvements de grève, à enseigner les mercredis après-midi et samedis matins. Beaucoup s'inquiètent évidemment des examens qui approchent à grands pas (juin), mais comment se déroulera la session 2003 réunionnaise ? Seul l'avenir nous le dira.
Mon avis : contre la décentralisation
Non à la décentralisation telle qu'elle est présentée, et non à l'inégalité des chances. Le démantèlement du service public français pourrait s'apparenter à un bond en arrière de 30 ans. Quant aux réformes des retraites, serez-vous heureux d'avoir comme professeur une personne de 65 ans ? Ils risqueraient d'être complètement dépassés, avec un enseignement obsolète, ne nous permettant pas de rester attentifs. La jeunesse est une clé de l'avenir : pourquoi ouvrir plus large la porte à la vieillesse ?
Un peu d'humour pour finir
Soyez rassurés, je vous tiendrai au courant de toute la situation... Depuis une semaine, je glande et ce n'est pas fini, puisque cela durera encore une semaine. Ensuite, je serai en vacances le 30 avril. Elle n'est pas belle la vie ?