Le 7 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict dans l’affaire CFake, un site qui a hébergé pendant près de vingt ans des milliers de deepfakes pornographiques mettant en scène des célébrités, des femmes politiques et des journalistes. L’administrateur présumé, un informaticien niçois de 47 ans, a été condamné à deux ans de prison dont un avec sursis, une amende de 10 000 euros et la confiscation de 20 ethers. Sur les treize plaignantes constituées dans ce dossier, une seule s’est déplacée en personne : l’actrice Gwendolyn Gourvenec, dont le témoignage poignant a donné son titre à cette affaire.

Des César 2026 au box des accusés : l’affaire CFake ébranle le monde du cinéma
La 51e cérémonie des César aura lieu dans quelques mois, et le monde du cinéma français reste marqué par cette affaire qui a exposé les failles de la protection des actrices face aux technologies d’intelligence artificielle. Cyrille B., 47 ans, informaticien installé à Nice, n’avait aucun antécédent judiciaire. Son avocat, Me Teddy Orlandi, l’a présenté comme un homme seul, sans enfant, créateur d’une application de programmes télévisés. Pourtant, derrière ce profil discret se cachait l’administrateur de CFake.com, un site où des internautes publiaient depuis 2007 des images truquées à caractère pornographique.
Les treize plaignantes appartiennent aux mondes des médias, de la politique et du spectacle. Certaines figures sont connues du grand public : Brigitte Macron, Rachida Dati, des actrices et des journalistes de premier plan. Mais la grande majorité des victimes n’ont pas porté plainte. Sur les 14 000 personnes identifiées comme cibles du site, seules treize ont accepté de se constituer parties civiles. Parmi elles, une seule a fait le déplacement jusqu’à la 13e chambre correctionnelle de Paris.
Gwendolyn Gourvenec, seule au procès : « J’ai quinze ans de choix balayés »
Gwendolyn Gourvenec est comédienne. Elle a joué dans des films et des séries, construit une carrière pas à pas, en refusant certains rôles pour préserver son image et sa dignité professionnelle. À la barre, elle a expliqué avoir toujours « mis un point d’honneur » à choisir les projets où elle apparaissait. Puis un jour, elle a découvert son visage collé sur le corps d’une actrice pornographique, sans son consentement, sur un site accessible à tous.
« Cela me fait mal au cœur de voir quinze ans de choix balayés », a-t-elle déclaré devant les magistrats. Elle s’est dite « salie, humiliée » par un homme qui n’a jamais cherché à la connaître, qui n’a jamais eu son accord, et qui a exploité son image de la façon la plus dégradante possible. Son témoignage a duré plusieurs minutes, ponctué de silences et de larmes retenues. Elle était seule au procès, sans avocat particulier, sans association pour la soutenir. Cette solitude illustre le poids du silence qui pèse sur les victimes de ce type de cyberviolence.

13 plaignantes sur 14 000 victimes : pourquoi tant de silence face aux deepfakes ?
Les chiffres donnent le vertige. Le site CFake comptait environ 200 000 comptes utilisateurs, attirait près de 4 millions de visites par mois et hébergeait plus de 300 000 images ainsi que 7 000 vidéos générées par intelligence artificielle. Les enquêteurs ont identifié 14 000 victimes réparties dans plusieurs pays. Pourtant, seules treize personnes ont porté plainte.
Plusieurs raisons expliquent ce silence. La honte d’abord : beaucoup de victimes découvrent ces images par hasard, souvent par des proches ou des collègues qui les ont vues en ligne. La peur de la diffusion ensuite : porter plainte, c’est accepter que l’affaire soit rendue publique, ce qui peut attirer encore plus l’attention sur les contenus humiliants. Enfin, la méconnaissance des recours juridiques freine de nombreuses personnes, qui ignorent que la loi française condamne désormais explicitement la création et la diffusion de deepfakes non consentis.

300 000 images, 4 millions de visites, 14 000 victimes : dans l’enfer de CFake
CFake n’était pas un site marginal. Actif depuis 2007, il fonctionnait comme une véritable usine à pornographie non consentie. Les utilisateurs pouvaient télécharger des photos de célébrités, d’hommes politiques, de journalistes ou de membres de familles royales, puis utiliser des logiciels de deepfake pour superposer ces visages sur des corps filmés dans des scènes pornographiques. Le site était organisé en catégories explicites : « viol », « forcé », « dégradation ». Ces intitulés ne laissent aucun doute sur la nature des contenus hébergés.
L’enquête a révélé que le site générait des revenus publicitaires importants. Les enquêteurs ont saisi 34,7 ethers, une cryptomonnaie, dont la valeur atteignait environ 48 521 euros au moment de la saisie. Le prévenu est également poursuivi pour avoir administré une plateforme permettant des transactions illicites, un délit passible de sept ans de prison et 500 000 euros d’amende.
50 nouvelles publications par jour : la mécanique bien huilée d’une usine à deepfakes
Le rythme de publication était soutenu : environ cinquante nouvelles images ou vidéos étaient mises en ligne chaque jour. Les catégories du site reflétaient une escalade dans la violence sexuelle : « viol », « forcé », « dégradation » étaient des libellés courants. Les cibles étaient variées : actrices, chanteuses, présentatrices télé, femmes politiques, premières dames de plusieurs pays, membres de familles royales, journalistes, sportives.
Cette mécanique bien huilée reposait sur une modération quasi inexistante. Les utilisateurs uploadaient leurs créations sans contrôle préalable. Le site se contentait d’héberger et de diffuser, tout en encaissant les revenus publicitaires générés par le trafic. Les victimes, elles, n’avaient aucun moyen de savoir que leur image était utilisée, jusqu’au jour où un proche ou un collègue les alertait.

Un logiciel pour tous : comment un collégien peut fabriquer un deepfake sans compétence technique
L’affaire CFake s’inscrit dans un phénomène plus large. Les outils de deepfake sont devenus accessibles à n’importe qui, y compris à des adolescents. Il suffit de quelques clics et d’une photo volée sur les réseaux sociaux pour générer une image pornographique réaliste. Comme nous l’expliquions dans notre article sur les deepfakes au lycée, des collégiens utilisent ces technologies pour humilier leurs camarades, souvent des filles, en créant des montages qu’ils diffusent dans les groupes de discussion.
Le phénomène est mondial. Selon les données disponibles, environ 96 % des deepfakes circulant sur Internet sont de nature pornographique, et ils ciblent presque exclusivement des femmes. Les créateurs n’ont besoin d’aucune compétence technique particulière : des applications grand public, gratuites ou peu coûteuses, permettent de produire des résultats bluffants en quelques minutes.
200 000 comptes, 34,7 ethers saisis : le business juteux de l’image volée
CFake n’était pas un site amateur. Avec 200 000 comptes utilisateurs et 4 millions de visites mensuelles, la plateforme attirait un trafic considérable. Les revenus provenaient principalement de la publicité en ligne. Les enquêteurs ont saisi 34,7 ethers, soit environ 48 521 euros au moment de la saisie. Mais cette somme ne représente probablement qu’une partie des gains accumulés pendant près de vingt ans d’activité.
Le modèle économique pose une question centrale : quel est le rapport coût-bénéfice pour un créateur de ce type de site ? D’un côté, les peines encourues (jusqu’à trois ans de prison et 75 000 euros d’amende pour la diffusion d’images sexuelles générées par IA) peuvent sembler dissuasives. De l’autre, les revenus potentiels, cumulés sur près de deux décennies, dépassent largement ces montants. La justice devra trancher : la peine prononcée est-elle à la hauteur du préjudice causé à 14 000 victimes ?
« Je me sens salie, humiliée » : le traumatisme profond des victimes de deepfakes
Le traumatisme causé par un deepfake sexuel diffère de celui d’autres violences numériques. Il ne s’agit pas seulement d’une atteinte à la vie privée ou d’une diffamation. C’est une violation de l’intégrité même de la personne, de son image, de son identité. La victime voit son visage — celui qu’elle montre au monde, celui qui la représente professionnellement et socialement — associé à des actes sexuels qu’elle n’a jamais choisis.
Gwendolyn Gourvenec l’a exprimé avec une clarté glaçante : « Je me sens salie, humiliée. » Ces mots ne sont pas une formule. Ils décrivent un état psychologique précis, étudié par les sciences cognitives, et qui active les mêmes circuits cérébraux que la douleur physique.
L’humiliation numérique active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique
Les recherches en humiliation studies montrent que l’humiliation est une émotion distincte de la gêne ou de la honte. Elle est plus longue, plus douloureuse, et elle affecte profondément l’estime de soi. La psychologue clinicienne et chercheuse Linda Hartling, du Human Dignity and Humiliation Studies Network, explique que l’humiliation survient quand une personne est traitée comme inférieure, dégradée, ou privée de sa dignité.
Sur le plan neurologique, l’humiliation active les mêmes régions cérébrales que la douleur physique : le cortex cingulaire antérieur et l’insula. Cela signifie que le sentiment d’être humilié n’est pas une simple métaphore : il produit une souffrance réelle, mesurable. Les victimes de deepfakes sexuels passent souvent de la culpabilité (« j’ai fait quelque chose de mal ») à la honte (« je suis mauvaise »), un glissement qui peut entraîner dépression, anxiété et isolement social.

« Avoir mal au cœur de voir son visage là où on n’a jamais voulu être »
Pour les actrices et les personnalités publiques, l’atteinte est double. Leur image est leur outil de travail, leur capital professionnel. Voir son visage utilisé sans consentement dans un contexte pornographique, c’est voir son métier, sa réputation, sa crédibilité anéantis en un clic. Gwendolyn Gourvenec a parlé de « quinze ans de choix balayés ». Elle a construit sa carrière en refusant certains rôles, en acceptant d’autres, en négociant son image à chaque étape. Un inconnu, derrière son écran, a réduit à néant ce travail.
Brigitte Macron et Rachida Dati figurent également parmi les cibles du site. Pour des personnalités politiques, l’humiliation prend une dimension supplémentaire : elle vise à les discréditer, à les réduire à leur corps, à nier leur légitimité dans l’espace public. Le deepfake devient une arme de déstabilisation, utilisée pour attaquer des femmes en position de pouvoir.
Loi SREN et recours pour les victimes de deepfakes : peines, amendes et signalement
Le cadre juridique français a évolué ces dernières années pour mieux protéger les victimes de deepfakes. L’article 226-8 du Code pénal, modifié par la loi SREN du 21 mai 2024 (loi n°2024-449), punit désormais explicitement la publication de montages réalisés par intelligence artificielle sans le consentement de la personne. Les peines varient selon les circonstances : un an de prison et 15 000 euros d’amende pour le délit simple, deux ans et 45 000 euros si la diffusion est effectuée via un service de communication au public en ligne, et jusqu’à trois ans et 75 000 euros pour les contenus sexuels générés par IA.
Au niveau européen, un amendement adopté en mars 2026 par les 27 États membres, proposé conjointement par la France et l’Espagne, vise à bannir les services d’IA génératrice d’images intimes non consenties. Ce texte marque une avancée significative dans la reconnaissance du préjudice spécifique causé par ces technologies.
75 000 € d’amende contre 48 000 € de crypto : le calcul coût-bénéfice du créateur de CFake
La peine maximale pour la diffusion de deepfakes sexuels est de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende. Dans l’affaire CFake, les enquêteurs ont saisi 34,7 ethers, soit environ 48 521 euros. À cela s’ajoutent les revenus publicitaires perçus pendant près de vingt ans, dont le montant exact n’a pas été rendu public.
La question de l’effet dissuasif se pose avec acuité. Pour un créateur de site, le calcul est simple : si les gains potentiels dépassent largement les sanctions encourues, le risque vaut la peine. C’est pourquoi les associations de victimes et certains magistrats réclament des peines plus lourdes, notamment la confiscation systématique des actifs numériques et l’interdiction d’exercer une activité en lien avec l’informatique.
Libérer la parole contre criminaliser les plateformes : le difficile équilibre de la loi SREN
La loi SREN a été saluée par les associations de protection des victimes, mais elle soulève aussi des questions. Comment distinguer un deepfake malveillant d’une parodie ou d’une satire ? Où placer le curseur entre la protection des personnes et la liberté d’expression ? Les juges devront trancher au cas par cas, en fonction du contexte, de l’intention et du préjudice causé.
La proposition franco-espagnole de mars 2026 va plus loin en visant directement les services d’IA qui génèrent des images intimes non consenties. Si elle est adoptée, elle imposerait aux plateformes de mettre en place des mécanismes de blocage et de signalement, sous peine de sanctions financières. Reste à savoir si ces mesures seront applicables dans un environnement numérique mondialisé, où les serveurs peuvent être installés dans des pays aux législations plus laxistes.
Signalement Pharos et plainte en ligne : des recours gratuits, mais un temps d’enquête à financer
Pour les victimes, le parcours commence souvent par un signalement sur la plateforme Pharos, gérée par la police nationale. Ce service gratuit permet de signaler tout contenu illicite en ligne. Ensuite, la victime peut déposer une plainte en se rendant dans un commissariat ou en utilisant la pré-plainte en ligne.
Mais ces recours, bien que gratuits pour la victime, ont un coût pour la collectivité. Chaque enquête mobilise des enquêteurs spécialisés, des analystes informatiques, des magistrats. Le temps d’enquête peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, comme dans l’affaire CFake où le site était actif depuis 2007. Les budgets publics consacrés à la lutte contre les cyberviolences restent limités, et les services enquêteurs doivent prioriser les dossiers les plus graves.
Prévention deepfakes chez les jeunes : le guide pour réagir et se protéger en 2026
Face à l’ampleur du phénomène, la prévention est devenue une priorité. Les jeunes sont à la fois les principales victimes et les principaux utilisateurs de ces technologies. Selon une étude récente, 19 % des adolescents de 13 à 15 ans reçoivent des images sexuelles non sollicitées sur les réseaux sociaux. Les deepfakes ajoutent une dimension supplémentaire : l’image peut être fabriquée de toutes pièces, sans que la victime ait jamais posé ou partagé quoi que ce soit.
Les 4 réflexes dès la découverte d’un deepfake sexuel
Si vous découvrez qu’une image ou une vidéo deepfake vous représentant circule en ligne, voici les gestes à adopter immédiatement.
Premier réflexe : ne pas partager le contenu. Même avec l’intention de dénoncer, le fait de partager aggrave la diffusion et peut vous exposer à des poursuites pour recel d’images illicites. Prenez une capture d’écran ou enregistrez l’URL sans ouvrir le fichier.
Deuxième réflexe : capturer les preuves. Notez la date, l’heure, l’URL exacte de la page, le nom d’utilisateur du compte qui a publié le contenu. Si possible, faites une capture d’écran du message ou du fil de discussion. Ces éléments seront essentiels pour l’enquête.
Troisième réflexe : signaler sur Pharos et sur la plateforme. Rendez-vous sur le site de la plateforme Pharos (signalement.gouv.fr) et décrivez les faits avec précision. Signalez également le contenu directement sur le réseau social ou le site qui l’héberge. La plupart des grandes plateformes ont désormais des procédures de signalement pour les deepfakes.
Quatrième réflexe : bloquer l’auteur. Si vous connaissez l’identité de la personne qui a créé ou diffusé le contenu, bloquez-la sur tous vos réseaux sociaux. Ne cherchez pas à entrer en contact avec elle : cela pourrait aggraver la situation.
Le 3018 et #StopFisha : les lignes d’écoute et d’accompagnement pour les mineurs
Le 3018 est le numéro unique dédié aux violences numériques, géré par l’association e-Enfance. Gratuit, anonyme et confidentiel, il est accessible aux mineurs comme aux adultes. Les conseillers formés peuvent aider à faire retirer un contenu, orienter vers un psychologue ou un avocat, et accompagner dans les démarches de plainte.
Le dispositif #StopFisha, lancé par le gouvernement, vise spécifiquement la lutte contre le partage non consenti d’images intimes. Il propose un formulaire de signalement en ligne et un accompagnement personnalisé pour les victimes. Ces outils sont essentiels, mais ils restent méconnus du grand public. Les campagnes de sensibilisation dans les collèges et les lycées commencent à porter leurs fruits, mais le chemin est encore long.
Porter plainte : mode d’emploi et évolutions récentes de la procédure
Depuis la loi SREN, les victimes de deepfakes peuvent déposer une pré-plainte en ligne, ce qui évite de se déplacer au commissariat pour une première déclaration. Il suffit de se connecter sur le site pre-plainte-en-ligne.gouv.fr, de décrire les faits et de joindre les preuves collectées. La plainte est ensuite transmise au commissariat compétent, qui convoque la victime pour une audition.
Pour constituer un dossier solide, il est important de rassembler tous les éléments : captures d’écran, URLs, dates, heures, noms d’utilisateur, témoignages de personnes ayant vu le contenu. Plus le dossier est complet, plus l’enquête pourra avancer rapidement. Les associations comme e-Enfance ou le Collectif Féministe Contre le Cyberharcèlement peuvent aider à préparer ces démarches.
Conclusion : un verdict historique, mais un combat loin d’être terminé
Le 7 juillet 2026, le tribunal a prononcé sa décision : deux ans de prison dont un avec sursis, 10 000 euros d’amende, et la confiscation de 20 ethers sur les 34,7 saisis. Cyrille B. a été reconnu coupable d’administration d’une plateforme permettant la diffusion d’images sexuelles générées par intelligence artificielle sans consentement.
La peine est-elle à la hauteur du préjudice ? Pour les 14 000 victimes, le sentiment d’injustice risque de rester. Deux ans de prison, dont un an ferme, pour près de vingt ans d’activité et des centaines de milliers d’images diffusées, cela peut sembler dérisoire. L’avocat de la défense, Me Teddy Orlandi, a plaidé la personnalité de son client : un homme seul, sans antécédents, qui n’a pas personnellement créé les images mais s’est contenté d’héberger la plateforme.
Le message envoyé aux créateurs de deepfakes est ambigu. D’un côté, la condamnation montre que la justice peut frapper, même après des années d’activité. De l’autre, le rapport coût-bénéfice reste favorable à ceux qui sauraient mieux dissimuler leurs revenus ou délocaliser leurs serveurs. La vigilance collective, l’éducation des jeunes et l’évolution du cadre juridique restent les meilleures armes contre ce fléau.
Le procès CFake aura au moins eu le mérite de sortir de l’ombre une violence numérique qui touche des milliers de femmes chaque jour. Il a rappelé que derrière chaque image volée, il y a une vie, une carrière, une dignité. Et que le combat pour la protection de l’image et de l’intimité à l’ère de l’intelligence artificielle ne fait que commencer.