Le 1er janvier 2025, un record d'immigrés résidait dans les pays de l'Union européenne : 64,7 millions de personnes nées à l'étranger, dont 46,7 millions hors UE et 18 millions dans un autre pays de l'UE. Cette hausse de 1,9 million par rapport à l'année précédente place l'immigration au coeur des débats sur l'emploi des jeunes et la pression sur les services publics.

Un équilibre démographique en faveur des actifs
La population immigrée est plus jeune que la population native : 43,1 ans contre 45,2 ans en moyenne. Près des trois quarts des migrants sont d'âge actif, ce qui pourrait compenser le vieillissement de la population locale. Cependant, les écarts de chômage persistent.
Des inégalités d'emploi selon l'origine
En 2025, le taux d'emploi des immigrés non-EU s'établit à 66 %, contre 71,6 % chez les natifs. Les immigrés de l'UE quant à eux dépassent cette moyenne avec un taux de 74,8 %. Bien que les non-EU aient progressé (de 59,4 % en 2017), ils restent le groupe le plus touché par le chômage. Pour les jeunes, cette situation reste particulièrement préoccupante.
Des disparités entre pays membres
L'Allemagne accueille près de 18 millions d'immigrés, devant la France (9,6 millions) et l'Espagne (9,5 millions). L'Italie complète ce top 4 des destinations. L'Espagne a contribué près d'un tiers de l'augmentation totale dans l'UE en 2025, avec une hausse de 8 %. Ces flux inégauls créent des pressions variables sur les marchés du travail et les services publics locaux.
Des pressions sur l'éducation et le logement
Selon Eurostat, l'UE reçoit 4,2 millions d'immigrés réguliers chaque année. Dans plusieurs pays, notamment l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Belgique, les systèmes éducatifs, sanitaires et de logement montrent des signes de tension. Ces contraintes affectent directement les jeunes, qui dépendent de ces services pour leur scolarisation et leur insertion.

Le pacte migratoire européen entre en vigueur
Le 12 juin 2026, le pacte migratoire et asile de l'UE entre pleinement en application. Il réorganise la gestion des frontières, l'asile et l'intégration, avec un objectif : mieux répartir les responsabilités entre les États membres. Ce cadre pourrait influencer la manière dont les pays gèrent l'impact des migrations sur leurs marchés du travail et leurs services publics.
Un chômage de jeunesse toujours élevé
En juillet 2026, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 15,1 % dans l'UE, contre 6,1 % pour l'ensemble de la population. Les écarts sont marqués : 7,2 % en Allemagne contre 26,1 % en Estonie et 23,4 % en Finlande. Bien que ce taux ait fortement baissé depuis le pic de 24,4 % enregistré en 2013, il reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale.
Vers une gestion équilibrée de l'immigration
La montée record des immigrés dans l'UE met en lumière la nécessité d'une politique équilibrée. D'un côté, les migrants apportent une main-d'oeuvre dynamique et une diversité culturelle. De l'autre, ils exercent une pression sur l'emploi des jeunes et les services publics. La pleine mise en oeuvre du pacte migratoire européen pourrait offrir un cadre plus cohérent pour concilier intégration, soutien aux marchés du travail et préservation des services publics.