Un enfant caché pendant la Shoah, un prix Nobel : la vie extraordinaire de François Englert
François Englert, le dernier prix Nobel belge encore en vie, s'est éteint le 18 juin 2026 à Uccle, à l'âge de 93 ans. L'annonce de sa disparition, faite par l'Université libre de Bruxelles, a provoqué une vague d'émotion dans le monde scientifique et au-delà. Ce physicien hors norme, co-lauréat du prix Nobel de physique 2013 avec Peter Higgs pour la découverte théorique du mécanisme qui donne leur masse aux particules, laisse derrière lui un héritage scientifique et humain monumental. Mais pourquoi ce nom, peut-être méconnu des plus jeunes, mérite-t-il d'être retenu et célébré ?
Uccle, 19 juin 2026 : l'ULB annonce la disparition du physicien

C'est par un communiqué sobre et empreint de dignité que l'Université libre de Bruxelles a annoncé la nouvelle : « François Englert, professeur émérite et prix Nobel de physique, nous a quittés. Sa disparition marque la fin d'une ère pour la science belge et pour l'ULB, dont il était l'un des plus illustres représentants. » La nouvelle a rapidement fait le tour des médias belges et internationaux.
La fin d'une époque pour la science belge
Né à Etterbeek en 1932, Englert était bien plus qu'un savant. Il était le dernier lien vivant avec une génération de physiciens qui ont transformé notre compréhension de l'univers. Son décès signifie que la Belgique n'a désormais plus aucun prix Nobel vivant dans ses rangs. Le dernier Belge à avoir reçu cette distinction avant Englert était Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie en 1977.
L'émotion était palpable dans les couloirs de l'ULB, où des étudiants et des collègues se sont rassemblés spontanément pour lui rendre hommage. Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le bâtiment de physique, et un livre de condoléances a été ouvert. Le Premier ministre belge a salué « la mémoire d'un géant qui a honoré notre pays par son intelligence et son humanité ».

Une carrière consacrée à l'ULB
Englert a passé l'essentiel de sa carrière à l'ULB, où il est revenu en 1961 après un post-doctorat aux États-Unis. Il y a codirigé le Service de physique théorique avec Robert Brout de 1980 à 1998, avant de devenir professeur émérite. L'université a souligné que son engagement envers l'institution libre était total, fidèle aux valeurs de laïcité et de libre examen qui fondent l'ULB.

Pourquoi un public jeune devrait connaître le nom de François Englert ?
Si le nom de François Englert ne vous dit rien, c'est normal. La physique théorique n'est pas une matière enseignée au collège, et le boson de Higgs reste un concept abstrait pour beaucoup. Pourtant, comprendre qui était Englert, c'est comprendre comment fonctionne la matière qui nous compose.
Le boson de Higgs, c'est la particule qui explique pourquoi la matière a une masse. Sans elle, les atomes ne pourraient pas se former, les étoiles ne brilleraient pas, et nous ne serions pas là pour en parler. Englert, avec son collègue Robert Brout, a été le premier à proposer un mécanisme élégant pour résoudre cette énigme fondamentale.
Cet article ne sera pas un cours de physique. Ce sera le récit d'une vie exceptionnelle, marquée par la tragédie, la persévérance et un triomphe scientifique retentissant. Une histoire qui mérite d'être connue, parce qu'elle montre que la science est une aventure humaine, faite d'intuitions, de doutes et de victoires.
Enfant caché, scientifique éveillé : le destin hors norme d'Englert
Derrière le prix Nobel se cache un enfant qui a survécu à l'horreur de la Shoah. Cette expérience fondatrice a façonné l'homme et le scientifique, lui donnant une force et une lucidité rares.
1942 : l'enfant juif d'Etterbeek caché par la famille Jourdan à Lustin
François Englert est né le 6 novembre 1932 à Etterbeek, dans une famille juive belge d'origine polonaise. En 1942, alors qu'il n'a que 9 ans, la guerre s'abat sur la Belgique occupée. Comme des milliers d'enfants juifs, il est arraché à ses parents et confié à une famille d'accueil. Les Jourdan, à Lustin, un petit village de la province de Namur, acceptent de le cacher.
Les consignes étaient strictes : il devait faire comme s'il ne connaissait pas ses parents, ne jamais prononcer leur nom, ne jamais attirer l'attention. Pendant des mois, il a vécu dans la peur constante d'être découvert. Cette période, il n'en a parlé qu'après avoir reçu son prix Nobel en 2013. « Ils ont voulu nous enterrer, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines », a-t-il confié, citant un proverbe mexicain.
Cette expérience a marqué son rapport au monde. Elle lui a enseigné la valeur de la vie, la fragilité des certitudes et l'importance de la raison face à l'obscurantisme. Elle a aussi forgé en lui une détermination sans faille à comprendre le monde de manière rationnelle.
De l'ingénierie à Cornell : la rencontre décisive avec Robert Brout
Après la guerre, Englert suit un parcours classique mais brillant. Il obtient un diplôme d'ingénieur civil en 1955, puis une licence et un doctorat en physique. Mais c'est son post-doctorat à l'Université Cornell, aux États-Unis, qui va changer sa vie.
Là-bas, il rencontre Robert Brout, un physicien américain exigeant et iconoclaste. Brout avait une approche radicale de la science : selon les mots d'Englert, il « conspicuously disregarded academic knowledge and favored entering any subject from scratch ». Pour Brout, le fait de n'être pas un expert en physique des particules était un avantage : il pouvait se libérer des modes et des dogmes.
Entre les deux hommes, une amitié intellectuelle et une collaboration fructueuse naissent immédiatement. Brout était le complément parfait d'Englert : l'un, audacieux et provocateur ; l'autre, plus réservé mais d'une intuition redoutable.
Retour à l'ULB : le terreau d'une révolution scientifique
En 1961, Englert revient à l'ULB, où il devient codirecteur du Service de physique théorique avec Brout. Les années 1960 sont une période faste pour la physique des particules. Les scientifiques commencent à construire le Modèle standard, cette théorie qui décrit les particules élémentaires et leurs interactions.
Mais il y a un problème béant : le modèle prédit l'existence de bosons W et Z, les messagers de la force faible, mais il leur donne une masse nulle. Or, on sait qu'ils sont massifs. C'est une contradiction qui empêche la théorie d'être complète. Les physiciens tournent en rond, cherchant une solution.
C'est dans ce contexte, à l'ULB, qu'Englert et Brout vont avoir l'étincelle. Le terreau est fertile : une équipe talentueuse, une liberté académique totale et un problème à résoudre.
1964, l'étincelle : un bout de papier qui change la physique
Cette section raconte la découverte elle-même, mais sans jargon. L'objectif est de faire comprendre l'importance de ce moment, et le sous-texte de la controverse avec Higgs.
« Broken Symmetry » : l'article de trois pages qui a défié le Modèle standard
Le 26 juin 1964, la revue Physical Review Letters publie un article de trois pages signé par François Englert et Robert Brout. Son titre : « Broken Symmetry and the Mass of Gauge Vector Mesons ». Derrière ce titre austère se cache une idée révolutionnaire.
L'article propose un mécanisme pour expliquer comment les particules acquièrent leur masse. L'idée est simple en apparence : il existe un champ invisible qui remplit tout l'univers, le champ de Higgs. Les particules interagissent avec ce champ, et plus l'interaction est forte, plus la particule est massive.
Ce mécanisme résout le problème des bosons W et Z. Il donne une masse à ces particules sans briser la symétrie de la théorie. C'est un coup de génie qui ouvre la voie à la construction du Modèle standard.
Le champ de Higgs : une mélasse invisible qui donne leur poids aux particules
Pour comprendre le mécanisme de Higgs, une analogie simple est utile. Imaginez une pièce remplie de mélasse. Si vous êtes une personne légère et rapide, vous pouvez traverser la pièce sans trop de difficulté. Vous avez une faible masse. Si vous êtes une personne lourde et massive, vous vous enfoncerez dans la mélasse et avancerez lentement. Vous avez une masse élevée.
Dans cette analogie, la mélasse est le champ de Higgs. Les particules qui interagissent fortement avec ce champ (comme le quark top) sont lourdes. Celles qui interagissent peu (comme l'électron) sont légères. Et celles qui n'interagissent pas du tout (comme le photon) n'ont pas de masse.
Le boson de Higgs, lui, est la « vibration » de ce champ. C'est la particule associée au champ, un peu comme une onde à la surface de l'eau. La découvrir, c'était prouver que le champ existe vraiment.
Robert Brout, l'éternel oublié : pourquoi le Nobel s'est arrêté à deux noms
La chronologie est importante. Englert et Brout publient leur article le 26 juin 1964. Peter Higgs, un physicien britannique, publie le sien en septembre 1964, proposant une idée similaire. Tous deux arrivent à la même conclusion, mais par des chemins différents.
En 2013, le prix Nobel est attribué à Englert et Higgs. Brout, mort en 2011, n'a pas pu être co-lauréat. Le règlement du Nobel interdit en effet d'attribuer le prix à titre posthume.
Cette absence a suscité un débat. Certains estiment que Brout aurait dû être reconnu, car son rôle était central. Englert lui-même a toujours rendu hommage à son collaborateur, soulignant que la découverte était le fruit d'un travail d'équipe. Mais les règles sont les règles, et l'histoire a retenu le nom de Brout comme celui de « l'éternel oublié ».
Quarante-huit ans d'attente : le jour où le CERN a donné raison à Englert
Cette section est le point culminant de la narration. Le suspense est immense, et l'émotion est à son comble.
4 juillet 2012, Genève : l'émotion du patron du CERN annonçant la découverte
Le 4 juillet 2012, au CERN, à Genève, une conférence de presse historique est organisée. Le monde entier retient son souffle. Les rumeurs vont bon train : a-t-on enfin trouvé le boson de Higgs ?
Le directeur général du CERN, Rolf Heuer, prend la parole. La phrase est lourde de sens : « Nous avons observé une nouvelle particule qui est compatible avec le boson de Brout-Englert-Higgs. » La salle explose en applaudissements. Peter Higgs, présent dans la salle, essuie ses lunettes, les larmes aux yeux.
La découverte est confirmée à un niveau de confiance de 5 sigma, le seuil requis en physique des particules. Cela signifie qu'il y a moins d'une chance sur 3,5 millions que le résultat soit dû au hasard. La quête de près d'un demi-siècle est terminée.
Le LHC en trois chiffres : 27 km, 4 expériences, 40 millions de collisions/seconde
Pour comprendre l'ampleur de la prouesse, il faut regarder les chiffres. Le Large Hadron Collider (LHC) est le plus grand et le plus puissant accélérateur de particules jamais construit. Son tunnel, long de 27 kilomètres, est creusé sous la frontière franco-suisse.
À l'intérieur, des protons sont accélérés à 99,999999 % de la vitesse de la lumière et entrent en collision 40 millions de fois par seconde. Quatre immenses détecteurs (ATLAS, CMS, ALICE, LHCb) enregistrent ces collisions, générant des données équivalentes à des millions de DVD chaque année.
Trouver le boson de Higgs parmi ces milliards de collisions, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin de la taille d'une montagne. Seule une technologie de pointe et une collaboration internationale de milliers de scientifiques ont permis d'y parvenir.
« Particule de Dieu » : l'histoire du surnom qu'Englert détestait
Le boson de Higgs est souvent appelé la « particule de Dieu ». Ce surnom, qui a fait le tour du monde, est en réalité une invention commerciale. Le physicien Leon Lederman, prix Nobel 1988, voulait appeler son livre « the goddamn particle » (la sacrée particule), en référence à la difficulté de la trouver. Son éditeur a trouvé cela trop provocateur et a changé en « The God Particle ».
Englert détestait ce surnom. Il le trouvait absurde et contre-productif, car il donnait une dimension mystique à une découverte purement rationnelle. Pour lui, la science n'avait rien à voir avec la religion. Le boson de Higgs n'était pas une particule divine, mais une particule tout à fait ordinaire, régie par les lois de la physique.
Le jour où Stockholm a reconnu la « Particule de Dieu » : le sacre de 2013
Cette section officialise la reconnaissance et introduit les citations clés d'Englert.
Octobre 2013 : Englert et Higgs enfin récompensés par l'Académie suédoise
Le 8 octobre 2013, l'Académie royale des sciences de Suède annonce le prix Nobel de physique. Il est attribué à François Englert et Peter Higgs « pour la découverte théorique d'un mécanisme qui contribue à notre compréhension de l'origine de la masse des particules subatomiques, et qui a été récemment confirmée par la découverte de la particule fondamentale prédite ».
Englert apprend la nouvelle chez lui, à Bruxelles. Higgs, lui, est injoignable : il est parti en voyage sans téléphone. Les deux hommes partagent le prix de 8 millions de couronnes suédoises (environ 920 000 euros). Englert devient le premier Belge à obtenir un Nobel de physique depuis Ilya Prigogine en 1977.
« La science est essentielle pour construire une civilisation digne de ce nom »
Dans son discours après le Nobel, Englert a prononcé des mots qui résonnent encore aujourd'hui. Il a déclaré : « Ma recherche a toujours consisté à rechercher une compréhension, une intelligibilité rationnelle au monde. Des idées non-rationnelles ont fait assez de tort à l'Europe. La science est essentielle pour construire une civilisation digne de ce nom. »
Cette phrase est la clé de voûte de son héritage intellectuel. Elle relie son enfance cachée, marquée par la barbarie nazie, à son engagement pour la raison et la science. Pour Englert, la science n'était pas une simple accumulation de connaissances, mais un rempart contre l'obscurantisme et la violence.
Le baron Englert : un anoblissement pour le premier Nobel belge d'un demi-siècle
En 2014, François Englert est anobli par le roi Philippe de Belgique. Il reçoit le titre de baron. C'est un honneur rare, réservé aux personnalités qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la nation.
Cette distinction a une saveur particulière. Elle montre que la Belgique a su reconnaître et honorer son scientifique le plus célèbre. Pour un pays qui compte peu de prix Nobel, c'est un motif de fierté nationale. Le baron Englert, c'est le symbole d'une Belgique savante, ouverte sur le monde et tournée vers l'avenir.
À quoi sert le boson de Higgs dans votre vie ? (Plus que vous ne le croyez)
Cette section répond à la question que beaucoup se posent : « Pourquoi dépenser des milliards pour chercher une particule ? »
De l'accélérateur au lit du malade : l'imagerie médicale et la protonthérapie
La technologie développée pour le LHC a des retombées concrètes dans notre vie quotidienne. Les accélérateurs de particules, par exemple, sont utilisés chaque jour dans les hôpitaux pour l'imagerie médicale (PET scan) et la radiothérapie.
Le CERN a directement contribué au développement de l'hadronthérapie, une technique de traitement du cancer qui utilise des protons ou des ions lourds pour détruire les tumeurs avec une précision extrême. Cette technique permet de traiter des cancers inopérables tout en épargnant les tissus sains.
Le Web est né au CERN : comment la physique des particules accélère l'innovation
En 1989, Tim Berners-Lee, un informaticien travaillant au CERN, invente le World Wide Web. Son objectif ? Permettre aux physiciens du monde entier de partager leurs données plus facilement. Aujourd'hui, le Web est devenu un outil indispensable à notre société.
Le LHC a aussi généré des avancées dans le calcul distribué, les aimants supraconducteurs, la cryogénie et l'électronique de pointe. Ces innovations se retrouvent dans nos smartphones, nos ordinateurs et nos équipements médicaux.
Un budget de 1,2 milliard d'euros : est-ce que la chasse au Higgs en vaut la peine ?
Le CERN est le plus grand laboratoire de physique au monde, financé par 23 États membres. Son budget annuel est d'environ 1,2 milliard d'euros. C'est une somme considérable, qui soulève une question légitime : cet argent est-il bien dépensé ?
La réponse est nuancée. Le coût d'opportunité est réel : ces fonds auraient pu être investis ailleurs, dans la santé, l'éducation ou la lutte contre le changement climatique. Mais il faut aussi considérer les retombées. La science fondamentale crée un écosystème de compétences et d'innovations qu'aucune entreprise privée ne pourrait porter seule.
Les technologies développées pour le LHC ont des applications concrètes dans de nombreux domaines. Et surtout, la recherche fondamentale nourrit notre soif de connaissance, une valeur essentielle pour une civilisation digne de ce nom.
« La recherche est profondément esthétique » : le message aux jeunes chercheurs
Cette section conclusive ouvre vers l'avenir et montre que l'aventure de la physique fondamentale continue.
L'intuition, l'inconscient et la création : la méthode scientifique selon Englert
Englert avait une vision de la recherche qui allait au-delà de la simple analyse. Il expliquait que les idées nouvelles viennent souvent de l'inconscient, libéré des contraintes de la vie quotidienne. « La recherche est profondément esthétique », disait-il.
Pour lui, la science était un acte de création profonde, comparable à l'art. L'intuition, ce moment où « l'on voit soudainement une connexion qui était invisible », était un véritable acte de création. Cette approche, qui mêle rigueur et imagination, est un message puissant pour les jeunes chercheurs.
Les successeurs du LHC : quel boson cherchera-t-on demain ?
La découverte du boson de Higgs n'est pas une fin, mais un début. Les physiciens travaillent déjà sur les prochaines générations d'accélérateurs. Le HL-LHC (Haute luminosité) permettra d'étudier le boson de Higgs avec une précision inégalée.
À plus long terme, le futur collisionneur circulaire (FCC) est en projet. Il s'agira d'un tunnel de 100 kilomètres de long, capable de produire des collisions encore plus énergétiques. L'objectif ? Percer les mystères de la matière noire et de l'énergie sombre, qui constituent 95 % de l'univers.
Devoir de mémoire et relève : les jeunes chercheurs de l'ULB prennent la suite
À l'ULB, les hommages se multiplient. Des conférences, des expositions et des bourses d'études sont organisées pour perpétuer la mémoire de François Englert. La nouvelle génération de physiciens belges et français prend la relève.
L'héritage d'Englert est vivant. Ses travaux continuent d'inspirer des milliers de chercheurs à travers le monde. Et son message, celui d'une science au service de la raison et de l'humanité, reste plus que jamais d'actualité.
« Ne laissez pas les idées irrationnelles gagner » : l'héritage d'un humaniste
François Englert a traversé le XXe siècle avec une lucidité rare. Enfant caché à Lustin, il a vu de ses propres yeux ce que l'irrationalité et la haine peuvent produire. De cette tragédie, il a tiré une leçon : la raison est le seul rempart contre la barbarie.
Sa citation, « la science est essentielle pour construire une civilisation digne de ce nom », n'est pas une formule creuse. C'est le fruit d'une vie entière consacrée à la recherche de la vérité. Il nous rappelle que la science n'est pas une option, mais une nécessité.
La meilleure façon d'honorer François Englert est de continuer à chercher, à douter et à enseigner la raison. De ne pas laisser les idées irrationnelles gagner. De construire, à notre tour, une civilisation digne de ce nom. C'est le plus bel héritage qu'il puisse nous laisser.