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Georges Fenech : biographie complète du magistrat devenu consultant CNews

De la Tunisie à CNews, découvrez le parcours atypique de Georges Fenech. Ce magistrat devenu consultant média a traversé cinquante ans d'histoire française en cumulant les casquettes : juge d'instruction à Lyon pour des dossiers sensibles comme la...

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Figure incontournable du paysage juridique et médiatique français, Georges Fenech incarne un parcours atypique qui traverse plus d'un demi-siècle d'histoire contemporaine. De ses débuts comme juge d'instruction à Lyon jusqu'aux plateaux de télévision de CNews, en passant par les couloirs de l'Assemblée nationale et la présidence de la Miviludes, cet homme aux multiples visages a su construire une carrière où se mêlent convictions assumées et controverses persistantes. Son histoire personnelle, marquée par l'exil depuis la Tunisie et l'ascension sociale, reflète les transformations profondes de la société française depuis les années 1960.

Georges Fenech pose lors d'une séance de portrait à Paris, France, le 31 août 2025. Photo par VIM/ABACAPRESS.COM
Georges Fenech pose lors d'une séance de portrait à Paris, France, le 31 août 2025. Photo par VIM/ABACAPRESS.COM — (source)

Les origines tunisiennes et l'arrivée en France

Une enfance méditerranéenne bouleversée

Georges Fenech voit le jour le 26 octobre 1954 à Sousse, une ville portuaire située sur la côte orientale de la Tunisie. Cette année-là, le pays est en pleine effervescence puisqu'il obtiendra son indépendance deux ans plus tard, en 1956. Son père, Fortuné Fenech, est un homme d'origine maltaise qui gère avec son frère Édouard une vaste exploitation agricole de 300 hectares plantés d'oliviers dans la région de Mahdia. Cette propriété familiale témoigne d'une certaine aisance et d'un enracinement profond dans cette terre nord-africaine où plusieurs générations de Fenech ont prospéré.

Sa mère, Marie-Anne Stalio, représente une autre facette de cette mosaïque méditerranéenne. Italienne de Tunis née en 1935, elle se distingue par une personnalité artistique puisqu'elle deviendra chanteuse à Lyon après l'installation de la famille en France. Cette double origine, maltaise par son père et italienne par sa mère, inscrit d'emblée le jeune Georges dans une tradition cosmopolite caractéristique des communautés européennes installées en Afrique du Nord.

La famille compte trois enfants : Georges et ses deux soeurs, ainsi qu'une demi-soeur issue d'une union précédente. Cette configuration familiale relativement complexe contribuera à forger le caractère de l'enfant, appelé à devenir très tôt un pilier de son foyer. Il sera d'ailleurs exempté du service national en tant que soutien de famille, une dispense qui témoigne des responsabilités précoces qui lui incombent.

L'exil vers la France et la reconstruction familiale

L'année 1963 marque une rupture décisive dans la vie des Fenech. Comme de nombreux pieds-noirs après l'indépendance de la Tunisie, la famille doit quitter le pays et s'installer en France. Ce rapatriement s'accompagne d'un bouleversement social considérable : les oliviers de Mahdia appartiennent désormais au passé. Fortuné Fenech investit ses économies dans l'achat d'un bar-restaurant à Givors, dans la banlieue sud de Lyon, tentant ainsi de reconstruire une activité économique sur le sol hexagonal.

Cependant, cette entreprise ne connaît pas le succès escompté. Le père de famille doit alors se résoudre à une reconversion professionnelle radicale en devenant ouvrier aux Câbles de Lyon, dans le quartier de Gerland. Ce passage du statut de propriétaire terrien à celui d'ouvrier d'usine illustre parfaitement le déclassement social qu'ont connu de nombreuses familles rapatriées d'Afrique du Nord. Pour le jeune Georges, cette expérience de la condition ouvrière et des difficultés de l'immigration laissera une empreinte indélébile, façonnant sa vision de la société et de la justice sociale.

La formation juridique et les débuts dans la magistrature

Des études de droit brillantes à Lyon

Après avoir fréquenté les lycées Ponsard à Vienne et Parc Chabrières à Oullins, Georges Fenech s'oriente vers des études de droit à la faculté de Lyon, aujourd'hui université Jean-Moulin. Son parcours universitaire se révèle exemplaire puisqu'il obtient une maîtrise de droit qui lui ouvre les portes de l'École nationale de la magistrature (ENM). En janvier 1978, il intègre cette prestigieuse institution chargée de former les futurs magistrats français, démontrant ainsi des capacités intellectuelles certaines et une détermination à s'élever dans l'échelle sociale.

Cette admission à l'ENM constitue un véritable accomplissement pour le fils d'ouvrier devenu orphelin de ses racines tunisiennes. Elle représente également l'aboutissement d'un parcours d'intégration réussi, passant par l'école républicaine et le mérite individuel. Georges Fenech incarne ainsi une certaine idée de la promotion sociale chère à la France des Trente Glorieuses et des décennies qui ont suivi.

Les premières expériences professionnelles

Son premier poste le conduit au parquet du tribunal de grande instance de Vienne, en Isère, à partir de 1980. Cette première affectation dans une juridiction de province lui permet d'acquérir les fondamentaux du métier de magistrat du parquet, chargé de représenter l'intérêt public et de requérir l'application de la loi. De 1982 à 1984, il est muté à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, où il découvre les réalités spécifiques de l'outre-mer et la diversité des territoires français.

En 1984, Georges Fenech est nommé juge d'instruction à Lyon, une fonction qui correspond davantage à ses aspirations. Le juge d'instruction dispose de pouvoirs d'investigation considérables et peut mener des enquêtes approfondies sur les affaires les plus complexes. Cette période lyonnaise s'avère déterminante dans sa carrière, car elle lui permet de traiter des dossiers sensibles qui feront sa réputation. En 1994, il est élevé au grade de premier juge d'instruction, reconnaissant ainsi son expertise et son ancienneté.

Les affaires sensibles instruites à Lyon

L'assassinat du juge Renaud et les dossiers politico-financiers

L'une des affaires les plus emblématiques traitées par Georges Fenech concerne l'assassinat du juge François Renaud, surnommé le "juge Lynx", tué par balles à Lyon en 1975 dans des circonstances jamais totalement élucidées. En 1992, Fenech rend une ordonnance de non-lieu dans ce dossier qui hante la mémoire judiciaire française depuis des décennies. Cette décision, bien que juridiquement justifiée par l'absence de preuves suffisantes, nourrit les interrogations sur cette affaire mystérieuse.

Parallèlement, le juge Fenech instruit des dossiers de financement politique qui défraient la chronique. Il se penche notamment sur le financement illégal de la Fédération socialiste du Rhône, une enquête qui contribuera à l'adoption de la loi d'amnistie de 1988. Fenech se targuera plus tard d'être "le premier magistrat à avoir soulevé une affaire de financement politique", revendiquant ainsi un rôle de pionnier dans la lutte contre les irrégularités financières dans le monde politique. Cette affirmation, bien que sujette à débat, témoigne de sa volonté de se positionner comme un défenseur de l'éthique publique.

L'affaire de la scientologie et la spécialisation dans les sectes

L'instruction du premier grand procès impliquant la scientologie en France constitue un tournant dans la carrière de Georges Fenech. En 1994, il mène une enquête approfondie sur cette organisation controversée, débouchant sur un procès historique en 1996. À l'issue de ces audiences, plusieurs dirigeants de l'Église de scientologie sont condonnés pour diverses infractions, marquant une première dans l'histoire judiciaire française.

Ce dossier révèle l'intérêt précoce de Fenech pour les questions relatives aux mouvements sectaires et à la protection des victimes. Cette spécialisation trouvera son aboutissement quelques années plus tard lorsqu'il prendra la tête de la Miviludes, l'organisme officiel chargé de surveiller les dérives sectaires en France. L'expérience acquise à Lyon lui permettra d'élaborer une expertise reconnue dans ce domaine sensible où se mêlent libertés religieuses et protection des citoyens vulnérables.

Une spécialisation dans les dossiers criminels complexes

Au-delà de ces affaires médiatiques, Georges Fenech développe également une expertise dans plusieurs domaines judiciaires particuliers. Il se spécialise ainsi dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, un fléau qui prend de l'ampleur dans les années 1980 et 1990. Sa connaissance des réseaux de drogue lui permet de mener des enquêtes approfondies sur les circuits d'approvisionnement et les stratégies de blanchiment d'argent.

Le magistrat s'intéresse également de près à la délinquance des mineurs, une question qui le suivra tout au long de sa carrière. Il traite de nombreux dossiers impliquant des jeunes en rupture de ban, développant une réflexion sur les réponses pénales adaptées à cette population spécifique. Enfin, son travail sur les dossiers d'accidents médicaux lui confère une compétence technique dans un domaine où les responsabilités sont souvent difficiles à établir.

La présidence de l'Association professionnelle des magistrats

Un syndicat ancré à droite face à la politique de Badinter

Créée en 1981 au lendemain de la victoire de la gauche, l'Association professionnelle des magistrats (APM) naît d'une opposition frontale aux réformes engagées par Robert Badinter, ministre de la Justice de François Mitterrand. Ses fondateurs entendent lutter contre ce qu'ils qualifient de "soviétisation de la justice", une formule choc qui traduit leur hostilité envers les orientations politiques du nouveau pouvoir socialiste. L'APM se positionne d'emblée comme un contre-poids au Syndicat de la magistrature, perçu comme trop proche des idées de gauche.

Georges Fenech prend la présidence de cette organisation en 1996 et lui imprime sa marque pendant deux ans. Son ambition pour l'APM est considérable : il souhaite faire de ce syndicat un interlocuteur incontournable du ministère de la Justice et rapprocher les magistrats du monde de l'entreprise. Cette orientation originale vise à favoriser les échanges entre la sphère judiciaire et les milieux économiques, une démarche innovante pour l'époque mais qui suscite également des interrogations sur l'indépendance de la justice.

Les controverses et le déclin de l'organisation

La période de présidence de Fenech à la tête de l'APM sera marquée par plusieurs polémiques qui contribueront au déclin du syndicat. L'affaire la plus significative concerne les liens financiers tissés avec Pierre Falcone, personnage central de l'Angolagate, ce trafic d'armes international impliquant la France et l'Angola. Il apparaît que Falcone a souscrit pas moins de 25 abonnements à la revue confidentielle de l'APM pour un montant total de 100 000 francs (environ 15 000 euros), assurant à lui seul la moitié du budget de l'organisation.

D'autres entreprises comme l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Promodès ou encore le groupe Lagardère figurent également parmi les abonnés de cette publication confidentielle. Cette configuration soulève de sérieuses questions sur les liens entre le syndicat de magistrats et certaines affaires économiques sensibles. En 2001, Georges Fenech est mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux" dans ce cadre, avant d'être blanchi par le tribunal huit ans plus tard.

L'affaire Terrail et les suites judiciaires

En 1998, une nouvelle affaire éclabousse l'APM et son ancien président. Alain Terrail, avocat général à la Cour de cassation, écrit dans la revue du syndicat une phrase à double sens concernant Albert Lévy, membre du Syndicat de la magistrature : "Tant va Lévy au four... qu'à la fin il se brûle". Le tollé est général et l'auteur est condamné pour injure raciale, puis mis à la retraite d'office.

Georges Fenech, en tant que directeur de la publication, est également condamné mais dispensé de peine le 10 novembre 2000. Il plaide n'avoir pas lu le passage litigieux, une défense qui ne convainc pas totalement ses détracteurs. Cette succession de scandales précipite la chute de l'APM, qui sera mise en sommeil à la fin de l'année 2002. Le syndicat ne sera ranimé qu'en octobre 2012 par Jean-Paul Garraud, un autre ancien député-magistrat.

Le passage par la politique active

L'élection comme député du Rhône

En 2002, Georges Fenech opère un virage professionnel majeur en se présentant aux élections législatives dans la 11e circonscription du Rhône. Sous les couleurs de l'UMP, le parti créé par Jacques Chirac et dirigé par Alain Juppé, il remporte ce scrutin et s'installe sur les bancs de l'Assemblée nationale. Cette élection marque l'aboutissement d'une conversion politique préparée de longue date, Fenech ayant été membre du RPR avant de rejoindre l'UMP.

Son mandat parlementaire s'étend de 2002 à 2008, période durant laquelle il siège dans les commissions traitant des questions de justice et de sécurité. En tant qu'ancien magistrat, son expertise est particulièrement sollicitée sur les textes de loi relatifs à la procédure pénale, aux peines et à l'organisation judiciaire. Il défend des positions fermes en matière de lutte contre la délinquance, se posant en partisan de la "tolérance zéro", un concept popularisé aux États-Unis par le maire républicain de New York Rudolph Giuliani.

La présidence de la Miviludes

Georges Fenech : biographie, fortune et parcours du magistrat et homme politique
Georges Fenech : biographie, fortune et parcours du magistrat et homme politique — (source)

En octobre 2008, le Premier ministre nomme Georges Fenech à la présidence de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Cette nomination suscite de nombreuses critiques, notamment en raison des affaires judiciaires qui entourent encore le personnage. Cependant, son expertise reconnue dans le domaine des sectes, forgée lors du procès de la scientologie à Lyon, constitue un atout majeur pour exercer cette fonction.

Pendant quatre ans, de 2008 à 2012, Fenech dirige cet organisme officiel avec une grande médiatisation. Il multiplie les interventions publiques pour alerter sur les dangers des mouvements sectaires et défend une approche volontariste de la protection des victimes. Son action à la tête de la Miviludes renforce sa notoriété auprès du grand public tout en consolidant sa réputation de défenseur des causes sensibles.

Le retour à l'Assemblée nationale et la défaite de 2017

En 2012, Georges Fenech renoue avec le mandat parlementaire en étant réélu député de la 11e circonscription du Rhône. Cette victoire confirme son ancrage local et sa capacité à rebondir malgré les controverses qui jalonnent son parcours. Durant ce nouveau mandat, il continue de défendre des positions fermes sur les questions de sécurité et de justice, s'inscrivant dans la lignée de son premier passage à l'Assemblée nationale.

Cependant, ce retour en politique sera de courte durée. Les élections législatives de 2017 marquent un tournant avec la vague impulsée par Emmanuel Macron et La République en Marche. Fenech ne parvient pas à conserver son siège, signant la fin de sa carrière parlementaire élue. Cette défaite ouvre néanmoins la voie à une reconversion vers les médias qui s'avérera fructueuse.

La carrière médiatique sur CNews

Consultant judiciaire très sollicité

Depuis 2017, Georges Fenech occupe une place régulière sur la chaîne d'information continue CNews en tant que consultant. Son rôle consiste à commenter l'actualité judiciaire et politique, apportant son expertise d'ancien magistrat et d'élu aux débats animés par les présentateurs de la chaîne. Cette présence médiatique soutenue lui permet de maintenir une visibilité importante auprès du public.

Femme De Georges Fenech
Femme De Georges Fenech — (source)

Sur le plateau de CNews, Fenech défend des positions conservatrices sur les questions de société et de sécurité. Il intervient régulièrement sur les sujets liés à l'immigration, au communautarisme et à la laïcité, thèmes sur lesquels il a développé une expertise et des convictions affirmées. Son style direct et ses formulations parfois provocatrices contribuent à alimenter les débats et à susciter des réactions.

Une vision assumée de la tolérance zéro

Tout au long de sa carrière médiatique, Georges Fenech a continué à défendre ses positions en matière de justice pénale. Partisan déclaré de la "tolérance zéro", il a préconisé une approche sans compromis face à la délinquance. Cependant, il nuance lui-même ses positions en se déclarant favorable aux peines alternatives et au bracelet électronique plutôt qu'au "tout-carcéral". Cette évolution reflète une réflexion sur l'efficacité des politiques pénales qui dépasse les simples slogans.

Sur la question de la peine de mort, Fenech reconnaît avoir évolué. Au début des années 1980, il se déclarait favorable à son application dans certains cas. Aujourd'hui, il affirme être opposé à la peine capitale tout en regrettant que Robert Badinter n'ait pas instauré une "perpétuité réelle" pour les crimes les plus graves. Cette position médiane traduit sa volonté de concilier exigence de fermeté et refus des solutions extrêmes.

La vie personnelle et les relations médiatisées

Une famille recomposée

Georges Fenech a construit sa vie personnelle au fil de plusieurs unions. De son premier mariage sont nés trois enfants, suivis d'un quatrième avec sa deuxième épouse, Christine Goguet, dont il divorce en 2011. Cette vie familiale recomposée témoigne d'un parcours personnel complexe, marqué par les aléas des relations amoureuses et les engagements familiaux multiples.

Le décès de sa mère Marie-Anne Stalio en 2010 représente une épreuve personnelle significative pour le magistrat. Cette femme qui avait traversé l'exil depuis la Tunisie et s'était construit une vie artistique à Lyon laisse le souvenir d'une personnalité forte qui a transmis à son fils le goût de l'effort et de la réussite.

Une relation avec Hermine de Clermont-Tonnerre

Georges Fenech a également été le compagnon d'Hermine de Clermont-Tonnerre, figure mondaine et télévisuelle bien connue du paysage médiatique français. Leur relation a attiré l'attention des magazines people, mêlant ainsi le parcours du magistrat au monde de la jet-set et des célébrités. Le décès accidentel d'Hermine de Clermont-Tonnerre en juillet 2020 a représenté une épreuve personnelle douloureuse pour Fenech.

Cette relation illustre la capacité de l'ancien juge à évoluer dans des cercles très différents, du monde austère des tribunaux aux soirées mondaines parisiennes. Elle témoigne également de l'attrait qu'exerce la lumière sur cet homme qui, dès ses premières années de magistrat, a recherché la reconnaissance publique.

Un mariage très médiatisé en 2026

Le 31 janvier 2026, Georges Fenech épouse l'avocate Amélie Leperre-Dimeglio lors d'une cérémonie à la mairie du XVIe arrondissement de Paris. Cette union fait l'objet d'une couverture médiatique importante, notamment sur Europe 1 où les images du mariage sont diffusées en exclusivité. L'anecdote romantique raconte que Fenech a demandé sa compagne en mariage seulement cinq jours après l'avoir rencontrée, témoignant d'un coup de foudre immédiat.

Ce mariage tardif, célébré alors que Fenech approche de ses 72 ans, marque un nouveau chapitre dans la vie personnelle de l'ancien magistrat. Il confirme également son goût pour les projecteurs et les événements qui capturent l'attention médiatique, comme en témoigne cette cérémonie très exposée.

Les positions politiques et les controverses

L'engagement contre le communautarisme

Dans ses interventions médiatiques récentes, Georges Fenech a régulièrement exprimé ses préoccupations concernant ce qu'il perçoit comme une montée du communautarisme en France. Il explique avoir "vu venir" cette évolution et alerte sur les risques qu'elle ferait courir au modèle républicain d'intégration. Ces positions s'inscrivent dans un débat politique plus large sur l'identité française et les modalités de l'intégration des populations issues de l'immigration.

Son propre parcours d'enfant de rapatriés lui confère une légitimité particulière pour aborder ces questions sensibles. Né en Tunisie et arrivé en France à l'âge de neuf ans, il incarne une trajectoire d'intégration réussie qu'il oppose parfois aux difficultés contemporaines du modèle français. Il est d'ailleurs le cousin de l'homme politique Roger Fenech, une connexion familiale qui témoigne de l'engagement politique de sa famille élargie.

Un rapport ambigu à la lumière médiatique

Dès ses premières années comme juge d'instruction à Lyon, Georges Fenech a manifesté un goût prononcé pour l'exposition médiatique. Contrairement à certains de ses collègues qui préfèrent l'ombre, il n'hésite pas à se rendre dans des émissions de télévision pour défendre ses dossiers. Un ancien policier lyonnais témoignait ainsi : "Il voulait qu'on le connaisse et qu'on le reconnaisse, être dans la lumière. Il commençait à préparer sa carrière."

Cette volonté de visibilité se traduit par des interventions dans des émissions populaires comme "Perdu de vue" de Jacques Pradel, où il vient expliquer ses enquêtes. Cette stratégie de communication, inhabituelle pour un magistrat, lui vaut aussi des critiques de la part de ceux qui y voient un manque de réserve incompatible avec sa fonction.

L'héritage et la place dans l'histoire judiciaire

Un parcours atypique entre justice, politique et médias

Georges Fenech incarne une figure singulière du paysage français, ayant traversé plusieurs mondes souvent étanches : la magistrature, la politique partisane, l'administration publique et les médias. Cette trajectoire multiple témoigne d'une capacité d'adaptation remarquable et d'une ambition qui ne s'est jamais démentie. De juge d'instruction à Lyon à consultant sur CNews, en passant par l'Assemblée nationale et la présidence de la Miviludes, son parcours dessine une trajectoire unique.

Les controverses qui ont jalonné sa carrière, de l'Angolagate aux affaires liées à l'APM, n'ont jamais réussi à entraver durablement son ascension. Cette capacité à rebondir constitue peut-être la caractéristique la plus marquante de son personnage. Comme le soulignait un article du Monde, "il rebondit toujours, toujours dans la controverse".

Une figure qui divise

Les avis sur Georges Fenech restent partagés. Ses partisans voient en lui un défenseur intransigeant de la justice et de l'ordre, un magistrat courageux qui n'a pas hésité à s'attaquer aux dossiers sensibles. Ses détracteurs lui reprochent ses liens avec des affaires troubles, ses positions jugées trop conservatrices et son goût excessif pour les projecteurs. Cette polarisation reflète les divisions profondes de la société française sur les questions de justice et de sécurité.

Quoi qu'on en pense, Georges Fenech aura marqué son époque par un parcours hors du commun. Du petit garçon arrivé de Tunisie en 1963 au consultant médiatique commentant l'actualité sur CNews, son histoire personnelle et professionnelle mérite d'être contée et analysée pour comprendre les transformations de la France contemporaine.

Conclusion

Georges Fenech représente une figure complexe et fascinante du paysage français contemporain. Né en Tunisie en 1954, il a traversé plus d'un demi-siècle d'histoire en cumulant les expériences : magistrat instructeur de dossiers sensibles, président syndical controversé, député de la majorité, président de la Miviludes et consultant médiatique. Son parcours illustre les possibilités d'ascension sociale offertes par la France tout en révélant les tensions et les controverses qui accompagnent toute carrière publique.

Sa spécialisation dans la lutte contre les dérives sectaires, sa défense d'une justice ferme et ses positions tranchées sur les questions de société ont fait de lui un personnage incontournable des débats publics. Marié en janvier 2026 à l'avocate Amélie Leperre-Dimeglio, l'ancien juge continue d'écrire les chapitres d'une vie bien remplie, entre lumière médiatique et engagement pour ses convictions. Les deux articles Le Fabuleux Destin de Georges et Le Fabuleux destin de Georges (suite et faim) auraient pu évoquer d'autres Georges, mais le destin de Fenech n'a rien à envier aux plus grands récits.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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