Vue extérieure du musée du Louvre, prêt pour la réouverture de la galerie d'Apollon.
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La galerie d’Apollon du Louvre rouvre mercredi sans bijoux après le vol d’octobre 2025

Neuf mois après le vol spectaculaire de 88 millions d’euros de joyaux, la galerie d’Apollon rouvre sans ses bijoux.

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Le 22 juillet 2026, neuf mois jour pour jour après le cambriolage du Louvre en 2025 qui a sidéré le monde, la galerie d’Apollon rouvre ses portes. Mais les visiteurs ne verront ni vitrines ni joyaux. Le nouveau président du musée, Christophe Leribault, a pris une décision radicale : exposer le vide. La ministre de la Culture Catherine Pégard sera présente pour sceller ce qu’il faut bien appeler un acte de renaissance muséographique. Le Louvre transforme un fiasco sécuritaire en repositionnement historique, et le pari est audacieux.

Vue extérieure du musée du Louvre, prêt pour la réouverture de la galerie d'Apollon.
Vue extérieure du musée du Louvre, prêt pour la réouverture de la galerie d'Apollon. — (source)

Ce mercredi, la galerie d’Apollon rouvre sans ses bijoux : le Louvre fait le pari du vide

La galerie d’Apollon, joyau architectural du XVIIe siècle, n’avait jamais été aussi dépouillée. Depuis le 19 octobre 2025, date du cambriolage du Louvre en 2025, elle était fermée au public. Les huit bijoux de la Couronne de France qui faisaient sa renommée ont disparu. Plutôt que de les remplacer par des copies ou de maintenir des vitrines vides, Christophe Leribault a choisi de tout retirer.

L'entrée de la galerie d'Apollon, avec des barrières et des panneaux d'interdiction de photographier.
L'entrée de la galerie d'Apollon, avec des barrières et des panneaux d'interdiction de photographier. — (source)

« Cette galerie a vocation à retrouver sa fonction originale du XVIIe siècle, celle d’une galerie d’apparat », a-t-il expliqué au Parisien. Une source proche du dossier confirme au Figaro qu’il s’agit d’un retour aux sources. Les murs, le plafond peint par Charles Le Brun et Eugène Delacroix, la lumière qui tombe des fenêtres : tout cela devient l’exposition elle-même.

La présence de Catherine Pégard donne une dimension politique à l’événement. La ministre de la Culture vient entériner une transition qui dépasse la simple réouverture. C’est un message adressé au monde : le Louvre a encaissé le choc, il se relève.

Une galerie d’apparat sans vitrines : retour aux sources ou mesure de sécurité ?

Christophe Leribault a été clair : les « collections et objets précieux » exposés dans cette salle ont été retirés. Mais au-delà de la communication, cette décision répond à une réalité sécuritaire. Les vitrines de joaillerie installées en 2020, lors du transfert des bijoux de la salle 550 des appartements Napoléon III, étaient moins blindées que le système précédent. Le Canard enchaîné avait pointé cette vulnérabilité, mais le musée s’en défendait en invoquant l’obsolescence des anciens vérins.

La galerie d'Apollon, rouverte après le cambriolage, avec ses vitrines et son décor doré.
La galerie d'Apollon, rouverte après le cambriolage, avec ses vitrines et son décor doré. — (source)

Aujourd’hui, le Louvre muscle son récit. En affirmant que la galerie retrouve sa fonction originelle de galerie d’apparat, il transforme une faiblesse en force. Les visiteurs ne verront plus de diamants, mais ils redécouvriront l’architecture. Le plafond, la corniche, les boiseries : tout cela devient le trésor.

Reste une question : s’agit-il d’une mesure temporaire ou d’un nouveau modèle muséographique ? Leribault a annoncé la création d’une « chambre forte, sans fenêtres, à un autre endroit du musée » pour exposer les bijoux qui n’ont pas été dérobés. Mais les travaux sont colossaux, et le financement n’est pas encore bouclé. En attendant, le vide est un choix assumé.

Christophe Leribault en maître de cérémonie : le Louvre tourne la page Laurence des Cars

Le nouveau président du Louvre incarne un changement de cap. Nommé en février 2026 après la démission de Laurence des Cars, Christophe Leribault vient de Versailles. Il y a dirigé le château pendant deux ans, après avoir passé par Orsay et l’Orangerie. Mais son premier poste important, c’est au Louvre qu’il l’a occupé : conservateur au département des arts graphiques en 2006.

Il connaît donc les lieux. Il connaît aussi leurs failles. Sa nomination est vécue comme le retour d’un homme de l’intérieur, capable de remettre de l’ordre après la période trouble de sa prédécesseure. Laurence des Cars, nommée par Macron en 2021, était fragilisée par des grèves à répétition du personnel. Le cambriolage du Louvre en 2025 a été l’étincelle finale.

La ministre Catherine Pégard vient sceller cette transition politique. En assistant à la réouverture, elle envoie un signal : l’État soutient la nouvelle direction. Le Louvre tourne la page.

7 minutes et 88 millions d’euros : le casse du Louvre 2025 minute par minute

Le 19 octobre 2025, il est 9h30 quand un camion nacelle se gare devant la façade de l’aile Denon. Quatre individus en gilet fluorescent en descendent. Ils ont l’air de techniciens. Personne ne les remarque.

En sept minutes, ils fracassent une fenêtre sans grille, entrent dans la galerie d’Apollon, brisent les vitrines, emportent huit joyaux et s’enfuient. À 9h37, tout est fini. Le butin est estimé à 88 millions d’euros.

Les alarmes ont bien retenti. Le personnel a suivi le protocole : contacter les forces de sécurité, confiner les visiteurs, évacuer le musée. Mais les voleurs étaient déjà loin. Le Louvre a fermé pour le reste de la journée, puis le lendemain. La nouvelle a fait le tour du monde en quelques heures.

Camion nacelle et fenêtre sans grille : le mode opératoire du commando

L’intrusion est d’une simplicité déconcertante. Les malfaiteurs utilisent un camion nacelle pour accéder à une fenêtre du premier étage. Cette fenêtre, une porte-fenêtre donnant sur la galerie d’Apollon, n’a pas de grille. Elle n’en a plus depuis 2003-2004, quand des travaux de restauration l’ont fait retirer. Personne ne l’a jamais remplacée.

En plein jour, en pleine rue, devant des centaines de touristes, le commando agit sans être inquiété. Les gilets fluorescents les font passer pour des agents d’entretien. La police est alertée, mais quand elle arrive, les voleurs ont déjà disparu.

Le parallèle avec le vol de l’épée de Charles X en 1976 est frappant. Cette année-là, dans la même galerie, trois malfaiteurs montés par un échafaudage avaient blessé et ligoté deux gardiens pour dérober l’arme d’apparat de 1824. Cinquante ans plus tard, le scénario se répète, mais avec des moyens plus modernes et un butin bien plus conséquent.

Colliers de Marie-Louise, diadème d’Eugénie : l’inventaire du trésor envolé

La liste des pièces dérobées donne le vertige. En tête, le collier de l’impératrice Marie-Louise : 32 émeraudes et 1 138 diamants montés en parure. Avec ses boucles d’oreilles assorties, c’est l’un des plus beaux ensembles de la joaillerie napoléonienne.

Viennent ensuite le diadème de la parure de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense, serti de diamants et d’un saphir de Ceylan. Le collier de la même parure. Une boucle d’oreille de la parure saphir. Le diadème de l’impératrice Eugénie, avec ses 212 perles et 1 998 diamants. Le « Grand nœud » de la même impératrice. Et une paire de bracelets.

Veste de soirée Yves Saint Laurent (1990) exposée dans la Galerie d'Apollon du Louvre.
Veste de soirée Yves Saint Laurent (1990) exposée dans la Galerie d'Apollon du Louvre. — dalbera / CC BY 2.0 / (source)

Ces pièces sont irremplaçables. Leur valeur historique dépasse de loin leur valeur marchande. Paradoxalement, elles sont invendables sur le marché légal : trop connues, trop photographiées, trop faciles à identifier. Les receleurs devront les fondre, les démonter, ou les cacher à jamais. C’est tout le patrimoine national qui s’évapore.

Pourquoi la couronne de l’impératrice Eugénie a-t-elle été écrasée ?

Parmi les pièces dérobées, une seule n’est pas partie avec les voleurs : la couronne de l’impératrice Eugénie. Lors du vol, elle est tombée. Les malfaiteurs l’ont écrasée en se dépêchant. Ils l’ont laissée sur place, endommagée.

Ce détail est devenu un symbole. La couronne brisée raconte la violence du casse, la précipitation des voleurs, leur manque de soin pour des objets qui ont traversé les siècles. Elle est aussi un indice pour les enquêteurs : les traces laissées sur l’or et les pierres peuvent aider à identifier les outils utilisés.

Détail du plafond de la galerie d'Apollon, orné de fresques et de dorures.
Détail du plafond de la galerie d'Apollon, orné de fresques et de dorures. — (source)

Aujourd’hui, la couronne va renaître. Un article de notre rédaction raconte comment les ateliers de restauration du Louvre préparent sa résurrection. Vol au Louvre : la couronne écrasée d'Eugénie va renaître de ses cendres. Une renaissance qui, elle aussi, est un acte de résilience.

Caméras absentes, rapport enterré : les failles qui ont permis le vol du Louvre 2025

Le cambriolage du Louvre en 2025 n’est pas un accident. C’est l’aboutissement d’années de négligence. Les révélations qui ont suivi le vol sont accablantes : caméras absentes, rapports ignorés, grilles retirées sans être remplacées.

Le pré-rapport de la Cour des comptes, dévoilé par France Info le lendemain du cambriolage, dresse un constat sévère. Dans l’aile Denon, où se trouvent la galerie d’Apollon et la Joconde, un tiers des salles n’ont aucune caméra de surveillance. Dans l’aile Richelieu, c’est les trois quarts. Seulement 138 caméras supplémentaires ont été installées en cinq ans. À peine plus d’un tiers des salles du musée sont équipées.

Le Louvre, musée le plus visité au monde avec 9 millions de visiteurs par an, était un gruyère sécuritaire.

La Cour des comptes sort l’artillerie lourde : 1/3 des salles sans caméra

Les chiffres sont implacables. Dans l’aile Denon, berceau des plus grandes œuvres du musée, un tiers des salles échappent à toute surveillance vidéo. Dans l’aile Richelieu, c’est pire : trois quarts des salles sont aveugles. Et ce n’est pas faute d’avoir été alerté.

La Cour des comptes parle de retards « considérables » et « persistants » dans l’équipement en sécurité. Entre 2020 et 2025, seulement 138 caméras ont été ajoutées. Un effort dérisoire pour un musée de cette taille. Le décalage entre les promesses d’investissement et la réalité sur le terrain est abyssal.

Le pire, c’est que ces failles étaient connues. En 2019, le choix de remplacer les vitrines blindées à vérins par des vitrines de joaillerie plus simples avait déjà été critiqué. Le système précédent, qui permettait de refermer la vitrine comme un coffre-fort en dehors des heures d’exposition, avait été jugé obsolète. Mais la solution de remplacement était-elle vraiment plus sûre ?

Le rapport Van Cleef classé sans suite : 7 ans d’alertes ignorées

Le scandale dans le scandale, c’est l’histoire du rapport Van Cleef. Un audit de sécurité commandé par le Louvre lui-même, ou réalisé par Van Cleef & Arpels, pointait déjà les vulnérabilités de la galerie d’Apollon. Ce rapport datait de plusieurs années. Il a été classé sans suite.

Notre article sur le rapport Van Cleef ignoré sept ans avant le vol détaille comment ce document a été enterré. Les recommandations n’ont jamais été appliquées. Les alertes des experts en sécurité ont été ignorées par la direction du musée et, au-delà, par le ministère de la Culture.

Pourquoi ? Manque de budget ? Négligence ? Crainte de devoir fermer des salles pendant les travaux ? Les responsabilités sont multiples. Une commission parlementaire sur la sécurisation des musées, réunie après le vol, a dénoncé mi-mai 2026 le fait que les questions de sûreté au Louvre avaient été « reléguées au second plan » ces dernières années.

La grille enlevée en 2003 : un détail architectural qui change tout

Revenons à cette fenêtre sans grille. En 2003-2004, lors des travaux de restauration de la galerie d’Apollon, la grille qui la protégeait a été retirée. Elle n’a jamais été remplacée. Pendant vingt ans, la galerie est restée vulnérable.

L'entrée de la galerie des Antiques au Louvre.
L'entrée de la galerie des Antiques au Louvre. — (source)

Après le vol, la mesure la plus urgente a été de poser une nouvelle grille. Le Figaro rapportait le 23 décembre 2025 qu’elle avait été installée avant Noël, comme promis. Une grille, rien de plus. Un détail architectural qui, pendant deux décennies, a fait défaut.

La leçon est claire : dans la sécurité des monuments historiques, les détails comptent. Une fenêtre sans grille, un système de verrouillage obsolète, une caméra absente : ce sont ces petites négligences qui ouvrent la porte aux voleurs.

Têtes qui tombent et direction qui change : qui paie pour le vol du Louvre 2025 ?

Le cambriolage du Louvre en 2025 n’a pas seulement coûté 88 millions d’euros en bijoux. Il a aussi coûté des postes. Laurence des Cars a démissionné sous la double pression du cambriolage et des grèves du personnel. Son remplaçant, Christophe Leribault, vient de Versailles avec un profil d’expert en sécurité.

Le gouvernement a annoncé 24 mesures choc pour les musées français. L’onde de choc du Louvre dépasse ses murs.

Laurence des Cars, la présidente qui a payé le prix fort

Nommée par Emmanuel Macron fin 2021, Laurence des Cars arrivait avec un profil prestigieux. Première femme à diriger le Louvre, elle avait fait ses preuves à Orsay et à l’Orangerie. Mais son mandat a été marqué par des crises à répétition.

Dès juin 2025, les employés du musée s’étaient mis en grève pour protester contre la surfréquentation et le manque de personnel. Le 16 juin, ils avaient bloqué l’entrée du musée. La situation était déjà tendue quand le cambriolage est survenu.

Le vol d’octobre a été l’étincelle finale. Laurence des Cars a présenté sa démission en février 2026. Elle paie le prix fort, mais son départ était-il juste ? Les failles sécuritaires qu’elle a héritées dataient d’avant elle. Pourtant, dans la gestion de crise, c’est toujours le capitaine qui saute.

Christophe Leribault, l’expert en sécurité venu de Versailles

Christophe Leribault, 63 ans, est l’homme de la situation. Ancien conservateur au Louvre (département des arts graphiques, 2006), il a dirigé le Musée d’Orsay et l’Orangerie avant de prendre la tête du Château de Versailles en février 2024.

Son passage à Versailles l’a rodé à la gestion des flux et des risques. Le château accueille des millions de visiteurs par an, avec des contraintes sécuritaires élevées. Il a dû gérer des alertes à la bombe, des vols, des mouvements de foule.

Sa nomination est vécue comme le retour d’un homme de l’intérieur. Il connaît le Louvre, il connaît ses équipes, il connaît ses failles. Son mandat est clair : restaurer la confiance et muscler la sécurité. Les premiers signes sont encourageants : la réouverture de la galerie d’Apollon, même sans bijoux, est un acte de normalisation.

24 mesures choc pour les musées : l’effet domino du casse du Louvre

Le vol du Louvre a eu un effet domino sur l’ensemble des musées français. Le gouvernement a annoncé un plan de 24 mesures pour renforcer la sécurité des collections nationales. Augmentation des effectifs de sécurité, budgets dédiés à la vidéoprotection, fouilles renforcées à l’entrée : le choc du Louvre devient un électrochoc pour tout le secteur.

Notre article sur les 24 mesures choc pour protéger nos trésors détaille ces annonces. Parmi elles, l’obligation pour tous les musées nationaux de réaliser un audit de sécurité dans les 12 mois, et la création d’un fonds d’urgence pour financer les travaux les plus urgents.

Le paradoxe, c’est qu’il a fallu un vol spectaculaire pour que les pouvoirs publics se décident à agir. Les rapports d’alerte dormaient dans les tiroirs depuis des années. Aujourd’hui, ils ressurgissent.

Vitrines vides et agents en nombre : l’expérience visiteur après le vol du Louvre

Que ressent le visiteur qui pénètre dans la galerie d’Apollon ce mercredi 22 juillet 2026 ? La question est centrale. Le Louvre a fait le pari du vide, mais ce vide doit être habité par autre chose : l’architecture, la lumière, le récit.

Les premiers retours sur les réseaux sociaux sont mitigés. Certains visiteurs sont déçus de ne pas voir les diamants. D’autres, au contraire, trouvent que l’absence des bijoux magnifie le lieu. Le débat est ouvert.

La galerie d'Apollon, richement décorée, avant sa fermeture pour le cambriolage.
La galerie d'Apollon, richement décorée, avant sa fermeture pour le cambriolage. — (source)

Des files d’attente plus longues ? Le nouveau protocole de sécurité sous la loupe

Depuis le vol, la sécurité du Louvre a été renforcée. Un poste de police mobile a été déployé dans la Cour Napoléon, présent pendant les vacances et les périodes d’affluence. Une centaine de caméras supplémentaires ont été positionnées autour du palais. Les fouilles à l’entrée sont systématiques.

Ces mesures ont un impact sur le flux des visiteurs. Les files d’attente sont plus longues qu’avant le cambriolage. Certains touristes se plaignent du temps perdu. Mais d’autres estiment que c’est le prix à payer pour la sécurité.

Le Louvre doit trouver un équilibre entre sécurité et fluidité. Trop de contrôles, et les visiteurs se détournent. Pas assez, et le risque de récidive augmente. La nouvelle direction mise sur la technologie : caméras intelligentes, reconnaissance de plaques, portiques de détection. Le musée du XXIe siècle doit être à la fois ouvert et protégé.

Sans les joyaux de la Couronne, la visite a-t-elle encore un sens ?

La galerie d’Apollon était-elle seulement un écrin pour les bijoux de la Couronne ? La question divise les spécialistes. Pour beaucoup, les joyaux étaient l’attraction principale. Sans eux, la galerie perd une partie de son attrait.

Mais le Louvre défend le parti-pris esthétique du vide. « Cette galerie a vocation à retrouver sa fonction originale du XVIIe siècle, celle d’une galerie d’apparat », répète Christophe Leribault. Le plafond de Le Brun, la lumière des fenêtres, les boiseries : tout cela devient l’exposition.

Est-ce un musée affaibli ou un musée purifié ? Les avis divergent. Certains critiques d’art saluent la décision : elle recentre l’attention sur l’architecture, trop souvent négligée au profit des objets. D’autres y voient une tentative de masquer un échec sécuritaire par un discours muséographique.

« On se croit dans un film » : les premières réactions des visiteurs sur les réseaux

Sur X et TikTok, les premiers visiteurs partagent leurs impressions. Certains sont déçus : « Je venais pour voir les diamants, il n’y a rien », écrit un touriste américain. D’autres sont fascinés : « Le plafond est magnifique, je ne l’avais jamais regardé avant », poste une visiteuse française.

L’histoire du vol magnifie le lieu. Les visiteurs savent qu’ils marchent dans une salle qui a été le théâtre d’un casse spectaculaire. Le récit du cambriolage transforme la visite en expérience narrative. On se croit dans un film, disent certains.

Cette dimension narrative est un atout pour le Louvre. Le musée intègre ce chapitre à son propre mythe, digne d’Arsène Lupin. Le retour de Lupin sur Netflix, d’ailleurs, va mettre le Louvre en PLS, comme le raconte notre article.

9 mois après le vol, le Louvre blessé mais transformé : que reste-t-il du mythe ?

Neuf mois après le cambriolage du Louvre en 2025, le bilan est contrasté. Les huit joyaux restent introuvables. L’enquête se poursuit, mais les chances de les revoir un jour diminuent. Le coût pour l’assurance et l’État est considérable.

Pourtant, la galerie rouverte devient un symbole de résilience. Le Louvre a encaissé le choc. Il se relève, transformé.

Le vide comme nouveau récit : la galerie d’Apollon réinventée

La décision de Christophe Leribault de retirer toutes les vitrines est audacieuse. En supprimant les écrans de verre, le Louvre expose son propre squelette. Le visiteur peut admirer l’architecture dans son état originel.

Les premiers retours sont encourageants. Le vide permet de redécouvrir le plafond peint par Delacroix et Le Brun, les boiseries sculptées, la lumière qui tombe des fenêtres. L’absence devient objet de curiosité. On vient voir ce qu’il n’y a plus.

Reste à savoir si ce nouveau récit tiendra dans la durée. Le Louvre prévoit de créer une chambre forte ailleurs dans le musée pour exposer les bijoux rescapés. Mais les travaux sont longs et coûteux. En attendant, le vide est un choix assumé, et il fonctionne.

Des joyaux jamais retrouvés : la fin ouverte d’un feuilleton judiciaire

Aucun des huit joyaux n’a été retrouvé à ce jour. Les enquêteurs explorent plusieurs pistes, mais les voleurs semblent s’être volatilisés. La comparaison avec l’épée de Charles X, volée en 1976 et retrouvée, donne un espoir mince. Mais d’autres pièces disparues ne sont jamais réapparues.

Le coût économique est lourd. L’assurance du Louvre devra indemniser le musée, mais la somme ne couvrira jamais la valeur historique des pièces. Le trou de 88 millions d’euros dans le patrimoine national est une perte sèche.

Le musée apprend à vivre avec ce vide. Les bijoux de la Couronne de France ne sont plus qu’un souvenir, une histoire qu’on raconte aux visiteurs. Le mythe continue, mais il est désormais hanté par l’absence.

Conclusion

Le 22 juillet 2026, la galerie d’Apollon rouvre sans ses bijoux. Le Louvre fait le pari du vide, et ce pari est gagnant. En transformant un échec sécuritaire en repositionnement historique, le musée le plus visité du monde prouve sa capacité à se réinventer.

Christophe Leribault incarne cette renaissance. Son profil d’expert en sécurité, son passé de conservateur au Louvre, sa gestion des flux à Versailles : tout le désignait pour prendre les rênes après la démission de Laurence des Cars. Les 24 mesures choc annoncées par le gouvernement montrent que l’onde de choc du vol dépasse les murs du musée.

Les huit joyaux restent introuvables. Mais la couronne d’Eugénie, écrasée par les voleurs, va renaître de ses cendres. Le mythe continue, blessé mais transformé. Le Louvre a perdu des trésors, mais il a gagné une histoire.

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Questions fréquentes

Quels bijoux ont été volés au Louvre en 2025 ?

Huit joyaux de la Couronne de France ont été dérobés, dont le collier de l'impératrice Marie-Louise, le diadème de la reine Marie-Amélie, le diadème de l'impératrice Eugénie et le « Grand nœud » de la même impératrice. Le butin est estimé à 88 millions d'euros.

La galerie d'Apollon rouvre-t-elle avec des bijoux ?

Non, la galerie d'Apollon rouvre sans aucun bijou ni vitrine. Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, a choisi d'exposer le vide pour mettre en valeur l'architecture et le plafond peint de la salle.

Comment les voleurs ont-ils pénétré dans le Louvre ?

Les quatre malfaiteurs ont utilisé un camion nacelle pour accéder à une fenêtre sans grille de l'aile Denon. En sept minutes, ils ont fracassé la fenêtre, brisé les vitrines et emporté les joyaux avant de s'enfuir.

Pourquoi la sécurité du Louvre était-elle insuffisante ?

Un tiers des salles de l'aile Denon n'avaient aucune caméra de surveillance, et la grille de la fenêtre utilisée pour le vol avait été retirée en 2003 sans être remplacée. Un rapport de sécurité commandé par Van Cleef & Arpels avait été ignoré pendant sept ans.

Qui a remplacé Laurence des Cars à la tête du Louvre ?

Christophe Leribault, ancien conservateur au Louvre et ex-directeur du château de Versailles, a été nommé président du musée en février 2026 après la démission de Laurence des Cars. Il est perçu comme un expert en sécurité capable de restaurer la confiance.

Sources

  1. Louvre : réouverture mercredi de la galerie d’Apollon après le cambriolage d’octobre 2025 · lefigaro.fr
  2. beauxarts.com · beauxarts.com
  3. Cambriolage du musée du Louvre en 2025 — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  4. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  5. lefigaro.fr · lefigaro.fr
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Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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