Collage illustrant les fichiers Epstein révélant comment les riches alimentent le déni climatique.
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Dossiers Epstein : comment les ultra-riches parient sur l'effondrement climatique

Les dossiers Epstein révèlent une élite cynique voyant l'effondrement climatique comme une opportunité de régulation. Entre éco-fascisme, milliards injectés dans le déni et stratégies d'influence mondiale, découvrez comment les ultra-riches parient...

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Derrière les révélations sordides des Epstein Files : tout ce que révèlent les documents, se cache une réalité encore plus glaçante que les crimes sexuels eux-mêmes. Au-delà de la prédation, les documents publiés récemment par le ministère américain de la Justice exposent une idéologie froide et calculatrice : celle d'une élite qui ne voit pas dans la catastrophe écologique un péril, mais une opportunité de « régulation ». Alors que la jeunesse mondiale est saisie d'une éco-anxiété paralysante, ces échanges privés montrent que pour certains milliardaires, l'effondrement climatique n'est pas un problème à résoudre, mais un instrument stratégique pour préserver leurs privilèges. C'est la rencontre terrifiante entre un éco-fascisme assumé et les stratégies de déni climatique industrialisées. 

Image promotionnelle pour le documentaire Netflix Filthy Rich sur Jeffrey Epstein
Image promotionnelle pour le documentaire Netflix Filthy Rich sur Jeffrey Epstein — (source)

L'effroyable théorie de l'incendie forêt : ce que les mails d'Epstein révèlent vraiment

Les récentes divulgations des dossiers Epstein ont permis au public de plonger dans la correspondance privée du financier disparu en 2019, dévoilant des discussions qui dépassent largement le cadre de ses illégalités judiciaires. Loin des simples ragots mondains, ces échanges électroniques exposent une vision du monde structurée autour de la sélection naturelle et de l'eugénisme, appliquée à la géopolitique moderne. Dans cet univers mental, la fin du monde n'est pas une peur, mais un scénario gestionnaire. Cette section explore comment un discours aussi extrême a pu s'ancrer dans la sphère intellectuelle d'un homme disposant de moyens illimités, et comment il échoit malheureusement aux préoccupations légitimes des générations futures.

Un e-mail glaçant entre financier et chercheur en IA

En juillet 2016, alors que le monde se préparait à l'élection américaine et que les accords de Paris venaient tout juste d'entrer en vigueur, Jeffrey Epstein échangeait avec Joscha Bach, un chercheur respecté en intelligence artificielle et en sciences cognitives. La conversation, d'un calme terrifiant, bascule rapidement vers des considérations morbides sur l'avenir de l'humanité. Dans un e-mail dont le contenu a fait le tour des réseaux spécialisés, Epstein écrit cette phrase qui résume à elle seule l'horreur de sa vision utilitariste : « Maybe climate change is a good way of dealing with overpopulation. The earths forest fire. potentially a good thing for the species. »

Cette métaphore de « l'incendie de forêt » appliquée à l'humanité n'est pas un lapsus ni une blague de mauvais goût isolée. Elle traduit une pensée mûrie où la vie humaine est ramenée à une variable démographique à ajuster. Pour Epstein, le réchauffement climatique agirait comme un purgeur naturel, éliminant les plus faibles pour permettre au « système » de se régénérer. Ce dialogue avec un expert en IA soulève une interrogation inquiétante : dans quelle mesure ces idées dystopiques sont-elles partagées par d'autres leaders de la Silicon Valley ou de la finance, qui envisagent l'avenir sous l'angle froid de l'algorithme et non de l'humanisme ? 

Échange d'emails entre Jeffrey Epstein et Lawrence Krauss sur le CO2 et le climat.
Échange d'emails entre Jeffrey Epstein et Lawrence Krauss sur le CO2 et le climat. — (source)

Le cynisme calculé d'une élite qui se croit intouchable

Le plus effrayant dans cet échange n'est pas seulement la proposition du déclenchement climatique comme solution, mais la suite logique qu'Epstein y apporte. Continuant son raisonnement macabre, il évoque la nécessité d'une régulation plus directe : « too many people, so many mass executions of the elderly and infirm make sense ». Là où le commun des mortels voit un drame humanitaire, Epstein perçoit une optimisation des ressources. Ce passage révèle un détachement total vis-à-vis de la condition humaine, une croyance en la supériorité d'une caste qui aurait le droit de vie ou de mort sur le reste de la population.

Ce cynisme n'est pas l'expression d'un désordre mental isolé, mais la symptomatologie d'une classe sociale qui se considère comme les gardiens du vaisseau Terre, peu importe le nombre de passagers qu'il faut jeter par-dessus bord. Cette mentalité justifie par avance l'inaction climatique : pourquoi lutter contre le feu si l'on considère qu'il est nécessaire à la santé de la forêt ? Elle offre un cadre intellectuel pervers au déni climatique, transformant l'apathie des riches en une « philosophie » courageuse. C'est ce qui permet à des individus comme Epstein, et potentiellement d'autres figures de son cercle, de dormir sur leurs deux oreilles tout en finançant des laboratoires d'idées qui bloquent les politiques vertes.

Au-delà des crimes : l'écosystème intellectuel de Jeffrey Epstein

Si l'on pouvait espérer que les théories d'Epstein soient celles d'un loup solitaire, l'analyse de son réseau de relations prouve le contraire. Epstein n'était pas un ermite barricadé dans son manoir de Manhattan ; il était un nœud central dans une toile d'araignée reliant la haute finance, la politique mondiale et la sphère académique. Son rôle consistait à faire circuler les idées, les fonds et les influences entre ces mondes. En examinant ses fréquentations, on découvre que l'indifférence à la catastrophe climatique n'est pas une anomalie, mais une composante structurelle de l'idéologie dominante chez une certaine ultra-droite libertarienne, pour qui la régulation environnementale est un ennemi absolu.

Michael Mann démontre l'éthos commun des amis d'Epstein

Le climatologue Michael Mann, figure de premier plan dans la lutte contre le déni climatique et souvent la cible des campagnes de harcèlement orchestrées par les lobbys, a analysé ces révélations avec une lucidité sans appel. Selon lui, le propos tenu par Epstein sur le climat n'est en rien surprenant au regard de la fréquentation du financier. Mann affirme que ce « screed immonde » est « entièrement en accord avec l'éthos » de ses amis riches et puissants. Ce n'est pas tant l'avis d'un Epstein seul qui inquiète, que le fait qu'il reflète la pensée tacite d'un groupe social qui possède les moyens de dicter l'agenda mondial.

Pour cette élite, le déni climatique remplit une fonction sociale précise : il permet de préserver un mode de vie énergivore tout en se donnant bonne conscience. En refusant d'admettre la réalité scientifique, ou en la minimisant, ils s'épargnent la nécessité de changer leurs habitudes de consommation excessives. L'argent qu'ils investissent dans des think tanks sceptiques est une assurance-vie pour leur train de vie. L'amitié trouble entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, documentée par ailleurs, illustre parfaitement cette convergence d'intérêts autour d'une vision dérégulée de l'économie, où l'exploitation des ressources fossiles reste reine. 

Homme aux cheveux gris en chemise noire assis à une table de restaurant
Homme aux cheveux gris en chemise noire assis à une table de restaurant — (source)

Bjorn Lomborg : le pont entre le déni scientifique et les salons privés

Au cœur de cet écosystème se trouve un personnage clé : Bjorn Lomborg. Ce chercheur danois, souvent présenté dans les médias comme un « sceptique respecté » ou un « environnement réaliste », entretient des liens documentés avec Jeffrey Epstein. Lomborg est spécialisé dans l'art de noyer le poisson : il ne nie pas forcément le réchauffement, mais soutient que les coûts pour le combattre sont prohibitifs et qu'il vaut mieux investir dans d'autres priorités. C'est exactement le genre d'argumentaire qu'une élite financière veut entendre pour justifier son inaction.

Les dossiers montrent que Lomborg a cherché des fonds auprès d'Epstein, confirmant une proximité intellectuelle et financière. En utilisant son aura académique, Lomborg sert de pont entre les conversations cyniques comme celle tenue avec Joscha Bach et la sphère publique. Il transforme les intuitions égoïstes de donateurs milliardaires en rapports politiques présentés comme « scientifiques ». Son rôle est crucial : il offre une légitimité intellectuelle à l'immobilisme, permettant à des personnages comme Epstein de parier sur l'effondrement sans avoir à l'admettre publiquement. C'est la division du travail du déni : les uns financent, les autres rédigent les communiqués. 

Jeffrey Epstein en photographie noir et blanc, portant une veste et une cravate
Jeffrey Epstein en photographie noir et blanc, portant une veste et une cravate — (source)

L'argent sale du pétrole : 120 millions de dollars pour acheter le silence

Les idées, aussi toxiques soient-elles, ne se propagent pas dans le vide sans carburant. Si le déni climatique est devenu une force politique majeure capable de bloquer les législations internationales, c'est parce qu'il est alimenté par un flux financier colossal et continu. Nous sommes loin de la simple opinion d'un blogueur climatosceptique ; nous sommes face à une industrielle de la désinformation, un véritable complexe militaro-industriel de l'ombre dont le but est de semer le doute dans l'esprit du public. L'argent des énergies fossiles ne sert pas seulement à extraire du pétrole, il sert à extraire la crédibilité de la science.

Le budget faramineux du lobbying pétrolier en 2022

Les chiffres sont vertigineux et donnent le vertige. En 2022 seule, alors que la planète connaissait des records de température, l'industrie du gaz et du pétrole a dépensé la somme astronomique de 124,4 millions de dollars en lobbying fédéral aux États-Unis. C'est plus de 340 000 dollars par jour investis pour influencer les législateurs et freiner toute contrainte réglementaire. Dans ce flot d'argent, Koch Industries ressort particulièrement avec 11,3 millions de dollars de dépenses, suivie de près par l'American Petroleum Institute qui a versé 4,4 millions de dollars.

Ces sommes ne sont pas des pertes, ce sont des investissements avec un retour sur investissement garanti. En bloquant une loi sur les énergies renouvelables ou en supprimant une taxe carbone, ces entreprises préservent des milliards de profits futurs. L'American Fuel and Petrochemical Manufacturers, Chevron, ConocoPhillips et Shell ont tous contribué à cet effort de lobbying massif. Cette pression constante assure que le débat politique reste verrouillé sur des positions qui favorisent le statu quo énergétique, malgré l'urgence climatique clamée par les scientifiques du GIEC. 

Dégâts causés par une catastrophe naturelle, illustrant la dévastation environnementale.
Dégâts causés par une catastrophe naturelle, illustrant la dévastation environnementale. — (source)

Donors Trust et la machine à laver l'argent du déni climatique

Cependant, l'argent le plus dangereux est celui qui ne se voit pas. C'est ici qu'intervient « Donors Trust », une organisation parfois surnommée la « banque anonyme du conservatisme américain ». Selon une enquête approfondie du Guardian, Donors Trust a acheminé près de 120 millions de dollars entre 2002 et 2010 vers plus de 100 groupes climatosceptiques. Le mécanisme est simple : un milliardaire soucieux de préserver son anonymat fait un don à Donors Trust, qui redistribue ensuite les fonds à divers think tanks.

Cet argent sale a servi à financer la création d'univers parallèles où la science est remise en question. L'objectif n'est pas de prouver que le réchauffement n'existe pas, mais de transformer la science en un « sujet clivant », un partisan politique comme un autre. En divisant l'opinion publique sur des faits établis, ces groupes empêchent la constitution d'un consensus politique fort nécessaire à l'action. C'est une guerre de l'information qui utilise des méthodes sophistiquées pour délégitimer les experts et semer la confusion dans l'esprit des citoyens. 

Document et portrait de Jeffrey Epstein, dont les e-mails révèlent l'étendue de son influence dans le monde des affaires.
Document et portrait de Jeffrey Epstein, dont les e-mails révèlent l'étendue de son influence dans le monde des affaires. — (source)

Quand la Fondation Scaife finance la Global Warming Policy Foundation

L'exemple de la Global Warming Policy Foundation (GWPF) est particulièrement éloquent pour comprendre les conflits d'intérêts à l'œuvre. Ce think tank britannique, très actif dans la promotion du scepticisme climatique, a reçu des financements directs de la Sarah Scaife Foundation. Cette fondation, héritière d'une dynastie du pétrole et de la banque, possède un portefeuille d'actions estimé à 30 millions de dollars dans 22 entreprises énergétiques.

Plus concrètement, les documents montrent que la GWPF a reçu 210 525 dollars de la part de la Scaife Foundation en 2018 et 2020. Or, la fondation Scaife détenait à l'époque 9 millions de dollars d'actions chez Exxon et 5,7 millions chez Chevron. Le cercle est vicieux : les profits générés par l'extraction d'énergies fossiles servent à financer une organisation dont la mission est de dire que ces énergies ne sont pas dangereuses pour le climat. C'est une boucle de rétroaction toxique où l'argent de la pollution finance la propagande de la pollution.

L'offensive européenne du réseau Atlas : comment le déni climatique s'invite en France

L'influence des lobbys pétroliers ne s'arrête pas aux frontières des États-Unis. Elle a infiltré le paysage politique européen par le biais d'un réseau puissant et invisible : le Réseau Atlas. Cette organisation internationale fédère des centaines de think tanks « libertariens » et conservateurs à travers le monde, avec pour mission commune de promouvoir le libre-échange dérégulé et de combattre l'intervention de l'État, notamment en matière environnementale. La stratégie est d'importer les méthodes de déni américaines sur le vieux continent pour y bloquer les politiques du Green Deal.

De l'Argentine à l'Autriche : les 12 millions du réseau Atlas

Le Réseau Atlas agit comme une machine de guerre idéologique financée par les plus grandes fortunes américaines, notamment les frères Koch, héritiers d'un empire pétrolier. L'influence de ce réseau est planétaire, mais elle s'exerce de manière particulièrement agressive en Amérique Latine et en Europe. Entre 2010 et 2021, Atlas a investi environ 12 millions de dollars auprès de partenaires en Amérique Latine pour promouvoir une éducation économique hostile à toute régulation environnementale.

En Europe, des organisations comme l'Austrian Economics Centre en Autriche ou l'Instituto Juan de Mariana en Espagne servent de relais locaux. Ces groupes publient des rapports, organisent des conférences et inondent les médias de contenus visant à discréditer les politiques climatiques. Ils présentent la transition écologique comme une menace pour la liberté individuelle et la prospérité économique, recyclant les vieux arguments de l'industrie du tabac ou de l'amiante dans un nouveau contexte. 

Affiche à un arrêt de bus montrant Jeffrey Epstein comme sceptique du changement climatique.
Affiche à un arrêt de bus montrant Jeffrey Epstein comme sceptique du changement climatique. — (source)

Les relais français de l'idéologie climatosceptique

La France n'est pas épargnée par cette offensive. Le Réseau Atlas y a établi des ponts solides avec plusieurs organisations influentes dans le débat public hexagonal. L'Institut des Libertés, fondé par Charles Gave, est l'un de ces vecteurs privilégiés. Cet organisme ne se contente pas de critiquer la fiscalité, il mène une campagne systématique contre ce qu'il appelle la « religion climatique ». De même, Contribuables Associés, une organisation proche du Rassemblement National, recycle souvent les arguments des think tanks américains pour s'opposer aux taxes écologiques.

L'Institut économique Molinari, autre membre de cette constellation, conteste régulièrement le consensus scientifique sur le changement climatique sous couvert d'expertise économique. Ces structures bénéficient d'une visibilité médiatique disproportionnée par rapport à leur représentativité réelle, mais qui leur permet de peser sur l'agenda politique en normalisant des idées qui étaient autrefois cantonnées aux franges extrêmes de la pensée économique.

La lettre de 1999 qui lie Exxon aux campagnes de désinformation

La preuve historique de cette collusion transatlantique réside dans une lettre découverte par des enquêteurs, datant de 1999. Alejandro Chafuen, alors directeur du Réseau Atlas, y remercie ExxonMobil pour ses « généreuses contributions ». Ce document atteste que la collaboration entre le géant du pétrole et le réseau idéologique est ancienne et structurée. Les fonds d'Exxon ne servaient pas seulement à organiser des dîners mondains, mais à financer des actions de terrain très précises.

La lettre détaille comment cet argent a été utilisé pour financer des conférences visant à combattre la « peur du réchauffement climatique » et pour distribuer des livres dans les écoles. L'objectif explicite était d'empêcher les écoliers de devenir des « croisés » de l'environnement. C'est une stratégie insidieuse de capture des esprits dès le plus jeune âge, visant à tuer dans l'œuf toute conscience écologique. Plus de deux décennies plus tard, on mesure l'efficacité de cette propagande face à l'ampleur du scepticisme qui persiste encore dans une partie de l'opinion publique. 

Collage illustrant les fichiers Epstein révélant comment les riches alimentent le déni climatique.
Collage illustrant les fichiers Epstein révélant comment les riches alimentent le déni climatique. — (source)

L'hypocrisie carbone : quand le 1 % pollue deux fois plus que les 50 % les plus pauvres

Pour justifier leur inaction et leur idéologie malthusienne, les épistémologues du déni climatique comme Epstein invoquent souvent la « surpopulation ». Selon leur narration simpliste, la Terre serait trop peuplée pour supporter le niveau de vie moderne, et la crise écologique serait donc une fatalité démographique. Cet argument commode permet de détourner la responsabilité des industries polluantes vers les populations du Sud, qui ont pourtant la plus faible empreinte carbone. C'est l'ultime ruse de l'élite : accuser les victimes de leur propre malheur.

Les chiffres accablants de l'élite polluante

La réalité, mise en lumière par une étude majeure de la BBC, brosse un tableau radicalement différent. Les chiffres sont sans appel : le 1 % le plus riche de la planète émet à lui seul deux fois plus de carbone que les 50 % les plus pauvres de l'humanité réunis. Ce n'est pas une question de nombre de personnes, mais de consommation intense de ressources par une minorité infime. Pire encore, ce sont ces mêmes « pollueurs élites » qui sont responsables de 37 % de la croissance des émissions mondiales entre 1990 et 2015.

Les 5 % les plus riches – la frange de la société à laquelle appartenait Epstein et ses amis – ont une responsabilité historique écrasante dans le dérèglement climatique actuel. Leurs vies, faites de jets privés, de yachts, de résidences multiples et de consommation de luxe, sont des volcans d'émissions de gaz à effet de serre. Quand ils parlent de surpopulation, ils utilisent les pauvres comme paravents pour masquer leur propre voracité écologique. C'est l'hypocrisie à l'état pur : ceux qui détruisent la planète accusent ceux qui la subissent d'être trop nombreux.

La fausse excuse de la surpopulation pour masquer l'accaparement des ressources

L'analyse de la situation par Yahoo News résume parfaitement l'ironie tragique de la situation : la question n'est pas le nombre de personnes, mais l'accès inégal aux ressources de la planète. Epstein et ses amis milliardaires thésaurisent la richesse et les moyens de production, créant une rareté artificielle qui alimente les tensions qu'ils redoutent. En s'accaparant une part disproportionnée du gâteau mondial, ils laissent des miettes à la majorité, puis plaignent que la table est trop petite.

Cet éco-fascisme de l'élite, qui considère les populations vulnérables comme du bétail excédentaire, est non seulement moralement répugnant, mais factuellement faux. Si le 1 % réduisait son empreinte carbone à celle du citoyen moyen, la pression climatique diminuerait drastiquement sans qu'il soit nécessaire de priver qui que ce soit de l'essentiel. Mais cela demanderait à cette élite de renoncer à ses privilèges, une perspective que Jeffrey Epstein et ses semblables semblent totalement incapables d'envisager. 

Collage graphique montrant une figure centrale entourée de portraits dans une grille.
Collage graphique montrant une figure centrale entourée de portraits dans une grille. — (source)

Face au cynisme des milliardaires : transformer l'éco-anxiété en action politique

Face à cette machine de guerre financière et idéologique, il serait facile de céder au pessimisme ou à la résignation. Les puissances alignées en faveur du statu quo semblent infiniment plus riches et plus influentes que les défenseurs de l'environnement. Pourtant, la réalité politique offre une lueur d'espoir. Malgré les milliards dépensés pour semer le doute, l'opinion publique reste majoritairement convaincue de la réalité du climat et demande des actions concrètes. Le fossé entre la volonté populaire et l'influence des lobbys est le levier sur lequel les citoyens doivent appuyer pour reprendre le contrôle.

L'écart entre l'opinion publique et l'influence des lobbys

Les chiffres de l'influence financière sont glaçants. Aux États-Unis, les groupes opposés à la législation climatique ont dépensé 27 fois plus d'argent que les groupes de défense du climat entre 2008 et 2018. C'est une asymétrie de combat quasi totale. Pourtant, en France, les statistiques du gouvernement montrent que la population n'est pas dupe. Selon le baromètre SDES/Sciences Po de 2024, 81 % des Français souhaitent que le gouvernement suive les recommandations scientifiques sur le climat, quel qu'en soit le coût.

Ce décalage est la preuve que le mur d'argent des lobbys n'a pas réussi à corrompre la conscience collective. La catastrophe climatique est devenue la première inquiétude environnementale des Français, devant même la peur des catastrophes naturelles immédiates. La majorité silencieuse comprend les enjeux mieux que ne le veulent l'admettre les élites de Washington ou de Londres. Il existe donc un potentiel politique immense pour une transformation radicale de nos sociétés, à condition de savoir le mobiliser.

Comment contourner le mur de l'argent pour imposer le changement

Pour transformer cette prise de conscience en victoire politique, il faut sortir des pièges posés par les think tanks d'Epstein et de ses héritiers. Il ne suffit plus de recycler son verre ou d'éteindre la lumière ; il faut s'attaquer au système qui permet le « Dark Money ». Les citoyens doivent exiger la transparence totale sur le financement des partis politiques et des campagnes électorales, notamment lors des échéances européennes où le Réseau Atlas est si actif.

Une piste prometteuse réside dans la justice. Les procès intentés contre Exxon ou d'autres majors du pétrole pour avoir menti au public commencent à porter leurs fruits. Soutenir ces actions judiciaires, c'est attaquer le nerf de la guerre du déni climatique. De même, les actions citoyennes pour dénoncer les liens obscurs entre les élus et les énergies fossiles sont essentielles. L'histoire nous apprend que même les forteresses les plus imprenables finissent par céder quand le peuple refuse de se laisser faire. Face au cynisme des milliardaires, notre meilleure arme est une démocratie revigorée et informée.

Conclusion : Briser le contrat social du déni

Des e-mails privés de Jeffrey Epstein aux salons feutrés du Réseau Atlas, en passant par les couloirs du Congrès américain inondés par l'argent du pétrole, une ligne directrice se dessine. Il existe un contrat social implicite entre une poignée d'ultra-riches et les gouvernements qu'ils financent : « Protégez nos profits, et nous financerons vos réélections ». Ce contrat repose sur le déni de la réalité scientifique et l'acceptation tacite du sacrifice des plus vulnérables.

Cependant, ce temps est révolu. Les liens troubles entre Donald Trump et Jeffrey Epstein ou l'amitié sulfureuse de la princesse Mette-Marit de Norvège montrent jusqu'où s'étend cette toile, mais elles révèlent aussi ses fragilités. L'exposition publique de ces réseaux mine leur crédibilité. La solution au climat ne réside pas dans un éco-fascisme de riches qui rêvent d'éliminer les pauvres, mais dans une justice climatique radicale qui oblige les plus pollueurs à payer pour leurs dégâts. Face à l'élite qui parie sur l'effondrement, notre devoir est de parier sur l'humanité, la solidarité et l'action collective immédiate.

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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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