Le dimanche 7 juin 2026, un hélicoptère EC145 des Forces aériennes de la gendarmerie nationale s’est écrasé en forêt d’Orléans alors qu’il participait aux recherches d’un adolescent disparu. Le bilan est lourd : un gendarme de 28 ans tué, deux autres grièvement blessés. Le jeune recherché, lui, a été retrouvé vivant. Ce contraste tragique donne à ce drame une dimension particulièrement saisissante. Alors que les enquêtes débutent à peine, voici tout ce que l’on sait de cet accident qui a plongé le Loiret dans la stupeur.
16h40 en forêt d’Orléans : le crash qui n’aurait pas dû avoir lieu

Contrairement à ce que laissent imaginer les accidents d’hélicoptère les plus médiatisés, celui-ci ne s’est pas produit dans un massif montagneux ou par conditions météo extrêmes. Le drame s’est joué à basse altitude, dans la plaine du Loiret, au cœur de la forêt domaniale d’Orléans, plus précisément dans le massif de Lorris, sur la commune de Bray-Saint-Aignan. Un décor de chênes et de pins, à peine vallonné, que les hélicoptères survolent quotidiennement sans incident.
L’appareil, un EC145 appartenant aux Forces aériennes de la gendarmerie basées à Villacoublay (Yvelines), était en mission de routine depuis le matin. Il devait aider à localiser un adolescent de Bouzy-la-Forêt, disparu la veille au soir. Rien, dans le déroulement de cette mission, ne laissait présager une issue fatale.

Le dernier vol de l’hélicoptère des Forces aériennes
La chronologie est désormais connue avec précision. L’hélicoptère a décollé de la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Villacoublay en début de matinée. Il survolait la zone de Bouzy-la-Forêt et ses environs depuis plusieurs heures, quadrillant méthodiquement la forêt avec ses caméras thermiques. À 16h40 précises, alors que l’équipage effectuait un passage au-dessus de Bray-Saint-Aignan, l’appareil a brutalement percuté le sol.
Les témoignages des premiers habitants présents dans le secteur décrivent un bruit sourd, suivi d’un silence angoissant. Les secours, déjà mobilisés pour les recherches au sol, ont immédiatement convergé vers le lieu du crash. L’impact a été violent. L’EC145, pourtant réputé pour sa fiabilité, gisait au milieu des arbres, le cockpit déformé, le rotor arraché.
Ce qui rend cet accident particulièrement troublant, c’est son cadre. Un ciel dégagé, une visibilité correcte, un terrain plat. Les enquêteurs du Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEA-É) chercheront à comprendre pourquoi un appareil en phase de recherche à basse vitesse a soudainement perdu le contrôle.

L’adolescent disparu retrouvé vivant : le contraste tragique de la journée
C’est le paradoxe qui donne à cette tragédie une dimension presque insoutenable. Pendant que l’hélicoptère s’écrasait, tuant un gendarme et blessant gravement deux autres militaires, l’adolescent que ces hommes recherchaient depuis la veille était retrouvé sain et sauf.
Le jeune garçon, âgé d’environ 14 ans, avait disparu de son domicile de Bouzy-la-Forêt le samedi 6 juin en fin de journée. Inquiète, sa famille avait donné l’alerte rapidement. Les gendarmes de la brigade territoriale autonome (BTA) de Châteauneuf-sur-Loire avaient immédiatement lancé les recherches, mobilisant progressivement des moyens plus importants. L’hélicoptère avait été réquisitionné le dimanche matin pour couvrir la vaste zone boisée.
C’est du côté de La Ferté-Saint-Aubin, à une vingtaine de kilomètres du lieu du crash, que le jeune a été retrouvé, en vie et en bonne santé apparente. La mission de sauvetage était donc un succès. Mais les sauveteurs en ont payé le prix fort. Ce contraste, entre la joie de la famille du disparu et le deuil qui frappe la gendarmerie, restera comme la marque de cette journée tragique.
Adjudant Dorian Larigaudrie : le gendarme de 28 ans tué à deux mois de son mariage
Parmi les trois militaires à bord, un seul n’a pas survécu. L’adjudant Dorian Larigaudrie, 28 ans, était affecté à la brigade territoriale autonome de Châteauneuf-sur-Loire, la commune voisine du crash. Il était embarqué comme passager, spécialiste des recherches au sol, pour guider l’équipage depuis les airs. Il n’était pas un pilote chevronné des Forces aériennes, mais un gendarme du terrain, venu prêter main-forte.
Son décès a provoqué une onde de choc dans la région. À deux mois de son mariage, prévu en août 2026, Dorian Larigaudrie était un homme dont l’avenir semblait tout tracé. Sa disparition laisse un vide immense dans sa brigade, sa famille et sa commune.
« Discret, humble, serviable » : les mots du maire
Florence Galzin, maire de Châteauneuf-sur-Loire, a livré un témoignage poignant à France 3 Régions. Elle décrit Dorian Larigaudrie comme « extrêmement serviable, respectueux et avec une gentillesse naturelle ». Elle ajoute qu’il était « discret et humble », des qualités qui contrastent avec la violence du destin qui l’a frappé.
Son ancrage local était fort. Servir à la brigade de Châteauneuf-sur-Loire, c’était être au contact direct des habitants, intervenir pour des conflits de voisinage, des cambriolages, des accidents de la route. Dorian Larigaudrie était de ces gendarmes que l’on croise au quotidien, que l’on salue au marché, que l’on appelle quand on a besoin d’aide. Sa mort, en forêt d’Orléans, frappe en plein cœur du territoire.
Sur le réseau social X, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a exprimé « sa profonde tristesse » et présenté « ses sincères condoléances à la famille de l’adjudant Dorian Larigaudrie et ses camarades ». Le directeur général de la gendarmerie, le général d’armée Hubert Bonneau, s’est rendu sur place dès le lendemain. La ministre des Armées Catherine Vautrin s’est également exprimée.
Un parcours exemplaire depuis 2018
Dorian Larigaudrie avait intégré la gendarmerie à 20 ans, en 2018. Après sa formation initiale, il avait rejoint le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), une unité d’élite territoriale spécialisée dans les interventions rapides et les missions sensibles. Il y avait acquis une solide expérience du terrain avant d’être affecté à la brigade territoriale autonome de Châteauneuf-sur-Loire.
Ce parcours, classique pour un jeune gendarme, était pourtant exemplaire. Ses supérieurs le décrivent comme un militaire investi, rigoureux, toujours volontaire pour les missions difficiles. Le dimanche 7 juin, il avait accepté sans hésiter d’embarquer dans l’hélicoptère pour guider les recherches. Il connaissait bien le secteur, la forêt d’Orléans, ses chemins, ses clairières. Il était simplement là pour aider. Cette mission de routine, qu’il avait déjà effectuée des dizaines de fois, a été la dernière.
Adjudants Pecque et Rousset : le pilote et le mécanicien grièvement blessés
Si l’adjudant Larigaudrie est la seule victime à déplorer, les deux autres occupants de l’appareil ont été grièvement blessés. Le pilote et le mécanicien de bord, tous deux membres de la Section aérienne de gendarmerie de Villacoublay, ont été hospitalisés au CHU d’Orléans dans un état qualifié d’« urgence absolue » dans les premières heures suivant le crash.
Leurs jours ne sont plus en danger, selon les dernières informations communiquées par l’institution. Mais leur rétablissement sera long, tant les blessures subies lors de l’impact sont sérieuses. Pour eux, le chemin de la guérison ne fait que commencer.
Les visages de la SAG de Villacoublay
L’adjudant François Pecque était aux commandes de l’EC145 ce dimanche après-midi. Pilote expérimenté des Forces aériennes de la gendarmerie, il connaissait parfaitement le comportement de son appareil et les spécificités des missions de recherche en zone boisée. À ses côtés, l’adjudante Marine Rousset occupait le poste de mécanicien de bord. Son rôle : surveiller les paramètres techniques de l’appareil, assister le pilote dans les phases délicates du vol, et intervenir en cas d’urgence.
Tous deux étaient affectés à la SAG de Villacoublay, la base historique des Forces aériennes de la gendarmerie nationale. Cette unité, basée dans les Yvelines, est l’une des plus importantes de France. Elle dispose d’une flotte d’hélicoptères EC145 et AS350 Écureuil, mobilisés pour les missions de secours, de surveillance et de recherche sur l’ensemble du territoire.
Leur expérience et leur professionnalisme n’ont pas suffi à éviter le drame. Les enquêteurs devront déterminer si une défaillance technique, une erreur humaine ou un facteur environnemental est à l’origine du crash.
L’attente au CHU d’Orléans
Dès l’alerte donnée, un hélicoptère du SAMU a été dépêché sur place pour évacuer les blessés vers le CHU d’Orléans. Les deux adjudants y ont été admis en urgence absolue, pris en charge par une équipe médicale spécialisée dans les traumatismes graves.
Une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) a été ouverte pour leurs proches et pour les collègues de la brigade de Châteauneuf-sur-Loire, profondément choqués par la perte de leur camarade et l’état de leurs deux collègues. Le soutien psychologique est une composante essentielle de la gestion de ce type de drame, où le stress post-traumatique guette les survivants et les témoins.
L’attente des nouvelles de leur état de santé a été longue pour les familles. Aujourd’hui, si les jours des deux militaires ne sont plus en danger, leur rétablissement complet reste incertain. Les séquelles physiques et psychologiques de cet accident les accompagneront longtemps.
Bouzy-la-Forêt : la disparition d’un adolescent à l’origine de la mission
Pour comprendre le drame, il faut revenir en arrière. Tout commence le samedi 6 juin, en fin de journée, à Bouzy-la-Forêt, une commune du Loiret bordée par la forêt domaniale d’Orléans. Un adolescent de 14 ans quitte son domicile et ne donne plus signe de vie. Inquiets, ses parents alertent la gendarmerie.
Les recherches débutent immédiatement. Les gendarmes de la brigade de Châteauneuf-sur-Loire quadrillent les rues du village, interrogent les voisins, vérifient les proches. Mais la nuit tombe et le jeune reste introuvable. La forêt, dense et vaste, complique les opérations.
Une disparition inquiétante dans le Loiret
Les circonstances de la disparition sont floues. L’adolescent aurait quitté son domicile sans explication, sans téléphone, sans argent. Rien ne permet de penser à un acte criminel, mais l’inquiétude grandit. Chaque minute passée sans nouvelle réduit les chances de le retrouver sain et sauf, surtout dans une zone boisée où les risques de chute, d’hypothermie ou de déshydratation sont réels.
La famille, soutenue par les gendarmes, lance un appel à témoins. Les réseaux sociaux s’emballent. Des bénévoles se mobilisent pour aider aux recherches. Mais la forêt d’Orléans, l’une des plus grandes de France avec ses 35 000 hectares, est un défi logistique de taille.
L’appel aux moyens aériens
Face à l’ampleur de la zone à couvrir, le commandement de la gendarmerie décide de mobiliser des moyens aériens. Le protocole est rodé : lorsque les recherches au sol deviennent inefficaces, la gendarmerie fait appel à ses Forces aériennes ou sollicite la Sécurité civile.
Le dimanche matin, un EC145 décolle de Villacoublay. À son bord, le pilote, le mécanicien et l’adjudant Larigaudrie, spécialiste des recherches au sol. L’appareil est équipé de caméras thermiques qui permettent de détecter la chaleur corporelle même à travers le couvert forestier. Pendant des heures, l’équipage survole méthodiquement la zone, sans résultat.
Puis, à 16h40, le drame. L’hélicoptère s’écrase. La mission de secours se transforme en opération de sauvetage des sauveteurs. Pendant ce temps, le jeune disparu est retrouvé vivant à La Ferté-Saint-Aubin, à quelques kilomètres de là. La nouvelle de son sauvetage arrive en même temps que celle du crash. Un choc émotionnel pour tous.
BEA-É et enquête judiciaire : les deux investigations pour comprendre le crash
Dès le lendemain du drame, deux enquêtes parallèles ont été ouvertes. La première, judiciaire, est confiée aux gendarmes. Elle vise à déterminer les circonstances pénales de l’accident : y a-t-il eu une faute, une négligence, un acte intentionnel ? La seconde, technique, est menée par le BEA-É, le Bureau enquêtes accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État. Son objectif : comprendre ce qui a provoqué le crash pour éviter qu’il ne se reproduise.
Ces deux enquêtes sont complémentaires. La première peut déboucher sur des poursuites pénales. La seconde émet des recommandations de sécurité. Leurs conclusions ne sont pas attendues avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Scellés et boîtes noires : le travail de fourmi des enquêteurs
Les enquêteurs du BEA-É sont arrivés sur place le lundi 8 juin au matin. Leur travail commence par un relevé minutieux des débris, dispersés sur plusieurs dizaines de mètres autour du point d’impact. Chaque pièce de l’appareil est photographiée, répertoriée, mise sous scellés. L’objectif est de reconstituer le puzzle de l’accident.
Les boîtes noires de l’hélicoptère sont les pièces maîtresses de cette enquête. L’enregistreur de vol (CVR, pour Cockpit Voice Recorder) a capté les conversations dans le cockpit, les échanges radio, les alarmes éventuelles. L’enregistreur de paramètres (FDR, pour Flight Data Recorder) a consigné la vitesse, l’altitude, le cap, les actions du pilote sur les commandes. Leur analyse, confiée à des experts du BEA-É, prendra du temps. Mais elle est cruciale pour comprendre la séquence des événements.
Les enquêteurs ont également prélevé des échantillons de carburant, examiné l’état des pales du rotor, vérifié l’intégrité des câbles de commande. Rien ne doit être laissé au hasard.

Météo, erreur humaine, défaillance mécanique : les trois hypothèses
À ce stade, aucune hypothèse n’est privilégiée. Les enquêteurs explorent trois pistes principales.
La première est celle d’une défaillance mécanique. L’EC145 est un appareil fiable, mais pas infaillible. Une panne moteur, un problème de transmission, une défaillance du rotor pourraient expliquer une perte de contrôle soudaine. Les relevés techniques diront si l’appareil présentait des anomalies.
La deuxième hypothèse est une erreur humaine. Le pilote, en fin de mission après plusieurs heures de vol, a-t-il commis une erreur de jugement ? Une manœuvre trop brusque, une perte d’attention, une mauvaise évaluation de la distance au sol ? Les conditions de vol à basse altitude en forêt sont exigeantes. La fatigue peut jouer un rôle.
La troisième piste est météorologique. Même si le ciel était dégagé, des rafales de vent, un phénomène de cisaillement ou une turbulence inattendue ont pu déstabiliser l’appareil. Les bulletins météo de la journée seront analysés.
L’enquête judiciaire, menée par les gendarmes, explore ces mêmes pistes sous un angle pénal. Les auditions des témoins, des proches des victimes, des responsables de la maintenance de l’appareil sont en cours.
48 pompiers et 36 engins : les moyens déployés pour sauver les sauveteurs
Le crash a provoqué une mobilisation massive des secours. En quelques minutes, le dispositif de recherche de l’adolescent disparu a été réorienté vers le sauvetage de l’équipage. Les chiffres donnent la mesure de l’ampleur des moyens engagés : 48 pompiers, 36 engins, 30 gendarmes du Loiret, un escadron de la gendarmerie mobile de Maisons-Alfort, un drone du SDIS, un hélicoptère du SAMU.
Un poste de commandement pompier a été ouvert sur place pour coordonner les opérations. L’objectif : extraire les trois militaires de la carcasse de l’appareil le plus rapidement possible, tout en sécurisant la zone.
De la recherche du disparu au sauvetage de l’équipage
Le changement de mission a été brutal. Les gendarmes et pompiers qui quadrillaient la forêt depuis la veille pour retrouver l’adolescent ont soudainement entendu le bruit de l’impact. Certains étaient à quelques centaines de mètres du lieu du crash. Ils ont immédiatement convergé vers le site.
L’hélicoptère gisait au milieu des arbres, le cockpit déformé, les pales du rotor brisées. Les premiers secours ont dû utiliser des pinces de désincarcération pour libérer les blessés. La priorité était de stabiliser les deux survivants, en état de choc, avant leur évacuation vers le CHU d’Orléans.
Un drone du SDIS a été déployé pour survoler la zone et guider les secouristes au sol. L’hélicoptère du SAMU, arrivé en renfort, a assuré l’évacuation des blessés vers l’hôpital. L’ensemble de l’opération a duré plusieurs heures.
Le coût humain et matériel des secours en milieu périlleux
Derrière ces chiffres impressionnants se pose une question rarement formulée à voix haute : quel est le coût de ces opérations de secours ? Un hélicoptère de l’État, 36 camions de pompiers, un drone, une cinquantaine de gendarmes mobilisés pendant plusieurs jours… Tout cela a un coût que le contribuable finance.
Mais ce coût est-il jamais trop élevé quand il s’agit de sauver des vies ? La question est d’autant plus pertinente que l’hélicoptère lui-même, un EC145, est un investissement public. Sa valeur est estimée à plusieurs millions d’euros. Sa perte, dans un crash, représente une perte sèche pour les finances publiques.
Pourtant, personne ne remet en cause la nécessité de ces moyens. La mission de la gendarmerie est de protéger les citoyens, même au péril de la vie de ses membres. Ce paradoxe, entre le risque et l’investissement matériel, est au cœur du métier de sauveteur.
EC145, H145, AS350 : comment la gendarmerie modernise sa flotte aérienne
Ce crash relance inévitablement le débat sur l’état de la flotte aérienne de la gendarmerie. Les Forces aériennes de la gendarmerie nationale exploitent actuellement deux types d’appareils : 15 EC145 et 26 AS350 Écureuil. Ces hélicoptères, pour la plupart acquis dans les années 2000 et 2010, commencent à vieillir.
La gendarmerie a engagé un programme de modernisation. En 2024, elle a commandé 6 Airbus H145, un appareil plus récent, plus performant, équipé d’un rotor à cinq pales et d’une optronique Euroflir 410. Ces nouveaux hélicoptères doivent remplacer progressivement les EC145 les plus anciens.
Un parc vieillissant en pleine transition
L’EC145 est un cheval de bataille fiable. Utilisé par la gendarmerie, la Sécurité civile, les armées et de nombreuses forces de l’ordre dans le monde, il a fait ses preuves. Mais sa conception date des années 1990. Les systèmes de navigation, les capteurs, les commandes de vol ne sont plus à la pointe de la technologie.
L’AS350 Écureuil, plus léger, est utilisé pour les missions de surveillance et de transport léger. Il est également en service depuis plusieurs décennies.
Le crash de la forêt d’Orléans pose une question : l’appareil impliqué était-il un EC145 ancien, dont l’entretien ou les systèmes auraient pu être défaillants ? Les enquêteurs du BEA-É devront déterminer l’âge exact et l’historique de maintenance de l’hélicoptère accidenté.
Le défi de la modernisation
Le renouvellement de la flotte est un enjeu budgétaire majeur. Chaque Airbus H145 coûte plusieurs dizaines de millions d’euros. La commande de 6 appareils, annoncée en 2024, représente un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros. Leur déploiement est progressif.
La gendarmerie et la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) travaillent ensemble pour moderniser les systèmes de navigation et d’entretien de la flotte existante. Les rapports d’enquêtes techniques, comme ceux du crash du Vignemale en 2016 ou de Villard-de-Lans en 2021, ont souvent poussé à des améliorations.
Ce crash, s’il révèle une défaillance technique, pourrait accélérer le calendrier de renouvellement. Mais il est trop tôt pour le dire.
Vignemale 2016, Villard-de-Lans 2021 : ces crashs qui hantent l’histoire du secours aérien
Le drame de la forêt d’Orléans n’est pas un cas isolé. Le secours en hélicoptère est l’une des missions les plus dangereuses des forces de l’ordre et de la sécurité civile. Les accidents, bien que rares, sont souvent mortels. Ils marquent profondément les institutions concernées.
Deux précédents célèbres hantent la mémoire des gendarmes et des sauveteurs : le crash du Choucas 65 dans le massif du Vignemale, le 20 mai 2016, et celui de l’EC145 de la Sécurité civile à Villard-de-Lans, le 12 septembre 2021.
Les 4 morts du Vignemale (Choucas 65)
Le 20 mai 2016, un EC145 de la gendarmerie, immatriculé Choucas 65, s’écrase dans le massif du Vignemale, dans les Hautes-Pyrénées. L’appareil participait à un exercice de secours en montagne. À son bord : le capitaine Jean-Christophe Royer (pilote), le major Dominique Jamet (mécanicien), et deux gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Pierrefitte-Nestalas.
Les quatre militaires ont été tués sur le coup. L’enquête du BEA-É a conclu à une erreur de pilotage, sans défaillance mécanique. Les conditions météo difficiles et la complexité du relief montagnard ont été pointées du doigt.
Dix ans après, en mai 2026, un hommage national a été rendu aux victimes. Ce drame reste une cicatrice ouverte dans l’histoire de la gendarmerie.
Le crash de la Sécurité civile à Villard-de-Lans (2021)
Le 12 septembre 2021, un EC145 de la Sécurité civile, le Dragon 38, s’écrase près de Villard-de-Lans, dans le Vercors, lors d’une mission de secours. L’appareil était engagé pour porter assistance à une personne en difficulté.
Bilan : un mort, le mécanicien de bord, et plusieurs blessés, dont deux gendarmes du PGHM. L’enquête du BEA-É a mis en lumière des problèmes de procédures lors des phases de treuillage et d’approche en zone boisée. Le rapport, publié sous la référence S-2021-18-A, a formulé des recommandations pour renforcer la sécurité des équipages.
Le parallèle avec la forêt d’Orléans est frappant. Dans les deux cas, un hélicoptère EC145 effectuait une mission de secours à basse altitude, dans un environnement boisé. Les leçons du crash de Villard-de-Lans ont-elles été appliquées ? Les enquêteurs devront le vérifier.
Sauveteurs en danger : le paradoxe insolvable du secours aérien
L’adolescent recherché est sain et sauf. Les sauveteurs ont payé de leur vie et de leur santé. Ce paradoxe, au cœur du métier de gendarme, de pompier, de secouriste, est insoluble.
Chaque jour, des hommes et des femmes prennent des risques pour sauver des inconnus. Ils montent dans des hélicoptères, descendent en rappel, traversent des tempêtes, s’enfoncent dans des forêts. Ils savent que le danger est réel. Mais ils le font quand même.
Le crash de la forêt d’Orléans, comme ceux du Vignemale et de Villard-de-Lans, rappelle que le secours aérien est une activité à haut risque. Les progrès techniques, la formation, les protocoles de sécurité réduisent les risques, mais ne les éliminent jamais complètement.
L’attente des conclusions du BEA-É est longue. Mais une chose est déjà certaine : un hommage national sera rendu à l’adjudant Dorian Larigaudrie, tombé en mission. Et les deux survivants, François Pecque et Marine Rousset, devront apprendre à vivre avec les séquelles de cet accident.
Le paradoxe reste entier : faut-il continuer à risquer des vies pour en sauver d’autres ? La réponse, pour les sauveteurs, est toujours la même. Oui. Parce que c’est leur métier. Et parce que, sans eux, personne ne serait là pour nous secourir.
Conclusion : un drame qui interroge les limites du secours aérien
Le crash de la forêt d’Orléans laisse une communauté en deuil, deux blessés graves en convalescence, et des questions sans réponse immédiate. L’adjudant Dorian Larigaudrie, 28 ans, est mort en accomplissant son devoir : aider à retrouver un adolescent disparu. Ce jeune homme, retrouvé vivant, portera sans doute à jamais le poids de savoir que son sauvetage a coûté la vie à un gendarme.
Les enquêtes du BEA-É et de la gendarmerie devront déterminer les causes exactes de l’accident. Les hypothèses sont nombreuses : défaillance technique, erreur humaine, conditions météorologiques. Mais au-delà des causes immédiates, ce drame pose une question plus large sur les limites du secours aérien.
Chaque année, des hélicoptères de la gendarmerie, de la Sécurité civile et du SAMU effectuent des milliers de missions de sauvetage. La plupart se déroulent sans incident. Mais le risque zéro n’existe pas. Les leçons du Vignemale, de Villard-de-Lans et désormais de la forêt d’Orléans doivent permettre d’améliorer encore la sécurité des équipages.
La modernisation de la flotte, avec l’arrivée des H145, est une réponse technique. Mais la formation, les protocoles et la gestion de la fatigue des équipages sont tout aussi cruciaux. Les recommandations du BEA-É, lorsqu’elles seront publiées, guideront ces évolutions.
En attendant, la gendarmerie pleure l’un des siens. L’adjudant Dorian Larigaudrie laisse le souvenir d’un homme discret, serviable et dévoué. Son nom s’ajoute à la longue liste des sauveteurs tombés en mission. Un hommage national lui sera rendu, comme il se doit. Et ses deux camarades, François Pecque et Marine Rousset, entament un long chemin de reconstruction. Le secours aérien continue, malgré tout. Parce que c’est leur métier. Et parce que, sans eux, personne ne serait là pour nous secourir.