Boualem Sansal a été officiellement reçu le 25 avril 2026 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. L'écrivain franco-algérien succède à Michel del Castillo au fauteuil 37. Son élection remonte au 11 octobre 2025.

Élection et réception à l'Académie
Lors de la cérémonie sous la voûte en verre de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Sansal a affirmé : « Qui comprendrait que je me taise ? » Il a assuré qu'il ne « pliera pas » face à l'entreprise de disqualification qu'il dit subir de la part d'une partie du monde médiatique et littéraire francophone.

Yves Namur, secrétaire perpétuel de l'Académie, défend cette élection. Il déclare que Sansal est élu sur la base de ce qu'il a écrit et de sa défense de la liberté de création. L'institution lui avait déjà décerné le prix Nessim Habif en 2007.
Une polémique sur les positions politiques
L'intronisation a suscité une vive polémique en Belgique et au-delà. RFI rapporte que cette controverse tient aux prises de position récentes de Sansal, perçues comme un rapprochement avec l'extrême droite. Le Monde, en avril 2026, note que depuis sa libération en novembre 2025, l'écrivain divise en raison de ses déclarations et de son départ de Gallimard pour Grasset, maison du groupe Louis Hachette contrôlé par Vincent Bolloré.
Une partie de la gauche et des intellectuels conteste la consécration. Ils jugent que Sansal est devenu une « caution » et un instrument de la droite radicale. Yazid Sabeg, dans un blog hébergé par Mediapart le 24 avril 2026, reconnaît la répression algérienne subie par l'écrivain mais dénonce « la fabrication méthodique d'une figure utile à la droite extrême ». Il cite notamment un message adressé à Philippe de Villiers, que nous avons relaté dans Sansal et de Villiers : l'appel au sursaut face à la fin de civilisation.
L'Académie et les défenseurs de Sansal répliquent que l'homme a été persécuté pour ses écrits et que son accueil relève du respect dû à un écrivain défendant la liberté de penser. Le Figaro rapporte que Sansal rend hommage à Michel del Castillo, incarcéré en Espagne pour ses idées, et affirme que l'Académie défend « la liberté de penser, et donc de choisir ».
L'emprisonnement en Algérie comme point de départ
La sympathie initiale envers Sansal s'enracine dans sa condamnation en Algérie. Il a été emprisonné du 16 novembre 2024 au 12 novembre 2025 pour « atteinte à l'unité nationale ». La justice algérienne l'avait condamné en appel à cinq ans de réclusion, dans un contexte de tension diplomatique entre Paris et Alger. Une grâce présidentielle algérienne, annoncée le 12 novembre 2025, a mis fin à sa détention.

Le conflit entre la défense d'un écrivain persécuté et la crainte d'une réhabilitation idéologique reste ouvert. Les propos exacts de Sansal lors de son intronisation ne sont pas tous connus ; le débat porte sur le sens à donner à son parcours depuis sa libération.