Saut dans la Seine avec bouée de sécurité, tour Eiffel en arrière-plan.
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Baignade gratuite à Paris et en Île‑de‑France : les 8 sites ouverts dans la Seine et la Marne cet été

Paris et l'Île-de-France passent de 3 à 8 sites de baignade gratuite dans la Seine et la Marne pour l'été 2026. Découvrez la carte des spots, les règles d'accès, le coût de 1,4 milliard d'euros et les leçons de l'été 2025.

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L'annonce est tombée ce 5 juin 2026 : huit sites de baignade officiels ouvriront leurs portes cet été en Île-de-France, dont trois dans la Seine à Paris. Un an après le succès de l'été 2025, qui a vu plus de 150 000 nageurs profiter des eaux du fleuve selon la préfecture d'Île-de-France, l'offre passe de 3 à 8 spots. Fini les piscines bondées et les baignades sauvages interdites : place à une offre gratuite dans la Seine et la Marne. Mais attention, tout n'est pas si simple. Entre fermetures après orages et reports de projets, cette nouvelle liberté a ses règles et ses limites.

Saut dans la Seine avec bouée de sécurité, tour Eiffel en arrière-plan.
Saut dans la Seine avec bouée de sécurité, tour Eiffel en arrière-plan. — (source)

Un siècle d'interdiction s'efface : les 8 sites qui changent l'été francilien

L'été 2026 marque un tournant dans l'histoire de la baignade en Île-de-France. Alors que se baigner dans la Seine était interdit depuis 1923, les Franciliens peuvent désormais plonger dans huit zones officielles, aménagées et surveillées. Le Figaro a confirmé le 5 juin 2026 que la préfecture de région et la Ville de Paris ont validé l'extension du dispositif, portant le nombre de sites de 3 à 8 en seulement un an.

Cette amplification n'est pas un hasard. L'été 2025 a été un test grandeur nature : les trois sites parisiens ouverts en juillet ont attiré plus de 100 000 nageurs sur la période estivale. Un chiffre qui a convaincu les pouvoirs publics de passer à la vitesse supérieure. La préfecture d'Île-de-France, qui coordonne le Plan Baignade depuis 2016, a annoncé que les nouveaux spots s'étendent désormais jusqu'à la Marne, dans le Val-de-Marne, avec quatre plages fluviales sécurisées.

Compétition de nage en eau libre sur la Seine, suivie par de nombreux spectateurs.
Compétition de nage en eau libre sur la Seine, suivie par de nombreux spectateurs. — (source)

Mais tout n'est pas parfait. Certains sites, comme celui de Bry-sur-Marne, ne verront pas le jour en 2026 malgré les espoirs placés, selon Le Parisien du 13 janvier 2026. Et les fermetures après les orages restent une réalité. Le Figaro rappelle qu'en 2025, les sites ont déjà fermé quatre jours à cause des intempéries. Le système est rodé, mais il reste fragile.

De 3 à 8 spots : comment l'offre explose en 2026

La montée en puissance est spectaculaire. En 2025, les trois sites parisiens — Bras Marie, Grenelle et Bercy — ont servi de laboratoire. Résultat : 100 000 nageurs sur les seuls sites parisiens, et plus de 150 000 tous sites confondus selon la préfecture. Fort de ce succès, l'État et les collectivités ont décidé d'étendre l'offre à huit sites, dont quatre dans le Val-de-Marne.

Ce déploiement s'inscrit dans l'héritage des Jeux olympiques de Paris 2024. La promesse de Jacques Chirac, qui avait déclaré en 1988 vouloir se baigner dans la Seine « devant témoins », est enfin tenue. Le Monde rappelait en 2023 que cette promesse, restée lettre morte pendant des décennies, a trouvé son accélérateur dans l'organisation des JO. Les épreuves de triathlon et de natation marathon dans la Seine ont imposé un calendrier clair et des investissements massifs.

Le Plan Baignade, piloté par le préfet Marc Guillaume et l'adjoint Pierre Rabadan, a mobilisé 1,4 milliard d'euros d'investissements publics. Les deux usines de traitement de Valenton et Noisy-le-Grand ont été équipées de systèmes de désinfection. Les ports ont été raccordés au réseau d'assainissement. Résultat : la pollution bactériologique identifiée dans la Seine a été réduite de 75 %, selon un document de la préfecture daté de mars 2024.

Piscine flottante sur la Seine, avec vue sur la tour Eiffel.
Piscine flottante sur la Seine, avec vue sur la tour Eiffel. — (source)

L'été sans piscine : ce que la Seine change dans le quotidien des Franciliens

Pour les jeunes actifs et les étudiants, la baignade dans la Seine représente une révolution silencieuse. Fini les heures passées dans les files d'attente des piscines municipales surchargées, ou les trajets interminables pour rejoindre la mer. La Seine devient un lieu de loisir gratuit, accessible à pied ou en métro, et infiniment plus agréable qu'un bassin chloré.

Prenez l'exemple d'un étudiant parisien logé dans le 12e arrondissement. En 2025, il lui suffisait de traverser le parc de Bercy pour rejoindre la zone de baignade. Pas de réservation, pas de frais d'entrée : il posait sa serviette sur le solarium et plongeait. L'ambiance, décrite par Le Monde comme « électrique et joyeuse », mêlait baigneurs munis de flotteurs jaunes, maîtres-nageurs en tee-shirt fluo et vue imprenable sur la Bibliothèque nationale de France.

Trois femmes sautant dans l'eau d'un site de baignade parisien.
Trois femmes sautant dans l'eau d'un site de baignade parisien. — (source)

Cette nouvelle offre change aussi les habitudes des Franciliens qui ne partent pas en vacances. Pour eux, la Seine devient une option de loisir centrale, gratuite. Un luxe dans une région où le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Et avec les canicules à venir — la Ville de Paris se prépare à des pics de chaleur à 50 °C dans les prochaines décennies, comme le rappelait Le Monde en 2023 — la baignade dans le fleuve devient presque un équipement de survie urbaine.

Pont Louis-Philippe, Bercy, Joinville : la carte des 8 spots ouverts cet été

La carte des huit sites de baignade pour l'été 2026 est désormais connue. Côté Paris, trois spots sont confirmés : le Pont Louis-Philippe dans le 4e arrondissement, Bercy dans le 12e, et Grenelle dans le 15e. Côté Val-de-Marne, quatre plages fluviales s'ajoutent : Joinville-le-Pont (plage du Banc de sable), Champigny-sur-Marne (rue de la Plage), Saint-Maur-des-Fossés (plage du Beach) et Maisons-Alfort (plage de Charentonneau).

Tous ces sites seront ouverts du 5 juillet au 31 août, tous les jours, de 8 h à 20 h. L'accès est gratuit, mais un test d'aisance aquatique est obligatoire pour pouvoir nager dans les zones sans fond, où la profondeur atteint 3,50 mètres en moyenne.

Paris et sa proche banlieue, où se concentrent les sites de baignade dans la Seine et la Marne

Pont Louis-Philippe : le nouveau spot qui remplace Bras Marie

Le Bras Marie, situé face à l'île Saint-Louis, ne rouvre pas en 2026. La raison ? Une navigation fluviale trop dense dans ce secteur stratégique, comme l'explique Sortiraparis dans son guide 2026. À la place, un nouveau site a été installé 600 mètres plus loin, au niveau du Pont Louis-Philippe, dans le 4e arrondissement. Ce changement est une bonne nouvelle pour les baigneurs : le nouveau spot bénéficie d'un espace mieux dégagé, avec une capacité d'environ 150 personnes en simultané.

Le site offre une vue imprenable sur l'île Saint-Louis et la cathédrale Notre-Dame. Les pontons délimitent une zone de baignade sécurisée, avec des échelles et des douches. L'ambiance y est plus intimiste qu'à Bercy, ce qui en fait un lieu prisé des jeunes actifs du Marais et des étudiants des environs.

Plateforme de baignade sur la Seine près du pont de Sully, avec nageurs et spectateurs.
Plateforme de baignade sur la Seine près du pont de Sully, avec nageurs et spectateurs. — (source)

Le déplacement du site répond aussi à une logique pratique : le Bras Marie était trop exposé au trafic des bateaux-mouches et des péniches. En remontant de 600 mètres, les autorités ont trouvé un secteur où la navigation est moins dense, permettant une meilleure sécurité pour les baigneurs.

Bercy vs Grenelle : le match des sites parisiens

Bercy reste le plus vaste des sites parisiens. Avec une capacité de 700 personnes, dont 300 dans l'eau, il propose deux bassins de 67 mètres et 35 mètres de long, ainsi qu'un solarium de 400 places. Idéal pour les groupes d'amis ou les familles nombreuses. Le site est accessible depuis le parc de Bercy, à deux pas de la Bibliothèque nationale de France.

Grenelle, de son côté, est le spot familial par excellence. Situé face à l'île aux Cygnes, avec une vue directe sur la tour Eiffel, il dispose d'un bassin peu profond sécurisé pour les enfants. Sa capacité est de 200 personnes. Une base nautique y propose gratuitement la pratique du kayak. L'ambiance y est plus calme, plus posée, parfaite pour une après-midi détente en famille.

Nageur en crawl dans la Seine, avec arches de pont et palmiers en toile de fond.
Nageur en crawl dans la Seine, avec arches de pont et palmiers en toile de fond. — (source)

Le choix entre Bercy et Grenelle dépend donc de votre mood : ambiance festive et grand espace à Bercy, tranquillité et vue Tour Eiffel à Grenelle. Et pour ceux qui hésitent encore, sachez que les deux sites sont accessibles en métro : ligne 14 pour Bercy (station Bibliothèque François-Mitterrand), ligne 10 pour Grenelle (station Charles Michels).

Les plages de la Marne : Joinville, Saint-Maur et les autres spots à découvrir

Les quatre sites de la Marne sont moins connus que leurs homologues parisiens, mais tout aussi aménagés. La plage du Banc de sable à Joinville-le-Pont est une plage historique qui renaît. Dans les années 1930, c'était un lieu de villégiature prisé des Parisiens, avec ses guinguettes et ses baignades. Aujourd'hui, elle renaît grâce au Plan Baignade.

Saint-Maur-des-Fossés et Maisons-Alfort offrent des plages fluviales sécurisées, avec des zones de baignade délimitées par des pontons. Champigny-sur-Marne complète le dispositif avec un site accessible depuis la rue de la Plage. Ces spots sont parfaits pour ceux qui veulent éviter la foule parisienne. Les capacités y sont plus réduites, mais l'ambiance y est plus paisible, plus proche de la nature.

Nageurs profitant de la baignade dans la Seine, avec bouées et équipements de sécurité.
Nageurs profitant de la baignade dans la Seine, avec bouées et équipements de sécurité. — (source)

Un mot sur Bry-sur-Marne : ce site était espéré pour 2026, mais Le Parisien du 13 janvier 2026 confirme qu'il ne verra pas le jour cette année. Les raisons exactes n'ont pas été détaillées, mais les contraintes techniques et les délais de travaux semblent en cause. Les quatre sites validés dans le Val-de-Marne offrent déjà une alternative solide.

Bactéries, pluies et facture à 1,4 milliard : la vérité sur l'eau de la Seine

La question de la qualité de l'eau est au cœur du dispositif. Les données du SIAAP, le service public de l'assainissement francilien, sont consultables en temps réel. Au 29 mai 2026, le débit de la Seine était de 109 m³/s, la température de 23,3 °C, et la qualité était qualifiée d'« état moyen ». Pas de quoi paniquer, mais pas de quoi fanfaronner non plus.

Le système de surveillance est l'un des plus rigoureux d'Europe. Des capteurs installés dans le fleuve mesurent en continu les taux d'E. coli et d'entérocoques. L'Agence régionale de santé (ARS) effectue des prélèvements tous les trois jours. Un indicateur de baignabilité quotidien, affiché sur les sites, indique si l'eau est bonne (vert), moyenne (jaune) ou mauvaise (rouge).

Nageurs équipés de bouées de sécurité dans la Seine, observés depuis la berge.
Nageurs équipés de bouées de sécurité dans la Seine, observés depuis la berge. — (source)

Mais le talon d'Achille du système, c'est la pluie. À Paris, les eaux de pluie et les eaux usées se mélangent dans un unique réseau. En cas de précipitations abondantes, le trop-plein est déversé dans la Seine, ce qui dégrade la qualité de l'eau. Le protocole est clair : si plus de 10 mm de pluie tombent en moins de 12 heures, le site ferme en attendant les résultats des analyses de l'ARS.

E. coli et pluies : pourquoi la baignade n'est pas toujours ouverte

Le protocole sanitaire est simple mais efficace. En 2025, les sites ont déjà fermé quatre jours après les intempéries. Le Figaro rapportait le 10 juillet 2025 que les sites, ouverts le samedi, avaient dû fermer le dimanche à cause des pluies. Les 2 300 visiteurs du jour de l'ouverture ont dû attendre le feu vert de l'ARS pour replonger.

Les analyses de l'ARS sont le vrai juge de paix. En temps réel, les capteurs mesurent les taux de bactéries. Si les seuils sont dépassés, le drapeau passe au rouge et la baignade est interdite. Ce système garantit une transparence totale, mais il signifie aussi que la baignade n'est jamais garantie à 100 %.

Le mythe de la Seine « toujours propre » s'effondre donc face aux épisodes pluvieux. Mais c'est justement cette honnêteté qui fait la force du dispositif. Les baigneurs savent à quoi s'en tenir, et les fermetures sont annoncées en amont. Le laboratoire Eau de Paris effectue des prélèvements quotidiens, et l'ARS intervient tous les trois jours pour des contrôles plus poussés.

1,4 milliard d'euros : retour sur l'investissement public pour une Seine propre

Le Plan Baignade a coûté 1,4 milliard d'euros d'investissements publics. Ce chiffre, confirmé par la préfecture d'Île-de-France, inclut les travaux d'assainissement menés par le SIAAP, les collectivités et l'État. L'essentiel des financements provient de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, qui a contribué à hauteur de 700 millions d'euros.

Ces travaux ont permis de réduire de 75 % la pollution bactériologique identifiée dans la Seine. Les deux usines de traitement de Valenton et Noisy-le-Grand ont été équipées de systèmes de désinfection. Les ports ont été raccordés au réseau d'assainissement, empêchant les rejets d'eaux usées dans le fleuve.

Mais la question du trade-off se pose : cet argent aurait-il pu servir ailleurs ? Dans les transports, le logement ou la santé ? C'est un débat légitime. Mais il faut aussi voir l'investissement comme un pari sur la qualité de vie urbaine et le rafraîchissement face aux canicules à venir. Dans une région qui se prépare à des pics de chaleur à 50 °C, la baignade dans la Seine devient un équipement de survie urbaine.

Ce que disent les analyses de juin 2026

Les dernières données du SIAAP, datées du 29 mai 2026, sont encourageantes. La température de l'eau, à 23,3 °C, est idéale pour nager. Le débit, à 109 m³/s, est modéré. La qualité, qualifiée d'« état moyen », n'est pas parfaite, mais elle est stable.

Le système de contrôle est l'un des plus rigoureux d'Europe. Les capteurs mesurent en continu les taux de bactéries, et les résultats sont publics. Cette transparence est une force : elle permet aux baigneurs de décider en connaissance de cause.

Mais la baignabilité reste un équilibre fragile. Les travaux d'assainissement ont fait des merveilles, mais la météo reste imprévisible. Un orage violent peut tout remettre en question en quelques heures. C'est le prix à payer pour une baignade en milieu urbain. Le SIAAP et l'ARS présentent des performances supérieures aux attentes malgré les contraintes climatiques, selon la préfecture.

Test d'aisance, jauge, horaires : le mode d'emploi pour plonger sans stress

Avant de plonger, il faut connaître les règles. L'entrée est gratuite, mais un test d'aisance aquatique est obligatoire. Le Figaro expliquait le 13 juin 2025 que ce test vise à vérifier que le baigneur est « suffisamment à l'aise dans l'eau pour nager sans aucune aide matérielle ». Pas de bouée, pas de brassards : il faut savoir nager sur les 3,50 mètres de profondeur des bassins.

Les maîtres-nageurs déployés sur les sites parisiens sont là pour encadrer les baigneurs. Ils distribuent des bracelets aux personnes qui réussissent le test, évitant ainsi de devoir le repasser à chaque visite.

Les capacités sont précises : 700 personnes à Bercy (dont 300 dans l'eau), 200 à Grenelle, environ 150 au Pont Louis-Philippe. Pas de réservation possible : c'est premier arrivé, premier servi. Les horaires sont fixes : ouverture à 8 h, fermeture à 20 h.

Les 3 règles à connaître avant d'y aller

Première règle : le test d'aisance aquatique est obligatoire. Il est gratuit et rapide, mais il est indispensable. Sans lui, pas de baignade. Les maîtres-nageurs évaluent votre capacité à nager sans aide sur une courte distance. Si vous réussissez, un bracelet vous est remis.

Deuxième règle : pas de bouées ni de matelas gonflables. Seuls les flotteurs jaunes fournis par la ville sont autorisés. Cette mesure vise à éviter les accidents et à garantir la sécurité de tous.

Troisième règle : respecter les zones délimitées. Les pontons et les glissières de sécurité délimitent les espaces de baignade. Il est interdit de nager en dehors de ces zones, notamment à proximité des bateaux. Les maîtres-nageurs sont là pour faire respecter ces consignes.

Faut-il arriver à 8 h pour avoir une place ?

Les sites ouvrent à 8 h et ferment à 20 h. Les pics d'affluence se situent entre 11 h et 16 h. Le week-end du 14 juillet 2025, plus de 12 000 nageurs ont été comptabilisés en trois jours sur les sites parisiens, selon Le Figaro du 15 juillet 2025.

Pour éviter l'attente, mieux vaut arriver tôt le matin ou en fin d'après-midi. Les jours de semaine sont également moins fréquentés que les week-ends. Autre astuce : tester les spots de la Marne, moins bondés que leurs homologues parisiens.

Mais attention : même en arrivant tôt, il n'y a pas de garantie. Les capacités sont limitées, et une fois la jauge atteinte, les sites ferment leurs portes. Mieux vaut donc anticiper et prévoir un plan B.

Retour sur l'été 2025 : 100 000 baigneurs, 4 jours de fermeture et un engouement fou

L'été 2025 a été un test grandeur nature. Les trois sites parisiens ont ouvert le 5 juillet, et le succès a été immédiat. Le Monde racontait la première journée historique : eau à 25 °C, maîtres-nageurs en tee-shirt jaune fluo, baigneurs munis de flotteurs jaunes. Quelques dizaines de personnes ont plongé dès 8 heures du matin, sous l'œil des caméras.

En dix jours, près de 20 000 personnes se sont baignées. Le week-end du 14 juillet a vu affluer plus de 12 000 nageurs. La mairie de Paris a salué un « succès populaire qui témoigne d'un véritable désir de lieux de vie ouverts, partagés et apaisants », selon Le Figaro du 15 juillet 2025.

Mais tout n'a pas été rose. Les sites ont fermé quatre jours à cause des intempéries. Les pluies record de l'été 2024, qui avaient déjà perturbé les épreuves olympiques, ont rappelé que la baignade dans la Seine reste fragile. Malgré ces fermetures, le bilan est positif : les Franciliens ont adopté le concept.

5 juillet 2025 : le jour où Paris a renoué avec la baignade en Seine

Ce samedi 5 juillet 2025 restera dans les annales. À 8 heures du matin, les premiers nageurs ont plongé dans la Seine, mettant fin à une interdiction vieille de 102 ans. L'ambiance était électrique. Les maîtres-nageurs, en tee-shirt jaune fluo, encadraient les baigneurs munis de flotteurs. L'eau était à 25 °C, une température idéale.

Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris chargé du sport, était présent. Il avait lui-même plongé l'année précédente, avant le début des JO, pour montrer l'exemple. La maire Anne Hidalgo, en présence de la ministre des sports Marie Barsacq, a inauguré les trois sites en commençant par le bras Marie, selon Le Monde.

Ce jour-là, quelques dizaines de personnes ont vécu un moment historique. Pour elles, la promesse de Jacques Chirac était enfin tenue.

100 000 nageurs en un été : les chiffres qui prouvent que les Franciliens ont adopté le concept

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Plus de 100 000 nageurs sur les seuls sites parisiens, et 150 000 tous sites confondus, selon la préfecture d'Île-de-France. Les Parisiens et les touristes ont plébiscité les spots gratuits.

L'effet JO a servi de tremplin. Les épreuves de triathlon et de natation marathon dans la Seine ont montré que le fleuve était praticable. Les travaux d'assainissement ont porté leurs fruits. Et le succès de 2025 justifie économiquement et politiquement le passage à 8 sites en 2026.

Ce succès a aussi convaincu les collectivités d'investir davantage. La préfecture d'Île-de-France a annoncé que le Plan Baignade se poursuit, avec des projets d'extension vers la Seine-Saint-Denis. L'été 2026 s'annonce comme le plus aquatique de l'histoire francilienne.

JO 2024 ou nouveau mode de vie : ce qui attend la baignade parisienne

L'héritage des JO de Paris 2024 est-il vraiment durable ? La baignade dans la Seine est-elle destinée à rester un événement saisonnier, dans le cadre de Paris Plages, ou va-t-elle devenir une infrastructure pérenne, gérée par la Ville et la Métropole ?

Les projets pour 2027 sont déjà sur la table. Une extension vers la Seine-Saint-Denis est à l'étude, avec des sites potentiels à l'Île-Saint-Denis et à Épinay. Mais le report de Bry-sur-Marne montre que tout n'est pas simple. Le comité de pilotage du Plan Baignade continue de plancher sur ces questions.

En attendant, l'été 2026 s'annonce comme le plus aquatique de l'histoire francilienne. Huit sites ouverts, des milliers de nageurs attendus, et une promesse tenue. Mais il faut rester informé et respectueux des règles.

Après 2026 : l'objectif d'une baignade durable ou un simple héritage olympique ?

Le Plan Baignade est présenté comme un héritage majeur des JO. Mais son financement annuel dépend des collectivités. Les maîtres-nageurs déployés sur les sites parisiens, les capteurs de qualité de l'eau, les pontons et les solariums : tout cela a un coût.

La question de la normalisation se pose. La baignade dans la Seine pourrait devenir un équipement public standard, au même titre qu'une piscine municipale. Mais cela nécessite un engagement financier durable, au-delà de l'effet d'annonce des JO.

Le comité de pilotage, présidé par le préfet Marc Guillaume et l'adjoint Pierre Rabadan, continue de travailler. L'objectif est de pérenniser l'offre et de l'étendre à d'autres sites. Mais rien n'est acquis. La préfecture d'Île-de-France, dans son bilan 2025, évoque des « enjeux de conciliation entre baignade et navigation fluviale » qui restent à résoudre.

Conclusion

L'été 2026 transforme l'essai de 2025. Les sites de baignade s'étendent, les règles se précisent et la baignade fluviale devient une option crédible pour les Franciliens. Huit spots dans la Seine et la Marne, gratuits, surveillés et ouverts à tous, offrent une alternative aux piscines bondées et aux baignades sauvages interdites. Mais cette nouvelle liberté a un coût : 1,4 milliard d'euros d'investissements publics, un système de surveillance rigoureux, et des fermetures inévitables après les orages. Pour en profiter sans mauvaise surprise, retenez les règles : test d'aisance obligatoire, arrivée matinale de préférence, et œil sur la météo. L'été 2026 est celui de la confirmation : la Seine et la Marne s'ouvrent aux Franciliens, à eux d'en profiter intelligemment.

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Questions fréquentes

Où se baigner gratuitement dans la Seine à Paris ?

Trois sites sont ouverts cet été : Pont Louis-Philippe (4e), Bercy (12e) et Grenelle (15e). L'accès est gratuit, de 8h à 20h, du 5 juillet au 31 août.

Combien de sites de baignade en Île-de-France en 2026 ?

Huit sites sont ouverts cet été : trois dans la Seine à Paris et quatre dans la Marne (Val-de-Marne), plus un à Joinville-le-Pont. Un site à Bry-sur-Marne est reporté.

Pourquoi la baignade dans la Seine ferme-t-elle parfois ?

Les sites ferment après des pluies abondantes (plus de 10 mm en 12 heures). Les eaux usées se mélangent alors au réseau, dégradant la qualité bactériologique. En 2025, les sites ont fermé quatre jours.

Test d'aisance aquatique obligatoire pour nager dans la Seine ?

Oui, un test gratuit est obligatoire pour vérifier que vous savez nager sans aide dans les zones de 3,50 m de profondeur. Un bracelet est remis aux nageurs qui réussissent.

Quel est le coût du Plan Baignade pour la Seine ?

Le Plan Baignade a coûté 1,4 milliard d'euros d'investissements publics. Ces travaux ont réduit de 75 % la pollution bactériologique dans la Seine.

Sources

  1. Trois sites de baignade dans la Seine à Paris ouvriront cet été, du 5 juillet au 31 août · lemonde.fr
  2. franceinfo.fr · franceinfo.fr
  3. Les baignades en rivière d'Île-de-France, des premiers ... · journals.openedition.org
  4. lefigaro.fr · lefigaro.fr
  5. lefigaro.fr · lefigaro.fr
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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