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Bac de français 2026 : le sujet corrigé de la voie techno avec Émile Augier

Découvrez le sujet corrigé du bac de français 2026 pour la voie technologique avec l'extrait de Gabrielle d'Émile Augier, les axes d'analyse, le piège de la paraphrase, et les conseils pour réussir l'écrit et l'oral.

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11 juin 2026 : 145 000 candidats de la voie techno face au texte d'Émile Augier

Ce jeudi 11 juin 2026 restera gravé dans la mémoire des 145 000 élèves de première technologique. À 8 heures tapantes, dans les lycées de France métropolitaine et d'outre-mer, les enveloppes cachetées ont été ouvertes, dévoilant le sujet tant redouté de l'épreuve anticipée de français. Au menu cette année : un extrait de Gabrielle, comédie en vers d'Émile Augier, dramaturge du XIXe siècle que beaucoup de candidats découvraient pour la première fois.

Salle d'examen silencieuse avec des rangées de lycéens concentrés sur leurs copies, lumière fluorescente, horloge murale indiquant 8h, feuilles et stylos sur les tables
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L'épreuve, coefficient 5, s'étale sur quatre heures dans un silence de cathédrale troué seulement par le froissement des copies et les soupirs des candidats. Au total, 529 876 élèves de première planchent ce matin sur les œuvres du patrimoine littéraire francophone, dont 385 000 en voie générale. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a tenu à les rassurer sur le réseau X : « C'est un moment important de votre parcours, pour lequel vous avez travaillé et avez été préparés par vos professeurs tout au long de l'année. Alors faites-vous confiance. Bon courage à toutes et à tous. »

Pour les technologiques, l'enjeu est double : non seulement l'épreuve compte lourd dans la moyenne finale, mais elle s'inscrit dans un calendrier resserré qui voit le bac de français cohabiter avec la toute nouvelle épreuve anticipée de mathématiques. Le stress monte, d'autant que les correcteurs appliquent désormais des exigences renforcées en orthographe et en syntaxe, comme l'a annoncé le ministre en mai dernier.

8 h, jeudi 11 juin : le top départ de l'épreuve anticipée de français

Dans chaque salle d'examen, le rituel est immuable. Le surveillant brise le sceau de l'enveloppe, distribue les sujets. Les candidats découvrent le texte, le parcourent une première fois, le cœur battant. Pour les technologiques, deux chemins s'offrent à eux : le commentaire de texte ou la contraction suivie d'un essai. Le choix conditionne toute la stratégie de rédaction.

Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent dès 8 h 15. Certains candidats postent des photos de leur sujet, d'autres partagent leur panique ou leur soulagement. Le hashtag #BacFrançais2026 s'envole dans les tendances. Les professeurs aussi suivent de près : beaucoup ont préparé leurs élèves sur des auteurs plus attendus comme Molière ou Musset. Augier, moins connu, surprend.

Voie générale vs voie technologique : deux épreuves, deux univers

Si les deux filières partagent la même durée de quatre heures et le même coefficient 5, les sujets divergent profondément. En voie générale, les candidats composent sur une dissertation ou un commentaire. En voie technologique, la structure est plus complexe : soit un commentaire sur vingt points, soit une contraction de texte (dix points) couplée à un essai (dix points).

Cette année, l'option 1 proposait le commentaire du texte d'Augier. L'option 2 offrait une contraction du Discours de la servitude volontaire de La Boétie, associée à un essai sur la liberté. Deux univers littéraires opposés : le théâtre bourgeois du XIXe siècle d'un côté, la littérature d'idées de la Renaissance de l'autre. Les premiers retours suggèrent que le commentaire a été le plus plébiscité, sans doute parce que le texte d'Augier, bien que déstabilisant, offrait une matière plus concrète à analyser.

Nouveauté 2026 : l'épreuve de maths et l'oral qui inquiètent

Cette session 2026 innove avec l'introduction d'une épreuve anticipée de mathématiques pour les élèves de première. Programmée le vendredi 12 juin, coefficient 2, elle ajoute une pression supplémentaire sur des candidats déjà éprouvés par le français. Les oraux, eux, se dérouleront du 22 juin au 3 juillet selon les académies, avec des résultats du bac attendus le 7 juillet.

Par ailleurs, le ministre a annoncé un durcissement des critères d'évaluation : toute copie présentant un niveau insuffisant en orthographe, syntaxe et grammaire ne pourra obtenir la moyenne. Cette mesure, qui s'applique dès 2026 pour les voies générale et technologique, a provoqué une vive inquiétude chez les candidats, notamment ceux souffrant de troubles dyslexiques. Le Monde rapportait ainsi le témoignage de Mohammed, élève en STMG, qui confiait : « Je me dis que c'est possible de ne pas avoir le bac à cause de mes fautes, alors que j'ai bien révisé. »

Gabrielle (1849) : pourquoi l'extrait d'Émile Augier a déstabilisé les candidats

Le texte tombé ce matin est un extrait de l'acte I, scène 1 de Gabrielle, comédie en cinq actes et en vers créée à la Comédie-Française le 15 décembre 1849. La scène d'exposition met en présence deux époux, Julien et Gabrielle, dans leur salon bourgeois. D'emblée, le dialogue installe un conflit : Julien, avocat, cherche son code pénal et reproche à sa femme de déplacer ses affaires. « J'ai quinze mille francs chez Lassusse ; dix mille / Chez Blanche, hypothéqués sur sa maison de ville ; / Ma réputation prend un rapide essor », énumère-t-il, tandis que Gabrielle, elle, aspire à autre chose.

Ce qui a déstabilisé les candidats, c'est d'abord la forme : le texte est en alexandrins, un mètre classique qui exige une lecture attentive. Ensuite, le fond : le personnage de Julien, obsédé par ses comptes et sa carrière, semble presque caricatural. Les élèves habitués aux héros romantiques ont été déroutés par ce mari pragmatique qui parle d'hypothèques et d'honoraires alors que sa femme cherche de la poésie.

Dialogue de sourds : le conflit entre Julien l'avocat et Gabrielle la romantique

Le texte repose sur une opposition frontale. Julien incarne le pragmatisme bourgeois : il chiffre, il classe, il range. Sa première réplique est une question sur son code pénal. Il énumère ses placements, ses biens, ses honoraires. Pour lui, l'amour semble se résumer à une gestion domestique ordonnée.

Homme en costume du XIXe siècle assis à un bureau comptant des pièces d'or, femme en robe longue debout près d'une fenêtre, regard tourné vers l'extérieur, salon bourgeois avec meubles en bois foncé
Homme en costume du XIXe siècle assis à un bureau comptant des pièces d'or, femme en robe longue debout près d'une fenêtre, regard tourné vers l'extérieur, salon bourgeois avec meubles en bois foncé

Gabrielle, elle, cherche de l'émotion, de la poésie, de la reconnaissance. Elle attend de son mari qu'il la voie, qu'il l'aime, pas qu'il lui parle de ses comptes. Le décalage est immédiat, presque douloureux. Le spectateur rit jaune : ce mari qui croit bien faire en assurant la sécurité matérielle de son foyer est aveugle aux besoins affectifs de sa femme.

Cette opposition entre le cœur et l'argent, entre l'idéalisme romantique et le matérialisme bourgeois, constitue le ressort dramatique central de la scène. Augier, en moraliste, ne prend pas parti : il montre les deux faces d'un même couple, les incompréhensions qui creusent le fossé entre les époux.

Un extrait taillé pour l'objet d'étude « Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle »

Le choix d'Augier n'est pas anodin. L'objet d'étude « Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle » invite les élèves à analyser l'évolution du genre dramatique, des codes classiques aux formes contemporaines. Augier, figure de « l'école du bon sens », se situe exactement à la charnière entre le romantisme et le réalisme bourgeois.

Sa comédie de mœurs, qui dépeint les travers de la bourgeoisie sous la monarchie de Juillet et le Second Empire, offre une matière idéale pour l'analyse du genre théâtral. Les candidats devaient montrer comment Augier utilise le dialogue, les didascalies implicites et le comique de caractère pour construire une satire sociale. La scène d'exposition, en particulier, pose les bases du conflit à venir : le spectateur comprend immédiatement que ce couple dysfonctionnel est le sujet central de la pièce.

Option 1 ou option 2 : la stratégie du choix

Face à ce sujet, les candidats devaient faire un choix crucial. Le commentaire sur vingt points exigeait une analyse fine du texte, une maîtrise des procédés littéraires et une connaissance du contexte. La contraction de texte sur La Boétie, suivie d'un essai, demandait d'autres compétences : la capacité à résumer fidèlement un texte argumentatif du XVIe siècle, puis à construire une réflexion personnelle sur la liberté.

Les professeurs interrogés estiment que le commentaire présentait un piège : celui de tomber dans la paraphrase sans analyser la structure dramatique. La contraction, elle, exigeait une rigueur absolue dans la fidélité au texte source. Beaucoup d'élèves, peu entraînés à cet exercice, ont pu perdre des points précieux.

Émile Augier, le dramaturge anti-romantique qui revient au goût du jour

Émile Augier (1820-1889) n'est pas un inconnu pour les spécialistes de littérature, mais sa présence au bac de français a surpris. Né à Valence dans une famille bourgeoise, fils d'avocat à la Cour de cassation, il fait ses études au lycée Henri-IV puis à la faculté de droit. Très vite, il se tourne vers le théâtre. Sa première pièce, La Ciguë (1844), est une comédie en vers antique qui lui vaut les éloges de la critique.

En 1857, à seulement 37 ans, il est élu à l'Académie française. Sa carrière est intimement liée à la bourgeoisie qu'il dépeint : il en partage les valeurs, mais en dénonce les excès avec une ironie mordante. Augier n'est pas un révolté, c'est un observateur moraliste. Il incarne « l'école du bon sens », en réaction contre le drame romantique et ses excès passionnels.

Du lycée Henri-IV à la Comédie-Française : le parcours d'un bourgeois académicien

La biographie d'Augier éclaire son œuvre. Issu d'un milieu aisé, il fréquente les salons littéraires parisiens, côtoie les écrivains de son temps. Sa pièce Gabrielle est représentée pour la première fois à la Comédie-Française le 15 décembre 1849. Le contexte historique est important : nous sommes sous la Deuxième République, une période d'incertitude politique et sociale. La bourgeoisie, qui a pris le pouvoir après la révolution de 1830, cherche à affirmer ses valeurs : le travail, la famille, l'ordre.

Augier répond à cette demande avec Gabrielle, une comédie « d'une haute moralité », selon l'Académie française. La pièce défend la famille contre la dépravation du siècle, s'oppose aux amours adultères et prône la stabilité conjugale. Ce positionnement moral est essentiel pour comprendre le texte : Julien n'est pas un méchant mari, c'est un homme de son temps, prisonnier des valeurs bourgeoises qu'il incarne.

Gabrielle (1849) : une comédie de mœurs pour défendre la famille

La pièce raconte l'histoire d'un couple en crise. Gabrielle, l'épouse, s'ennuie dans son mariage bourgeois. Elle rêve d'amour et de passion, comme les héroïnes romantiques. Julien, son mari, est absorbé par sa carrière d'avocat et la gestion de leurs biens. Le conflit naît de cette incompréhension mutuelle.

Mais Augier ne sombre pas dans le drame. Il choisit la comédie, le rire, pour traiter ce sujet sérieux. Le comique naît du décalage entre les attentes des personnages, de leurs dialogues qui tournent à vide. Le spectateur rit, mais ce rire est teinté d'une certaine mélancolie : il reconnaît dans ce couple des travers universels.

La morale de la pièce est claire : le mariage ne peut fonctionner que si les époux se comprennent, s'écoutent, et dépassent leurs différences. Augier défend la famille, non comme une institution rigide, mais comme un espace de dialogue et de compromis.

L'école du bon sens : ce qui distingue Augier de Molière ou de Musset

Comparer Augier à ses contemporains permet de saisir sa singularité. Là où Molière, deux siècles plus tôt, dénonçait l'hypocrisie bourgeoise avec une violence comique, Augier se montre plus indulgent. Il critique, mais avec mesure. Là où Musset explore le mal du siècle romantique, la passion destructrice, Augier prône la raison et la modération.

Cette nuance est cruciale pour un commentaire qui veut sortir du lot. Un candidat qui saurait situer Augier dans son époque, montrer comment il réagit contre les excès du romantisme tout en partageant certaines de ses préoccupations, ferait la différence. L'école du bon sens n'est pas une école de la tiédeur : c'est une tentative de trouver un équilibre entre les aspirations individuelles et les contraintes sociales.

Commentaire sur Gabrielle : les deux axes de lecture (et le piège à éviter)

Pour réussir le commentaire, les candidats devaient construire une analyse structurée, avec deux ou trois axes de lecture pertinents. Les professeurs qui ont corrigé les premiers sujets (les correcteurs commencent à travailler dès le soir de l'épreuve) soulignent que les meilleures copies ont su éviter le piège de la paraphrase.

Premier axe : l'opposition du cœur et de l'argent dans le salon bourgeois

Le premier axe, le plus évident, porte sur l'opposition des personnages. Julien est l'homme des chiffres : il énumère ses comptes, ses hypothèques, ses honoraires. Son langage est technique, précis, presque juridique. Gabrielle, elle, parle le langage du cœur. Elle cherche de l'amour, de la reconnaissance, de la poésie.

Le décor lui-même renforce cette opposition. Le salon bourgeois, avec ses meubles, ses objets, est le théâtre d'un conflit invisible. Les didascalies implicites (les déplacements des personnages, leurs gestes) suggèrent une distance physique qui reflète la distance affective. Julien cherche son code pénal, Gabrielle déplace ses affaires : ces actions anodines révèlent un désordre plus profond.

Les candidats devaient montrer comment Augier utilise le langage pour caractériser ses personnages. Les questions rhétoriques de Julien, ses accumulations de chiffres, ses métaphores empruntées au droit, tout concourt à le peindre comme un homme prisonnier de son propre système de valeurs.

Deuxième axe : le comique de caractère et la satire de la bourgeoisie

Le second axe porte sur le registre comique. Le décalage entre les préoccupations matérielles de Julien et la détresse sentimentale de Gabrielle crée une ironie dramatique puissante. Le spectateur voit ce que les personnages ne voient pas : l'incompréhension qui les sépare.

Augier utilise un comique de caractère : Julien est presque une caricature du bourgeois obsédé par son travail et ses comptes. Mais le dramaturge ne tombe pas dans la satire féroce. Il critique, mais avec tendresse. Le spectateur rit, mais il compatit aussi.

Cette ambiguïté est la force du texte. Les candidats devaient analyser les procédés comiques : les répétitions, les accumulations, les antithèses. Mais ils devaient aussi montrer comment le comique sert une réflexion plus profonde sur le mariage, l'amour et la société bourgeoise.

Le piège ultime : la paraphrase au lieu de l'analyse des procédés

Le piège le plus fréquent, selon les correcteurs, est la paraphrase. Beaucoup d'élèves se contentent de résumer le texte, de dire ce qui se passe, sans analyser comment cela se passe. Or, un commentaire de bac exige l'analyse des procédés littéraires.

Prenons un exemple. Le texte dit : « J'ai quinze mille francs chez Lassusse ; dix mille / Chez Blanche, hypothéqués sur sa maison de ville. » Un élève qui paraphrase écrirait : « Julien énumère ses biens. » Un élève qui analyse montrerait que l'accumulation de chiffres, la précision des noms propres, le vocabulaire financier créent un effet de réel et peignent un personnage obsédé par l'argent. Il soulignerait aussi l'ironie : ce mari qui parle de ses comptes à sa femme qui cherche de l'amour.

Linternaute le rappelle : l'essentiel, ce matin, était de « ne pas s'être précipité et avoir pris le temps de peser chaque mot des énoncés avant de noircir le brouillon. » Un conseil précieux pour les futurs candidats.

Le corrigé du Figaro Étudiant : le plan détaillé qui rapporte 20/20

Le Figaro Étudiant a proposé un corrigé de l'épreuve signé Jean Faure Beaulieu, professeur de lettres. Ce corrigé, publié dans un live blog en direct de l'épreuve, donne les clés pour réussir le commentaire ou la contraction.

La question de corpus et l'introduction du commentaire décortiquées

Avant le commentaire proprement dit, les candidats devaient répondre à une question de corpus. Cette question, qui portait sur l'ensemble des textes du sujet, visait à vérifier la compréhension globale des enjeux littéraires. Les correcteurs attendaient une réponse concise mais précise, montrant que l'élève avait su identifier les points communs et les différences entre les textes proposés.

Pour l'introduction du commentaire, le corrigé propose la structure classique : une accroche sur la bourgeoisie du XIXe siècle, une présentation de l'extrait, une problématique du type « En quoi cette scène d'exposition met-elle en scène un conflit conjugal et social ? », et une annonce du plan. Les candidats qui ont suivi cette structure ont mis toutes les chances de leur côté.

Les attendus du barème : ce qui rapporte des points (et ce qui en fait perdre)

Le barème implicite de l'épreuve se décompose en plusieurs critères. La qualité de l'analyse littéraire vaut environ quatre points : il faut montrer qu'on comprend le texte et qu'on sait l'interpréter. La connaissance du contexte compte pour deux points : situer Augier dans son époque, connaître l'école du bon sens, mentionner la Comédie-Française.

La pertinence des procédés relevés pèse six points : c'est le cœur du commentaire. Les correcteurs attendent des analyses précises, avec des citations du texte, des figures de style identifiées, des effets interprétés. Enfin, la rédaction et l'orthographe pèsent huit points : un rappel sévère de l'exigence ministérielle. Une copie truffée de fautes, même avec une bonne analyse, peut perdre des points précieux.

Option 2 : le corrigé de la contraction de texte sur La Boétie

Pour les candidats ayant choisi l'option 2, l'épreuve portait sur le Discours de la servitude volontaire d'Étienne de La Boétie, dans le parcours « défendre et entretenir la liberté ». La contraction de texte exigeait une fidélité absolue au texte source : pas d'ajout, pas d'omission, pas de reformulation qui trahirait la pensée de l'auteur.

L'essai, lui, portait sur la liberté. Les candidats devaient montrer leur capacité à construire une réflexion personnelle, appuyée sur des exemples littéraires et historiques. Le corrigé du Figaro rappelle que l'essai n'est pas une dissertation : il attend une argumentation structurée, mais aussi une part de réflexion personnelle et d'ouverture.

Bac 2026 vs années précédentes : un sujet plus littéraire ou plus exigeant ?

Comparé aux sessions précédentes, le sujet 2026 marque un retour aux fondamentaux. Les années antérieures avaient vu des textes plus contemporains, comme Mes forêts d'Hélène Dorion en 2024. En 2026, le bac technologique revient à un socle classique : le théâtre en vers du XIXe siècle.

Le retour en grâce du théâtre du XIXe siècle

Ce choix peut surprendre. Émile Augier n'est pas un auteur aussi fréquent que Molière, Corneille ou même Musset dans les sujets de bac. Mais il offre une matière riche pour l'analyse : le théâtre en vers, la comédie de mœurs, la satire sociale. Les candidats devaient faire preuve de polyvalence, mêlant analyse littéraire et connaissance historique.

Certains correcteurs estiment que ce sujet était plus exigeant que ceux des années précédentes. La méconnaissance d'Augier obligeait les élèves à s'appuyer uniquement sur le texte, sans pouvoir mobiliser des connaissances préalables. Une difficulté supplémentaire, mais aussi une chance : l'analyse était plus libre, moins formatée.

« Un beau voyage littéraire » : le pari réussi de l'épreuve ?

Linternaute qualifie le sujet de « beau voyage littéraire allant de la Renaissance à nos jours ». L'opposition entre le théâtre d'Augier et la littérature d'idées de La Boétie offrait aux candidats un panorama large de la littérature française. Ce choix pédagogique semble avoir été apprécié, même si certains regrettent un manque de diversité dans les auteurs proposés.

Les premiers retours des correcteurs, recueillis par les médias, sont mitigés. Certains saluent la richesse du texte d'Augier, d'autres soulignent la difficulté pour des élèves peu familiers du théâtre en vers. Une chose est sûre : ce sujet restera dans les mémoires comme l'un des plus littéraires des dernières années.

Difficulté : un texte connu des spécialistes mais un auteur rare au bac

Sur une échelle de 1 à 5, la difficulté du sujet se situe autour de 3,5. Le texte lui-même n'est pas d'une complexité extrême : le vocabulaire est accessible, la syntaxe claire. Mais la méconnaissance de l'auteur et le format en vers ont pu déstabiliser des candidats peu préparés.

Les professeurs recommandent aux futurs élèves de première de s'entraîner sur des textes variés, y compris des auteurs moins connus. Le bac de français n'est pas un exercice de mémorisation, mais une épreuve d'analyse et de réflexion. Savoir s'adapter à un texte inconnu est la compétence la plus précieuse.

De l'écrit à l'oral : comment le texte d'Augier prépare les épreuves de juin

L'épreuve écrite n'est qu'une étape. Les oraux du bac de français, programmés du 22 juin au 3 juillet selon les académies, attendent les candidats dans les prochains jours. Le travail effectué sur le texte d'Augier sera directement réutilisable.

Les oraux du 22 juin au 3 juillet : une autre façon d'analyser le théâtre

L'oral de français ne demande pas un commentaire écrit, mais une lecture expressive suivie d'un entretien avec l'examinateur. Les compétences d'analyse théâtrale acquises sur le texte d'Augier (compréhension des personnages, analyse des registres, identification des procédés comiques) sont directement transposables.

Les candidats doivent préparer une liste de textes étudiés pendant l'année. Pour ceux qui ont travaillé Augier, la maîtrise du dialogue théâtral, des didascalies implicites, du comique de caractère constituera un atout. L'examinateur attend une lecture qui donne vie au texte, qui fait entendre les voix des personnages.

Les œuvres au programme à réviser en priorité après ce sujet

Pour préparer l'oral, les candidats peuvent consulter des fiches de lecture sur les œuvres au programme. Des analyses de textes comme L'Albatros de Baudelaire, Le Cygne, Le Crapaud de Corbière ou La Mort du loup de Vigny offrent des modèles d'analyse.

La clé commune à tous ces textes est la maîtrise des registres : lyrique, comique, satirique, tragique. Les candidats doivent savoir identifier le registre dominant d'un texte et montrer comment il sert le propos de l'auteur. L'analyse du théâtre d'Augier, avec son mélange de comique et de satire, constitue une excellente préparation.

Les conseils des professeurs pour une prestation orale sans faute

Les professeurs de français donnent quelques conseils pour réussir l'oral. D'abord, connaître sa biographie d'auteur sur le bout des doigts : l'examinateur peut poser des questions sur le contexte de l'œuvre, la vie de l'auteur, ses influences. Ensuite, s'entraîner à la lecture à voix haute : une lecture expressive, qui respecte le rythme et les intonations, fait bonne impression.

Enfin, préparer des questions d'entretien types : pourquoi l'auteur a-t-il écrit cette œuvre ? Quel est son message ? En quoi est-elle représentative de son époque ? Le travail effectué sur le texte d'Augier, avec son analyse du conflit conjugal et de la satire bourgeoise, fournit des réponses solides à ces questions.

Conclusion

Le sujet du bac de français 2026 en voie technologique, avec l'extrait de Gabrielle d'Émile Augier, aura surpris par son classicisme mais rassuré par sa qualité littéraire. Les candidats qui ont su éviter le piège de la paraphrase et construire une analyse structurée ont mis toutes les chances de leur côté. L'opposition entre le pragmatisme de Julien et l'idéalisme de Gabrielle offrait une matière riche pour le commentaire, tandis que la contraction de La Boétie permettait de briller par la rigueur.

L'épreuve écrite n'est qu'une première étape. Les oraux approchent, et les compétences d'analyse théâtrale acquises ce jeudi matin seront précieuses. Le théâtre, c'est avant tout du dialogue, de l'écoute, de l'interprétation. Autant de qualités que les candidats pourront mettre en valeur lors de leur passage devant l'examinateur.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur préparation, un guide complet du bac de français 2026 est disponible, avec sujets, conseils d'orientation et méthodes de révision. Le chemin est encore long jusqu'au 7 juillet, date des résultats, mais les candidats peuvent aborder la suite avec confiance : ils ont déjà surmonté l'épreuve la plus redoutée.

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Questions fréquentes

Qui est Émile Augier ?

Émile Augier (1820-1889) est un dramaturge français du XIXe siècle, figure de l'« école du bon sens ». Il est l'auteur de Gabrielle, comédie en vers créée à la Comédie-Française en 1849, et a été élu à l'Académie française en 1857.

Quel texte est tombé au bac techno 2026 ?

Le sujet du bac de français 2026 en voie technologique portait sur un extrait de Gabrielle, comédie en vers d'Émile Augier. Les candidats devaient choisir entre un commentaire de ce texte ou une contraction du Discours de la servitude volontaire de La Boétie suivie d'un essai.

Quelle est la nouveauté du bac 2026 ?

La session 2026 introduit une épreuve anticipée de mathématiques pour les élèves de première, coefficient 2, programmée le 12 juin. De plus, un durcissement des critères d'évaluation exige un niveau suffisant en orthographe et syntaxe pour obtenir la moyenne.

Comment réussir le commentaire de Gabrielle ?

Pour réussir, il faut éviter la paraphrase et analyser les procédés littéraires : l'opposition entre le cœur et l'argent, le comique de caractère et la satire de la bourgeoisie. Les correcteurs attendent deux ou trois axes de lecture avec des citations précises et une connaissance du contexte d'Augier.

Quand ont lieu les oraux du bac français 2026 ?

Les oraux du bac de français 2026 se déroulent du 22 juin au 3 juillet selon les académies. Les résultats du bac sont attendus le 7 juillet.

Sources

  1. Bac de français : les enseignants face au défi croissant de donner le goût de la lecture et de la littérature aux élèves · lemonde.fr
  2. etudiant.lefigaro.fr · etudiant.lefigaro.fr
  3. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  4. ladepeche.fr · ladepeche.fr
  5. Bac 2026 : le stress des candidats, pris de court par l’annonce de la hausse du niveau attendu en orthographe · lemonde.fr
page-turner
Hugo Lambot @page-turner

Je dévore des livres depuis que j'ai appris à lire. Romans, essais, BD, mangas, poésie – tout y passe. Libraire à Angers, je passe mes journées à conseiller des lecteurs et mes soirées à en être un moi-même. J'ai un carnet où je note toutes mes lectures depuis 2012, avec des étoiles et des citations. Mes critiques essaient de donner envie sans spoiler, parce que rien ne vaut la surprise d'une bonne histoire.

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