Un homme armé d'un couteau a été abattu par les forces de l'ordre sous l'Arc de Triomphe à Paris, vendredi 13 février 2026, alors qu'il tentait d'agresser des gendarmes lors de la cérémonie du ravivage de la flamme du Soldat inconnu. Cet événement dramatique, qui s'est déroulé en pleine soirée sur l'un des sites les plus emblématiques de la capitale française, a immédiatement été qualifié d'attaque terroriste par le parquet national antiterroriste. L'assaillant, un Français de 47 ans fiché S et récemment sorti de prison après une condamnation pour terrorisme, est décédé des suites de ses blessures. Cette attaque soulève de nombreuses questions sur le suivi des individus radicalisés après leur détention.

Les faits : une attaque brève mais violente
Vendredi 13 février 2026, peu après 18 heures, une scène de panique s'est déroulée sous l'Arc de Triomphe, monument situé place de l'Étoile dans le 8e arrondissement de Paris. Un homme muni d'un couteau et d'une paire de ciseaux a soudainement foncé sur des gendarmes qui s'apprêtaient à participer à la cérémonie traditionnelle du ravivage de la flamme du Soldat inconnu. Ce rituel, organisé chaque jour depuis 1923, rassemble généralement des touristes, des curieux et parfois des personnalités officielles venant rendre hommage aux soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.
L'individu a ciblé plus précisément des musiciens de la gendarmerie mobile, ces militaires chargés d'encadrer et d'animer cette cérémonie solennelle. Selon le communiqué officiel du parquet national antiterroriste, l'assaillant a porté un coup de couteau vers l'un des gendarmes présents. Heureusement, le militaire n'a pas été physiquement blessé : la lame a buté sur le col renforcé de sa gabardine. Un autre gendarme a alors immédiatement réagi en faisant usage de son arme de service pour neutraliser la menace.
Une réaction rapide des forces de l'ordre
L'intervention a été d'une rapidité exemplaire. En quelques secondes à peine, le gendarme qui a riposté a tiré à deux reprises en direction de l'assaillant, le touchant au thorax. Cette réaction immédiate a permis d'éviter que l'attaque ne fasse plus de victimes parmi les forces de l'ordre ou les civils présents sur place. Les pompiers de Paris, rapidement alerted, ont pris en charge l'homme blessé pour le transporter en urgence à l'hôpital européen Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement.
Malgré les soins dispensés par les équipes médicales, l'assaillant est décédé des suites de ses blessures dans la soirée. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour tentative d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, ainsi que pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle. Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Un lieu hautement symbolique ciblé
Le choix de l'Arc de Triomphe comme théâtre de cette attaque n'est évidemment pas anodin. Ce monument, édifié sur ordre de Napoléon Ier pour célébrer les victoires de l'armée française, est devenu au fil des décennies l'un des symboles les plus puissants de l'identité nationale française. La flamme du Soldat inconnu, qui brûle en permanence depuis 1923 sous la voûte du monument, commémore les soldats français morts pendant les conflits mondiaux sans que leurs corps n'aient pu être identifiés.
En s'attaquant à ce lieu chargé d'histoire et de mémoire, l'assaillant a clairement cherché à frapper les symboles de la République française. La cérémonie du ravivage de la flamme est un moment particulièrement solennel, où des représentants des forces armées et parfois des anciens combattants se recueillent devant la tombe du Soldat inconnu. L'attaque s'est produite à une heure de forte affluence touristique, alors que de nombreux visiteurs se trouvaient sur la place de l'Étoile et dans les environs immédiats du monument.

Le profil de l'assaillant : un radicalisé déjà condamné
L'homme qui a perpétré cette attaque a été identifié comme Brahim Bahir (parfois orthographié Bahrir), un Français né en 1978 et âgé de 47 ans au moment des faits. Il résidait à Aulnay-sous-Bois, dans le département de la Seine-Saint-Denis, au nord de Paris. Mais ce qui frappe surtout dans son profil, c'est son lourd passé judiciaire en lien avec le terrorisme islamiste et sa récente sortie de prison.
Brahim Bahir était en effet ce que les services de renseignement appellent un « retour de zone » ou, plus précisément, un individu déjà condamné pour des actes de terrorisme et qui venait de recouvrer sa liberté après une longue peine de réclusion. Selon les informations recueillies par les enquêteurs et confirmées par plusieurs sources médiatiques, il était fiché S pour radicalisation islamiste et faisait l'objet d'un suivi renforcé de la part des autorités.
Une condamnation pour terrorisme en Belgique
L'histoire de Brahim Bahir avec le terrorisme ne date pas d'hier. En 2012, il avait été arrêté en Belgique après avoir poignardé deux policiers bruxellois dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean. Cette attaque avait été perpétrée en représailles à l'interdiction du port du niqab et de la burqa votée par le Parlement belge en 2011. L'une des policières agressées avait été grièvement blessée lors de cette attaque à l'arme blanche.
Condamné à une peine de dix-sept ans de réclusion criminelle pour ces actes terroristes, Brahim Bahir a purgé une grande partie de sa peine dans les prisons belges avant d'être transféré en France. Sa libération est intervenue le 24 décembre 2025, soit moins de deux mois avant l'attaque de l'Arc de Triomphe. Cette sortie anticipée a été rendue possible par les mécanismes d'aménagement de peine prévus par le code de procédure pénale français, notamment pour les détenus ayant purgé une partie importante de leur condamnation.
Un suivi post-détention insuffisant ?
La question du suivi des individus radicalisés après leur sortie de prison est au cœur de ce dossier. Selon les informations disponibles, Brahim Bahir bénéficiait d'un double suivi : judiciaire d'une part, avec des obligations de pointage régulier au commissariat, et administratif d'autre part, via le dispositif Micas (Mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance). Il devait notamment se présenter chaque jour à 10 heures au commissariat de son secteur.
Par ailleurs, l'ancien détenu avait été intégré au programme PAIRS (Programme d'Accueil Individualisé et de Réaffiliation Sociale), un dispositif mis en place par l'administration pénitentiaire pour accompagner les sortants de prison vers un désengagement des discours terroristes. Ce programme, qui associe suivi psychologique, accompagnement social et travail sur les représentations, était censé permettre d'évaluer la dangerosité des individus pris en charge et d'anticiper les risques de récidive.
Au moment de l'attaque, Brahim Bahir se trouvait en phase de diagnostic et d'évaluation dans le cadre de ce programme. Les professionnels qui le suivaient n'avaient apparemment pas détecté de signes inquiétants permettant de prévoir son passage à l'acte. Cette situation pose la question de l'efficacité des outils d'évaluation de la radicalisation et de la capacité des autorités à prévenir ce type d'attaque.
La réaction politique immédiate
Dès l'annonce de l'attaque, les plus hautes autorités de l'État ont réagi pour condamner cet acte et saluer le courage des forces de l'ordre. Le président de la République Emmanuel Macron a publié un message sur les réseaux sociaux dans la soirée du 13 février, qualifiant explicitement l'attaque d'acte terroriste islamiste. « Je salue le courage et le sang-froid exemplaires de nos gendarmes et de nos militaires de Sentinelle : ils ont mis fin à l'attaque et évité le pire », a écrit le chef de l'État sur X (anciennement Twitter).
Emmanuel Macron a également exprimé « la solidarité de la Nation au gendarme blessé » avant d'ajouter : « Face au terrorisme islamiste, la flamme républicaine résistera toujours. » Cette formule, faisant directement référence à la flamme du Soldat inconnu que l'assaillant avait ciblée, a été largement reprise dans les médias et les réactions politiques.
Le ministre de l'Intérieur rend hommage aux gendarmes
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est également exprimé dans les heures suivant l'attaque. Dans un communiqué officiel, il a tenu à « adresser tout son soutien au militaire intervenant qui a agi avec sang-froid » et a salué la réaction des gendarmes qui ont « courageusement riposté en faisant usage de leur arme ». Le ministre a souligné que cette intervention rapide avait permis de neutraliser la menace sans faire de victimes parmi les civils présents sur place.
La classe politique dans son ensemble a condamné l'attaque, au-delà des clivages partisans habituels. De nombreuses personnalités ont insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de suivi des individus radicalisés et de tirer les leçons de ce nouvel échec du système de surveillance. Certains élus ont d'ores et déjà annoncé leur intention de demander des explications au gouvernement sur les conditions dans lesquelles Brahim Bahir a pu passer à l'acte malgré son suivi rapproché.
Le parquet national antiterroriste saisi
Dès les premières informations sur la nature de l'attaque, le parquet national antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'enquête. Cette décision, prise en raison du profil de l'assaillant et du contexte de l'attaque, confirme que les autorités considèrent cet acte comme relevant du terrorisme islamiste. Le PNAT a ouvert une information judiciaire pour plusieurs chefs d'accusation graves : tentative d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, et participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Les investigations ont été confiées conjointement à la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Cette dernière, qui est le principal service de renseignement intérieur français, va notamment chercher à déterminer si Brahim Bahir a agi seul ou s'il bénéficiait de complicités, en France ou à l'étranger.
Les questions posées aux services de renseignement
Cette attaque pose des questions cruciales aux services de renseignement et aux autorités judiciaires chargées du suivi des individus radicalisés. Comment un homme fiché S, condamné pour terrorisme et faisant l'objet d'un double suivi a-t-il pu préparer et commettre une telle attaque sans être interpellé auparavant ? Les signaux faibles ont-ils été mal évalués ou mal partagés entre les différents services concernés ?
L'affaire rappelle d'autres cas tragiques où des individus connus des services de renseignement ont réussi à passer à l'acte malgré leur fichage. En octobre 2019, l'attaque au couteau au siège de la préfecture de police de Paris avait déjà mis en lumière les failles du système de détection de la radicalisation en milieu professionnel. Mickaël Harpon, l'auteur de cette attaque qui avait fait quatre morts, était pourtant connu pour ses propos radicaux et son changement de comportement.
Le contexte sécuritaire à Paris
L'attaque de l'Arc de Triomphe s'inscrit dans un contexte sécuritaire tendu en région parisienne et plus largement en France. Depuis plusieurs années, la capitale française fait l'objet de nombreuses menaces terroristes et a été frappée par plusieurs attaques meurtrières. Le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé, avec notamment le déploiement permanent de militaires dans le cadre de l'opération Sentinelle, créée après les attentats de janvier 2015.
La présence de militaires et de forces de l'ordre armées sur la voie publique est devenue banale pour les Parisiens et les touristes. Aux abords des monuments, des gares et des sites touristiques, des patrouilles régulières sont organisées pour dissuader les attaques et intervenir rapidement en cas de menace. C'est précisément ce dispositif qui a permis de neutraliser l'assaillant de l'Arc de Triomphe en quelques secondes.
D'autres incidents récents à Paris
Quelques mois auparavant, en novembre 2025, un autre incident avait secoué la gare Montparnasse à Paris. Un homme armé d'un couteau avait été blessé par balles par les forces de l'ordre après avoir menacé des voyageurs et les policiers intervenus. Là encore, la réaction rapide des forces de sécurité avait permis d'éviter un bilan plus lourd.
Ces différents événements illustrent la difficulté pour les autorités de prévenir l'intégralité des attaques aux armes blanches, qui peuvent être perpétrées avec peu de préparation et des moyens rudimentaires. Contrairement aux attentats complexes impliquant des explosifs ou des armes à feu, les attaques au couteau sont plus difficiles à anticiper et à déjouer par les services de renseignement.
La cérémonie du ravivage de la flamme
Pour comprendre le contexte de cette attaque, il est utile de revenir sur la signification de la cérémonie du ravivage de la flamme du Soldat inconnu. Cette tradition, instituée en 1923, consiste à raviver chaque jour la flamme qui brûle sous l'Arc de Triomphe en hommage aux soldats français morts pendant la Première Guerre mondiale. La tombe du Soldat inconnu, installée sous la voûte du monument en 1921, contient les restes d'un soldat non identifié choisi pour représenter tous les combattants tombés pour la France.
Chaque soir à 18 heures 30, une cérémonie solennelle est organisée sur place. Elle rassemble généralement des représentants des forces armées, des anciens combattants, des personnalités officielles et parfois des groupes scolaires ou des associations patriotiques. Des musiciens de la gendarmerie mobile participent régulièrement à ces cérémonies en interprétant des hymnes patriotiques.
Un rituel symbolique fortement ancré
Cette tradition est devenue au fil des décennies l'un des rituels les plus emblématiques de la mémoire française. Plusieurs millions de visiteurs se rendent chaque année à l'Arc de Triomphe pour assister à cette cérémonie ou simplement se recueillir devant la flamme éternelle. Le site est l'un des monuments les plus visités de Paris, avec la tour Eiffel et le musée du Louvre.

En s'attaquant à ce symbole, l'assaillant a manifestement cherché à frapper l'imaginaire collectif français et à porter atteinte aux valeurs républicaines que représente ce lieu de mémoire. La réaction du président de la République, évoquant « la flamme républicaine » qui « résistera toujours », fait directement écho à cette dimension symbolique.
Les interrogations sur le système de suivi
L'attaque de l'Arc de Triomphe pose avec une acuité particulière la question du suivi des individus radicalisés sortant de prison. Le cas de Brahim Bahir illustre les limites des dispositifs actuels, malgré la mise en place de programmes spécifiques comme le PAIRS et les mesures de contrôle administratif.
Le programme PAIRS, qui était censé accompagner l'ancien détenu vers un désengagement des discours terroristes, n'a apparemment pas permis de détecter les signes précurseurs de son passage à l'acte. Pourtant, ce dispositif prévoit un accompagnement individualisé associant travail social, suivi psychologique et évaluation régulière de la dangerosité. Les professionnels chargés de ce suivi disposent d'outils d'évaluation standardisés pour repérer les signes de radicalisation ou de régression.
Un système débordé ?
Certains experts soulignent que le système de suivi des sortants de prison est structurellement débordé. Le nombre d'individus fichés pour radicalisation en France est estimé à plusieurs dizaines de milliers, dont une partie seulement fait l'objet d'un suivi actif par les services de renseignement et les équipes judiciaires. Les ressources humaines et matérielles allouées à ces dispositifs ne permettent pas toujours d'assurer une surveillance permanente et rapprochée de tous les profils à risque.
Dans le cas de Brahim Bahir, le double suivi dont il bénéficiait semblait a priori suffisant pour prévenir un passage à l'acte. Mais l'évaluation de la dangerosité d'un individu est une tâche complexe, qui repose en partie sur des éléments subjectifs et des déclarations de l'intéressé. Un individu déterminé à commettre une attaque peut dissimuler ses intentions et se montrer coopératif avec les équipes de suivi.
Les conséquences attendues
À la suite de cette attaque, plusieurs évolutions sont attendues dans la politique de lutte contre le terrorisme et de suivi des individus radicalisés. Le gouvernement pourrait être amené à renforcer les dispositifs existants, à augmenter les moyens alloués aux services de renseignement ou à durcir les conditions de libération des détenus condamnés pour terrorisme.
Des débats parlementaires devraient être organisés dans les prochaines semaines pour tirer les leçons de cette attaque et examiner les éventuelles failles du système. Les élus de l'opposition pourraient demander la création d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur les circonstances de l'attaque et les responsabilités éventuelles.
Vers un renforcement du dispositif Sentinelle ?
La présence des militaires de l'opération Sentinelle aux abords de l'Arc de Triomphe a permis une réaction quasi immédiate lors de l'attaque. Certains pourraient plaider pour un renforcement de ce dispositif, dont l'efficacité est régulièrement démontrée lors de ce type d'incident. Cependant, le coût de cette opération et la fatigue des militaires mobilisés en permanence sur le territoire national posent question depuis plusieurs années.
Quoi qu'il en soit, l'attaque de l'Arc de Triomphe rappelle que la menace terroriste reste élevée en France et que la vigilance doit être permanente. Les autorités appellent la population à rester attentive et à signaler tout comportement suspect, tout en invitant à ne pas céder à la peur.
Conclusion
L'attaque perpétrée sous l'Arc de Triomphe le 13 février 2026 a mis en lumière les défis considérables que pose le suivi des individus radicalisés après leur sortie de prison. Brahim Bahir, un islamiste fiché S récemment libéré après une condamnation pour terrorisme en Belgique, a réussi à porter son coup de couteau malgré un double suivi judiciaire et administratif. Seule la réaction rapide d'un gendarme a permis d'éviter un bilan humain plus lourd.
Cette affaire pose des questions fondamentales sur l'efficacité des programmes de déradicalisation, sur l'évaluation de la dangerosité des sortants de prison et sur la capacité des services de renseignement à anticiper ce type d'attaque. Elle rappelle également que les symboles de la République française restent des cibles privilégiées pour les terroristes islamistes, qui cherchent par leurs actes à frapper l'imaginaire collectif et à semer la terreur au cœur de la capitale. Dans les semaines à venir, les autorités devront tirer toutes les leçons de ce nouvel échec du système de surveillance pour tenter de prévenir de futures tragédies.
Pour en savoir plus sur cette affaire, vous pouvez consulter nos articles sur l'attaque de l'Arc de Triomphe et les circonstances de l'intervention des gendarmes ainsi que notre suivi de l'enquête sur cet homme abattu par les forces de l'ordre.